‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 27 sur 219 · UEL · texte numérisé non relu

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polythéisme, ne nous font connaît™ aucune nation qui soit revenue d'elle-même du polythéisme au culte d'un seul Dieu. Ce l'ail Incontestable démontre, 1° qu'il a fallu nécessairement une révélation primitive pour prévenir les égarements de l'homme en fait de religion; 2* que quand ce malheur est une fois arrivé, et que l'erreur a eu pris racine, il en a fallu une autre pour ramener un nouvel ordre de choses et tirer les hommes de leur aveuglement; 3° qu'excepté l'unique religion établie de Dieu, toutes les autres sont fausses, et que Dieu ne pourrait les approuver sans au:oriser tous les crimes. C'est donc très-mal à propos que les incrédules nous accusent de témérité, d'orgueil, de cruauté, lorsque nous affirmons que tous ceux qui suivent une religion fuisse, à moins qu'ils ne soient dans une ignorance invincible, sont exclus du salut.

On a mis en question de savoir si c'est un moindre mal d'avoir une religion fausse que de n'en point avoir du tout : les athées seuls sont intéressés à soutenir que les re- Igions fausses ont fait plus de mal que l'athéisme, el B.iyle a employé toute sa subtilité pour établir ce paradoxe ; mais il n'en est pas venu à bout, le contraire est trop évident. En effet il n'est aucune religion qui ne conçoive Dieu comme législateur suprême, déterminé à récompenser la vertu et à punir ie vice, ou en ce monde ou en l'autre. Or, cette croyance est non-seulement très- utile, mais absolument nécessaire pour fonder la société el maintenir l'ordre moral parmi les hommes. Nous avons prouvé ailleurs que sans cela les passions humaines n'auraient aucun frein, el qu'à proprement parler, il n'y aurait ni obligation morale, ni vice, ni vertu.

Outre le paganisme, qui est encore aujourd'hui la seule religion des peuples ignorants, l'on d dl mettre au rang des religions fausses celle de Zoroaslre ou des parsis, c lie des lettré 9 chinois, celle des Indiens, le mahomélisme el le judaïsme. Celui-ci a été autrefois une religion vraie, mais Dieu re l'avait établie que pour un temps; elle ne peut plus lui être agréable depuis qu'il lui a substitué le christianisme. Nous avons ; ùiié de toutes ces religions sous leur litre particulier, et nous avons fait voir les preuves de leur fausseté. Nous ne plaçons point dans le même rang les différentes sectes protestantes ni celles ries schismatiques orientaux; ce sont des hérésies, el non des religions absolument contraires au christianisme.

Un habile académicien a fait r ''cernaient le parallèle des trois plus célèbres fondateurs de fausses religions, savoir, de Zoroaslre, de Confucius el de Mahomet. En rendant toute la justice qui est due aux talents de l'auteur, nous croyons avoir vu des défauts essentiels dans son ouvrage : iu 11 nous paraît avoir supprimé mal à propos des reproches Irèsimporlauls que l'on peut faire, soit contre la conduite de ces trois hommes, soit contre leur doctrine; cependant pour l'exactitude du

parallèle, il n'en fallait omettre aucun; et il semble avoir loué ou excusé des traits qui sont très-blâmables. 2* Il pro ligue un peu trop légèrement à ces personnages fameux le titre de grands hommes; nous ne voyons pas sur quoi fondé l'on peut le donner à des ambitieux qui n'ont cherché à séduire leurs semblables que pour dominer sur eux, et qui Ont infecté l'univers d'une multitude d'erreurs très-pernicieuses : tel a été du moins le caractère de Zoroastre el de Mahomet. 3° Lorsqu'il est question de Moïse, do ses dogmes, de ses lois, de sa morale, .l'auteur semble le mettre, sinon plus bas, du moins à côté des trois autres fondateurs de religions. Dans un temps où l'incrédulité prend toute sorle de formes, et se déguise de toutes les manières possibles, un auteur ne peut prendre trop de précautions pour ne donner lieu à aucune espèce de soupçon.

* Rbuciositê. Voy. Romantisme.

RELIQUES. Ce mot, lire du latin reliquiœ, signifie tout ce qui reste d'un saint après sa mort, ses os, ses cendres, ses vêlements, etc., clquei'on garde respectueusement pour honorer sa mémoire (1).

Les protestants ont fait on crime à l'Eglise catholique du culte qu'elle rend aux reliques des saints; ils ont dit, et ils répètent encore, que c'est un culte superstitieux emprunté des païens, et qui ne s'est introduit parmi les chrétiens qu'au ive siècle. Le concile de Trente a décide contre eux, sess. 25, que les corps des martyrs et des autres saints qui ont été les membres vivants de Jésus-Christ et les temples du Saint-Esprit, doivent être honorés par les fidèles, venerandn esse ; que par eux Dieu accorde uu grand nombre de bienfaits aux hommes. Il fonde sa décision sur l'usage établi depuis les premiers temps du christianisme, sur le sentiment îles saints Pères et sur les décrets des conciles. Il ordonne que dans ce culte tout abus, tout gain sordide, toute indécence, soient absolument retranchés. Il défend d'exposer de nouvelles reliques sans qu'elles aient été reconnues et approuvées par les évêques; il leur recommande d'instruire soigneusement les peuples de la doctrine de l'Eglise sur ce sujet. Comme les protestants ne veulent poinl admettre d'au-

(1) Les fidèles doivent potier respect aux corps saints des martyrs el des antres saints, qui vivent avec Jésus-Christ, ces corps ayant été autrefois les membres vivants de Jésus-Christ et le temple du Sainl-fcsprit, devant èire un jour ressuscites pour la vie éternelle , el Dieu même faisant beaucoup de bien aux hommes par leur moyen. Ainsi ceux qui soutiennent qu'on ne doit point d'honneur ni de vénération aux reliques des saints, ou que c'est inutilement que les fidèles leur portent respect, ainsi qu'aux attires monuments sacrés, et que c'est en vain qu'on fréquente les lieux consacrés à leur mémoire pour .en obtenir secours , doivent être aussi tous absolument condamnes, comme l'Eglise les a autrefois condamnés, cl comme elle les condamne encore maintenant. (C. de Trente, xxv, sess. de l'ino. det

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lorilé que relie de L'Ecriture saiule, nous «levons commencer parla leur opposer. IV Itey.,c. xiii, 21, il est rapporté qu'un mort fut ressuscité par l'alloucliemeul des os du prophète Elisée. Act., c. xix, 12, nous lisons que les suaires ou les mouchoirs de saint Paul guérissaient les malades qui les louchaient. Nous demandons pourquoi il n'est pas permis de respecter et d'honorer des reliques par lesquelles Dieu a daigné faire des miracles. Certains commentateurs protestants disent qu'il ne s'ensuit pas de là qu'il y ait ou dans les os d'Elisée une vertu divine et miraculeuse, mais que Dieu voulut opérer un miracle dans cette occasion pour confirmer la mission de ce prophète, pour donner plus de poids à ses prédictions, pour affermir parmi les Juifs la foi à la résurrection future. Soit. Les miracles opérés dans l'Eglise chrétienne par les reliques des saints n'ont-ils pas dû produire le même effet? Ils ont prouvé la vertu des saints à laquelle le monde n'a pas toujours rendu justice; ils ont donné un nouveau poids à leurs leçons <t à leurs exemples; ils ont confirmé les promesses de Jésus-Christ touchant la résurrection future et l'immortalité bienheureuse ; ils ont servi souvent à convertir des hérétiques et des mécréants. Ces miracles ne sont donc ni ridicules ni incroyables, quoi qu'en disent les protestants, et c'est une preuve contre eux.

V Ecclésiastique, c. xlvi, v. 12, parlant des juges qui ont été fidèles à Dieu, dit . «Que leur mémoire soit en bénédiction, et que leurs os germent dans leur tombeau. » Il le répète en parlant des douze petits prophètes, c. xlix, v. 12. C'était un témoignage rendu à la résurrection future, et c'est pour cela même que les chrétiens ont honoré les reliques des martyrs. — Apoc, c. vi, v.9, saint Jean dit: «Je vis sous l'autel tes âmes de ceux qui ont été mis à mort pour la parole de Dieu et pour lui rendre témoignage. » 11 est certain que de là est venu l'usage de placer les reliques des saints sous les autels, et d'offrir les saints mystères sur leur tombeau. Beausobre, dans ses remarques sur ce passage, dit qu'on ne se serait pas attendu que cet endroit de saint Jean dût servir à autoriser la pratique d'avoir des reliques des martyrs sons les autels dans toutes les églises; que celte coutume superstitieuse commença dans le iv* siècle. En même temps il avoue qu'elle est venue de ce que les chrétiens s'assemblaient dans les lieux où étaient les corps des martyrs, le jour anniversaire de leur mort; que l'on y faisait le service divin et que l'on y célébrait l'eucharistie. Or, nous allons voir que cela s'est fait dès le commencement du ue siècle. Ce n'était donc pas assez de témoigner ici de l'étonnement, il f illait prouver que cette coutume des premiers chrétiens était superstitieuse et abusive. D'autres ont dit que ce discours de saint Jean est figuré, que c'est une vision qui ne prouve rien ; que l'usage de mettre des reliques sous i'auleî n'a commencé qu'au

iv siècle, que l'on n'en voit aucun vestige auparavant. Ouand ce lait serait \rai, il faudrait encore faire voir que h s chrétiens ont eu tort d'argumenter sur cette prétendue vision; mais la date de l'usage en qu«stion est fau se : voici les preuves du contraire.

Dans les actes du martyre de saint Ignace, arrivé! an 107, nous lisons, c. vi : ■ 11 d'os! resté que les plus durs de ses saints os, qui ont été reportes à Antioche et renfermée dans une châsse comme un trésor inestimable laissé à la sainte Eglise, eu considération de ce martyr. Cb. vu, nous vous avons marqué le temps et le jour, afin que, nous assemblant au temps de son martyre, nous attestions notre communion avec ce généreux athlète et marljr de Jésus-Christ. » Dans ceux du martyre de saint I'olycarpe, dressés l'an 1G9, il est dit, chap. xvn : « Le démon a fait tous ses efforts pour que nous ne puissions pas emporter ses reliques, quoique plusieurs désirassent de le faire et de communiquer à son saint corps. 11 a donc suggéré à Nicétas d'empêcher le proconsul de nous donner son corps pour l'ensevelir, de peur, dit-il, que les chrétiens n'abandonnent le Crucifié pour honorer celui-ci... Ils ne savaient pas que jamais nous ne pourrons quitter Jésus-Christ, ni en honorer aucun autre. En effet, nous l'adorons comme fils de Dieu, et nous chérissons avec r;iison les martyrs comme ses disciples et' ses imitateurs. . . Ch. xvin, cependant nous avons enlevé ses os, plus précieux que l'or et les pierreries, et nous les avons déposés où il convient. En nous assemblant dans le mémo lieu, lorsque nous le pourrons, Dieu nous fera la grâce de célébrer le jour natal de son martyre, soit pour conserver la mémoire de ceux qui ont souffert, soit pour exciter le zèle et le courage des autres. » Lorsque nous alléguons aux protestants ces témoignages du second siècle, ils nous disent froidement qu'il n'y a là aucun vestige de culte, surtout de culte religieux; au contraire, les chrétiens désiraient les corps des martyrs uniquement pour les enterrer, ils les plaçaient dans un lieu convenable, c'est-àdire dans un cimetière ; ils déclarent qu'ils ne peuvent honorer aucun autre personnage que Jésus-Christ.

Nous répliquons, 1° que nos adversaires devraient commencer par expliquer une fois pour toutes ce qu'ils entendent par culte et culte religieux. Nous avons observé plus d'une fois que culte, honneur, respect, vénération, sont exactement synonymes; qu'un cuite est religieux lorsqu'il est destiné à reconnaître dans un objet quelconque une excellence, un mérite, une qualité surnaturelle qui vient de Dieu, qui se rapporte à la gloire de Dieu et au salut. Or, nous soutenons que les premiers fidèles reconnaissaient dans les reliques des martyrs une excellence et un mérite de celle espèce, puisqu'ils les appellent de saml* corps, de suints os, un trésor plus précieux que ior et les pierreries, etc., el qu'en les chérissant ainsi, ils croient communiquer avec les martyrs mêmes. — Sf

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Honorer les martyrs comme les disciples et les imitateurs de Jésus-Christ, tenir les assemblées chrétiennes dans le lieu de leur sépulture ; célébrer la fête de leur martyre, afin de s'exciter à imiter leur zèle et leur courage, est-ce là un culte purement civil, qui n'ait aucune relation à Dieu ni au salut éternel? Si les chrétiens n'avaient pas rendu aux martyrs un cullc religieux, les païens ni les Juifs ne se seraient pas avisés de les croire capables d'abandonner le Crucifié, pour honorer à sa place saint Polycarpc. Lorsque les protestants nous objectent que pendant les trois premiers siècles les Juifs ni les païens n'ont jamais reproché aux chrétiens le culte des martyrs, ils en imposent, puisque voilà au il' siècle une comparaison entre le culte des martyrs et celui du Crucifié. Les chrétiens s'en défendent avec raison, et font sentir la différence entre l'adoration rendue à Jésus-Christ, et l'honneur rendu aux martyrs. — 3° Beausobre, plus sincère sur ce point que les autres protestants , a blâmé les premiers chrétiens : On remarque en eux, dit-il, une atfeclion pour les corps des martyrs un peu trop humaine. C'est une petite faiblesse qui a sa source dans une affection louable ; il faut l'excuser. Du reste, le culte conservait sa pureté; les corps des martyrs n'étaient point dans les églises, moins encore dans les châsses, exposés à la vénération publique, et placés sur les autels. llist. du manich., I. ix, c. 3, § 10, loni. II, p. 6i6. Il en impose. Les actes de saint Ignace disent formellement que ses os les plus durs ont été renfermés dans une châsse. 11 n'était pas besoin de les placer dans une église, puisque le lieu de la sépulture des martyrs devenait une église ou un lieu d'assemblée pour les chrétiens. On ne les plaçait pas sur l'autel, mais dessous, comme il est dit dans l'Apocalypse. Pouvait-on leur rendre un culie plus profond et plus religieux, que d'oflrir sur es reliques le sacrifice du corps et du sang de Jésus-Christ?

Ce critique ne veut pas en croire saint •Jean Chrysoslome, qui dit que les os de saint Ignace, mis dans une châsse, furent portés par les fidèles sur leurs épaules depuis Homo jusqu'à Anlioche ; que les chrétiens des villes par où ils passaient sortaient audfivaut d'eux, conduisaient en procession et comme en triomphe les reliques du martyr, tlom. in S. Jgnat., n. 5, Op. t. H, p. 600. C'est, dit Beausobre, un orateur qui parle, et qui prête aux siècles précédents les mœurs et les coutumes du sien. Mais il oublie que saint Jean Chrysoslome était d'Anlioche même, qu'il parle à ses concitoyens d'un fait duquel ils étaient instruits aussi bien que lui, puisqu'il éiail arrivé chez eux moins de trois cents ans auparavant. Pourquoi celle tradition ne se serait-elle pas conservée dans l'Eglised'Antioche pendantlrois siècles?

Terlullien, qui a vécu sur la fin du II* et au commencement du m*» applique aux martyrs les paroles d'Isaïe. c. x, v. tl, Son tombeau sera glorieux; voilà, dit-il, l'éloge cl

la récompense du martyre, Scorpinee, c. fc. Quelle est donc la gloire que Dieu a promise au tombeau des martyrs, sinon le ciille que l'on rend à leurs reliques? Julien, dans ses livres contre les chrétiens, avoue qu'avant la mort de saint Jean, les tombeaux do saint Pierre et de saint Paul étaient déjà honorés, quoique en secret, saint Cyrille, I. x, p. 327. Ce culte datait par conséquent de la Gn du i" siècle. Julien aurait-il fait cet aveu, s'il n'avait pas été certain du fait, lui qui reproche aux chrétiens d'avoir rempli l'univers de tombeaux et de monuments, d'y invoquer Dieu cl de s'y prosterner? Ibid., p. 333 et 339.

C'est donc contre toute vérité que les protestants affirment qu'avant le ivc siècle on ne trouve dans les monuments du christianisme aucun vestige d'un culte rendu aux reliques des saints. Ils ont blâmé plus d'une fois saint Grégoire Thaumaturge d'avoir souffert des usages païens dans les fêles des martyrs : or, ce saint est mort l'an 270, le culle des martyrs et de leurs reliques était donc établi au mc siècle, et même au n% immédiatement après la mort de saint Jean. D'ailleurs, quand il n'y en aurait effectivement aucune preuve positive, nous serions encore en droit de supposer que ce cuite a été pratiqué de tout temps. Au ive siècle on a fait professioa de ne rien inventer, de ne rien introduire dans le culle, que ce qui avait élé établi depuis le temps des apôtres. Peut-on s'imaginer que tous les chrétiens dispersés pour lors dans lout l'Orient et l'Occident, quoique prévenus d'aversion depuis trois cents ans contre toute pratique et loul usage qui sentaient le pag mismt», ont néanmoins emprunté loul à coup des païens l'usage d'honorer les reliques, comme les protestants veulent le persuader? Croironsnous encore que tous les évêques du monde chrétien, également complaisants pour le peuple, ou plutôt également lâches et prévaricateurs partout, ont laissé introduire ce nouveau culte, sans qu'aucun ait réclamé contre cet abus? Croirons-nous enfin que, parmi vingt sectes d'hérétiques ou de schismaiiques, qui se sont élevées durant le ivc siècle, donalisles, novaiiens, quartodécimans, photiniens, macédoniens, etc., il ne s'est pas trouvé un seul sectaire, excepté Arien Eunomius, qui ail osé réclamer contre la superstition nouvelle que les Pères do l'Eglise laissaient introduire, et à laquelle ils applaudissaient? L'an 40G, Vigilance renouvela les clameurs d'Eunomius; pour le réfuter, saint Jérôme et les autres docteurs de l'Eglise alléguèrent non-seulement les passages de l'Ecriture sainte que nous avons cités, mais la pratique constante et universelle des différentes Eglises chrétiennes. Ce n'était donc pas un usage nouveau introduit seulement dans quelques unes, mais généralement établi partout. Lorsque Nestorius et Eutychès se séparèrent de l'Eglise au v* siècle, ils ne censurèrent point cet usage ; aussi a-l-il subsisté parmi leurs sectateurs; Perpét. de la foi, tom. V , li v - vu, c. ï; As-

125 r.f.;. RLL 121

lémani, Lthliot. l'ïtrnt., t. IV, c. 7. 5 18. 37, ud Ripar, Celle réponse, dit Beausobrr,

Dans ce mémo siècle, Fauste le manichéen est celle des philosophes païens, cl!cne peut

reprochait à sainl Augustin que les cal bol i- servir qu'à justifier loul le paganisme: il cilu

que» avaient sttbslilué I"' cnlie d«s martyrs a os sujet un passage d'Hiéroclès, qui dit

à celui des idole* du paganisme; mus il ne qui- le culte rendu aux dieux doit se rap-

prétendait pas (pie ecl usage était récent el porter à leur unique Créateur, qui est pro-

a'avail commencé que dans le siècle precé- prement le Dieu dis dieux i Biblioth. des un-

denl. Vigilance lui-même ne le disait pas. ciens philos., t. Il, p. l>. Mais Beausobre

Lorsque les protestants nous fuit cet savait lien que c'était là une imposture de

argument négatif : Pendant le» trois premief* la cari d'Hiéroclès, platonicien du i«* siècle;

siècles de l'Eglise, il n'a pas été question du que jamais les anciens philosophes [ aleai

culic des reliques, donc il ne subsistait pas; n'ont fait la distinction entre les di< ux infé-

uulre la fausseté du fait bien prouvée, nous rieurs ei le Dieu suprême; que loin de pen-

lcur en opposons un autre plus fort, savoir : ser qu'il fallût lui rapporter le culte exlé-

Les sectaires qui, au iv* et au V siècle oui rieur, ils pensaient qu'il ne faut lui en

attaqué le culte des reliques, n'ont pas oh- adresser aucun, el Porphyre le soutient en-

jeeté qu'il était nouveau, introduit depuis core ainsi, I. u, de Abttin., c. 34. Moslieim

peu; donc il était ancien. a très-bien fait voir que ce que dit Biéroi

Pour prouver que Fauste le manichéen est une tournure artificieuse inventée par

avait raison, cl que le culte des reliques c'ait les nouveaux platoniciens pour justifier le

emprunté du pagani-me, Beausobre a fut un paganisme el pour nuire ainsi à la religion

long parallèle entre les honneurs que les chrétienne, visser l. de turbula p r récent.

païens rendaient aux idoles et ceux que les platonicos Erclcsia, § 20 et suiv. Au mot

catholiques rendent aux reliques; ces bon- LnoLAtniB, § 3 et 4, et Pagvnisme, $ i-, nous

neurs, dit-il, sont parfaitement les mômes, avons prouvé que jamais les païens e'out

Les catholiques portent en pompe les rcli- adoré un Dieu suprême, et que le culte

ques de leurs saints, ils les couronnent de adressé aux dieux inférieurs ne pouvait eu

(leurs, ils les environnent de cierges allumés, aucune manière se rapporter à lui. Ainsi la

ils les hii eut avec respect, ce qui est un réponse de saint Jérôme à Vigilance est so-

signe d'adoralion, ils les placent dans un lide, et l'érudition que Beausobre emploie

lieu éminént, el sur nue espèce de Irôae, ils pour prouver la ressemblance entre le culte

célèbrent en leur honneur des fêles el des des catholiques cl celui des païens est pro-

leslins précédés de veilles nocturnes, ils diguèe à pure perte. Au mot Paganisme,

leur font des offrandes, ils leur adressent nous avons fait voir les contradictions daus

des prières : voilà précisément ce que fai- lescjuclles il est tombé.

saient les païens pour les simulacres de leurs Sainl Cyrille, disent nos adversaires, est

dieux, Ilist. du manich., 1. ix, c. k, } 7. Mais convenu que le culte des reliques e>l d'ori-

qu'auraii répondu Beausobre, si on lui avait gine païenne; Barbeyrac, Traité de la mo-

dit : Malgré tous les retranchements que les raie des Pères, c. 15, § 2i, n. 1. Fausseté.

protestants ont faits dans le culte religieux, Pour répondre à Julien qui blâmait le culte

ils conservent encore des pratiques du pa- rendu aux martyrs el à leurs reliques, saint

ganisme; ils chantent des psaumes, ils re- Cyrille lui fait un argument personnel; il

çoivent le baptême, ils célèbrent la cène; lui demande si l'on doit blâmer les honneurs

or, il est constant que les p;;ïcns chantaient que les Grecs rendaient à ceux qui étaient

des hymnes à l'honneur des dieux ; ils fai- morls pour leur patrie, cl les éloges que l'on

saient des ablutions pour se purifier; ils ce- prononçait sur leur tombeau ou sur leurs

lébraienl des repas religieux que les Ko- reliques. Comme Julien n'aurait pas osé cen-

mains appelaient charistia; voilà donc le surer celte pratique, sainl Cyrille en conclut

paganisme encore subsistant parmi toutes que les chrétiens n'ont pas tort de faire de

les sectes protestantes? Beausobre aurait même à l'égard des mai lyrs. Mais avant les

dit sans doute que les païens eux-mêmes abus et les excès dans lesquels les païens

ont emprunté ces rites des adorateurs du sont tombés à l'égard de leurs héros, les

vrai Dieu et de la religion primitive qui a Juifs avaient respecté les tombeaux de leurs

précédé le paganisme; qu'il est impossible pères. Josias, en faisant exhumer et brûler

d'avoir une religion sans pratiquer un culte les os des idolâtres, ne voulut pas toucher à

extérieur; que toute la différence qu'il y a ceux d'un prophète (IV Reg. xxm, 18). Jc-

enlre le vrai culte et le faux consiste en ce sus-Christ (Matth. xxm, 29) ne blâme pas

que le premier est adressé au vrai Dieu el à les Juifs de ce qu'ils ornaient les tombeaux

des êtres véritablement dignes de respect, des prophètes el des justes, mais de ce qu'ils

au lieu que le second est transporlé à des le faisaient par hypocrisie, afin de paraître

êtres imaginaires et indignes de vénération, meilleurs que leurs aïeux. Sainl Paul, aussi

C'est ce que nous avons fait voir au mot bien que l'auteur de V Ecclésiastique, l'ail

Paganisme, § 8. l'éloge des saints de l'Ancien Testament;

Vigilance objectait, comme les protestants, est-ce un crime, parce que les païens ont que nous adorons \csreliques des martyrs, aussi loué leurs héros? C'est sur les leçons Sainl Jérôme lui répond : « Nous ne servons el sur les fails de l'Ecriture sainte que les point, nous n'adorons point les reliques des premiers chrétiens ont réglé leur conduite, martyrs, mais nous les honorons, afin d'à- et non sur l'exemple des païens. S'il faut redorer celui dont ils sont les martyrs, »Epist. trancher tous les usages dont les païens o;it

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