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que fait un auteur de In doctrine qu'il i enseignée, en reconnaissait! qu'il s'esl trompé. Il in; faut pas confondre ces Jeux sens.
fini sont remplacées parées molécules nouvelles, se
sorte qu'ail lioul d'un certain temps qu'il <:sl impôt-
),ii)l« de déterminer exactement, toute* les parues
qui composaient le corps à une époque antérieure ont complètement disparu,
Saint Thomas se sert d'une comparai- on qui expliquerait parfaitement comment les partisans île cette opinion conçoivent l'identité du corps, si, dans M comparaison aussi bien que dans celle opinion, l'on trouvait, au milieu des éléments qui se remplacent sans cesse, un eue réel qui demeure toujours physiquement et numériquement le même. Le saint docteur compare l'identité du corps, telle qu'elle serait suivant une hypothèse qu'il rapporte, à l'identité qui a lieu dans un étal formé de citoyens de différents rangs et remplissant chacun des fondions diverses. Là aussi les individus peuvent changer pour être remplaces par d'autres; mais les divers ordres de citoyens sont toujours représentés, les diverses fonctions sont constamment remplies, l'état est et demeure toujours le même. Saint Thomas fait celte comparaison, Summa iheol. m p., Suppl. q. 80, a. 4, à ptopos de la question : < Lu uni totum quod fuit in i domine de verilate humaine natiir.c resurget? > I! répond à celle question affirmativement, et rapport* trois opinions diverses, basées sur les notions physiologiques de ses contemporains el devancie s, t ul i videal ir quid s'il illud quod est de verilate humaine
< naluicc. i D'après la première opinion, i quidquiJ
< ad verilalem humante natuiac perlinet, tuluin lu! L ; iuipsa insiiluliouc hiimanae nalurx de vi r Tateejus :
< et hoc per seipsum mulliplicalur, ut ex eo po>sii
< semen decidi a gencraute, ex quo filins gencrelur,
< in quo eliam il t a pars decisa mulliplicalur, ut ad « perleclam quanlilatcm rervenial per augmentum,
< cl sic deinceps : cl ita inulliplicalum e>l genus hu-
< mauum. IJnde qiiidquicl ex alimento gênera tur, « quamvis videalur speciem carnis anl sanguinis ha- « bere, non lamen pcrlinel ad verilatera humante
< nalurai. > D'ap: es la seconde opinion, « verilas huc mante natura piimo ei principalicr consistit in
< humido radieali, ex quo est prima constitutio lin-
< niani generis; quod atitem convertitur de alime to « in veram cariiem cl sanguinem, non est principat liter de verila le humaine naiurtc bu jus individoi, « sed soluin sêcundario; sed potest esse principaliler
< de veritaie humaine natura! allerius iudividui, quod « ex seminc illius generalur. » Enlin, suivant les partisans delà tro sième opinion, « non est distinctio
< lalis in corpore humano, til aliqua pars inalerialis t signala de necessitate per totain vilain remaneat.
< Omnes partes fluunt et relluunl materialiter, sed i manenl secundum specicm, ou inanent formaliser. > Pour expliquer celte opinion, le saint docteur présente la Comparaison que nous avons rappelée. Appliquant ensuite ces trois opinions à la thèse pr«p >sée, dans la première op nton, dit-il, < nulla neces-
< silas et il quod resurgat aiiquid in liomine quod ex
< alimento sil geiicratuin, sed resurgel lauium illud t quod fuit de verilate hum nue nalurae individu!, ei t per dccisioiiem ci niulliplicationem ad prcediclam • perfeclioncin pervenil in numéro ci qiianlilale. t Dans la seconde, « resurgel totum illud quod luit in « suhslantia seminis ; de eo auiem quod poslea ad- « venir, quantum est necessarium ad pei f cliunem i quanlitalis, et non totum. > Dans la troisième hypothèse, i resuigel eliam lu lu m illud quod ex semine i génération est, non quia ali.i raiione perliueal ad
< veritatem humante naturx quam hoc quod postea
< advenit, sed quia perfeet.us verilalani speciei part ticipal. > En rapportant ces trois hypothèses, sans en combattre aucune comme contraire au dogme, suint Thomas montre évidemment que, selon lui, il
Avant de réconcilier un hérétique à l'Eglise, ou exiçe de lui une rétractation, c'e>t a-dire un désaveu, une abjuration de se
■< sérail permis, sans blesser la foi, d'exiger beaucoi:
moins que nous ne demandons pour l'identité <!>
corps ressuscites.
Ainsi, dan-, la première de ces deux opinions, les panies utujean matériellement identiques du corps ne conslituenl en tout cas qu'une portion et n âme une faible portion de toutes celles qui le composent, cl dans la seconde, l'iden ité m Hérielle n'existe eu aucune manière; le coips à diverses époques e-t composé de parties toute» matériellement difléronirs, cl cependant le corps denv-ure toujours cl constant* ineni le uièiiie. En deux mots le euros e^t différent matériellement, el subsianliellemciil le même.
Mais en quoi consiste donc, dans celte d n.iéic hypothèse, l'identité du corps? N'ya-t-il pasdeemi- Iradicuoo à admettre qu'un corps composé de parlies matérielles demeure le même alors que tomes ces parties ont disparu et sont remplacées par d autres? Cette diflicullé, qui e>t réelle Cl insoluble, m l'on envisage avec les aiomisles li substance des corps comme élaul essentiellement luroiée d'un agr. gai de molécules douées de qualités diverses, disparaît complètement dans le s y s ème du dynamisme. Dans ce système, ce qui esl essentiel a tous les corps inorganiques ei organisés, ce qui forme la mfeUuce de chaque corps, c'est un principe particulier immatériel el actif, une force qui constitue et conserve le corps el qui se manifeste à nous par des mo écu es sensibles el par les qualités el les propriétés que nous pouvons observer dans tes moéeuies; nuis ces molécules ne sont pas la substance même du & rps, elles sont seulement les organes de la substance, ses propriéi s naturelles, les conditions nécessaires de sa manifestation. (Nous raisonnons ici dans la supposition qu'on considère les corps dans leur é al ordinaire et naturel. La substance, qui dans cet étal se manifeste par des molécules seusib es, pourrait, dans un élai exli aordiuaire, par un îcte de la toutepuissance divine, exister aussi indépendamment de ces molécules, comme Leibniiz, l'un des plus illustres défenseurs du dynamisme, l'a formellement établi, c Etsi Deus per potenliam absolutam possitsub- Stanliam privare materia secunda (de la matière en tant quétendue), non pote-t laïueu eam privare materia prima (de la passuilé ou réceptivité); nam f.t. ret inde totum purum aclum, qualis e-t ipse soins, i (Lcibuitius atl palrem Des Bornes, I pist. 7.) On peal consulter encore son System:', de lliéo'oijie, p. M*, 1 1 •., et sur le dynamisme en général, G. C. Ubatjhs, Oatoloaiœ seu metaphifsica! gineruUs élément*, 18*5, p. Sj , il. H. Watei keyii, La science et la foi sur l'œuvre de la création, pag. 7 ; lievue catholique. ire série, tome 1, pag. 270.)
Dans les corps merles, les ebaugi uienis cl les m«dilicaiions qu'éprouvent les molécules sensibles ne déituiseni pas l'identité matérielle de ces molécule*. Ainsi l'eau, à l'état liquide, à l'étal de glace ou do vapeur, esl toujours la même eau, et chacune de ses molécules conserve sous ces trois étais difféieuts la c <mposilion chimique el les autres propriétés fondamentales de ce corps. L'identité de substance des corps incites esl accompagnée de l'idéalité matérielle des molécules.
.Mais dans les êlres organisés, l'Iioaiine. les animaux el les v gétaux, ta nature de ces êtres exige, à la vérité, qu'ils soient formés d'organes, c'e-t à d le de parues matérielles, ayant des propiiêtés physiques cl chimiques particulières, et formant un ensemble, un tout déterminé ; el ce qui forme la substance de chacun de ces êtres, c'est la force, le princ pe aetil qui relie les diverses parties, qui les anime ci qui demeure un et toujours le même, quoique les parties primitives disparaissent successivement pour
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erreurs. Comme il peut arriver à un écrivain très-catholique de se tromper ou de s'expliquer mal, lorsqu'il se rélracte cl reconnaît son erreur, ce n'est plus le cas de le censurer comme hérétique : puisque aucun homme n'est infaillible, nous ne voyons pas pourquoi l'on attacherait une espèce d'ignominie à < elle marque de bonne foi. Si ceux qui en- S< ignenl les autres avaient moins d'amourpropre, il ne leur coulerait rien de se rétracter quand on leur fait voir qu'ils se sont mal énoncés, et que l'on peut prendre dans un mauvais sens ce qu'ils ont écrit. L'opiniâ- Irelé â soutenir une erreur réelle ou apparente est ordinairement la marque ou d'un esprit borné, ou d'un cœur dominé par quelque passion.
Comme les pélagiens abusaient de plusieurs choses que saint Augustin avait écrites contre les manichéens, il prit, sur la fin de sa vie, le parti de revoir ses ouvrages, et il lit deux livres de rétractations , non pour désavouer sa doctrine et pour changer de principes, m;;is pour expliquer mieux ce qui pouvait être pris dans un mauvais sens; pour justifier même par de nouvelles réflexions plusieurs choses que des lecteurs mal instruits s'avisaient de blâmer. Ainsi, l'on se trompe quand on prend en général les rétractations de saint Augustin pour une palinodie ou pour un désaveu.
Le Clerc, qui cherchait à empoisonner toutes les intentions de ce saint docteur, prétend qu'il fil cet ouvrage par un motif
être remplacées par d'antres. On conçoit d'après cela que l'identité substantielle de ces êtres persiste toujours, lors môme que leur corps à diverses époques Mirait foi nié de molécules toutes différentes et dont a itune n'aurait fait antérieurement partie de ce > orps. Nous faisons ici abstraction des opinions qui admettent dans les êtres vivants plusieurs principes réellement distincts, dont un présideraii à la vie végétative, U'i autre à la vie sensilive et un troisième à la vie raisonnable, ou bien plusieurs principes divers qui auraient chacun des fonctions spéciales, mais qui si raient connue les attributs, les facultés d'un seul principe. Car, pour la solution de la question qui nous occupe ici, il est inclinèrent qu'on admette un ou plusieurs principes actifs au fond de chaque èire vivant. (Voyez le résumé de ces différentes opinions, G- G. Ubaglis, Anthropologies pltilosoplùcce e'ementa, p. 501.)
Pour appliquer les observations qui précèdent à ce qui concerne la résurrection, ou peut d'abord conclure que le corps ressuscite ne reprendra pas toutes tes parues matérielles qui sont entrées successivement dans sa composition pendant la vie, mais qu'il sullit qu'il reprenne tout au pus celles qui formaient, par leur réunion, le crups à une même époque. Il y a plus, dans la première opinion, il suffit pour l'identité du corps ressuscité qu'il reprenne seulement une certaine portion, une portion minime des molécu es qui ont concouru à le former à une même époqi-; ei dans la seconde opinion, le corps ressuscité pourrait être encore substantiellement le même sans avoir une seule des molécules qui lui ont déjà appartenu. Cependant, si !'o/i voulait ne unir aucun compte des opinions qui) nous venons d'exposer, on peu1, encore concevoir que le corps ressuscité pourra être (orme de parties même matériellement identiques à celles qui l'ont déjà eonipesé. En effet, lorsque le corps se dissout, ses parties se déunisscnl, les élé-
d'amour- propre raffiné, afin de persuader qu'il avait réfuté les pé'agiens même avant leur naissance. Il lui reproche d'avoir rétracté des minuties et des principes vrais, pendant qu'il a passé sous silence ou pallié de véritables erreurs; d'avoir laissé subsister dans ses premiers écrits des choses qui ne s'accordaient pas avec ce qu'il enseignait pour lors, etc. Tous ces reproches sont des calomnies. Saint Augustin lit ses rétractations, non pour prouver qu'il aval d'avance réfuté les pélagiens, mais pour répondre à leurs objections, pour faire voir qu'il n'avait jamais enseigné leur doctrine, comme ces hérétiques le prétendaient, et pour montrer qu'il ne tenait point opiniâtrement à ce qu'il avait écrit: il le déclare formellement. Il expliqua les principaux endroits que les pélagiens lui objectaient, et laissa subsister les autres, parce que la même explication servait pour tous. Il poussa la bonne foi jusqu'à convenir que, dans ses Commentaires sur l'Epître aux Romains, il avait enseigné, non l'erreur des pélagiens, mais celle des semipélagiens, et qu'il avait reconnu sa méprise en examinant la chose de plus près, il a répété vingt fois qu'il ne voulait point être cru sur parole, que ses lecteurs ne devaient adopter ses sentiments que quand ils les trouveraient bien fondés; il a même blâmé ses amis de ce qu'ils montraient trop de zè!o à soutenir sa doctrine. Quo peut faire de plus l'âme la plus sincère et la plus modeste? Mais Le Clerc, pélagien lui-même, et
meiils dont chacune d'elles était formée se sép lient, ils forment des composés nouveaux, mais aucun de ces éléments n'est anéanti. Suivant l'expression d'un savant célèbre (Uoerhaave), « la teire est [in chaos de tous les corps passés, présents et futurs, duquel tous tirent leur origine et dans lequel tous retombent .successivement. » Ainsi la main divine, qui forma du limon de la terre le corps du premier homme, pou ira -t elle à plus forte raison réunir et rétablir les di\ers éléments qui ont déjà constitué ce corps et qui n'ont pas Cessé un seul instant d'être présents à sa divine sagesse. Vi.ici un extrait remarquable de saint Augustin : i Non autem péril Deo lerrena irta-
< leiies de qua moi lalium crealur caro : sed in quem- « libet pulverem cinereiuve solvalur, in quoslibet « halitus aurasque diffugjat, in quameunque aliormn i corporum subst loiiani vel in ipsa élément.! veria-
< lur, m q orumctitique aiiintaliam etinn homiuum t (ibu.it cédai caincmque mutelur, illi anim.e bu-
< inanae puncto lemporis redit, (pire illam prim tus, t ut liomo (ierel, viyerel, crescerel, aniuiavit. (Eni chiridion, c. 83.) i
Quoique ces explicitions détruisent complètement la difficulté de concevoir la possibilité de la résurrection, elles ne suffisent pas pour prouver le fait même de la résurrection ; elles ne prouvent pas que la résurrection soii un lait naturel. La résurrection des corps est un acte libre de la bonté et de la touiepuissance divine, qui, malgré tontes les raisons de convenance que nous pouvons y découvrir, nous serait tout a fait inconnu, si Dieu lui-même n'avaii pas daigné nous le faire connaître par le moyeu .te la révélation positive. Mais une fois cette vérité connue, no is pouvons prouver qu'elle e-.l en parfaite harmonie avec les données de la raison el des sciences naturelles, et qu'elle présente des analogies frappant s dans la nature.
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plus que demi-sociuien , n'a jamais pu pardonner à saint Augustin d'avoir écrasé le pélagianisme.
Malheureusement, ses accusations se trouvent en quelque manière confirmées par l'imprudence de quelques théologiens, qui ont voulu persuader que, pour perdre la vraie doctrine de saint Augustin sur la grâce il ne faut consulter que ses ouvrages écrits contre les pélagiens ; qu'il a rétracté, c'està-dire désavoué et abjuré ce qu'il avait écrit contre les manichéens. C'est une imposture. Au contraire, l'an k20 ou 421, après avoir déjà disputé pendant dix ans contre les pélagiens, saint Augustin, écrivant de nouveau contre un manichéen, renvo\a ses lecteurs •aux ouvrages qu'il avait faits contre le manichéisme : il était donc bien éloigné de désavouer les principes et la doctrine qu'il y avait enseignés, contra advers. Legis et Prophet., lib. u, à la Gn. Dans son deuxième des Rétract., C. 10, saint Augustin parle de son écrit (outre le manichéen Secundinus; il lui donne la préférence sur tous les ouvrages qu'il avait faits contre le manichéisme : or, clans cet écrit, chapitre 9 et suivants, il enseigne précisément la même doctrine que dans ses livres sur le Libre arbitre, et il y renvoie, chapitre 11. Est-ce là rétracter ou désavouer ses sentiments? Voy. Saint Augustin.
RÊVE. Voy. Songe.
RÉVÉLATION. Révéler une chose à quelqu'un, c'est la lui faire connaître. Dans ce sens général, Dieu nous révèle ce que nous découvrons par les lumières naturelles de la raison, puisque c'est lui qui nous a donné celle faculté et qui la conserve en nous. Mais il est établi par l'usage que révéler signifie faire connaître aux hommes des vérités par d'autres moyens que par l'exercice qu'ils peuvent faire de leur intelligence. Demander s'il y a une révélation, c'est mellre en question si Dieu a enseigné aux hommes une religion de vive voix, par des leçons positives, ou par lui-même, ou par ses envoyés.
Le sentiment des déistes, en général, est qu'il n'y eut jamais de véritable révélation divine, que Dieu n'exige des hommes point d'autre religion que celle qu'ils peuvent inventer eux-mêmes : conséquemmenl , les déisles regardent comme des imposteurs tous ceux qui se sont dits envoyés de Dieu pour instruire leurs semblables. Une révélation, disent-ils, serait superflue, puisque l'homme ne peut être coupable en suivant les leçons de la lumière naturelle et les mouvements de sa conscience; elle serait injuste, à moins ((d'elle ne fût donnée à tous les hommes; « Ile serait pernicieuse, puisque ce serait un sujet de damnation pour tous ceux qui ne seraient pas à portée de la connaître. Si cela était vrai, il faudrait en conclure qu'il e»t défendu de donner aux hommes aucune instruction, aucune éducation quelconque ; que mut philosophe qui a voulu enseigner 6cs semblables a été un insolent. Tous devaient lui dire : Nous n'avons pas besoin de vos leçons, puisque Dieu n'exige de nous que ce
que nous pouvons connaître par nous-mêmes; vous êies injuste si vous n'allez pas endoctriner l'univers entier; votre morale est pernicieuse, puisqu'elle n'aboutit qu'à rendre plus coupables ceux qui pécheront après l'avoir écoulée.
L'absurdité de celte prétention suffit déj. pour confondre les déisles. Aussi soulenom • nous contre eux que, puisqu'il y a un Dieu et qu'il faut une religion, la révélation a t absolument nécessaire pour l'enseigner aux hommes. Nous le démontrons par la faiblesse et la corruption de la lumière naturelle, telle qu'elle est dans la plupart des individus de noire espèce; par les (rreurs et les désordres dans lesquels sont tombés tous les peuples qui ont été privés du secours de la révélation; par l'aveu des philosophes les plus célèbres, qui ont senti et reconnu le besoin de ce bienfait ; par le sentiment de tous les peuples qui ont ajouté foi aux moindres apparences de révélution; enfin par h* fait. Dès que Dieu a daigné se révéler en effet de la manière la plus convenable aux circonstances dans lesquelles se trouvait le genre humain, il s'ensuit que cette révélation était nécessaire, qu'elle est avantageuse à l'homme, et non injusic ou pernicieuse.
1' Il suffit de jeter un coup d'oeil sur l'humanité en général, pour voir combien il est peu d'hommes qui aient reçu de la nature beaucoup d'intelligence et d'aplilude à cultiver leur raison et à étendre la sphère de leurs connaissances. Quand il y en aurait un plus grand nombre, ils en sont détournés par la nécessité de vaquer aux travaux du corps, pour subvenir aux besoins de la vie. Sans parler des Sauvages, combien de particulier, chez les nations même civilisées, sont à peu près dans le même état d'ignorance et de stupidité ! Autrefois les pyrrhoniens, les acalalepliques , les académiciens, les sceptiques et les épicuriens, de nos jours les athées et les matérialistes, ont exagéré à l'envi la faiblesse et l'aveuglement de la raison dans le Irès-grand nombre des hommes: ils ont eu tort sans doute, mais les déisles n'ont pas entrepris de les réfuter, et ils y auraient mal réussi. Que penser en effet des lumières de la raison, quand on voit l'absurdité des lois, des coutumes, des opinions, des mœurs qui ont régné de tout temps, qui régnent encore chez les autres nations barbares? Ces peuples, à la vérité, n'ont point suivi les lumières de la droite raison, mais ils croyaient et prétendaient les suivre. Osera-t-on soutenir qu'ils n'auraient pas eu grand besoin d'une lumière surnaturelle pour corriger les égarements de leur raison? Lorsque les déistes nous vantent les forces et la suffisance de la raison en général, ils nous en imposent évidemment. A proprement parler, la raison n'est autre chose qur la faculié de recevoir des instructions : s elles sont bonnes el vraies, elles conlribue • i ont à perfectionner la raison ; si elles soi l
fausses , elles la dépraveroni. Or, malheureusement nous saisissons avec la même
facilité les unes que les autres ; et lorsque