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surnaturelle dans un aulrc sens, puisqu'elle était révélée, et sans cette révélation, les hommes n'auraient pas été capables de l'inventer; nous le prouverons dans un moment.
L'Ecriture sainte nous a conservé le symbole, les pratiques, la morale de celle religion ; Job les enseigne formellement dans son livre, et Moïse suppose ce catéchisme dans les siens. Les patriarches ont cru que Dieu est pur esprit, seul créateur, seul gouverneur du monde, et souverain législateur; que l'homme créé à l'image de Dieu a une âme spirituelle, libre el immortelle ; qu'après cette vie il y aura un bonheur éternel destiné à récompenser les justes, et des supplices éternels pour punir les méchants ; mais ils ont cru aussi la chute de l'homme et la venue future d'un médiateur. Moïse n'a fait que répéter aux Juifs la croyance de leurs pères, et Jésus-Christ en a confirmé tous les articles dans son Evangile. Au mot Ci lte nous avons fait voir en quoi consistait celui des premiers hommes, et indépendamment de la morale prescrite dans le décalogue el dans les écrits de Job, les patriarches l'ont enseigné par leurs exemples autant que par les leçons qu'ils ont faites à leurs enfants. On ne voit parmi eux ni le polythéisme absurde, ni l'idolâtrie grossière, ni les usages barbares, ni les désordres honteux qui ont régné chez tous les peuples du monde. Si donc ces anciens justes ont suivi le dictamen de la raison , c'est qu'ils étaient éclairés par une lumière supérieure el conduits par les leçons do Dieu même. Le fait de la révélation primi:ivc est prouvé d'ailleurs : 1" Par l'histoire sainte, qui nous représente Dieu conversant avec Adam, avec Abel et Caïn, avec Noc et sa famille, et les instruisant comme un père, instruit ses enfants. 11 accorde la môme faveur au patriarche Abraham, à Isaac el à Jacob. Les incrédules n'ont aucune raison solide de nier ou de révoquer en doute ce fait important. La tradition s'en est conservée chez la plupart des peuples ; ils oui élé persuades que dès l'enfance du monde les dieux avaient conversé avec les hommes. — 28 les monuments de l'histoire profane s'accordent avec les écrivains sacrée pour nous apprendre que la première religion de tous les peuples anciens a élé le culte d'un seul Dieu, mais qu'insensiblement ils sonl tombés tous dans le polythéisme et l'idolâtrie. Voy. Paganisme, § 2 et 3. Si la religion primitive avail été l'ouvrage de la raison, comment aurait-elle pu se corrompre par le raisonnement? Elle aurait suivi sans doute la marche naturelle des connaissances humaines ; elle serait devenue plus pure, plus ferme, plus uniforme, à mesure que la raison aurait fait des progrès : tout au contraire, les peuples qui se sont le plus avancés dans les autres sciences ont paru les plus aveugles et les plus stupides en fait de religion. Les ChaTdéens, les Egyptiens, les (irecs, les Romains, n'ont pas mieux pensé sur ce point que les nations les plus barbares. — ô" Les incrédules,
frappés de ce phénomène, oui imaginé que le paganisme , avec ses superstitions, était l'ouvrage de quelques imposteurs qui ont séduit les peuples : c'est une erreur. Nous avons prouvé plus d'une fois qu'il est venu d'une suite de faux raisonnements Voy. Paganisme, § 3 ; Religion, § 3. Nous le voyons par les livres deCicéron sur la Nature des dieux, qui sont le résumé de ceux de Platon ; parles écrits de Celse, de Julien, de Porphyre, qui ont raisonné sur ce sujet comme le peuple. Donc, si la religion des premiers hommes avait été fondée sur le raisonnement, elle aurait élé la même que celle des raisonneurs dont nous parlons. — k° Dès que le polythéisme et l'idolâtrie ont élé une fois établis, aucun philosophe ne s'est trouvé assez habile pour en démontrer l'absurdité, et pour ramener les hommes au culte primitif d'un seul Dieu; au contraire, ils ont tous regardé les juifs et les chrétiens comme des insensés, des athées, des impies, parce qu'ils ne voulaient pas être poijlhéistes. Donc, à plus forte raison, dans l'enfance du monde et avanl la naissance de la philosophie, les hommes étaient incapables de se former une vraie notion de la Divinité et une religion raisounable, s'ils n'avaient pas é'é éclairés par la révélation. Les déistes s'abusent euxmêmes el en imposent aux ignorants, lorsqu'ils se flattent d'avoir inventé, par leurs propres lumières , le système de religion qu'ils appellent la religion naturelle. — 5° Enfin, les dogmes de la création, de la chute de l'homme, de la venue future d'un médiatour, ne sont pas des vérités que la raison humaine puisse découvrir lorsqu'elle est laissée à elle-même.
II est donc prouvé jusqu'à la démonstration que la religion primitive, que l'on appelle communément la loi de nature, a élé une religion révélée, et que, sans celle révélation, les hommes ue seraient jamais parvenus à s'en faire une aussi vraie, aussi pure, aussi conforme à la droite raison.
Mais à quoi nous exposons-nous? Plus vous exagérez l'impuissance de la raison, nous disent les déistes, mieux vous prouvez que les païens sont excusables d'avoir suivi une religion fausse el corrompue, el que Dieu serait injuste de les en punir. Comment accorder celle doctrine avec saint Paul, qui a décidé que du moins les philosophes ont élé inexcusables? Voy. Loi na-
TUREIXE.
Nous avons déjà répondu ailleurs à cette objection. 1° Pour savoir jusqu'à quel point les païens sont excusables ou punissables, il faudrait connaître jusqu'à quel degré les passions volontaires, telles que la négligence, l'orgueil, l'opiniâtreté, la corruption du cœur ont contribué à offusquer dans chaque particulier les lumières de la raison. Dieu seul peut en juger, et nous n'avons pas besoin de le savoir. 2° Outre ces lumières naturelles, Dieu a donné à tous des grâces intérieures et surnaturelles pour le connaître. si les païens avaient élé fidèles à y correspondre, ils en auraient reçu de plus ab" i
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dantes. C'est une vérité clairement enseignée dans l'Ecriture sainte. Il est dit Uoan. I, 9) que le Verbe divin est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce inonde; et le reste de ce passage témoigne assez qu'il est question là d'une lumière surnaturelle. Ainsi l'ont entendu les Pères de l'Eglise: ils ont appliqué au Verbe divin ce qui est dit du soleil, ps. xvm, v. 7, que personne ne se dérobe à sa chaleur. Saint Paul invile les fidèles à prier pour tous les hommes, parce que Dieu veut que tous soient sauvés et parviennent à lu connaissance de la vérité ; il le veut, parce que Jésus-Christ est médiateur pour tous, et qu'il s'est livré pour la rédemption de tous (/ Tim. n). Cette volonté ne serait pas sincère, si Dieu ne donnait pas à tous les grâces nécessaires pour parvenir à la connaissance de la vérité. Voy. Grâce, § 2; Infidèle, etc. Les païens sont dune punissables pour avoir résisté à ces grâces.
Religion judaïque Voy. Judaïsme.
Religion chrétienne. Voy. Christianisme.
Religion fau«se. C'est à Dieu seul de prescrire la manière dont il veut être honoré ; dès qu'il a daigné une fois en inslruire les hommes, ils sont tous obligés de s'y conformer; tout autre culte qu'ils veulent lui rendre doit lui déplaire ; il est faux, superstitieux et abusif. Or , nous avons prouvé que, dès la création, Dieu a prescrit au premier homme ce qu'il devait croire et pratiquer ; il lui a ordonné de transmettre à ses enfants celle religion, et nous la voyons fidèlement observée par les patriarches.
Mais, après la dispersion des familles, plusieurs ont oublié les Irçons qu'elles avaient reçues et le culte qu'elles avaient vu pratiquer à leurs pères ; elles se sont forgé à elles-mêmes une fausse religion, et l'ont transmise à leurs descendants. Nous avons observé déjà plus d'une fois la facilité avec laquelle les hommes les plus grossiers ont passé de la croyance d'un seul Dieu au polythéisme, par le penchant qu'ils ont tous à supposer des esprits, des génies, des démons intelligents et puissants dans toutes les parties de la nature ; dès que l'on a cru qu'ils étaient distributeurs des biens et des maux de ce monde, on ne pouvait pas manquer de leur rendre un culte : toutes les passions d'ailleurs ont contribué à introduire cet abus, l'intérêt surtout ; l'homme s'est persuadé qu'un seul Dieu chargé du gouvernement de tout l'univers ne serait pas assez attentif à ses besoins et à ses désirs, ni assez prompt à y pourvoir ; il a voulu préposer un Dieu particulier à chaque objet de ses vœux ; il en a fallu un pour soigner les moissons, un autre pour la vendange, un troisième pour le fruit des vergers, un autre pour les troupeaux, etc.
La vanité : chaque particulier a dit : Mon voisin a son dieu : pourquoi n'aurais-je pas le mien? Il a voulu avoir chez soi un dieu, un temple, un autel, un appareil de culte; il s'est flatté d'en obtenir des bienfaits, à proportion des honneurs qu'il lui rendrait et
de la dépense qu'il ferait pour lui ; nous rn voyons un exemple dans l'histoire de Michas, rapportée au livre des Juges, c. xvu. Lorsqu'un Chinoi> est méconient d«* lOfl dieu, il frappe son idole, la f>ule aux pieds, la traîne dans la bouc, et lui reproche les bon neurs qu'il lui a rendus sans aucun fruil. — La jalousie : un homme envieux de la prospérité de son voisin a imaginé que cet heureux mortel avait un dk-u à ses gages, il s'est promis le même bonheur au même prix. Il se trouve encore aujourd'hui des âmes viles, rongées par la jalousie, qui attribuent à la magie et aux sortilèges la prospérité de leurs rivaux. La haine a persuadé d'ailleurs à un mauvais cœur que le Dieu de son ennemi ne pouvait pas être le sien. Celle manière de penser des particulier» s'est communiquée aux nations; lorsquu les Romains attaquaient une ville, ils en invoquaient les dieux,- ils leur promettaient des temples, des autels, des honneurs, le droit de bourgeoisie à Rome, mais sous condition qu'ils cesseraient de protéger le peuple qu'il s'agissait de vaincre. Ainsi les Philistins, qui s'étaient rendus maîtres de l'arche d'alliance, imaginèrent que le Dieu des Israélites les avait abandonnés pour s'attacher aux Philistins (/ lieg. iv). Les incrédules reprochent à la religion d'avoir produit les haines nationales; toul au contraire, ce sont les guerres fréquentes entre les nations encore sauvages, qui ont produit la différence des dieux et la variété des religions. — La mollesse et l'indépendance : un culle public, déterminé, assujetti à des formules inviolables, est gênant : une religion domestique est plus commode, elle s'arrange comme ou veut, et combien d'absurdités les esprits bizarres ne sont-ils pas capables de mêler dans le culle divin'.' C'est pour cela que Dieu avait défendu aux lsraé'iies de faire des offrandes ou des sacrifices, et d'immoler des victimes ailleurs que devant le tabernacle ou dans le temple, de peur que le moindre changement dans le cérémonial ne donnât lieu à quelque erreur. — Ajoutons le libertinage d'esprit et de cœur : l'homme a porté la corruption jusqu'à prêter à ses dieux les mêmes passions desquelles il était animé, cl à créer des divinités pour présider à ses vices; la fureur et la vengeance, le vol et les rapines, les plaisirs de la table et l'ivrognerie, les plus sales voluptés ont eu leurs dieux tulélaires. Pouvait-on pousser plus loin le mépris de la Divinité, et le délire eu fait de religion ? Ce n'est pas sans raison que l'auteur du livre de la Sagesse a dit, c. xiv. 27, que le polythéisme et l'idolâtrie ont été la source et le comble de tous les crimes.
Quitter une vérilé qui gêne les passions, pour embrasser une erreur qui les flatte, est un changement très-aisé; renoncer à cette erreur pour revenir à la vérilé, c'est une conversion pour laquelle il faut toute la puissance de la grâce divine, el souvent toul l'appareil des miracles. Aussi les mimes monuments qui nous apprennent que les peuples ont passé du culte d'un seul Dieu au