‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 32 sur 219 · KF.P · texte numérisé non relu

KF.P

ItFP

leur secours, il est leur médecin ; et quand il les aura guéris, le genre humain jouira du plus liant d>'gré Je bonheur. (Plat., Conviv., oper. tom. X, p. 2ub\)

« C'e-t ce Dieu qu\ comme il e-tdit (f.ms certains vert, donne la paix au qenre humain. Il inspire hdouoi'iir ci nh»8Se l'inimitié. Miséricordieux, bon, révéré tics sages, admiré des dieiu, ceux qui ne le possèdent pas doivent désirer de le posséder, et ceux qui le possèdent, le conserver précieusement. Les gens de liien lui sont chers, et il s'éloigne des méchants. Il nous soutient dans nos travaux, il nous rassure dans uns craintes, îi gouverne nos désirs et noire raison ; il est le Sauv ur par excellence. Gloire de* dieux et des hommes, ci leur chef très- beau et très-bon, nous devons le suivre toujours, et le célébrer dans nos hymnes, i (IbiJ., p. 218 et 219.) Parlant ailleurs des sacrifices, des pnriflea lions, du colle divin. Nul, dit-il, ne nous enseignera quel est le véritable, si Dieu lui même n'est son tjuiiie (Epinom., Oper. tom. IX, p. 20 M- H croyait qu'un envoyé de Dieu pourrait seul réformer les mœurs des hommes. (Apot. Socrat.)

t Dans le second Alcibiade, Socrate, aptes avoir montré que Pieu n'a point d'égard à la multiplicité et à la magnificence des sacrifices, mais qu'il regarde uniquement la disposition du cœur de celui qui les offre, n'ose pas entreprendre d'expliquer quelles sont ces dispositions et ce qu'il faut demander à Dieu. « Il serait à craindre, di -il, qu'on se ironuài en demandant à D eu de véritables maux, que l'on prendrait pour des biens. Il faut donc attendre jusqu'à ce que quelqu'un nous enseigne quels doivent é re nos sentiments envers Dieu et envers les hommes. — Alcibiade. Quel sera ce maître, et quand viendra t.— il? Je verrai avec une grande joie cet homme, quel qu'il soi i. — Socrate. C'est celui à qui dès à présent vous tes cher; mais pour le connaître il faut que les ténèbres qui ollusquent votre esprit, et qui vous empêchent Ce discerner clairement le bien du mal, soient dissipées; de même que Minerve, dans Homère, ouvre les yeux de Diomède, pour lui faire distinguer le dieu caché sons la figure d'un homme. — Alcibiade. Qu'il dissipe donc cette nuée épaisse; car je suis prêt à faire tout ce qu'il m'ordonnera pour devenir meilleur. — Socrate. Je vous le dis encore, celui dont nous parlons, désire infiniment votre bien. — Alcibiade. Alors il me semble que je ferai mieux de remettre mon sacrifice jusqu'au temps de sa venue. — Socra.e. Certainement, cela est plus sûr que de vous exposer à déplaire à Dieu. — Alcibiade. Eh bien! nous offrirons des couronnes et les dons que la loi prescrira, lorsque je verrai ce jour désiré; et j'espère de la buité des dieux qu'il ne lardera pas à venir, i (Plat., Alabiad. 2. oper. loin. V, p. 100, 101, 102.)

« On voit, dit l'abbé Foticher, par ce dialogue, que Patiente certaine d'un docteur univer-el du geme humain était un dogme reçu qui ne souffrait point de C ntr.nJKi.oii. > ( Uém. de CAcud. des lnscripl. , tom. LXXI, p. 147, note.) Alcibiade parle de cet envoyé céleste comme d'un homme; Socrate insinua clairement qu'un Dieu sera caché sous la ligure de cal homme ; et dans le Tintée, Platon l'appelle Dieu très-expressément : « Au commencement de ce discours, dit-il, invoquons le Dieu Sauveur, afin que, par un enseignement extraordinaire et merveilleux, il nous sauve en nous instruisant de la doctrine véritable. > (Plat., 77m., oper. loin. XXI, pag. 3 il.) Prucker se demande où Platon avait puisé ces idées, et il en voit la souice dans l'antique tradition d'un M dialeur qui devait réunir eu lui les deux natures divine cl humaine. (Ilisl. crit. philos., l. II.) Il observe :>u même heu, que toute la philosophie éclectique était lundée sur nue Emisse théorie de la inédiai en.

i P.irmi les noms que les anciens donnaient à la Divinité, etqn'ArisMte a recueillis, se trouvent ceux rid Si'uveiir cl de Libérateur. \Ue Manda, c. 8, oper. I. I.) Porphyre reconnaissait la nécessité d'une puri-

fication générale, il ne pouvait croire que Dieu cflt I lissé le genre humain privé d'un tel remède, cl i; était for. é de convenir qu'aucune secte de philosophes, parmi les barbares ou cher les Crées, ne le lin offrait (S. Augusl., De dit. Dei. 1. x, c. >2, n. 1. oper. tom. VII, col 2GS ) Jamblique, se conformant à l'ancienne tradition, avoue que nous ne pouvons connaître ce que Dieu demande de nous, à moins que nous ne soyons instruits, soit par lui, soit par quelque personne avec laquelle il ail convergé. (De Vita Vul'ir.qorœ, cap. 28.)

i On croyait universellement, comme l'a prouvé l'abbé Toucher dans une. suite de mémoires fort eu rieux, aux th oplianics permanentes, qui ne sont autre chose que la manifestation; d'un Dieu dans un corps réel et tellement propre à lui, qu'il naît comme les autres hommes, croît, vieillit et meurt comme eux, soil de mort naturelle, s il de mort viole île. < Par quelle analogie, dit l'auteur que nous venons de c 1er, les peuples ont-ils donc été conduits à l'idée d'un Dieu qui s'incarne, qui nul comme nous ; qui, malgré sa puissance, est en butte à la misère, aux mauvais traitements, sujet aux mêmes besoins que les autres homme-;, et qui comme eux devient enfin y ici Une do la mort?... L'accord de tant de nations, dont plusieurs ne se connaissaient pas même de nom, prouve invinciblement que toutes avaient puisé dans une source commune, c'est-à-dire dans !a religion primitive, dont la mémoire a pu s'aliérer, mais n m se perdre tout à fait. » (Mém. de l'Acad. des Inscriptions, loin. LXVI, pag. 155, 158.)

i Les païens savaient ipie ce D'ieu-Uomme, qui devait naître d'une Vierge-Mère, selon la tradition universelle (Alphab, libeian., lom. I, pag. 5!>, 57 ; — Alnelun. Quœst., lih. n, cap. 15, p. 237 et seq.), n'était aucune des divinités qu'ils adoraient, puisque C'S dieux, et même les plus grands, Vichmui, 6a» I, Osiris, Jupiter, Odiu, devaient être enveloppés dans la proscription générale, quand le Dieu souverain viendra juger l'univers, et punir ceux qui n'auront pas profilé des enseignements du véritable médiateur. {ilém. de CAcad. des lnscripl., tom. LXXI, p. 407, note.) Dans Patiente perpé uelle où ils étaient de cet envoyé céleste, les peuples croyaient le voir dans tous les personnages extraordinaires qui paraissaient dans le monde. De là cette multitude de dieux sauveurs et libérateurs, que créait partout la foi dans le Sauveur projnis : c mais ces faux libérateurs ne répondant point aux espérances et aux besoins des hommes, ils en attendaient sans cesse de nouveaux. » (Mém. de VAcad. des lnscripl., tom. XXIV, p. 50(1). et le vrai Messie était toujours, sans qu'elles le sussent ellesmêmes, le désiré des nations. » (Ibid., lom. LXVI, p. 242 ; Vid. et Alnet. Quœst., 1. u, c. 13.) A mesure qu'approchait s;>n avènement, une lumière extraordinaire se répanilait dans le monde : c'était comme les premiers rayons de l'Eto te de Jacob. Elle va pampre, el Cicéron annonce une loi éternelle, universelle, la loi de toutes les nations et de tous les temps; un seul maître commun, qui serait Dieu même, dont le règne allait commencer. (Cher., de Iiepubl., lib. 111, ap. Lad., Div. Inst., lib. VI, c. 8.)

< Virgile, rappelant les anciens oracles, célèbre le retour de la Vierge, la naissance du grand ordre, que va bientôt éiablir « le Fils de Dieu descendu du ciel. La grande époque s'avance; tous les vestiges de notre crime étant effacés, la terre sera pour jam.iis délivrée de la crainte. L'F.nfanl divin qui doit régner sur le mond pacifié, recevra pour premiers présents les simples fruits de la lerre, et le serpent expirera pi èi de son berceau, i (Virgile, Er.log.lV .) Un demi-siècle api es, Suétone et facile nous montrent tous les peuples les yeux fixés sur la Judée, d'où, disent-ils, une antique et constante tradition annonçait que devait scrùr en ce temps-là le Dominateur d'i monde, t Percrebtierat Oriente lolo velus el cunbtans optnio, esse in Luis, ul eu letnpore Judaea iro-

Page 1