‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 40 sur 219 · IU S · texte numérisé non relu

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désir de faire connaître la rérilé, d'éclairer et de sanctifier les hommes. C'est lutteraient cet intérêt noble et généreux qui rend ces témoins plus dignes de foi.

Au mot Apôtre, nous avons fait voir l'embarras dans lequel se trouvent les incrédules, et les contradictions dans lesquelles ils tombent, lorsqu'il s'agit de peindre le caractère personnel, les motifs, la conduite des apôtres; ils leur attribuent les qualités les plus incompatibles et les vices les plus opposés à la marche qu'ils ont constamment suivie.

Si l'on veut voir les preuves de la résurrection de Jésus-Christ plus développées, et toutes les objections résolues, il faut lire l'ouvrage intitulé : La religion chrétienne démontrée par la résurrection de Jésu<- Christ, et composée par Ditton; Les témoins de la résurrection de Jésus-Christ examinés et jugés selon les règles du barreau, par Sherlok ; les Observations de Gilbert West, sur l'histoire et sur les preuves de la résurrection de Jésus-Christ, etc.

Rësurrhction générale. Le dogme de la résurrection future de tous les hommes à la fin du monde a été la croyance des Juifs aussi bien que des chrétiens; les patriarches mêmes n'en ont pas douté : « Je sais, dit le saint homme Job, que mon liédempteur est vivant, qu'au dernier jour je me relèverai de la terre, que je serai de nouveau revêtu de ma dépouille mortelle, que je verrai mon Dieu dans ma chair; celte espérance repose dans mon cœur (Job. xix, 25).» Daniel dit que ceux qui dorment dans la poussière se réveilleront les uns pour la vie éternelle, les autres pour un opprobre qui ne finira point, c. xn, v. 2. Les sept frères, qui souf* (rirent le martyre sous Auliochus, firent profession d'espérer une résurrection glorieuse et une vie éternelle (// Machab. vu, 9 et 14).

Dans la suite, les saJducéens chez les Juifs attaquèrent le dogme d<; la vie future et de de la résurrection; Jésus-Christ le leur prouva, parce que Dieu s'est nommé le Dieu d'Abraham, d'isaac et de Jacob : or, il n'est pas le Dieu des morts, mais des vivants (ûlatth. xxu, 21). Pour les pharisiens, ils ne se départirent jamais de cette croyance (Acl. xx u, 8). Saint Paul s'en servit avec avantage pour soutenir devant Agrippa la vérité de la résurrection de Jésus-Christ, G. xxvi, v. 8 et 23, comme au contraire il allégua celle-ci pour prouver aux Corinthiens la résurrection générale future [l Cor. xv); il emploie ce motif pour exciter les fidèles aux bonnes œuvres, pour les consoler de la mort de leurs proches et des souffrances de celte vie (/ Thess. iv, 12). Il appelle destructeurs de la foi chrétienne ceux qui disaient que ia résurrection était déjà faite (// Tim. n, 18).

Lorsque le christianisme vint à la connaissance des philosophes, ils ne purent souffrir le dogme de la résurrection future; Celse l'attaqua de toutes ses forces. Quelle esl l'âme humaine, dit-il, qui voudrait re-

tourner dans un corps pourri? Dieu, quoiqihc tout-puissant , ne peut remettre da « son premier état un corps dissous, parce que c<la esl indécent et contraire à la nature. Orig ne lui répondit que les corps ressuscites ne seront plus dans un étal de pourriture, mais de gloire et d'incorruptibilité. Au lieu de résurrection, les pbilosopbcs avaient imaginé une palingénésie , ou une renaissance universelle du monde, prodige plus contraire à la nature et plus inconcevable que la résurrection îles corps. Il n'est certainement pas pins difficile; à Dieu de rendre la vie à un corps humain que de le faire naître du sang d'un homme. Origène, contra Cels., 1. v, n. k el suiv.

Après Origène. Tertullicn fit un traité de la liésun caion Je ii chair, contre les païens et contre quelques hérétiques; il soutint la certitude de celle résurrection future, parce que la dignité de l'homme l'exige, que Dieu peul l'opérer, que sa justice y est intéressée, et qu'il l'a ainsi promis.

En effet, 1" c'est Dieu lui-même, dit Tertullicn, qui a formé de ses propres mains le corps de l'uomme, qui l'a animé du souffle de sa bouche, qui y a renfermé une âme faite à son image. La chair du chré:ien esl en quelque manière associée à toutes les fonctions de son âme, elle sert d'instrument à toutes ies grâces que Dieu lui fait. C'est le corps qui esl lavé par le baptême pour purifier l'âme; c'est lui qui, pour la nourrir, reçoit le corps et le sang de Jésus-Christ, c'est lui qui esl immolé à Dieu par les mortifications, par les jeûnes, par les veilles, par la virginité, par le martyre. Aussi saint Paul nous fait souvenir que nos corps sont les membres de Jésus-Chrisl et les temples du Saint-Lspiit. Dieu laissera - t-il périr pour toujours l'ouvrage de ses mains, le chefd'œuvre de sa puissance, le dépositaire de son souffle, le roi des autres corps, le canal de ses grâces, la victime de son culte? S'il l'a condamné à la mort en punition du péché, Jésus-Christ est venu pour sauver tout ce qui avait péri. Sans celle réparation complète, nous ne saurions pas jusqu'où s'étendent la bonté, la miséricorde, la tendresse paternelle de notre Dieu. La chair de l'homme, rendue par l'incarnation à sa première dignité, doit ressusciter comme celle de Jésus Christ. — 2° Celui qui a créé la chair, continue Terlullien, n'esl-il pas assez puissant pour la ressusciter? Rien ne péril entièrement dans la n iture : les formes changent, mais tout se renouvelle et semble rajeunir ; Dieu a imprimé le sceau de l'immortalité à ses ouvrages. Le jour succède à la nuit, les a sire s éclipsés reparaissent, Je prinlemps répare les ravages de l'hiver, les plantes renaissent, reprennent leur parure cl leur éclat; plusieurs animaux semblent mourir et recevoir ensuite une vie nouvelle. Ainsi, par les leçons de la nature, Dieu a préparé celles de la révélation, el nous a montré l'image de la résurrection, avant de nous en faire la promesse. — 3° Sa justice et sa fidélité sont intéressées à l'accomplir.

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