‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 36 sur 219 · RES · texte numérisé non relu

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il.ms lesquels la restitution est de nécessité absolue, il faudrait un gros volume. De toutes les questions de morale, il n'en est point 6e plus embarrassâmes, pour les casuisles, que les matières île justice et de restitution. Il en est de même des réparations dues au prochain, quand on lui a fait tort dans sa réputaiion par dos médisances ou par des calomnies; elles ne sont pas moins indispensables que les restitutions ; la réputation est le plus précieux de tous les biens, la perte qu'on en peut faire afflige davantage une âme sensible que la perte de sa fortune. A la vérité, dans une infinité de circonstances celte réparation est à peu près impossible, et souvent elle produirait plus de mal que de bien, en renouvelant le souvenir d'un discours injurieux ou d'un injuste soupçon qui peut être effacé par oubli. Mais, lorsqu'une médisance ou une calomnie a porté au prochain un préjudice réel dans sa foi tune, lui a fait perdre un bien qu'il possédait, ou l'a empêché d'acquérir un avantage auquel il avait droit de prétendre , la justice exige qu'il soit dédommagé par celui qui en est la cause. Sur ce point la morale chrétienne est fondée sur les idées les plus pures et les plus exactes de la justice naturelle; en ajoutant à la défense de toute injustice le précepte de la charité ou de l'amour du prochain, Jésus- Christ a mieux développé nos devoirs que toutes les spéculations des philosophes.

RESTRICTIONS MENTALES. Yoij. Mensonge.

UÉSUMPTE, terme usité dans la faculté de théologie de Paris ; c'est un acte que doit soutenir un docteur avant d'avoir droit de suffrage dans les assemblées de la faculté et de jouir des autres droits du doctorat, comme de présider aux thèses, d'assister aux examens , etc. Ils ne peuvent y prétendre que six ans après qu'ils ont pris le bonnet de docteur. L'acte ou la thèse qu'ils doivent soutenir pour lors dure depuis une heure jusqu'à six ; elle a pour objet tout ce qui appartient à l'Ecriture sainte, ou ce que l'on appelle la Critique sacrés, Voij. ce mot.

RÉSURRECTION, retour d'un mort à une nouvelle vie. On peut ressusciter seulement pour un temps et pour mourir une seconde fois : alors celte résurrection est passagère, c'est ce qui est arrivé à ceux auxquels Jésus-Chrisl, les apôtres et les prophètes ont rendu la vie par miracle. La résurrection perpétuelle est celle par laquelle on fiasse de la mort à l'immortalité : telle a été la résurrection de Jésus -Christ ; et telle sera celle que nous espérons à la fin des siècles pour nous et pour tous les justes sans exception. Pour la résurrection des réprouvés, ce sera plutôt une second.- mort qu'une nouvelle vie. A près avoir parlé de la résurrection passagère, nous traiterons de \a résuf rection générale et perpétuelle.

bans l'Ancien Testament il esl fait mention de trois résurrections ; Elie ressu>cila le fils de la veuve deSirepta /// Reg. xvii,22,; Elisée rendit la vie in (jls de la Sunamiie l) fie;, iv, 3S); un cadavre qui l'juuhu les

os de ce prophète fut ressuscité (xni. 21). La résurrection de Samuel ne fut que momentanée, ce fut plutôt une apparition qu'une résurrection. Celles qu'a opérées Jésus-Christ pendant sa vie sont au nombre de trois, celle «le la fille d'un chef de synagogue (Matth. ix, 25); celle du fils de la veuve de Naïm [Luc. vu, 15); celle de Lazare {Joan. xi, H). Comme celte dernière esl la plus éclatante, on en verra la preuve au mol Lazaiik II n'est pas dit que les morts qui sortirent de leurs tombeaux lorsque Jésus-Christ expira sur la croix , et se montrèrent à plusieurs personnes, aient continué de vivre (Matth. xxvii, 52 et 53). On ne peut pas appeler résurrection l'apparition de Moïse et d'Elie à la transfiguration de Jésus-Christ. Quadralus, disciple des apôtres, qui vivait sous Adrien, vers l'an 120, attestait que des malades guéris et des morts ressuscites par Jésus- Christ avaient vécu jusqu'à son temps. Dans I''uscbe, I. îv, c. 3. Saint Pierre ressuscita la veuve Tabithc (Act. ix. fcO). Saint Paul rendit la vie à un jeune homme tombé du haut d'une maison et lue par sa chute (Act. xx. 9).

La plupart des déistes cl des autres incrédules de notre siècle ont soutenu que quand même un mort sérail ressuscité, ce miracle ne pourrait pas être constaté ni rendu croyable par aucune espèce de preuves. Mais, puisque la mort d'un homme esl un fait très-sensible qui peut être invinciblement prouvé, la vie rendue à cet homme est aussi un fait non moins sensible, elqui peut être prouvé de même par le témoignage des sens; pourquoi le même nombre de témoins qui a sufti pour constater la mort d'un homme, ne suffit-il plus pour constater sa résurrection ou sa vie postérieure? C'est, disent-ils, parce que le premier de ces faits est naturel, au lieu que le second ne l'est point. Pour rendie croyable ce dernier, il faudrait un témoignage dont la fausseté lût impossible et plus miraculeuse que la résurrection même; quelque soit le nombre des témoins, ils peuvent se tromper, et ils sont capables de nous en imposer. Mais quand il s'agit de constater le fait naturel de la mort d'un homme, l'on ne s'avise point de le contester, parce que les témoins peuvent se tromper ou en imposer ; pourquoi donc alléguer ce prétexte pour douter do sa résurrection? Le surnaturel d'un fait n'influe en rien sur les sens pour les rendre infidèles, ni sur le caractère des hommes pour les rendre imbéciles ou menteurs. Donc un fail surnaturel est tout aussi capable d'être prouvé par des témoignages qu'un fail naturel; nous l'avons démontré au mol Cbutitudu.

Nous soutenons que les deux suppositions ou les deux prétextes des inciédulcs sont plus impossibles et plus contraires à l'ordre de 1 1 nature que la résurrection d'un mort. — 1° 11 n'est pas n ilurel qu'une multitude de témoins, sensés d'ailleurs , croient voir . entendre , toucher un homme vivant, pendant qu'ils ne voient cl ne louchent qu'un homme mort, ou au conlraiio. Il n'est point dans l'ordre de la nature nue les sens de

ni. s

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s toute relie multitude soient fascinés, et qu'un fantôme leur fasse illusion. Il n'est poitil scion le cours ordinaire des choses que deux hommes soient tellement semblables p.ir les (rails du visage, parla taille, par l'âge, par le son de la voix, par l'humeur, par les habitudes, etc.. que le vivant puisse être substitué à la place du mort, de manière qu'après trois ou quatre jours tout le monde y soit trompé, même sa famille et ses meilleurs amis : il n'y a point d'exemple d'une erreur semblable. Ce phénomène est dope contraire à une expérience constante, uniforme, certaine et invariable. Donc c'est un miracle, suivant la notion même qu'eu donnent les incrédules; mais miracle plus impossible qu'une resuri eclîoii. Dieu Buns doute peut ressusciter un mort pour prouver la mission d'un de ses envoyés, pour exciter l'atlenlion des peuples et les rendre plus dociles à sa parole ; mais il ne peut pas faire illusion aux sens de tout un peuple pour l'induire en erreur , ni permettre que cela se lasse par tout autre agent quelconque : cette conduite répugnerait à sa sagesse et a sa bonlé. 2" Il est naturellement impossible qu'un grand nombre de témoins aient le même intérêt et la même passiou de tromper en pareille circonstance , et il est impossible qu'ils y réussissent au point de rendre la supercherie indémontrable; depuis la création il n'est ii( n arrivé de semblable , et il n'arrivera jamais, à moins que Dieu ne change le cours de la nature pour établir une imposture, cl ne viol.- tout à la fois l'ordre physique et l'ordre moral. Dans l'un et l'aulro île ces deux cas, nous avons donc ce qu'exigent les incrédules pour admettre un mira- «le, c'est-à-dire un témoignage de telle nature que sa fausseté serait plus miraculeuse que n'est le fait même qu'il s'agit de constater.

Cet argument ne conclut point, répliquent les déisies ; dans une résurrection il y a deux laitssuccessifs, la mort d'un homme, ensuite sa vie; je puis m'assurer du second, mais celle assurance même me fait délier du témoignage que mes sen< m'ont rendu sur la réalité de la mort précédente que je no puis plus constater. Lorsqu'un malade tombé eu syncope, et qui paraissait mort, revient do lui-même à la vie, le second fait démonire que la mort était seulement apparente et non réelle; donc il en est de même de la vie iécu|érée par une prétendue résurrection ; Il faut raisonner dans l'un de ces cas comme dans l'autre.

Réponse. Nous soutenons que dans le second cas , lorsque la mort a été constatée par les signes ordinaires, il est absurde d'en douter cl de se défier du témoignage des sens. Autrement, dans le cas que cet homme ressuscité viendra l à mourir quelques jours après , il faudrait douter de même de la vie dont il a joui pendant plusieurs jours , 1 1 de laquelle nos sens ont rendu témoignage. Pour comprendre tout le ridicule de ces doutes, il suîfjt <*e les appliquer à un phénomène naturel. La renaissance des têtes de li-

maçons paraissait incroyable et contraire au cours de la nature . avant que l'expérience en eût démonlré la possibililé; le philosophe qui les a vins renaître pour la première fois a-l-il élé en droit de douter s'il avait réellement coupé la léle à plusieurs de ces animaux, lorsqu'il en a vu paraître une nouvelle, sous prétexte qu'il ne pouvait plus constater la réalité de l'amputalion? aucun homme sensé n'oserait le soutenir. Donc, de même, dans le cas d'une résurrection , lorsque la mort a été constatée par le témoignage des sens , il rst absurde d'en do iter, sons prétexte que l'on ne peut plus lériGer le fait de nouveau. La seule raison qui inspire de la défiance aux incrédules, c'est que la vie rendue au ressuscité est un fait surnaturel : or. nous avons déjà observé que le surnaturel d'un fait n'inllue en rien sur nos sens ni sur la fidélité de leur témoignage : donc la défiance à cet égard n'est fondée sur aucune raison, m lis seulement sur la répugnance d'un incrédule a croire un miracle.

Dans le cas d'une syncope, la vie recouvrée est Uiie preuve certaine de la fausseté des apparences précédentes de la mort, pour deux raisons : 1" parce qu'il estévident pour lors qu'aucune cause surnaturelle n'est intervenue; Dieu ne ressuscite pas l< s morts sans qu'ils le sachent et sans que personne s'en aperçoive. C'etl autre chose lorsqu'un homme qui se dit envoyé de Dieu opère une résurrection pour prouver son caractère. 2* Parce qu'il n'y a aucun exemple d'une syncope qui ail réuni absolument tous les signes et les symptômes d'une mort réelle; si cela étail jamais arrivé , l'on n'oserait plus enterrer aucun mort avant la corruption du cadavre. Donc, lorsqu'une mort a été constatée par lous les signes qui peuvent la ca raclériser, il est absurde de douter encore si ce n'a pas élé une syncope. 11 faut donc distinguer avec soin la défiance sage et raisonnable du témoignage des sens, d'avec une défiance excessive et affectée qui vient de quelque passion d'orgueil , d'entêtement, d'opiniâtreté, de malignité, etc. Celle-ci n'a point de bornes, elle augmente à proportion de la force des preuves qu'on lui oppose. Mais ceux qui se font gloire de leurs doutes en fait de religion , rougiraient de se conduire de même en toul autre cas. Lorsqu'un incrédule s'est trouvé dans le cas de voir porter au tombeau son père, son épouse ou son ami, malgré la vivacité de ses regrets, il ne s'est pas avisé de douter si leur mort était bien certaine, nid'argumeuler pour prouver que c'était peut-être seulement une syncope.

Suivant l'avis d'un de nos plus célèbres incrédules, c'est un paradoxe de dire que l'on devrait croire aussi bien tout Paris qui assurcraii avoir vu ressusciter un mort, qu'on le croit quand il publie que telle bataille a é é gngnée ; ce témoignage, dit-il, rendu sur une chose improbable, ne peut jamais être égal à celui qui est rendu sor une ihosc probable. Si par improbable cet

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