‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 45 sur 219 · REV · texte numérisé non relu

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les temps. Dès le commencement le Fils de Dieu, présent à sa créature, découvre à tous son Père, quan I et comme celui-ci le veut. Ainsi le même salut est pour tous ceux qui noient en lui. » C. 14, D. 2 : « Il arrange donc le salut du genre humain de plusieurs manières... et il prescrit à tous la loi qui convient à leur état et à leur condition. » Saint Clément d'Alexandrie, Slrovuit., lib. 1, cap. 7, p. 337, représente Dieu comme un cultivateur qui ne cesse de conûer à la terre, qui est le genre humain, des semences nourrissantes, et qui dans tous les temps y fait tomber la rosée du Verbe souverain, suivant la différence des temps et des lieux.

« Comme il convient, dit Terlullien, à la bonté et à la justice de Dieu, créateur du ui-iire humain, il a donné à tous les peuples la même loi, el il l'a fait renouveler et publier dans certains temps, au moment, de la manière et par qui il a voulu. En effet, dès le commencement du monde, il a donné une

loi à nos premiers parents , el dans

celte loi était le germe de toutes celles qui ont été portées dans la suite par Moïse.... : faut-il s'étonner si un sage instituteur étend peu à peu ses leçons, et si, après de faibles commencements, il conduit enfin les choses à la perfection?.... Nous voyons donc que la loi de Dieu a précédé Moïse; elle n'a point commencé au mont Horcb, ni à Sina, ni d.ms le désert ; la première a été portée dans le paradis terrestre, elle a été prescrite ensuite aux patriarches, et de nouveau imposée aux Juifs, » Adv. Jud ., cap. 2.

Lorsque Celse et Julien ont demandé, comme les incrédules d'aujourd'hui, pourquoi Dieu a lardé si longtemps d'envoyer son Fils et son Esprit aux hommes, Origène cl saint Cyrille ont répondu que Dieu n'a pas cessé de parler aux hommes par son Verbe dans tous les temps. Orij., lib. iv, contra Ce/s., n. 7, 9, 28, 30; lib. vi, n. 78; saint Cyrille, contra Jul., lib. m, p. 73, 94, 108. De même, dit Origène, qu'un sage laboureur donne à la lerre une culture différente, selon la variété des sols et des saisons ainsi Dieu a donné aux hommes les leçons qui, dans les différents siècles, convenaient le mieux au bien général de l'univers. Contra Cels., I. iv, n. 69.

Eusèbe, JJist. Ecclés., 1. 1, c. 2, représente à ceux qui regardent la religion chrétienne comme étrangère el récente, que l'histoire peut les convaincre de son antiquité et de

sa majesté « Tous ceux, dit-il, qui se

sont dMingués par leur justice et leur piété, depuis le commencement du monde, ont vu le Christ des yeux de l'esprit, et lui ont rendu le culte qui lui était dû même comme au Fils de Dieu. Lui-même, en qualité de niaitre de tous les hommes, n'a cessé de donner à tous la connaissance et le culte de son Père. » Eusèbe fait voir ensuite que c'est le Fils de Dieu qui a parlé à Moïse et aux prophètes, el qui s'est incarné pour parler aux hommes.

Mais aucun des Pères u'amicut développe celte \critéque saint Augustin, I. x, de Civit.

Dei, c. 14 : « De même, dit il, que l'insli uclion d'un homme doit faire des progrés à mesure qu'il avance en âge, ainsi celle du genre humain tout entier s'est perfectionnée par la succession des siècles,» L. i, de Serm. Domini in monte : « Lorsque Dieu a donné peu de préceptes aux premiers hommes, et qu'il en a augmenté le nombre pour leurs descendants, il a fait voir que lui seul sait donner au genre humain les remèdes qui conviennent aux différents temps. >- L. de veru Relig., cap. 16, n. 34; c. 26, n. 48; c. 27, n. 50 : « La durée du genre humain tout entier ressemble par proportion à la vie d'un seul homme, et Dieu 1 1 gouverne de même par les lois de sa providence, depuis Adam jusqu'à la (in du monde. » Lib. i, Retract., c. 13, n. 3 : « La religion chrétienne était dans le fond celle des anciens, elle n'a point cessé depuis le commencement du monde jusqu'à la vmue de Jésus-Christ, etc. » C'est le plan que le saint docteur a développé dans son ouvrage de la Ctié de Dieu, depuis le iivre xf jusqu'à la fin.

Théodorel, dans son x' Discours sur la Providence, et. saint Grégoire, pape, Ifomil. 31 in Evang., ont tenu le même langage. M. Bossuet l'a répété, Disc. surl'Ilist. univ., iie part., art. 1 : « Voilà donc, dit-il, la religion toujours uniforme, ou plutôt toujours la même, depuis l'origine du monde : on y a toujours reconnu le même Dieu comme auteur, et le même Christ comme Sauveur du genre humain, etc. »

Si les incrédules avaient été instruits de ces vérités, ils ne se seraient pas avisés de demander pourquoi Dieu a d.fféré pendant quatre mille ans de se révéler aux hommes, pourquoi il n'a fait éclore la révélation que dans un coin de la Palestine, pourquoi il n'a pas fait pour tous les autres peuples ce qu'il a fait pour les Juifs, etc. 11 y a plus de quinze cents ans que ces questions ont été faites par des philosophes incrédules, et qu'elles oui clé résolues par les Pères de l'Eglise.

Lorsqu'un imposteur arabe a voulu publier une quatrième révélation, se placer sur la même ligne que Moïse et Jésus-Christ, quelle liaison a-t-il mise entre celte prétendue révélation et les trois précédentes? A peine les connaissait-il, et il était trop ignorant pour en saisir l'ensemble. Le mahométisme ne tient à rien, il est même positivement opposé à plusieurs des vérités que Dieu a révélées : or, Dieu ne s'est jamais contre», dit. C'est une religion purement nationale, analogue au climat, aux mœurs et au génie des Arabes; l'auteur était, comme ses compatriotes, ignorant, mais rusé, fourbe, voluptueux, violent, avide de brigandage et de rapines ; il a donné à sa doctrine l'empreinte de son caractère. Si nous remontons plus haut, nous trouverons le même défaut dans celle de Zoroastie. Il ignorait ou il a méconnu ce que Dieu avait révélé aux patriarches el aux Israélites, et il l'a contredit dans les points les plus essentiels, tels que l'unité de Dieu el sa providence, l'origine de l'âme, la source du mal, etc Voy. Pahsis.

r7 Itl.V V ISS

La comparaison n'est (Jonc pat difficile <i de Dieu el destinée a tous les hommes dans

faire entre la vraie; révélation cl les fausses, ce sens que luis ceux qui peuvent la con-

A proprement parler, il n'y en a qu'une; naître «I en comprendre ta férité, sont obli-

elle a commencé avec le monde, et elle gés de l'ciubrasser, et sont punissables s'ils

durera jusqu'à la fin, parce que l'homme se refusent de le faire. Il n« s'ensuit pas de

en a essentiellement besoin; mata à d-ux là que Dieu punira de même ceux qui ne

époques différentes Dieu a trouvé bon d'à- l'ont pas connue parce qu'ils n'étaient pas

jouter aux premières vérités qu'il av;iil rêvé- à portée de la connaître; l'Bvangile, aussi

lées d'abord, les nouvelles leçons qui étaient li n que le bon sens, nous enseigne que

devenues nécessaires au genre bumain re- l'ignorance invincible excuse du péché,

lalivement aux nouvelles circonstances dans Mais nous soutenons que le christianisme

lesquelles il se trouvait, sans contredire est revêtu de preuves qui sont proporiion-

néanmoins aucun des dogmes ni des lois nées à cette capacité de tous les hommes

morales qu'il avait enseignées auparavant, auxquels elles sont proposées. Vay. Crk-

Par celle observation nous réfutons aisé- MBiUTB. Conséquemmeni l>us ceux qui, ment les Juifs, qui prétendent que Dieu n'a nés dans le sein de la religion, y ferment pu rien ajouter ni rien changer par Jésus- volontairement les yeux, et se font une pré- Christ à ce qu'il avait révélé et prescrit à tendue relig ou naturel -, pour secouer le leurs pères. Par la même raison Ion serait joug de la religion révélée, sont très-coucn droit de soutenir qu'il n'a pu rien ajouter pablcs et très-dignes de punition, ni rien changer par l'organe de Moïse à ce \ l';uticle MtsTERB, nous avons prouvé qu'il avait révélé et présent à Adam et à q„e |)jeu poui révéler des choses incom- Noé. I! ne leur avait pas ordonné la circon- préhcnsibles, et quand re fait est prouvé, cision, et il voulut qu'elle fût pratiquée par „.)US devons les croire. A quoi sert dont la Abraham; il ne leur avail commandé ni révélation, disent les déistes, si elle ne n us l'olfrande des premiers-nés, ni la pàque, ni f,,jt pas comprendre ce qu'elle nous enxiles expiations, etc., et tout cela fut prescrit gne? Autant vaudrait demander à quoi sert par Moïse. Maison s'exprime très-mal quand de révéler aux aveugles-nés qu'il y a des on dit que la révélation chrétienne a ren- couleurs, des tableaux, des miroirs, des versé et détruit plusieurs branches de la ré- perspectives, si on ne les leur fait pas comvélation juive; Jésus-Christ a déclaré, au prendre. La révélation des mystères sert à contraire, qu'il n'était pas venu détruire la exercer la docilité et la soumission que loi ni les prophètes, mats les accomplir n0us devons à Dieu, à confirmer les vérités ( Matih. v, 17 ). On ne peut ci^er aucun des démontrables, a réprimer la témérité des dogmes révélés aux Juifs qui soil contredit philosophes, à fonder II morale la plus dans l'Evangile, ni aucune des lois morales sainte et la plus sublime. Voy. Dogme. qui y soit abrogée. Jésus-Christ a condamné

le divorce, v. 32, mais c'était un désordre * Révélation primitive. Son* le nom de Iiéié!a-

loléré plutôt que permis par la loi de Moïse : tion primiim nous entendons celle qui a été faite au

il a réprouvé la peine du talion, v 38, mais premier homme .près sa naissance, les philosophes

..'',„:,'„ I ■ i T „ i; „u „„ i „ i„;f0 ««ut fait de longs cents pour ciaolir quel dut être

c était une loi de pure police chez les Juifs ^ de p j« Ju ^ |:()mme ^ sor|an| d

qui ne concernait que les magistrats; il eut mnins de l3vnature £)nunenl .1 esl parvenu à s'ins-

ete trop dangereux de permettre aux parti- ,r,lire quei|e flIt sa pre.nière retîgiou. Les théolo-

culiers de se faire justice par eux-mêmes giens et les philosophes chrétiens leur ont répondu

Quant à la permission prétendue de haïr ses par de longues dissertations i>our prouver que si

ennemis, v. 43, elle n'existe point dans la Ffcoaume n'avait p;is reçu nue révélation priimiiv.-,

loi; c'était une fausse interprétation des il n'aurait pu parvenir à créer le Langage (Voij. ce

Juifs. Pour ce qui regarde les lois cérémo- nwl)' "' à m°9t" la connaissance d'aucune vérité.

nielles, civiles et politiques, sans qu'il ait V" "î V'v •°"S g"e "ous "'T"? T

.., . • j i î ix- i leurs longues discussions; nous n -us coulerions de

etc nécessaire de les abroger, D.eu les a CîîterSDr ^ point quelques lignes de M. de Yalroger:

rendues impraticables pour la plupart, par , quoi! DieUi créani ft,umauiié, a-i il pu lacon-

la dispersion des Juifs cl par la destruction damner â croupir pendant v\w. longiie suite rie siè-

de leur république. des dans une ignorance invincible des vérités les

Une religion révélée, disent les déistes, pl"S essentielles? Seul ici-lus rnomine a reçu les

ne peut pas être destinée de Dieu à tous les '■«cultes nécessaires pour connaître et servir son

hommes, puisqu'il n'en est aucune qui soit Créateur ; et soi: œil n'eut pas été fait des l'origine

revêtue de pieuves mises à portée de tous ,,ou: '.vo!r' cl *"%*?*" P"ur *«"* Celui qui est |,

, . ' . • i\- •. !•• vente et la vie ! E-t-ce donc pour rest.r dans loin-

les hommes; autrement Dieu exigerait 1 .m- ,,re ,,, av,it ICÇ(1 ceâ ^ ;liles g (l |e

possiule. Faux principe et fausse conse- soulever au-dessus de louteiTles choses qui passent,

quence. On prouverait de même que la rai- et ce regard d'aigle qoi cher. -lie au fond des cieux le son n'est pas destinée de Dieu à guider tous soleil divin?... L'homme encore innocent, l'homme les hommes, puisqu'il y en a beaucoup en sortant des mains de ceite même Providence (qui qui elle est à peu près nulle, comme dans éiemi ses soins maternels sur tomes les créatures), les imbéciles et les enfants, et une infinité eût éiedéiaissé par elle! Il n'.« pf s, lui, reçu en pard'autres qui, par leur stupidité, parleur la*e d,'s "1S,"'«S <P» *« développent spontanément

, ••■ i n ~ i „ ;. comme ceux du castor ou de I abeille, pour e co i-

perversité naturelle, par leur mauva.se edu- (|uire ,rmie in:iI„ére il|f;)il;jhle à Sccompiissement

cation cl leurs mauvaises habitudes, res- parfait de sa destinre : il esl perfectible, mais.à la

se . blent plus à des brutes plus qu à des boni- condition d'être enseigné. S ins le secours d'urte forte

mes. La religion chrétienne a été révélée c iuc.uion rongeuse, ses f.icurtés les phis sublimes

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