‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 30 sur 219 · REP · texte numérisé non relu

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N dis fondions. QfMDt aux ordinations faite* par le pape Kératose, par Pholius, par îles évoques schismatiques, intrus, excommuniés.simoniaques, comme il y en eut beaucoup dans le XV siècle, il est de principe parmi les théologiens qu'on ne les a jamais regardées comme nulles, niais seulement comme illégitimes et irrégulières ; de manière que l'on ne pouvait légitimement en faire les fondions. Conséquemment l'Eglise d'Afrique condamna la conduite des donalistes qui réordonnaient les ecclésiastiques en les admettant dans leur société ; mais elle n'en fil point de même à leur égard, les évèqucs donaiistes qui se réunirent à l'Eglise furent conservés dans leurs fonctions et dans leurs sièges.

L'usage de l'Eglise romaine est de réordonner les anglicans, parce qu'elle prétend que leur ordination est nulle, et que la forme en est insuffisante. Les anglicans eux-mêmes sont dans l'usage de réordonner les ministres luthériens et calvinistes qui passent dans leur communion, parce que ceux-ci n'ayant reçu leur vocation que du peuple, l'imposition des mains qui leur a été faite ne peut être censée une ordination. C'est un des obstacles qui détournent ie plus les luthériens et les calvinistes de se réunir à l'Eglise anglicane; ils ont de la répugnance à se soumettre à une réordination qui suppose la nullité de leur première ordination et de louies les fonctions ecclésiastiques qu'ils ont remplies. Les anglicans en usent de même à l'égard des prêtres catholiques qui aposlasient, du moins c'est ce qu'assure le père le Qoien ; mais cette conduite n'a aucun fondement. Car enfin, de quelque erreur que les anglicans accusent l'Eglise romaine, ils ne peuvent nier la validité des ordres quelle administre, sans tomber dans l'erreur des donatisles et sans se condamner eux-mêmes, puisque, si leurs premiers évêques ont été ordonnés, ils ne l'ont pas été ailleurs que dans l'Eglise romaine. On prétend qu'il y a lieu de douter si la succession n'a pas été conservée parmi les évêques lu- Ihériens de Suède et de Danemark.

* RÉPARATEUR- Adam avait entraîné Je genre humain dans sa chute. Il fallait , pour relever les i unies amoncelées, un réparateur puissant ; il nous a été donné dans la personne de Jésus-Christ. Nous avons i xposé dans divers articles de ce dictionnaire la nature et l'excellence de la rédemption. Il y a un I oint que nous devons touclier ici, c'est la croyance générale à un libérateur. Il se trouve dans les Dém Diminuions éanjeli'iues, un ouvrage bien précieux sur ce sujet, c'est la Rédemption annoncée parles traditions. L'ouvrage est Hop long pour être analysé ici. Nous nous contentons île citer un extrait de V Essai sur l'indifférence, qui présente parfaitement la question. .No .s supposons ici ce que nous avons consulté au mot Originil (péché), la croyance du genre humain à la déchéance de l'homme»

( Notie premier père ayant introduit le péché dans le monde, Dieu lui promit an libérateur qui devait venir dans le temps pour sauver lous les hommes; celte promesse, l'espérance du genre humain, s'est transmise Par tradition, et tous l.s peuples ont attendu ce médiateur, ce, personnage mys-

térieux et divin, qui devait leur apporter le sa'ul et les réconcilier avec le Créateur.

< Malgré l'ignorance et la dépravation introduites par l'idolâtrie, dit un savant, la tradition de celle promesse s'est encore assez conservée, po ir que l'on en aperçoive des traces chez les anciens. L opinion qui a régné parmi lous les peuples, ei tjui a tu cours citez eux dès le commencement, de la nécessité d'un médiateur, me paraît en être la suite. Tous les hommes, convaincus de leur ignorance et de, leur misère, se sont jugés trop vils et trop impurs pour oser se daller de pouvoir communiquer par eux-mêmes avec Dieu; ils ont été universellement persuadés qu'il leur fallait un médiateur, par lequel ils prissent lui présenter leurs vœux, en être favorablement écoutés, et recevoir les secours dont ils avaient besoin. Mais la révélation s'étant obscurcie chezeux, et les hommes ayant perdu de vue le seul médiateur qui leur avait été promis, ils lui ont substitué des médiateurs de leur propre choix; de là est venu le culte des planètes et des étoiles, qu'ils ont regardées comme les tabernacles et la demeure des intelligences qui en réglaient les mouvements : prenant ces intelligences pour des êtres mitoyens entre Dieu et eux, ils ont cru qu'elles pouvaient leur servir de médiateurs; en conséquence, ils se sont adressés à edes pour entretenir le commerce toujours nécessaire entre Dieu et sa créature ; ils leur ont oll'ert leurs vœix et leurs prières, dans l'espérance que, par leur canal, ils ohtiendraienl de Dieu les biens qu'ils lui demandaient. Telles ont été les idées généralement reçues parmi les peuples de tout pays et de tout temps. Mais ceux qui étaient plus instruits des premières traditions du genre humain ont parfaitement senti l'insuffisance de tels médiateurs ; ils ont non-seulement désiré d'être instruits de Dieu, ils ont môme espéré que l'Être suprême viendrait un jour à leur secours, qu'il leur enverrait un docteur qui dissiperait les ténèbres de leur ignorance, qui les éclairerait sur la nature du cuite qu'il exige, et qui leur fournirait les moyens de réparer la nature corrompue, i (L'abbé Mignot, Menu de CAcad. des Jnscrip., t. LXV,p. 4 et 5.)

i Le savant Prideaux reconnaît aussi qu>; « la nécessité d'un médiateur entre Dieu et les hommes était, depuis le commencement, une opinion régnante parmi lous les peuples. > (Uist. des Juifs, lre part., liv. ni, lom. 1, pag. 593. Paris, ili'ô.)

« Job, plus ancien que Moïse, et Iduméen de nation, niellait toute son espérance dans ce médiateur nécessaire, qui était en même temps le libéiateur promis, t Je sais que mon Rédempteur esi vivant, et que je ressusciterai de la terre au dernier jour, et que je serai de nouveau revêlu de ma chair, et dans ma chair je verrai mon Dieu ; je le verrai moimême et non pas un autre, et mes yeux le contempleront : celle espérance repose dans mon sein. » (Job. xix, 2o et 27.) Le tradition du Rédempteur répandue, comme on le voit, en Orient, dès \es premiers âges, remontait par Noé et les patriarches, jusqu'à l'origine du monde, et pour prévenir l'oubli où elle aurait pu tomber peut-être, Dieu la rappelait aux hommes, dans les temps anciens, par des prophéties successives. C'est ainsi que le (ilsdeBéor prêtre du vrai Dieu, comme il paraît, révélant aux nations sa parole, la doctrine du Très-Haut, elles visions du Toul-Puissant , s'écriait quinze siècles avant Jésus-Christ : « Je le verrai, mais non à présent; je le contemplerai, mais non de pi es. L'étoile s'élèvera de Jacob, cl le sceptre d'Israël. De Jacob sortira celui qui doit régner, i (Numer. xxiv, 15, lti, 17, l'J.fLea termes mêmes de la prophétie marquent clairement qu'elle se rapporte à une croyance antérieure et à un personnage connu, mais enve.oppé d'une obscmilé mystérieuse; par, avant l'accomplissement des promesses, le- liouunei ne pouvaient ni ne devaient avoir du Messie une connaissance

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