‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 33 sur 219 · IU P · texte numérisé non relu

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fceli rerimi polir* utur. » (Sueton., in Vetpaa.) « Pluribus persuasio inerat, Buliquis sacerdoium lilterii combien, en ipso lempore fore al ralescerei Orient! profeclique Juchra reruoi poiirenlur. > (Tacil., Ilist., Mb. v, n. 13.) Cette attente éiaii si vive, que, suivant une ir dilînp des Juifs Consignée dans le Talmud et dans plusieurs autres ouvrages anciens, un grand nombre de gentils se rendirent à Jérusalem vers l'époque de la naissance de Jésus-Christ, afin de voir le Sauveur du monde, quand il viendrait racheter la maison de Jacob. ( Talmud. Babylen., Sanhédrin, cap. il, vid. Defensa de la Religion crisliana, par don Juan Joseph Heydeck, t. H, |». 79, .Madrid, 179<J.) Il (si parlé dans la mythologie des GolIlS, d'un preini iné du Dieu suprême, ei il y esi représenté comme une divinité malienne, comme un médiateur entre Dieu et l'homme. (Èdda, fab. H, unie.) Il combattit avec la mort (Ibid., fab. 25), ci il écrasa la lèie du grand serpènl (Uni., lab. 27); mais il n'obtint la victoire qu'aux dépens de sa vie. {Ibid., fab. 52.)

c Le savait Maurice a prouvé Jusqu'au dernier degré d'évidence, que « des traditions immémoriales, dérivées des patriarches et répandues dans tout l'Orient, louchant la < lune de l'homme et la promesse d'un fulur médiateur, avaient appris à tout le monde païen à attendre l'apparition d'un personnage illustre et sacré, vers le icmps de la venue de Jésus- Chris!. » (Maurice'» Hisl. o( llindostan, vol II, lîonk 4.) Fondés sur une tradition antique, les Arabes attendaient également un libérateur qui devait venir pour sauver les peuples. (Boula'mvilliers, Vie de Mahomet, liv. Il, pag. 194.) C'était à la Chine une ancienne croyance, qu'à la religion des idoles (Siam hiao), qui avait corrompu la religion primitive (Tchim kiâo), succéderait la dernière religion (Mo kiao), celle qui devait durer jusqu'à la destruction du monde. (De Guignes, Mém. del'Acad. dë&Inscripl., loni. LXV, p. 543.) Les habitants de l'île de Ceylan attendaient aussi une loi' nouvelle, qui devait un jour leur être apportée des régions de l'Ociideni, et qui dcviendr.ul la loi de tous les hommes.

i Les livres Likiyki parlent d'un temps où tout doit être rétabli dans la première splendeur, par l'arrivée d'un héros nommé Kiunlsé, qui signilie pasleur et prince, à qui ils donnent aussi les noms de très-saint, de docteur universel, et de Vérité souveraine. C'est le Millira des Perses, l'Orus des Egyptiens et le Brama des Indiens. » — < Les livres chinois parlent même des souffrances et des combats de Kiunlsé.... Il parait que la source de toutes ces allégories (les travaux d'Hercule, etc.) est une très-ancienne tradition commune à toutes les nations, «pie le Dieu mitoyen, à qui elles donnent toutes le nom de Soler ou Sauveur, ne détruirait les crimes qu'en souffrant lui-même beaucoup de maux, i (Kamsay, Discours sur la Mythologie, pag. 150 et 151.)

« Confucius disait que le Saint envoyé du ciel saurait toutes choses, el qu'it aurait tout pouvoir au ciel et sur ta terre. (Morale de Conucius, p. 196.) Qu'elle est grande, s'écrie-t-il, la voie du Saint! Klle est comme l'Océan; elle produit et conserve toutes choses, sa siihiimiié touche au ciel. Qu'elle e>t grande et riche!... attendons un homme qui soit tel qu'il puisse suivre celle voie; car il est dil que, si l'on n'est doué de la suprême vertu, on ne peut parvenir au sommet de la voie du Saint. » (L'Invariable Milieu, etc., chap. 27, §1,5, p. 14.) Après avoir plusieurs lais rappelé ce saint homme qui doit venir (Ibid., ch. 29, § 3 el -i), il ajoute : < 11 n'y a dans l'univers qu'un saint qui puisse comprendre, éclairer, pénétrer, savoir el suffire pour gouverner; dont la magnanimité, l'affabilité el la bonté contiennent tous les hommes; dont l'énergie, le courage, la force et la constance, puissent suffi; e pour commander ; dont la pureté, la gravité, l'équité, la droiture, suffisent pour attirer le respect; dont l'éloquence, la régu'arité. l'attention, l'exactitude, suffisent pour toui discerner. Son esprit vaste et

étendu est une source profonde de i hnses qui parait* sent chacune en son temps. Vanta et éteu lu comme le ciel, profond corn ne l'abtnte, le peuple, quand il

se montre, ne peut ii.au pier de le respecter : s'il parle, il n'est personne <|ui ne le croie; s'.l a^il, il n'es) personne qui ne I applaudisse, aussi son non et sa glniie inonderont bientôt IVmpirc, et se répandront jusque chez les barbares du Midi et du Nord, p il loul mi les vais-eaux el les chars peuvent aborder, où les forces de l'homme pe.neni pénétrer, dans ions les lieux que le ciel couvre cl que la lerre supporte, éclairés par le soleil et la lune, leriilisés par la io-.ee cl le brouillard. Tous les êtres qui ont du s >ng el qui respirent, l'honoreront et l'aimeront, ei l'on pourra le comparer au ciel à Dieu). > (Ibid., ch. 31, p. 196, I09.J

( M. Rétnusal cite un traité fort curieux de fleliijion musulmane, écrii en chinois par un auteur musulman, ci où on lil ces paroi s : < Le ministre PU consulta Confueins, ei lui dii : 0 maître, n'étes-vous pas un sainl homme ? il répondit : Quelque effort que je fasse, ma mémoire ne me rappelle personne qui snii Jigue de ce nom. Mais, reprit le ministre, Us trois rois (fondateurs de dynasties) n'onl-iis pas clé saints? Les trois roi-, répondit Confucius, doues d'une excellente bonté, ont élé remplis d'une prudence éclairée et d'une loi ce invincible. Mais moi, Khiéou, je ne sais pas s'ils ont élé des sainis. Le ministre reprit : Les cinq seigneurs n'onl-ils pas élé des sainis ? Les c.nq seigneurs, dit Confucius, doués d'une excellente bonté, ont fait usage d'une charité divine cl d'une justice inaltérable. Mais moi, Khiéou, je ne sais pas sMs ont élé des saints. L-> minisire lui demanda encore : Les trois augustes n'ont- ils pas é é des sainis ? Les trois Augustes, répondit Confucius, ont pu faire usa.;e de leur temps; mais moi, Khiéou, j'ignore s'ils ont élé des sainis. Le miniaire, saisi de" surprise, lui dit enfin : S'il en est ainsi, «inel est donc celui «| lie l'on peut appeler Sainl? Confucius, ému, répondit pourtant av.>c douceur à (elle qucsii m : Moi] Khiéou, j'ai entendu dire qu ■, dans les contrées occidentales, il y aval ( ou il y aura l ) un saint homme, qui, sans exercer aucun acte de gouvernement, préviendrai! les troubles ; qui, sans parler, inspi eiait une foi spontanée; qui, sans exécuter de changement, produirait naturelle uent un Ucéan d'actions (méritoires). Aucun homme ne saurait dire sau nom: mais moi, Khiéou, j'ai entendu dire nue c'était là le véritable Saint. • (L'Invariable Milieu, eic., noie p. 144, 145.)

i Le P. Iniorcella rapporte aussi, dans sa Vie de Confucius, que ce philosophe parlait d'un Saint qui existait ou qui devait exister dans l'Occident « Ce te particularité, dit M. Remuent, ne se irouve ni dans les Kimj ni dans les Tsi chou; el le missionnaire ne s'appuyaut d'aucune autorité, un aurait pu le soupçonner de prêter à Confucius un langage convenable a ses vues. Mais celte parole du philosophe chinois se irouve consignée dans le Ssé uên louï lhaim (Mélanges d'affaires el de littérature), au chap. 55; dans le Cliàn tlià:içi s>è ka'o tchin.j la, au chap. | *«\ et dans le Lièi-tseu llisiouàn chou, i (L luvariab e Milieu, e c. not., p. U3.) L'auteur chinois de la gh.se sur le Tchoung y-ùng, dit que i le sa ni homme des cenl générations [l'ë chi) est Irès-é.oi^né, el qu'il est difficile de se toi mer à son sujet une idée neue. Dans l'a lente où il est du saint homme iitn cenl générations, le sage se propose à lui même une doctrine qu'il a sérieusement examinée; et s'il parvient à ne comineure aucun péché contre ce. le doctrine qui esi celle des samls, il ne (eut plus avoir de do.iie sur lui-même. » (Ibid., p. 158, 159 ) Selon M. liémusai, pë chi, cent générations, esl ici une expression i.idéli.iie qui inarque un long espace de temps. < Mais, ajOulejl-il, un chi esl l'espace de 30 ans. Lent chi tout donc 500U ans, el à l'époque où vivait Confucius, il sera l bien extraordinaire qu'il eùi du que le samt

b'imme éi;«ii aiiemlu depuis 3000 :ms. J'abandonne :m rofic aux réll "lions t!u lecteur ce passage, qui, à ne |i> prendre même nue dans le sons ordinaire, prouve •! ii moins que l'idée de la venue d'un Saint él.ii; répandue à la Ch ne .lès le vi« siècle avant l'ère vulgaire. » (L'Invariable Milieu, note, p. 1>0.)

« La doctrine de Confurius et des lettrés s'ai-cnrdait, à cet rgard, a\cc celle lie Foe ou Xaca, adoptée par le peup'e, imn-seul ment à la Chine, m:tis au Tbdxi, B>m siège prinrîpal, à la Cocbinehine, au Timqnm, dans le royaume de Siam, à Ceyl n, et jiistj n'en Japon. Eu ces pays idolâtres on croyait universellement qu'un Dieu devait sauver le genre luimain en satisfaisant au Dieu suprême pour les péchés «les hommes. (AI net. guœst., lib. il, c. li.) La même tradition existait dans le Nouveau Monde. Les Salives de PAméiiqne disaient que le Puni envoya son lils du ciel pour l«w r un serpent horrilde ipii dévorait les peuples de PUrénoque; que le lils de Pu-u vainquit ce serpent et le tua; qu'alors Puni dit au démon : Va lYn à l'enfer, maudit; lu ne rentreras jamais dans ma maison. (CwniHa, tom. I, p. 171.)

c Ainsi l'auente d'un libérateur du genre humain, d'un Homme-Dieu, est aussi ancienne que le monde; soit que l'un considère les croyances des peuples, les témoignages des poètes et des philosophes, les institutions religieuses, les rites expiatoires, il est manifeste qu'il n'y eut jamais de tradition plus universelle. Malgré sa haine pour le christianisme, Boulanger lui-même n'a pu s'empêcher de le reconnaître. 1! avoue que les anciens attendaient des dieux libérateurs qui devaient régner sous une ferme humaine, et que des imposteurs ont souvent profilé de celle disposition pour se faire honorer comme des dieu* descendus du ciel, il trouve celle opinion profondément enr «ciliée dans l'e-prit de tous les peuples, et il en cite des exemples frappants. (L'Antiquité dévoilée par set usages, loin. Il, liv. iv, cl». 5.)« Les Komains, dit-il, tout républicains qu'ils é aient, attendaient, du temps de Cicéron, un roi prédit par les sibylles, comme on le voit dans le livre de la Divination de ecl orateur phi osophe; les misères de leur république en devaient être les annonces, 21 la monarchie universelle la suite. C'est une anecJole de l'histoire romaine à laquelle on n'a pts l'ait toute l'attention qu'elle méiile.... Les llébr.-ux attendaient tantôt un conquérant et tantôt un être indéfinissable, lien reu\ cl malheureux ; ils l'attendent encore....

« L'Oracle de Delphes, comne ou le voit dans Plularquc, était dépositaire d'une ancienne el seciète prophétie sur la future naissance d'un fils d'Apollon, qui amènerait le règne de la justice; et tout le paganisme grec et égyptien avait une multitude d'oracles qu'.l ne comprenait pas, mais qui loua décelaient de même celte chimère universelle. (Tétait elle qui donnait lieu à li folle vanité de tant de rois cl de prince*, qui prétendaient se faire passer pour lils de Jupiter. I.cs autres nations de la km n'ont pas moins donné dans ce-> élrauges visions.... Les Chinois attendent un Plielo ; les Japonais, un Prgram et un Combadoxi; les Siamois, un Soinmona-Codum.... Tous les Américains attendaient du côic de POiicnt, qu'un pourrait appeler le pile de l'espérance de toutes les nations, des enfants du soleil ; et les .Mexicains en particulier attendaient un de leurs anciens rois qui devait les revenir voir par le coté de l'aurore, après avoir fait le tour du monde. Enfin il n'y a eu aucun peuple qui n'ait eu son expeciaiivc de celle espèce. » (llecherihes sur Corig. du despolism. orient., sect. 10, p. lltj ei 117.) Voltaire couliiine celle remarque, et ses paroles méritent une séiieuse a lenlion. < C'éia l, de temps immémorial, une maxime cbei les Indiens el chez les Cb.nois, que le Sage viendrait de l'O: -cide.it. L'Europe, au contraire, uWll que le Sac'e viendrait de l'Orient. Tomes les nations ont toujours eu besoin il un S..ge. » (A-idit. a lit.tt. gûnér., p. 15, cdil. do 1705 )

DlCT. !>!•. TfféOL. DOGMATIQUE. IV.

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