REM
abusé, il n'csl pas permis de respecter les rois, parce que les païens oui déifié les leurs. Après avoir bien déclamé contre les pompes funèbres, les protestants y sont revenus par un instinct naturel, et plusieurs ont l'usage de faire l'éloge funèbre des morts en leur donnant la sépulture. C'est encore du paganisme, suivant leurs principes. Ils nous objectent que le culle des reliques a donné lieu à des fourberies sans nombre, à un trafic honteux, à une fausse confiance et une fausse piété de la pari des peuples, à une superstition grossière. Saint Augustin luimême dit dans ses livres de la Cité de Dieu qu'il n'ose rapporter toutes les impostures et les abus commis en ce genre.
Réponse. Sans entrer dans aucune discussion touchant ces abus, nous soutenons que la haine des prolestants contre le culle religieux de l'Eglise romaine leur a fail inventer plus de mensonges, d'histoires malicieuses et de calomnies, que les catholiques de tous les siècles n'ont commis de fraudes pieuses en ce genre. La différence qu'il y a, c'est que les pasteurs de l'Eglise ont toujours veillé et \ cillcnl encore avec le plus grand soin pour prévenir et pour empêcher toute espèce d'abus dans le culle, au lieu que chez les protestants personne ne se croit obligé d'empêcher les impostures, les fourberies , les reproches calomnieux et les vieilles fables que l'on renouvelle tous les jours parmi eux contre les prétendues superstitions de l'Eglise romaine. Dans le fond, les superstitions, quoique condamnables, ne nuisaient qu'à ceux qui avaient la faiblesse d'y tomber; mais le zèle furieux dont les protestants ont été animés pour les détruire, a produit les profanaiions, le pillage, les incendies, les violences, les massacres, et a fail couler des ruisseaux de sang, surtout en France, pendant près de deux siècles; et si les calvinistes avaient encore assez de forces, ils recommenceraient ces scènes sanglantes dont le souvenir nous fail frémir.
Nous applaudissons volontiers aux sages réflexions de l'abbé Fleury : qu'il faut user de prudence et de discernement dans le choix des reliques, ne pas dunuer trop de confiance a celles mêmes qui sont les plus authentiques; ne pas les re^ardercomme des moyens infaillibles d'attirer sur les particuliers et sur les villes touies sortes de bénédictions spirituelles et temporelles. Nous disons avec lui: «Quand nous aurions les saints même vivants et conversant avec nous, leur présence ne nous serait pas plus avantageuse que celle de Jesus-Christ; elle ne suifirait pas pour nous sanctifier; il le déclare luimême : Vous direz au père de famille : Nuus avons bu et mangé avec vous, et vous avez cn>eijné dans nos places ; ii vous répondra : Je ne vous connais pas. » Luc, c xm, ?. 28. C'est aussi l'esprit des décrets du concile de Trente louchant le culte des saints, de leurs images et de leurs reliques. Thicrs, Truite des superstitions, 1" part., 1. iv, c. i, montre les abus que l'on peut commettre dans l'usage dc6 reliques, Voy. S±\>r, Martyr, etc.
REMISSION. Ce terme a divers sens dans If Ecr livre sainte. 1° Il signifie la remise des dettes et l'abolition de la servitude, Levit., c. xxv, v. 10, il est dit en parlant du jubilé : « Vous publierez la rémission générale à tous les h ibitanls du pays. » En effet, dans l'année sabbatique ou du jubilé, les Israélites, par la loi, étaient affranchis de leurs dettes ; ils rentraient dans la possession de leurs biens, et la liberté était rendue à ceux qui étaient tombés dans l'esclavage. Dans saint Luc, c. iv, v. 18, Jésus-Christ s'est appliqué ces paroles d'isaïc, c. lxi, v. 1 : L'esprit de Dieu est sur moi... il m'a envoyé annoncer l'affranchissement aux captif*.... et l'anné? favorable du Seigneur. Dans le stylo ordinaire c'était l'année jubilaire ; mais dans la bouche du Sauveur, ces paroles annonçaient au genre humain toul entier une rémission ou un affranchissement bien plus important que celui qui était accord;'1 aux Juifs dans l'année du jubilé. Plusieurs auteurs ont remarqué que l'année de la mort de Jésus-Christ fut une année jubilaire, et que ce fut la dernière, parce que Jérusalem fut détruite, et la Judée dévastée par Ici Romains avant la cinquantième année suivante. — 2' Rémission, I Machab., c xm, v. 3i, signifie remise ou exemption des impôts. — 3° Ce mol désigne encore l'abolition do la faute ou de l'impureté légale qu'une personne avait contractée, et qui s'effaçait par des purifications, par des offrandes, par des sacrifices. Dans ce sens saint Paul dit, Hehr., c. îx, v. 22, que dans l'ancienne loi, il n'y avait point de rémission sans effusion de sang. — h" Mais dans l'Evangile, rémission so prend ordinairement pour le pardon que Dieu nous accorde du péché. C'est une question entre les protestants et les catholiques de savoir en quoi consiste celte rémission: les premiers disent que c'est en ce que. Dieu ne nous impute pas le péché, et nous imputa au contraire la justice de Jésus-Christ. L'Eglise catholique a décidé contre eux qu'elle consiste dans la grâce sanctifiante que Dieu veut bien rétablir en nous, grâce qui est inséparable de l'amour de Dieu ; ainsi l'a enseigné saint Paul, lorsqu'il a dit : « L'amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné (Rom. v, 5). Voy. Justification.
REMM'ON ou REMNON, nom de la divinité qu'adoraient les peuples de Damas.
Quelques interprètes ont cru que c'était Saturne, dieu révéré chez plusieurs peuples orientaux ; il est plus probable que c'était le soleil, que ce nom est formé de rem, élevé, et on, soleil, en égyptien.
REMONTRANTS. Voy. Arminiens.
KEMPHAN, nom d'un faux dieu. Pour reprocher aux Juifs leur Uolâtrie, le Seigneur leur dit par le prophète Amos, chap. v, v. 2;i : « Maison d'Israël, ne m'avez-vous pas offert des dons et des sacrifices dans le deserl pendant quarante ans ? Mais vous avez porté les tentes de votre Moloch et les images de votre Kijun, et l'étoile des dieux que vous vous Oies faits, n Les Septante, au lieu d