‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 37 sur 219 · UES · texte numérisé non relu

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auteur «rteiHail impossible, il ievail conv-

mencer par faire voir quo tout miracle est impossible; c'est ce qu'il n'a pas fait. S'il appelle chose improbable une chose que l'on ne'peul pas prouver, il fallait démontrer que nos sens ne servent plus de rien lorsqu'il s'agit de constater un l'ait surnaturel, quelque sensible qu'il nous paraisse. Nous voudrions savoir pourquoi il est plus difficile de s'assurer de la mort d'un homme qui -essuscitera que de celle d'un homme qui ne ressuscitera pas ; ou moins aisé de constater la vie d'un homme ressuscite que celle d'un homme qui n'est pas encore mort. Il est évident qu'un fait surnaturel est susceptible du même degré de certitude qu'un fait naturel; ainsi un miracle est métaphysiquement certain pour celui qui l'a épiouvé sur soi-même, il l'est physiquement pour ceux qui l'ont vérifié par leurs sens, il l'est moralement pour ceux qui en sont assurés par des témoignages irrécusables. Vuy. Miracle.

KÉSLIUIECTION OE J lïSL'S-ClIIUST (1). « Si Jé-

(!) La résurrection de Jésus-Christ, dit Duvoisin, ■■si un fai principal sur lequel repose particulièreme i la divinité «le l'Evangile : il est à propos d'en pa<lor d'une manière particulière.

On peut réduire à trois chefs les preuves de la résurrection de Jésus-Christ : la tradition constante h la foi publique de l'Eglise cliréu'enne, l'autorité des létnoMts cités dans l'histoire évangélique , la liaison nécessaire de plusieurs faits incontestables avec le fait de la résurrection.

I. Il n'eu est i a^ du christianisme comme de certaines institutions que l'on trouve établies dans le momie, sans que l'on puisse dire où, comment, cl par qui elles ont commencé. Nous en avons une histoire suivie qui remonte sans interruption jusqu'à l'épnqne de sa naissance; et nous apprenons de ceue hisioire, que la résurrection de Jésns-Chi ist a toujours été l'objet et le fondement de la fui des chrétiens.

Une fête solennelle, aussi ancienne que le christianisme, est encore aujourd liui un monument authentique de la r surreeiion. Vers le milieu du second siècle, il s'éleva dans l'Eglise une contestation sur le jour où cette léte devait se célébrer. Les Eglises d'Orient prétendaient que l'apôtre saint Jean les avait instruites à célébrer la Pàque le même jour que les Juils, c'est-à dire le quatorze de la lune de mars. L'Eglise de Kome et les Eglises d'Occident se Fondaient sur l'autorité de saint Pierre, pour renvoyer la Pàque chrétienne au dimanche qui suivait le jour de la Pâ |ue judaïque. La praiique de l'tglise de Itome a prévalu : le concile de Nicée, en 325, en a fait une loi pour tous les chrétiens. Cette dispute, qui dura longtemps, et qui lut soutenue de part et d'autre avec beaucoup de vivacité, nous prouve évidemment que l'Eglise chrétienne a toujours fait pinles-ion de croire la lésurrection Je Jésus-Christ, et qu'elle a toujours regardé la commémoraison de < e grand miracle comme une partie essentielle de son culte. Or il est incontestable que la foi publique de la résurrection remonte jusqu'au temps de l'événement. L'on ne peut assigner un seul instant où h s chrétiens n'en aient pas lait profession. Il est même évident que celle croyance a toujours éié le motif prim ipal et le fondement du christianisme, et que jamais ou n'aurait vu se former une Mule Lglise cbréleune, si la résurrection de Jésus- Christ n eùi pas été aiiiioin ce ei ie- ouiine imuiédial nient a, lés sa mort.

J'apeiç is donc dans la tradition chrétienne un

sus-Christ n est pas ressuscité . disait saint Paul aux Corini biens, notre prédicaU'ou est vainc, votre foi ne porte sur rien ; nous

premier caractère qui ne me permet pas Me la eoulondre avec ces opinions populaires «lui s'évanouissent dès qu'on entreprend de remonter à la so iree. Celte loi publique cl constante d'une soci té immense composée de peuples inconnus les uns aux autres, me parait plus imposante cl plus authentique, à mesure que je me rapproche de sou origine. Si l'on peut dire de chaque génération qu'elle a recueilli la lui de la génération précédente, je demanderai où la première génération a pui-é sa loi', si ce n'est dans la vérité reconnue du fait de la résurrection? Je ne puis pas supposer que ce soit par l'impulsion des préjuges et des opinions dominantes, «pie les premiers chrétiens aient été conduits à la foi de la résurrection. Ces premiers chrétiens étaient ou des juifs, ou des idolâtres, ou des philosophes, tous imbus de, principes bien contraires à la nouvelle religion. Le christianisme, combattu par tous les préjugés de l'éducation et de l'habitude, méprisé et persécuté dans sa naissance, n'avail aucun de ces moyens de séduction qui agissent sur l'esprit el sur le cœur humain. Par quel autre molil que celui de la vérité connue, la foi de la résurrection a-t-elle donc pu s'établir? Entin, la résurrection de Jésus-Christ n'était pas un fait (diseur, indifférent, étranger aux iutéièls et aux passions qui oui eouluuie de remuer les hommes. Il ne s'agissait pas, entre ceux qui la croyaient et ceux qui ne la croyaient pas, d'une simple diversité d'opinion sur un point d'histoire. La icligioa, l'ordre public eu dépendaient. D'une part, les pharisiens, les préires, les chefs de la nation juive ne pouvaient voir sans cU'roi que l'on eu: reprit de persuader la resurrecrccliou et la divin lé d'un homme qu'ils avaient cru cilié. De leur côié, les disciples de Jésus ne pum- \ aient se dissimuler le danger auquel ils s'exposaieui, en accusant du plus grand des crimes les magistrats de leur nation. Tome la ville de Jérusalem avait les yeux ouverts sur une cause si importante. Je ne puis donc pas supposer que la foi de la résurrection se soit établie d'une manière imperceptible, sans discussion, sans que les hommes éciairés y prissent intérêt. La nature du fait ne le permettait pas, el d'ailleurs, toute l'histoire de ces temps-là me prouve incontestablement que la foi des chrétiens n'a pris le dessus qu'après avoir triomphé des Contradiction* les plus violente', el les plus opiniâtres.

La tiadilion constante el la loi publique de l'Eglise nous conduit de siècle eu siècle, par une succession ininterrompue, jusqu'aux témoins de la résurrection. Quels sont les témoins de la résurrection 2 Jésus , qui l'a prédite ; les apôtres, qui l'ont publiée ; les Juils, qui l'uni combattue.

IL Je place Jésus-Christ à la tète des témoins de la résurrection , parce qu'il l'a prédite, et qu'une telle prédictioa suppose et prouve qu'il avail le pouvoir de la vérifier. Jésus a prédit sa résurrection publiquement, cl de la manière la plus tonnelle. Celle race yen erse el adultère demande un signe (il parlait aux prêtres et aux pharisiens), el il ne lui en sera pas donné d'autre que le signe du prophète Jouas. Car, de même que Jouas demeura trois jours el trois nuits d>nis le ventre de la haleine, ainsi le Fils de l'ho.nme tera ttois jours el troii nuits dans le sein de la terre [Matin, xn). Cette prédiction n'était pas obscure; ell.î fui entendue des Juifs, et ils nous l'apprennent eux-mêmes, lorsque après le crucifiement ils disent à Pilate : < Nous nous souvenons que ce séducteur a dil : Dans trois jours je ressusciterai. » On ne peut pas soupçonner l'évangéliste de l'avoir imaginée api es coup. Les chefs de la Synagogue en aitesteut l'ai*— theniiciié par les mesures qu'ils prennent pour la démentir.

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'omrnes de faux témoins (|iii nu!r«'ip<ons Dieu, m attestant contre Ifl virile qu'il a ressuscité Jésus Christ (/ Cor. xv,1V). » Les

It.i isoimoMS maintenant daim la doubla hypothèse

«lt; la véiiié et de la fausseté du fait de la résnneeimn, »'i voyons à laquelle de ces «lenx hypoilièsos peut s'ad. plcr la | ré liciimi «le Jé-us-ChrUi.

Si Jésus esi ressuscité , il est induliiiahlcrueut l'envoyé tle Dieu, et s'il «lait l'envoyé de Dieu, il pouvait se tenir assuré de sa résurrection ; et il convenait qu'il l'annonçai, et à ses disciples, ci à ses ennemis : à ses disciples, pour soutenir leur loi contre le scandale de la croix ; à ses ennemis, i our délier tous leurs efforts . pour donner plus d'éclat au mincie qui devait mettre le sceau à la divinité de sa mission. Si, au contraire, Jé-us n'éia l pas un envoyé ci leste, celle prédiction ne pouvait servir qu'à faire échouer se.s projets, soit en désabusant les disciples qu'il avait déduits, soit eu fournissant à ses ennemi; un moyen sûr et facile de le convaincre (fimpostore à la face de l'univers.

Qu'un homme de génie, par cet ascendant que les grandes âmes savent prendre sur le vulgaire, par le < -narine de l'éloquence, par des dehors imposants de vertu, par «les prestiges même, si l'on veut, parvienne à subjuguer quelques hommes simples et crédules, on le conçoit, cl fhi-toire nous en offre mille exemples. Mais te qu'on n'a point eneme ru, c'est «pie l'auteur «l'une imposture, jusque-là si heureuse, a:lle de lui-même, sans i écessilé, sans motif, ouvrir les yeux à tous ceux qu'il a séduits. Or, tout autre «pie l'arbitre souverain de la vie et de la mort, en prédUanl à ses disciples qu'il son irait (!■■ tombeau, «léirti sait par «e!a seul toute la confiance qu'il avait su leur in pin r

Bn cil» t. l'interroge l'incrédule, ei je lui demande si 1 s disciples de Jésn-, sur l'autorité de sa prédiction, croyaient fermement qu'il dût ressusciter, ou si leur foi, encore faible et vacillante, attendait l'évément pour se lixer. Qu'il « hoisisse entre ces deux suppositions, et qu'ensu le il m'explique comment, après avoir attendu vainement l'exécution de la promesse de leur maître, après s'être convaincus de la fausseté de sa prédiction, les disciples ont pu se persuader encore qu'.l était le Fi!s «Je Dieu. A la vue d'une preuve si palpable d'imposture, la foi des disciples, quelles que soient leius préventions, s'éteint nécessairement pour faire place à l'indignation et à la honte de s'être laissé tromper. Loin de songer à perpétuer une Fable dont l'auteur s'e-i trahi si visiblement, il ne leur reste qu'à retourner à leurs barques et à leurs filets. Trop heureux si un prompt repentir les dérobe à la vengeance des lois, nu si leur obscurité fait oublier qu'ils ont été les complices du faux prophète ! Lue semblable prédiction, dans la bouche d'un imposteur, ne pouvait donc avoir d'autre effet que de forcer ses disciples à l'abandonner. J'ajoute qu'elle et'n encore préparé à ses ennemis un moyen sur et facile tle le convaincre, à la face de tout l'univers, de mensonge et d'impiélé.

S'il se rencontrait un chef «le secle assez téméraire pour prédire hautement qu'il se montrera plein de vie trois jours après sa mon, quel serait Peffei naturel et nécessaire d'une si extravagante prédiction? Tout ce que peut s'en promettre le j retendu prophète, c'est que la fable de sa lésurreclion s'accréd le et se répande dans le monde. Mais tous ces moyens tle séduction sont ensevelis avec lui, et l'imposture, meurt avec l'imposteur, à moins qu'il ne laisse un parti assez hardi pour venir à bout de persuader que la prédiction s'est vériliée.

Tout l'espoir de Jésus, dans le système de l'incrédulité, reposait donc sur le courage et sur l'habileté de ses disciples. Vous venez de voir si c'était en les dallant de la fausse idée de sa résurrection, qu'il pouvait les iniércssci a -a mémoire et au sircès de

prophète! iraient prédit ou le .Messie r. isusciterail après sa mort. hui. c. lu;, v. 10. nous lisons : « S'il donne sa vie pour le pe-

son entreprise. Je le suppose toutefois, et je me représenle «t-s hommes si timides, si lâches nue nu s joins auparavant, transformés tout a coup en conspi râleurs intrépides, et déterminés a soutenir ta résurreetion d'un homme qui les a trompés pend «m sa \ ie, et qui, en expiant sur une crois, ne leurs légué que r.tiieule d'une mort semblable à la sicon-. Ils s'assemblent, ils délibèrent, et prennent la résolulion désespérée d'enle\er le corps de leur maître. Mais dès le premier pas, un obstacle insurmontable les arrête. C'est la prédiction publique que J.-sus a faite de sa résurrection. Instruits, parcelle imprudente déclaration, du cours qu'allait prendre l'nii- P'isiure, les prêtres et les pharisiens ont rompu d'avance toute* les mesures des conjurés. Us oui placé «les gardés au se, mitre; ils y oui apposé le sceau public : ils sauront bien empêcher qu'on n'enlè e le cadavre; il ne leur sera pas difficile «Ici: produire après les trois jours révolus. Ce lerme expiré, la fable de la résurreci on esl étouffée, avant même qu'elle ail \u le jour.

tën deux mois : Jésus a prédit qu'il ressust itérait. Donc il esl ressuscité.

III. Le fait de la résurrection est attesté, non-seulement par tous les écrivains du Nouveau Testament, mais encore par tous les apôtres et les dise pies de Jésus Christ; el leur témoignage unanime et |>ersévéraul ne peul être suspect ni d'illusion ni «l'imposture. D'abord la nature du fait, sa continuité, la multiplicité el la variété «les apparitions qui le confia- (aient, ne permettent pas de croire que les térn dns aient été trompés. Ce n'e.-l pas en songe, ou «l'une manière fugitive, ce n'est pas une seule Ms que Jésus après sa mort se montre à ses disciples : c'est pendant quarante jours consécutifs, et dans loule l'inlimilé «lu commerce !e plus familier, l'rabuil seiptum vivum in multis avfumtntit, per dies qnttdrnain'.a, upparen» eis, et lo [tiens ( .-Ici. i).

Direz- vous que les apôlies étaient pépirés par

leurs préventions el leur crédulité, à pr mit c pour r.'.els des faits et des discours qui n'existaient «pie dans leur imagination?

Mais, en premier lieu, une pareille illusion supposerait la démence portée à son comble; et la démence n'admet pas celle uniformité dan» les récils, celte liaison dans les laits, celle profonde sagesse dans les discours que nous offre l'histoire de Jésus ressuscité, lui second lieu, rien ne parait plus éloigné de l'es| rit des disciples, que la prévention el la ciétlulilé à l'égard de la résurrection de leur niaiire. Ils traitent d'extravagance le premier rapport qu'on leur en fait : el visu suul amie il os quasi deliramenla rerba isla, el non credide tint iUis.(Luc, xxiv.) Jls se sont assurés «pie le corps n'est p us dans le sépulcre, el ils ne soûl pas encore persuadés. Je us se munira à Madeleine; il lui adresse la parole; il l'appelle par sou nom : Madeleine le leconuatl enliu, ri court annoncer aux i.iseiples ce qu'elle a vu. Mais son lémoigna.e ne leur suffit pas; ii faut que Jésus leur apparaisse, qu'il leur montre les cicatrices de ses plaies. Thomas, qui n'était pas présent lors de ceile première apparition, relu e d'en croire ses collègues; il ne se rend qu'après avoir vu el louché les traces récentes des clous ei de la lance.

Dans ce récit, que je suis loi ce d'abréger, mais dont tous les détails sont précieux, reconnai>sezvous la marche de la prévention, de la crédulhé ou de i'enihousiasme? Ne vous semlde-l*il pas, au contraire, que les apôtres portent la défiance jusqu'à l'excès? Lt n'êtes vous pas lenlé de leur adresser le reproche que Jésus faisait aux disciples d'Einmaûs, qui s'entretet.aient avec lui sou- le reconnaître : U

sa

uns

ché, il vivra, il aura une postérité nombreuse, il accomplira les desseins du Soigneur. Parce qu'il a souffert, il reverra la

in«ensés, qui vous ro'uli-soz contre la foi! 0 insen- $aii et lurdi corde ad credendim !

Mais c'est trop nous arrêter sur une supposition qui ne s ulienl pas le plus léger examen. Les lémoins de la résurrection n'ont ru s'en laisser imposer : voyons s'il est permis île croire qu'ils aient formé le dessein d'en imposer eux-mêmes. Ou les apôtres s'attendaient à voir leur maître rcssusciier, comme il l'avait annoncé si expressément, ou ils ne s'y attendaient pas. Dans la première supposilion, ils ont ilù se reposer sur lui-même du soin de vérifier sa prédiction. Us n'avaient nul besoin de s'engager dans une manœuvre aussi dangereuse que criminelle ; et si leur attente était trompée, il ne leur. restait, comme je l'ai déjà dit, que d'abandonner ia cause et la mémoire d'un homme qui les avait si grossièrement abusés. Dans la seconde supposilion, nul motif, nul intérêt, nul c-poir ne pouvait les engager à concerter la fable de la résurrection. Du côté du inonde, ils avaient tout à craindre : du côté du ciel , ils ne pouvaient attendre que les châtiments réservés au blasphème ei à l'impiété. Le fanaiisme ne les aveuglait pas sur ce qu'il y avait de criminel dans leur projet, et le faux zèle ne justifiait pas l'imposture à leurs yeux, < Si le Christ n'est pas ressuscité, disait saint Paul, nous portons un faux témoignage contre Dieu : Invettimur et /a/si testes Dei. >

Admettons néanmoins que les apôtres eussent quelque intérêt à supposer cl à divulguer la fahle de la résurrection, comment n'onl-ils pas élé découragés à la vue des obstacles innombrables qui s'opposaient à l'exécution d'une pareille entreprise? obstacles pris de la nature même du projet, qui demandait que l'on fit disparaître le cadavre dont les Juifs s'étaient assurés par une garde militaire : obstacles de la part des complices qui se trouvaient en grand nombre, et parmi lesquels il ne fallait qu'un traître, un second Judas pour dévoiler la fraude, et en immoler les auteurs à la risée publique et à la vengeance des lois; obstacles de la part des prêtres, des magistrats, de la nation tout entière, que la labié de la résurrection couvrait d'une infamie éternelle, et qui avaient en main tous les moyens de droit ci de force, propres à confondre et à pun r les imposteur? ; obstacles de tous les genres, qui donnent à ce projet un caractère d'extravagance, tel que l'imagination épouvantée ne peut se figurer qu'il y ail eu, d'une part, des hommes assez fous pour en concevoir l'idée, et, de l'autre, des hommes assez Slupides pour en permettre l'exécution.

IV. rsous pouvons compter, parmi les témoins de la résurrection, jusqu'aux Juifs qui ont refusé de la croire. Leur incrédulité porte avec elle des caractères si manifestes de mauvaise foi, qu'elle équivaut à un ave:t formel. Pour vous en convaincre, je n'ai besoin que de met'.re sous vos yeux ce que tirent les chefs de la Synagogue avant la résurrection, pour empêcher, s'il eût élé possible, que la prédiction de Jé>us ne s'accomplit, et ce qu'ils firent api es la résurrection, pour arrêter l'effet de la piédicaliou des a| ôlres.

Avant la résuireclio n, les princes des prèlres et les pharisiens scellent de leur sceau l'entrée du sépulcie : ils y placent des s.iieililes pour en défendre l'accès. Par ces mesures, ils se constituent dépositaires cl gardiens du corps de Jésus, ils en répondent contre lotis les efforts des disciples, el ils s'engagent tacitement à le représenter, après les irois jonc, livés i>"ur la résurrection. (ju'arrîve-t-il, cependant.' l'es le matin du troisième j'>ur, les sceaux du »épulcrc sont brisés, la pierre énorme qui le fer- I renversée, les tu:tlliit;s boni dissipé -, le

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lumière cl il sera rassasié de bonheur. » Jésus lui-même avait répété plus d'une fois a ses apôlres que trois jours après sa mort il

cadavre a disparu ; il ne resle que les linges qui l'enveloppaient.

D'après ces faits publiés par les apôtres, cl non contestés par les Juifs, il faut admettre, ou que Jésus esl ressuscité, <mi que ses disciples ont enlevé le cadavre à force ouverte. Mais, outre que c'enl élé de leur part un projet insensé, soit qu'ils crussent, soit qu'ils ne crussent pas à la divinité de leur maître ; outre qu'on ne peut leur supposer ni le courage ni les forces nécessaires pour l'exécution, les chefs de la Synagogue en avaient rendu le succès impossible; et ils ne sont plus en droit d'alléguer cel enlèvement, après qu'ils l'ont prévu, et qu'ils ont pris pour l'empêcher toutes les mesures que pouvait suggérer la prudence éveillée par la haine, et soutenue de l'autorité et de la force publique. A plus forte raison ne méritent-ils pas d'être écoutés, lorsqu'ils viennent nous dire que les disciples oui forcé le sépulcre, pendant que les gardes dormaient tous à la fois, sans que leur sommeil eût élé troublé par le tumulte inséparable des efforts et des mouvements que suppose une pareille expédition- Un fait aussi destitué de vraisemblance demanderait, comme l'observe Saint Augustin, d'autres garants que des témoins endormis. Tout ce que l'on peut conclure du bruit de l'enlèvement semé dans le peuple par les chefs de la Synagogue, c'est que, de leur aveu, le cadavre n'était plu^ dans le sépulcre avant la fin du troisième jour; et cet aveu, dans leur bouche, est un témoignage forcé en faveur de la résurrection.

Taudis que, par une (aide si mal concertée, le* prêtres et les pharisiens s'efforçaient de démentir la prédiction de Jésus-Christ, les apôlres, au milieu de Jérusalem, se portaient hautement pour témoins de son accomplissement. Le contraste de leur assurance et de leur intrépidité, avec la mollesse el la timidité de la Synagogue, fait assez voir de quel côlé se trouvent la bonne foi et la vérté.

Pierre et Jean venaient de guérir, à la porie du temple, et en présence d'une foule innombrable, un homme boiteux de naissance, connu de toute la ville. Ils avaient pris occasion de ce prodige pour annoncer au peuple la résurrection de Jésus. Ils parlaient encore, lorsqu'il survient des prêtres, des magistrats du temple et des sadducéeus, qui les font saisir et jeter dans une prison. Le lendemain, les prêtres, les anciens, les scribes- assemblés, se font amener les deux apôlres. Nieront-ils, ou du moins contesteront-ils le miracle de la veille? Non : ils le reconnaissent expressément, cl se bornent à demander aux apôtres en quel nom el par la puissance de qui ils l'ont opéré : lu qua virilité, aul in quo nomine fecialis hoc i'Os?(Act. iv ) Pierre prend la parole el leur dit : i Princes du peuple, apprenez, cl que tout Uraél sache que cel homme , que vous voyez sain devant vous, a été guéri par la puissance et au nom de Nolre-Seigueur Jésus-Lhrisl de Nazareth, que vous avez crucifié, et que Dieu a ressuscité d'entre les morts : Quem vos crucilixistis,

quem Deus tuscilavil amorluis » Les magistrats,

voyant la fermeté de Pierre el de Jean, sachant quo celaient des hommes du peuple, et sans lettres, étaient dans l'étonnemeni, ci connaissaient qu'ils avaient élé avec JéiUS. Us voyaient aussi devant eux l'homme guéri, et ils ne pouvaient nier la chose. Ils firent sortir les apôtres de la salle du conseil, et délibérant entre eux, ils se disaient : « Que feronsnous de ces hommes? Le miracle qu'ils ont fait esl connu de tous les habitants de Jérusalem. La chose esl manifeste, et nous ne pouvons la nier. Mais afin que leur doctrine ne se répande pas davantage, déftndoi s letn avec menace d'en parier à qui que ce

r,.\ ras

sortirait du tombeau. Les Juifs sont encore persuadés que le Messie qu'ils attendent doit mourir cl ressusciter. Voy. Galalin, I. vin,

xnit. » Pierre et Jean sont rappelas, on leur Intime l'ordre <iu conseil : ils sortent en déclarant qu'ils n'oliéiront pas : i Jugez vous-mêmes, disent-ils, s'il est juste de vous obéir plutôt qu'à Dieu. Pour nous, nous ne pouvons taire ce que nous avons vu et entendu : Non erinn 'possumu$ quœ vidimus et audivimus non loqui. ► Cités une seconde fois au même tribunal, tous le< apôlrcs réunis parlent avec la même intrépidité. Les prêtres, les pharisiens frémissaient de rage et voulaient les faire mourir. « Laisse! ces hommes, leur dit Gamaliel ; car si l'œuvre qu'ils enirep-ennent vient des hommes, elle tombera d'elle-ii ème : mais si c'est l'œuvre de Dieu, vous ne viendrez pas à bout de la détruire, et votre résistance vous rendrait coupables d'impiété, i

Avec tant de haine et de puissance, pourquoi tant d'incertitude et de faiblesse? Pourquoi ces ménagements pour des hommes de néant, qui accusent en lare les princes des prêtres d'avoir crucifié le Messie des Juifs, quem vos crucifixtelis t Comment le plus saue et le plus' accrédité des pharisiens ose-l-il avancer en plein conseil, que combattre la prédication des «nôtres, c'est s'exposer à combattre l'œuvre de Dieu? Est-ce là la conduite, est-ce là le langage convenable ans chefs d'une nation, à l'éard d'une poignée de novateurs et de séditieux, qui, par la p'us grossière imposture, déshonorent la nation tout ent'ere. et mettent en péril l'état et la religion?

N'allez pas objecter que ce récit est suspect, puisque c'est des apôtres seuls que nous le tenons. Les faits qui ont précédé ou suivi immédiatement la résurrection, étaient des faits publics et notoires qui appartenaient à la Synagogue, et qu'il y aurait eu de la démence à lui attribuer, s'ils n'eussent pas été vrais et généralement reconnus. Les apôtres auraient-ils inventé que les prêtres allèrent trouver Pilate, pour lui demander de placer une garde dans le sépulcre; qu'il se répandit parmi les Juifs que le corps de Jésus avait été enlevé de nuit par ses disciples, qu'eux-mêmes forent cités devant le conseil, interrogés, emprisonnés, réprimandés, et battus de verges 1 Non, ces faits ne sont pas de l'invention des apôtres : ils avaient pour garant la notoriété publique- Vous ne pouvez raisonnablement les contester, et de leur réunion il sort une nouvelle preuve du laitue la résurrection.

D'abord la précaution de placer une force militaire près du sépulcre ne permet pas de douter que Jésus n'eût annoncé publiquement qu'il ressusciterait. J'y trouve même une sorte d'aveu de sas autres miracles ; car on eût méprisé une semblable prédiction, si des œuvres surnaturelles ne lui eussent pas donné de la vraisemblance et du poids dans l'opinion publique. En second lieu, le bruit qui se répand de l'enlèvement du cadavre, prouve démnns- Iralivcmcnt que le tombeau s'était trouvé vide tpiès le troisième jour. Or ce l'ait seul décide contre ses Juifs, puisqu'il est certain qu'ils ont dû, qu'ils nul pu, qu'ils ont voulu prévenir toute tentative de la part des disciples. De plus, ce bruit suppose une imposture avérée, ou de la part des disciples, s'il est véritable, ou de la part de la Synagogue, s'il est faux. Or, si l'on pèse attentivement l'intérêt, les moyens, le caiactére des uns et des autres, on avouera que. le reproche ne peut tomber que sur les ehefs de la Synagogue.

Les apôtres n'avaient nu! intérêt à dérober le corps de leur maître, à moins qu'on ce les suppose assez insensés pour vouloir, au péril de leur vie, justifier l'extravagante prédiction d'un imposteur. Mais la Synagogue demeurait convaincue du crime le plus horrible, si l'on croyait à la résurrection d'un homme qu'elle avait fait périr du dernier

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c. 15 et 22. Il est donc de la plus grande importance de voir si l'histoire de la résurrection de Jésas-Chrint, tracée par les évangé-

supplice. A s'en tenir à la présomption de droit, celui-là a commis le crime, à qui le crime e*t utile, h (util teelus, eut prodett : il ne se trouve ici de coupables que les Juifs.

Les apôtres manquaient de tous les moyens nécessaires au succès d'une entreprise si hasardeuse. Mais les chel's de la Synagogue axaient en main tout ce qui pouvait empêcher l'eirraclinu du sépulcre, tout ce <pii pouvait la constater après l'exécution. Or, de leur aveu, ils ne l'ont pas empêchée, et d'après toute leur conduite, i! est évident qu'ils ne l'ont pas constatée. Us n'ont pas même puni les soldats qui, par un oubli sans exemple de la discipline militaire, avaient favorisé le vol du dépôt confié à leur garde. Ils ont souffert qu'on les accusât publiquement d'avoir acheté à ptix d'argent le silence de ces témoins oculaires de la résurrection.

Les apôtres, dans toute la suite de leur vie, ont donné l'exemple de toutes les vertus : ils ont scellé de leur sang le témoignage qu'ils avaient constamment rendu de la résurrection de leur maître. Eu est il de même de leurs adveisaire- ? Interniez, je ne dis pas les évangélistes, mais l'hi-lorieu Josépbe : il vous dira que telle était li corruption des pharisiens, des préires, des magistrats, qu'elle eût sulli, sans les armes des Romains, pour consommer la ruine entière de la nation.

Troisièmement, les chefs de la Synagogue ont nié le fait de la résurrection ; niais quelles preuves outils oppisées au témoignage des apôtres? Le bruit va^ue de l'enlèvement du cadavre n'est qu'une falde maladioilc, s'il n'est pas soutenu par des informalions juridiques. Or, il ne parait nulle tr.ice d'informations juridiques dans toute l'histoire de ce tempslà ; et ce qui démontre qu'il n'y en a jamais eu, ou que l'on s'est cru obligé de les supprimer, c'est que les apôtres continuent d'enseigner en publ c, sans que les magistrats osent les condamner à la mort; c'est que, d.ms le procès instruit lumullu <\ ornent contre le diacie Etienne, on l'accuse, non d'avoir enseigné la résurrection de Jésus, mats d'avoir blasphémé c>nlie le temple et contre l\ loi : c'est enlin, que la foi en Jésu» ressuscité, que des informations juri diques auraient dû étouffer dans sa naissance, s'établit au milieu de Jérusalem, sous les yeux des prêtres et des magistrats, qui ne savent combattre la nouvelle religi n qu'en la persécutant.

V. Le fait delà résurrection est tellement lié avec d'autres faits incontestables, qu'on ne peut l'en détacher sans tomber dans uu abîme d'invraisemblances, de contradictions et d'absurJilés historiques.

Un premier fait incontestable, c'e-l que l'établissement du christianisme est moins l'ouvrage de Jésus-Christ que celui de ses apôtres. Or, si Jésus n'est pas ressuscité, il est impossible de concevoir comment ses apôtres ont pu suivre et consommer l'entreprise qu'il avait commencée. Que l'incrédule se d (ide une fois sur le caractère qu'il veut donner aux apôtres. En leca-l-il des enthousiastes slupides qui prêchent de bonne foi les visions dont leur maître lésa bercés? Cette supposition est détruite par le fait de la résurrection, dont ils se disent les témoins. Jusque-là, qu'ils aient éié séduits, à la lionne heure; ruais, des ce moment, ils deviennent eux-mêmes des imposteurs; il ne faut plus nous parler de leur enthousiasme et de leur bonne foi. Essayera-l-on de nous les montrer comme des foar ■ bes habiles qui s'emparent du pl.ni ébauché par leur niiître, et se chargent de l'eaceuier, au péril manifeste de leur vie? Des fourbes n'auraient eu garde de coudre à leur plan ta fable de !a résurrection.

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îisics, csl à couvert de toul reproche el do tout soupçon de fausseté.

Toute la question se réduit à trois arli-

qui ramenait loul à l'examen d'un fait unique, où le mensonge devait percer de toutes part*.

Un second fait non moins incontestable, cest que l'Eglise a pris naissance à Jérusalem, deux mois après la mort de Jé-us-Chrisl. La première prédication de Pierre enfante trois mille chrétiens : peu de jours après 0,< en compte huit mille. La persécution qui oblige les apôtres de se séparer, porte le germe de la foi dans tous les pays voisins. Qui m'expliquera ce mouvement subit qui arrache des milliers de Juifs à leurs préjugés, à leurs habitudes, à tous leurs intérêts, pour leur faire adorer un homme qu'ils ont vu expirer entre deux brigands ? Les apôtres ont publié que cet homme était ressuscité. Mais les apôtres ont rencontré des contradicteurs, ils n'en ont pas été crus sur un fait aussi extraordinaire, ils ne l'ont pas avancé sans alléguer quelques pieuves ; et si le fait était conlrouvé, sur quelles preuves oni-i's pu rétablir lorsque loul s'élevait contre leur témoignage, l'autorité, la religion, l'intérêt et les passions?

Que l'on exagèie tant que l'on voudra la crédul.lé du peuple, on ne trouvera pas un ?eul exemple d'une pareille imposture el d'un pareil succès. Les erreurs populaires prennent leur origine el trouvent leur appui dans les opinions reçues, dnis les passions, dans l'influence des gouvernements, llomulus «lis — r>:.rail tout «à coup ; les sénateurs publient que les dieux l'onl enlevé au milieu d'un (rage : un peuple imbécile el superstitieux croit sans peine une fable qui s':iccorde avec toutes ses idées. Mais ce même peuple aurait-il cru, sur la parole de quelques inconnus, à l'apothéose d'un homme obscur, ennemi de ses lois el de sa religion ?

Au-si, el c'est un troisième fait non moins certain que les deux précédents, les apôtres n'ouï pas dit au peu; le de Jérusalem : Croyez que Jésus est ressuscita, parce que nous vous l'assurons; ils ont dit : Croyr-g -en tes prodiges que nous opérons sous vos yeux, au nom de Jésus ressuscité. La foi des premiers juifs convertis a donc eu pour motif des fa ts éclatants, dont la vérité était i écessairement lée à la vérdé du fait de la résurrection. Tout se réduisait pour eux à l'examen facile île ces dits dont ils é aienl le> témoins oculaires. Tout se réduit pour nous à rechercher s'ils ont reconnu la vérité des faits allég iés par les apôtres, et si le jugement qu'i's en oui porté mu- oblige nous-mêmes à les admettre. Mais avant d'.niamer celte discussion, je veux vous faire observer qu'elle lépondra pleinement à une question que vous en'cndrez souvent faire aux incrédules : Pourquoi Jésus ressuscité ne s'est-il pas montré aux p êtres, aux pharisiens, à toute la ville <ie Jérusalem qui l'avait vu expirer? Pourquoi sa morl avant éé publique, sa résurrection u'a-t-clle pas eu d'autres témoins que ses disciples?

Je pourrais répondre que la nation entière, représentée par ses prêtres, ses docteurs, ses magistrats, avait une preuve convaincante de la résurrection, dans l'élit où l'un trouva le sépulcre trois jours après la mort de Jésus-ClirUl. Je pourrais ajouter Mue le témoignage des apôtres, soutenu par des oeuvres surnaturelles , en fournissait une autre pieuve certaine, et dés lors sullisanle. Mais je vais plus loin, et je dis que, par leurs propres miracle», les apôtres ressuscitaient ce fait capital, le rendaient public, et le mctiaieni en quelque sorte sous les yeux de la nation. Jéms-Lhnst en effet ne se nioniraii-il pas au milieu de> Juifs toutes les fois que. ses apôtres opéraient en son nom, el par le pouvoir qu'ils avaient teçu de lui. quelqu'un de ces prod ges que nous lisons ilans leur histoire? La Synagogue et le peuple de Jérusalem ue l'ont pas vu aptes sa ré-

clos, à savoir : si Jésus-Christ csl véritablement morl sur la croix, s'il est ensuite sorti du tombeau lui-même ou si ses disciples ont fait disparaître son corps, el si les attestations de sa résurrectioti sont suffisantes ; nous ne pouvons qu'indiquer sommairement les preuves de la vérité de ces trois f;iits essentiels.

I. La vérité do la morl de Jésus-Chrisi est prouvée par la narration uniforme des quatre évangélistes ; on peut comparer leurs récils dans une concordance : par la longueur et la variété des tourments qu'on lui avait fait souffrir : il avait essuyé le malin une flagellation cruelle, la violence cl les coups des soldais ; il avait succombé sous le poids de sa croix ; le crucifiement mit le comble à ses douleurs : on csl étonné de ce qu'il put vivre encore pendant trois heures sur la croix . — Une troisième preuve est le coup de lance qui lui fut donné par un soldat, et qui fit sortir de suit côté le sang qui lui restait dans le cœur avec l'eau du péricarde; il lui était impossible de survivre à celte blessure. C'est parce qu'il était mort que les soldats ne lui rompirent point les jambes, comme aux deux larrons crucifiés avec lui. Ajoutons la précaution que Pilule prit avant de permettre que le corps de Jésus fût détaché de la croix; il interrogea le centurion témoin du supplice de Jésus, pour savoir s'il était véritablement mort ; cet officier le lui assura. — La cinquième preuve est l'embaumement que firent de ce corps Nicodème el Joseph d'Arimalhie, opération qui aurait suffoque Jésus s'il n'avait pas été véritablement mort. Yoy. Funérailles. — La sixième est l'attention qu'eurent les juifs de visiter le tombeau de Jésus lorsqu'il y fui renfermé, de sceller la pierre qui en fermait l'entrée, d'y mettre des gardes, de peur que son corps ne fût enlevé par ses disciples et qu'ils ne publiassent qu'il était ressuscité. Enfin, la persuasion dans laquelle les juifs ont toujours élé que Jésus avait été déposé morl dans le tombeau, el le bruit qu'ils ont répandu de l'en lèvement de son corps pendant que les gardes dormaient. Les juifs ont toujours contesté sa résurrection, mais ils n'ont jamais nié sa mort. Elle est donc prouvée par tous les faits el par loules les circonstances qui peuvent la rendre indubitable.

surreclion ; mais n'ont-ils pas eu, dans les miracles des apôtres, une preuve de la résurrection, équivalente au témoignage immédiat de leurs sens? Et ceux qui ont relusé de se rendre à celle preuve si authentique et si éclatante, se sei aient-ils montrés plus dociles à la vue de Jésus ressuscité? Pensezvous d'ailleurs que le témoignage unanime de toute la nation juive lin capable de fermer la bouche à nos incrédules modernes? Ne demanderaient-ils pas encore que Jésus, après sa résurrection, eût par couru toute la (erre? Ne voudraient-ils pas le voir de leurs propres yeux ? Où trouver des preuves assez convaincantes pour des hommes bien résolus à ne pas croie? L'histoire évangélique renferme des motifs île créd hililé qui suffisent à la bonne foi, el l'autorité n'en e^ point ébranlée, puce que la mauvaise foi imagine et demande d'autre* preuves qu'elle saurait bien éluder. — Démons'. Etang., édH. Mijjuu,

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