‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 41 sur 219 · RI S · texte numérisé non relu

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Dieu doit juger , récompenser ou punir l'homme tout entier; dans celui-ci, le corps sert d'instrument à l'âme, soit pour le vice, «oit pour 11 vertu; les pensées mêmes de l'âme se peignent souvent sur le visage; l'âme ne peut éprouver du plaisir ou de la douleur, sans que le corps s'en ressente; le priiuip il exercice «le la vertu consiste à réprimer les convoitises de. la chair. Il est donc juste que I âme des méchants soit tourmentée par sa réunion avec un corps qui a servi à ses crimes, et que celle des saints soit récompensée par sa société éternelle avec une chair qui a été l'instrument de ses mérites. — i° Dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament, Dieu a formellement annoncé et promis la résurrection future des corps. Tertullien le prouve par plusieurs des passages que nous avons cilés, et il ré- Iule les fausses interprétatious que les hérétiques y donnaient. 11 fait voir que les expressions des prophètes ne sont pas des figures, et que celles de Jésus-Christ ne doivent point être prises pour des paraboles. Ce Père répond ensuite aux passages de l'écriture sainte, dont les hérétiques abusaient. Jésus-Christ dit que la chair ne sert de rien: mais par la chair il entend le sens grossier que les Juifs donnaient à ses paroles. Saint Paul nous ordonne de nous dépouiller de l'homme extérieur, ou du vieil homme; mais par là il entend les inclinations vicieuses de la nature et lés mauvaises habitudes contractées dans le paganisme. Dans le même sens, il dit que la chair et le fang ne posséderont pas le royaume de Dieu; mais souliendra-t-on que la chair de Jésus-* Christ n'est pas réunie à son âme dans le ciel? Dans le même endroit, l'Apôtre enseigne et prouve la résurrection future. Tertullien emploie la seconde partie de son ouvrage à exposer l'état des corps ressuscites. Par les paroles de saint Paul et par d'autres raisons, il fait voir que ces corps seront en substance les mêmes qu'ils étaient ici-bas, mais exempts des défauts et des infirmités auxquels ils sont sujets dans cette vie ; qu'ils ne seront privés d'aucun de leurs membres, mais que ceux-ci ne serviront à aucun des usages incommodes, douloureux, honteux, auxquels les besoins de la vie mortelle nous assujettissent. Jésus-Christ nous le fait entendre ainsi, lorsqu'il dit que les ressuscites seront semblables aux anges de Dieu (Matih. xxn, 30).

Dans toute celte doctrine de Tertullien, il n'y a rien que de très-orthodoxe. Saint Augustin en a répété une bonne partie contre les païens et contre les manichéens.

Quelques incrédules ont prétendu qu'en enseignant la résurrection future, J es us- Christ n'a fait que renouveler un dogme des Perses ou des Chaldécns; d'autre pari quelques Pères de l'Eglise, pour prouver ce dogme aux païens, ont dit qu'il n'était pas tout à fait inconnu aux philosophes. Mosheim,dans ses Diisert. sur l'IIist. ecclésiast., t. II, p. 580, s'est proposé de réfuter les uns et les autres; il en a fait une pour prouver

ce qu'a dit saial Paul, que Jésus-Christ a mis en lumière la vie cl l'immortalité par V Kvanyile (II Tim. i, 10); que les juifs, ni les païens, ni leurs philosophes, ni les peuple» barbares, n'ont eu sur ce point une croyance orthodoxe. Sans doute Mosheim a voulu parler des juifs modernes; à l'égard des anciens et des patriarches, comment prouverait-il qu'ils n'ont pas cru la résurrection future dans un sens orthodoxe? Nous présumons que Job, Daniel, les sept frères Machabées, n'étaient pas dans l'erreur au sujet de ce dogme essentiel; Jésus-Christ a donc pu l'enseigner aussi clairement qu'il l'a fait, sans être obligé de remprunter des Perses ou des Chaldéens. Aussi saint Paul ne dil pas que Jésus-Christ seul a mis en lumière la vie et l'immortalité, mais il est vrai que ce divin Sauveur a enseigné l'immortalité de l'âme, la résurrection deseorps.et la vie future avec plus de clarté, plus d'énergie, plus d'autorité qu'on ne lavait jamais fait, qu'il en a développé les conséquences, qu'il les a rendues indubitables à tous ceux qui ont cru en lui, et qu'il en a écarté toutes les Mées fausses que les juifs modernes et les philosophes en avaient conçues : c'est évidemment ce que saint Paul a voulu dire.

En soutenant que ce dogme n'était pas tout à fait inconnu aux païens, les Pères n'ont pas prétendu que ces derniers en avaient une idée claire et véritable, ou une croyance bien ferme, mais seulement que quelques-uns d'entre eux en ont eu du moins une faible notion. Dans les Mém. de ÏAchL des Inscript., lom. LXIX, m- 12, pag. 270, un savant s'est attaché à prouver que la résurrection future des corps est un article de la croyance de Zoroastre et des Perses. Peu nous importe de savoir s'ils l'entendent bieo ou mal; puisque c'est un des anciens dogme* de foi des Orientaux que Job nous a transmis Zoroastre a pu en avoir connaissance. Pour excuser les manichéens qui niaient la résurrection future de la chair, Reausobre prétend que les anciens Pères de l'Eglise n'ont pas été unanimes dans la croyance de ce dogme, que les uns l'ont nié et que les autres en ont eu une fausse idée. Il cite à ce sujet Origène, qui admettait la résurrection des corps et non celle de la chair, saint Grégoire de Nysse, qui ne voulait pas croire qu'il y ait à présent dans Jésus-Christ rien de corporel, et Synésius, évêque de Ptolémaïde, qui dit que la résurrection est un mystère sacré et secret, sur lequel il est bien éloigné de penser comme la multitude. Histoire eu Manich., t. 11, 1. vin, c. 5, n. 3 et suiv. Ce critique impute évidemment aux Pères de l'Eglise des erreurs qu'ils n'ont jamais eues. Il est clair qu'Oriijènc niait seulement que le corps ressu^cilé doive être une chair grossière et corruptible comme il l'est aujourd'hui, et sainl Paul enseigne lt« mémo chose. Quand sainl Grégoire de Nysse aurait cru qu'il n'y a plus rien de corporel dans Jésus-Chrisl depuis son ascension au ciel, s'ensuivrait-il qu'il a cru de même qu'il n'y aura plus rien de corporel dans les hommes

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ressuscites? il ne l'a pas <lii, cl il y a de justice à lui attribuer celle conséquence. Synésius n'a pas dit non plus ce qu'il croyait louchant la rrsurrection, et lîeausobre luimême est force': d'avouer qu'il n'en sait rien. In quoi tout cela peut-il excuser les manichéens?

Les incrédules de. tous les temps on! fait contre la résurrection future des corps deux onctions principales: 1° Les mêmes atomes de matière, disent-ils, peuvent appartenir à plusieurs corps différents. Les cannibales qui vivent de chair humaine, convertissent en leur propre substance celle des corps qu'ils ont mangés; au moment de la résurrection, h qui écherront les parties qui ont été ainsi communes à deux ou à plusieurs corps? 2° Par les observations que l'on a fuites sur l'économie animale, ou a découvert que le corps humain change continuellement, qu'il perd un grand nombre des parties de matière qui le composent, et qu'il en acquiert d'aulrcs; après sept ans il est totalement renouvelé. Ainsi, à proprement parler, un corps n'est pas aujourd'hui entièrement le même qu'il était hier. De tous ces corps différents qu'un homme a eus pendant sa vie, quel est celui qui ressuscitera?

Hcponse. Il résulte déjà de celle objection qu'un cannibale qui mange un homme ne mange point les parties de matière dont cet homme était composé sept ans auparavant; et lorsque ce cannibale meurt, il ne conserve plus aucune des parties du corps qu'il a mangé sept ans avant sa mort. Il n'est donc pas vrai que les mêmes parties aient appartenu à deux divers individus considérés dans la totalité de leur vie. Or, il est forl indifférent qu'un homme ressuscite avec tes parties dont il élait composé lorsqu'il a été dévoré, ou avec celles qu'il avait sept ans avant celle époque.

Les plus habiles philosophes , tels que Leibnilz, Clarke, Niew<-ntyt,etc.,ont observé qu'il n'est pas nécessaire, pour qu'un corps ressuscité soil le même, qu'il récupère exactement loulcs les parties de matière dont il a élé autrefois composé. La chaîne, disentils, le tissu, le moule original (slamen originale), qui reçoit par la nutrition les matières étrangères auxquelles il donne la forme, est, à proprement parler, le fond et l'essentiel du corps humain; il ne change point en acquérant ou en perdant ces parties de matière accessoire. De là vient, lu que la ligure et la physionomie d'un homme ne changent point essentiellement en se développant el en croissant ; 2° que le corps humain ne peul jamais passer une certaine grandeur , quelque nourriture qu'on lui nonne; 3° qu'il est impossible de réparer par la nutrition un membre mutilé. Ainsi à l'âge de Ircnte ans un homme csl censé avoir le même corps qu'à quinze, parce que le moule intérieur et la conformation organique n'ont pas essentiellement changé; chaque corps a son moule propre qui ne peut appartenir à mu autre. D'ailleurs, l'identité personnelle d'un homme consiste principalement daus le

sentiment intérieur qui lui .teste qu'il e-t toujours le même individu. Son corps a beau se renouveler vin^l fois, il sent à soixante ans qu'il est la même per-onne qu'il était a quinze. Or, c'est précisément la personne qui e-l le sujet des récompenses et 'les punitions; il lui suffit donc de ressusciter avec un corps lel qu'elle puisse conserver avec lui le souvenir et la conscience de ses actions, pour sentir si elle est digne d'être recompensée ou punie.

Quelques disserlateurs ont mis en question si les enfants ressusciteront avec le corps de leur âge ou avec un corps adulte, ^i les femmes reprendront le corps de leur sexe; comme si ce corps n'était pas aussi parfait dans son espèce que erlui d'un homme. Ces questions frivoles ne font rien au fond du dogme, qui consiste à croire que, pour rendre la félicité des saints plus parfaite, el le- supplice des réprouvés plus rigoureux, Dieu réunira un jour leur âme à un corps qui sera véritablement le leur , avec lequel ils sentiront qu'i s sont les mêmes individus qui étaient dans ce monde, et se rendront témoignage des vertus qu'ils ont pratiquées et des crimes qu'ils ont commis. La résurrection des morts n'est point une question philosophique proposée pour amuser noire curiosité, mais un dogme de foi, révélé pour nous détourner du crime el nous porter à la vertu.

Chez plusieurs nal.ons barbares ou mal instruites, la croyance de la résurrection des corps a fait naître des usages absurdes el cruels, tel que celui de brûler des femmes vivantes avec le cadavre de leur mari, et des esclaves avec celui de leur maître , pour aller le servir dans l'autre monde.. Mais Jésus- Christ, en enseignant ce dogme, en a sagement écarté tout ce qui pouvait le rendre pernicieux ou dangereux (1).

(1) Il nous est impossible de nmis Hiire une idée complète de l'étal du corps de l'homme après l.i résurrection, el l;i science, qui a pour objet la connaissance de l'homme dans son ci.it aetu.d, ne saurait n.ms apprendre avec certitude quel sera cel étal futur. C'est la parole divine qui non-; apprend le dogme de la résurrection ; et, cuiune il s'agit ici d'un fait contingent, qui n'a pis de relation nécessaire avec les vérités primordiales de la raison, el qui ne reui d'ailleurs être soumis par lui-même à nus obseï valions, il s'ensuit que ni le raisonnement ni l'expérience ne sauraient seuls nous instruire s cel égard. Cependant les observations scientifiques lions fournissent des inductions qui confirment pleinement les divins enseignements de la loi, et qui nous aident à concevoir la possibilité de la résurrection ainsi que l'harmonie de ce mystère avec les vérilés acquises par la science sur la nature de l'Iioinnie. Ces observations fournissent en même temps à l'apologiste des armes puissantes contre les incrédules qui S'attaquent aux vé.iiés révélées, cl procurent aux fidèles de nouveaux motifs de s'attacher à des doctrines déjà certaines pour lui, puisqu'elles sont appuyées sur le fondement irréfragable de la révé- I ttion. D'ailleurs, la parole divine, en nous révélant le mystère de la résurrection, ne nous enseigne pas le mode d'accomplissement de ce mystère ; et nous pouvons, en marchant sur le- traces des sain:s Pères el d«s grands docteurs de l'Kglise, chercher à éclair-

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RETRACTATION. Ce terme, lire du latin rtiractare , traiter de nouveau, signifie lo travail d'un écrivain occupé à revoir une

cir, par les données de la rai<on et de l'expérience, ce que la foi nous propose d'une manière générale. Il esl fou bien établi par de nombreux rapprochements que ceruins fails physiologiques, en nous révélant ce dont l'organisme humain esl susceptible même dans son étal actuel, nous amènent irrésistiblement à conclure que cet organisme possède une somme d'activité et de force dont nous ne pouvons apprécier la portée et qui demeurent silencieuses dans la vie présente. Quelques exemples prouvent nue, dans certaine cas, les sens sont susceptibles d'une pénétration extraordinaire. Nous rappellerons ici un fait semblable cité par M. Brachet, ainsi que le toi oignage de ce savant physiologiste sur la même question :

« Les sens, dit-il, peuvent acquérir un degré de fioesse tel, que la chose p naîtrait incroyable si l'on n'en avait pas des preuves multipliées. Nous avons cité, dans notre mémoire sur l'asthénie, l'observation d'une dame hypocondriaque, dont l'ouïe était arrivée an point d'eniendre la conversation la plus basse qui se tenait dans une salle bien éloignée de sa chambre, à un étage différent, et à travers quatre portes ou murs, bile reconnaissait même chaque personne au sou de sa voix. Quelque bruit qu'il se fit autour d'elle, loin léger fût-il, elle l'entendait avec une inconcevable précision. Nous avons vu , en 1811, un infirmier de Hicétre nous montrer retendue que sa vue venait d'acquêt ir, en lui permettant de distinguer à une demi-lieue les objets les plus minutieux. Le soir même une ailaque d'apoplexie foudroyante l'avait enlevé. Ce que nous avons vu chez ces rt-enx personnes et chez beaucoup d'autres, n'est que la répéiilion de ce que les médecins nul l'occasion de voir tous les jours. Mais cela n'appartient | as seulement aux organes de la vue et de fouie, cela se remarque également dans les antres sens du gnûi, de l'odorat et du loucher, i (Brachet, Traité de l'htjsiologie. Paris, 1836, p. 147. )

Il y a (dus de quatorze cents ans, Terlullien et saint Augustin, pour prouver aux incrédules la vérité de li résurrection, rappelaient ce raisoniienie.nl. |t y a quelques systèmes que nous devons apprécier. D'après M. Devay, ce que le christianisme nous ordonne de croire, c*e>l la survivance de notre conscience personnelle, revêtue d'un corps. Mais il y a quelque chose de plus. La foi nous enseigne que nous lessusciierons avec le même corps que nous a*ons pendant cette vie, que ce corps subira des changements notables, et que les corps de> justes eu particulier seront doués de perfections nouvelles. Ainsi, identité du corps ressuscité et changements que suh.r.i ce corps, voilà les deux points à l'égard desquels nous allons chercher quelques éclaircissements. < Scio quod Uedcmplor meus vi vit, et in novissimo die de terra suiteclurus suni; et rursuin circumdaii'ii pe te inca, et m carne inca videbo Deum incum, qttem visiuus sutu ego ipse, et ocnli mei couspecturi suut, et non abus (Jub. xtx, 25-i7). » S. Thomas, Suntnia theol. ni p., Suppl. q.79, a. 1, établit formellement l'identité mim rique du corps dans la résurrection Voyez aussi Catéchisants Conciliï Trideulim, p. 1, a. 11,7.

Des savants distingués avaient déjà avancé des opinions diverses pour expliquer l'identité des corps apiès la ré-iiirreciion. Suivant le* idées de l'auteur de la l'aliiKjéiiéaie philosophique, l'h >mme esl essentiellement lonné de corps el u'àuie, el ces deux substances sont unies d'une manière indissoluble. Cependant, ce qui esl essentiel à l'Homme, ce n'e>t pas le corps humain lotit entier, mais seulement nue pnrtie déterminée du cerveau que Itnnnet considérait comme le siège He l'àme. Lorsqu'à la mort le corps

1>K. T. Dl 1 lli-.oL. DOGMATIQUE. IV

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queslion ou un ouvrage, afin d'examiner s'il s'est trompé ou mal expliqué. Mais, dans le discours ordinaire, il exprime le désaveu

se dissout, l'àme abandonne le corps : mais elle demeure lonjoure unie à la partie matérielle du cei veau dans laquelle elle résidait pendant la vie. La résurrection n'était ainsi pour ce savant que le développement du germe matériel que l'àme avait toujours conservé. Leibnitz supposait qu'il y a dans chaque corps une certaine (leur de substance, que cette substance se conserve au milieu de tous les changements qui arrivent «lins le corps et subsiste dans l'état où ciiacun l'a obtenue en naissant, et que c'est cette substance qui doit cire rendue à chaque homme à la résurrection (Leibnitz, Système de Théologie, Louvain 18L'i, p. 202).

Mais la première de ces deux opinions nous parait tout à fa t inadmissible el contraire au dogme de la résurrection, parce que de celle manière ce ne serait, pas proprement le corps mort qui ressuscite, mais seulement le germe du corps qui se développe el qui revêt une nouvelle forme. Nous ne voulons pas comparer l'hypolbè e défectueuse du savant naturaliste à l'opinion rid'.eti'e des rabbins qui enseignent que Dieu ressuscitera les morts par le moyen d'un petit os placé dans l'épine du dos, el qui est, disentils, incorruptible et inaltérable. Cet os sera comme le centre de réunion de tons ies autres os du corps, ou comme un levain qui ranimera toutes les parties du corps réduites en poussière, ou enlin comme le grain de froment jeté en lerre qui produit le froment. (Voyez Bible de Verne, loin. XXII, p. 275, Paris, 1829.)

Quant à l'opinion de Leibnitz, il serait difficile de se prononcer à cet égard, parce que nous ignorons s'il allachc à sa fleur de substance la même notion que Bonnet, dont il parait avoir partagé les opinions dans ses premiers ouvrages, ou bien s'il considère la subsiauce comme quelque cho-e de dynamique, opinion qu'il a proposée à un âge plus avancé, et qu'il a suivie dans son Système de théologie pour expliquer le mystère de là sainle Kucliarist e. Nous aurons occasion de revenir tout à I berne sur cette dernière interprétation.

Voyons maintenant quelles sont les conclusions que les connaissances que nous avons de la inturo des corps vivants nous autorisent à faire par rapport à l'identité du corps de l'homme re^si^cilé. Lue ciiose d'abord qui est hors de toute contestation, c'e-t qu'on ne peut pas exiger que cette Identité soit plus grande que celle de nos corps pendant la vie. Or, la science nous montre que les parties matérielles qui composent notre organisation éprouvent à chaque instanl des ch uigeu.enls très-profonds, que sans cesse quelques-unes de ces parties >o dissipent au dehors, pendant que des pat lies nom elles sonl assimilées, et qu'ainsi notre organisme préseule une espèce de flux cl de reflux continuel, et cependant nous sommes intimement persuadés que nous avons constamment le même corps. Il importe donc de savo r ce qui constitue, même dans la vie présente, l'identité du corps, ou ce qui fait qu'aux différentes époques de son existence terre-lie, ma'gré les changements qu'il subit incessamment, il re»le le même corps. Il y a, par rapport au renouvellement du corps dans «eue vie, deux opinions différentes. Quelques physiologistes supposent qu'uue liès-r'iaiule partie des molécules mnéiclles se renouvellent constamment ; unis qu'il y a dans l'organisme certaines partie^ essentielles qui constituent en quelque sorte la trame Organique du corps, cl qui depuis leur première formation ne subissent plus de changement fondamental. Les autres, au contraire, admet lent que le renouvellement est complet cl universel, que tous les organes sans exception perdent success •entent les molécules matérielles dont ils étaient formé-, et

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