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auteur* eontemporains, et sur lesquelles ont été faits Ips quatre livres des Unis ; qu'Us aient élérnli^és parun soûl autour ou par plusieurs sureossi\ entent, pondant la captivité doRab\loncou [eu auparavant, pou importe; certains criliques les ont attribués à Jérémie, d'autres à Ezéehiol, d'autres à Esdra«, mais aucune de ces conjectures n'est prouvée. Il nous suffit de savoir que les quatre livres des liais ont toujours été regardés comme authentiques par les juifs, et qu'ils sont cités comme Ecriture sainte dans le Nouveau Testament. Ou no peut pas nier que ces livres ne renferment des difficultés de chronologie, des faits transposés et qui ne sont pas placés suivant l'ordre des temps, des usages et des coutumes fort éloignées de nos mœurs. Les incrédules ont eu soin de les recueillir, de les commenter, d'altérer souvent le texte, d'en pervertir le sens, afin de persuader que toute l'histoire juive n'est qu'un roman. Il faudrait un volume entier pour répondre à toutes leurs objections en particulier; la plupart sont frivoles ou absurdes, et l'auteur qui a réfuté la Bible expliquée par un philosophe incrédule y a solidement satisfait.
ROMAINS (Epîlrc de saint Paul auxj. il passe pour constant que l'Apôtre a écrit celte lettre de Corinthe, où il était l'an cinquantehuit de notre ère, la vingt-quatrième année de son apostolat, deux ans avant son arrivée à Rome. Le dessein général de saint Paul dans cette E pitre est de prouver que la grâce de la foi en Jésus-Christ n'a pas été accordée aux juifs convertis à cause de leur fidélité à la loi de Moïse, ni aux gentils devenus chrétiens en considération de leur obéissance à la loi naturelle, mais que cette grâce a été donnée aux uns et aux autres très-gratuitement, par une pure miséricorde de Dieu, sans aucun mérite précédent de leur part. Pour le démontrer, l'Apôtre, dans le premier chapitre, expose les crimes dont les païens en général étaient coupables, et surtout les philosophes, qui passaient pour les plus sages. Dans le second il reproche aux juifs leurs transgressions. Il conclut, dans lé troisième, que les uns et les autres ayant été criminels, leur justification est absolument gratuite, l'ouvrage de la grâce cl non de la nature ni de la loi, et qu'elle ne doit être attribuée qu'à la foi qui est un don de Dieu ; c. iv, il prouve celle vérité par l'exemple de la justification d'Abraham ; c. v, il nous montre l'excellence de celte grâce; c. vi, il exhorte ceux qui l'ont reçue à la conserver et à l'augmenter ; c. vii, il enseigne qu'après la justification, la concupiscence subsiste encore, qu'elle est irritée plutôt que domptée par la loi, mais qu'elle est vaincue par la grâce ; c. vin, il fait l'énumération des fruits de la foi; il déclare, c. ix, x et xi, que la justification a été accordée aux gentils préférablement aux juifs, parce que les premiers ont cru en Jésus- Christ, et que les seconds n'ont pas voulu y croire ; que comme la grâce de la foi n'était due ni aux uns, ni aux autres, il ne s'ensuit rien de là contre les promesses que Dieu
avait Ni tel à la postérité d'Abraham, ni
contre la justice divine. Les chapitres suivants, jusqu'au seizième, renferment des I çono de morale. Ainsi saint l'aul, dans toute sa lettre, ne s'écarte point de son objet, qui est de prouver que la juslificalion vient de la foi et non de la loi ni de la nature; que la foi elle-même est une grâce, un don de Dieu purement gratuit Dans la multitude des commentateurs modernes qui ont expliqué Y Epitre aux Romains; le P. Picquigni, capucin, est celui qui nous parait avoir le mieux saisi le dessein de l'Apôtre; il a fait grand usage du commentaire de Tolet sur cette même Epitre, el celui-ci avait suivi sainl Jean Chrysostome.
Ceux qui ont voulu fonder sur la doctrine de saint Paul un système de prédestination gratuite des élus à la gloire éternelle, nous paraissent avoir méconnu le dessein de l'Apôtre, et forcé le sens de toutes les expressions: ils prétendent y voir ce que les anciens Pères de l'Eglise n'y ont jamais aperçu. Origène et saint Jean Chrysostome, qui ont expliqué V Epitre aur Romains d'un bout à l'autre, n'y ont pas trouvé ce système. Cependant les homéliei de saint Jean Chrysostome sur celte Eplirc sont un de >es ouvrages les plus travaillés, comme l'ont observé ses éditeurs. Bti expliquant dans sa seizième homélie le chapitre ix. sur lequel les prédesiinaleurs insistent le plus, il l'entenJ lout autrement qu'eux. Il enseigne, comme l'Eglise l'a décidé depuis contre les pélagiens, que la prédestination à la grâce et à la foi, esi purement graluile, parce que celle grâce n'est la récompense d'aucun mérite. Mais il dit aussi positivement que la prédestination des justes au bonheur éternel, el des méchants au supplice éternel, esi une suite de la pre-cience de Dieu, qui a prévu de toute éternité l'obéissance des uns et la résistance des autres. Origène l'avait entendu de même, Commentar. in Epist. ad Rom., 1. vu, a. 14 et suiv. Il est à présumer que ces deux l'ères grecs, très-accoutumés au langage de saint Paul, et familiarisés ave Ions ses écrit--, ont été pour le moins aussi capables d'en prendre le vrai sens que les interprètes latins postérieurs. Or, suivant leur sentiment, lorsque saint Paul, Rom., c. is, v. 13, observe qu'avant même la naissance de Jacob et d'E-ai-, Dieu avait dil : L'aine' sera le serviteur du cadet; j'ai aimé Jacob et j'ai haï Esau; l'Apôtre n'a pas voulu nous faire entendre que Dieu, sans égard au mérite des hommes, el avant toute prescience de ce qu'ils feront, prédestine les uns à êlre les objets de son amour, el les autres les objets de sa haine; qu'au contraire, cette différence vient de ce que Dieu avait prévu d'avance ce qu'ils feraient dans la suite. De mémo lorsque Dieu dit: Je ferai miséricorde à qui je voudrai, el que sainl Paul en conclut : Donc cla ne dépend point décelai qui le veut et qui y court, mais de Dieu qui a pitié, v. 15 et 16; faire miséricorde n'est point élire quelqu'un à la vie élertic'le. ni lis lui accorder le don de la foi
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et de lu justification. Cria est prouvé par l'autre conclusion de saint Paul: Donc Dieu fait miséricorde à qui il lui plaît, et endurcit, ou plutôt laisse endurcir qui il veut, v. 18; ici le contraire de faire miséricor le n'est pas destiner à la damnation, mais laisser dans l'endurcissement. C'est le sens suivi par saint Augustin, 1. de Pra'dest. Sanct., c. m, n. 7; c. vi, n. 11.
Conséquemment Origène et saint Jean Chrvsostome ont très-bien vu que les vases d'honneur, les vases de miséricorde, que Dieu a préparés pour sa gloire, v. 21, 22 et 23, ne sont point les prédestinés à la gloire éternelle, mais les prédestinés à la lui, qui glorifieront Dieu par leurs vertus, et que les vases d'ignominie, les vases de colère, ne désignent point les réprouvés, mais les incrédules, qui provoqueront la colère de Dieu, maisçii? Dieu supportera néanmoins avec patience, ibid. La preuve est encore la dernière conclusion que tire saint Paul, v. 30 et 31, «le tout ce qui a précédé : « Que dirons-nous donc? Que les gentils, qui ne couraient pas après la justice, l'ont cependant acquise par la foi, au lieu qu'Israël, en suivant la loi de la justice, n'y est pas parvenu, parce qu'il s'est heurté contre la pierre de scandale. » Voilà l'explication des posas d'honneur et des vases d'ignominie ; ainsi l'entend saint Augustin. Èpist. 186, ad Paulin., c. iv, n. 12; I. de Prœd. Snnct., c. vin, n. 13, etc. On lit, il est vrai, c. vin, v. 30: « Ceux que Dieu a prédestinés, il les a appelés; ceux qu'il a appelés, il les a justifiés, et ceux qu'il a justifiés, il les a glorifiés, «Mais celte glorification ne doit pas s'entendre de la gloire éternelle, autrement l'Apôtre aurait dit, il les glorifiera. Dieu a glorifié sans doute ceux qu'il a justifiés, puisque, dans le style de saint Pau!, il eu a Fait des va es d'honneur pour sa gloire ; ainsi l'on! entendu Origène, ibid.t I. vu, n. 8, et saint Jean Chrysoslome, Uomil. 15, n. 2.
On nous objectera peul-ôtre que saint Augustin, dans ses livres de la Prédestination des Saints et du Don de la Persévérance, Jans sa lettre 18G à saint Paulin, etc., a entendu saint Paul dans le sens que nous ne voulons pas admettre ; nous ne le croyons pas. 1" Il n'est pas probable que saint Augustin qui, pour prouver le péché originel, a cité souvent tes homélies de saint Jean Chrysoslome sur VEpitre aux Romains, ait embrassé un sentiment différent de celui de ce Père sur la prédestination. 2° il l'est encore moins que saint Augustin ait méconnu le dessein de saint Paul, et se soit obstiné à donner à ses expressions un sens qui est absolument étranger. 3" Dans celle fausse hypothèse, les arguments de saint Augustin n'auraient aucun rapport à la question qui était agitée entre lui el les pélagieus, ii s'agissait uniquement de leur prouver, comme dans saint Paul, que 1 1 grâce est accordée gratuitement ; par conséquent que la prédestination A la grâce est aussi purement gratuite ; jamais il n'a élé question de savoir !-ï! en clait de inéinc de la prédestination au
bonheur éternel. V" En lisant attentivement, sans préjugé, les divers écrits de saint Augustin, on voit qu'il a pensé dans le fond comme saint Jean Chrysoslome, mais qu'il s'est exprimé avec moins de précision. On peul s'en convaincre par les endroits que nous venons de citer. Voy. Prédestination.
ROMAN, histoire fabuleuse, dont le sujet le plus ordinaire est le tableau de l'amour profane. On a quelquefois taxé de rigorisme les casuisles qui interdisaient absolument la lecture des romns; mais ils ne sont que trop bien fondés dans le jugement qu'ils en portent. Le moindre mal que ces écrits produisent est de dégoûter les jeunes gens de toute lecture sérieuse, de leur donner un esprit faux, de leur peindre les hommes el les passions tout autres qu'ils ne sont en effet. Comme le fond de toutes ces narrations frivoles est toujours la passion de l'amour, plus les peintures en sont vives, plus elles sont capables d'égarer l'imagination des jeunes gens <ie l'un el de l'autre sexe dont le sang n'est déjà que trop allumé. Bientôt il leur larde de réaliser en eux-mêmes le fantôme de bonheur dont ils ont l'esprit préoccupé. Lorsqu'ils ne le trouvent point dans l'état de mariage, ils le cherchent dans des amours illégitimes et dans un libertinage consommé. On ne peut donc pas douter que ces sortes de lectures ne ronliibuent beaucoup à la dépravation des mœurs. Quelques tirades de morale guindée que l'on mêle dans les aventures romanesques ne sont pas capables de réparer le mai que ces livres produisent.
Sainte Thérèse, instruite par l'expérience qu'elle en avait faite dans sa jeunesse, exhortait les pères et mères à préserver soigneusement les enfants de la lecture des romans, el leur en représentait les funestes conséquences. Mais nous n'avons pas besoin d'exemples éirangers, lorsque nos mœurs publiques nous attestent les ravages de ce poison. Le goûl effréné pour les romans est porté parmi nous à un tel excès, que l'on a vu des personnes qui ne pouvaient plus supporter d'autre lecture; et de prétendus beaux esprits ont voulu persuader que c'est là le seul moyen efficace de donner des leçons de morale à la jeunesse ; c'esl plutôt le vrai moyen de la dégoûter de toute morale sensée el solide.
* ROMANTISME RELIGIEUX ou RELIGIOSITE.
Il y a des âges où l'incrédulité est de mode; il y eu a d'autres où la religion paraît en faveur. Il ne faul p;is toujours juger de la religion par les paroles; il laulexaininer le fond des croyances el les pratiques. Le démon n'est guère moins Intéressé à voir certaine forme religieuse dominer qu'a voir l'incrédulité eu vigueur. Il y a en effet des hommes qui oui sans cesse le mol de religion à la bouche, qui prennent l'Evangile pour leur livre de prédilection, qui ne jurent que par le Christ, qui se présentent comme les défenseurs du christianisme. Ils prétendent le soutenir beaucoup mieux (pie ses ministres; les traitent d'inintelligents, les accusent de compromettre la loi par leur zèle exagcic; et cependant ces zélateurs ne sont pas de véritables chrétiens. Mettons de. côté la pratique pour ne nous occuper que de la croyance : juge >ns
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lent fui. IU ne croieul ps tout ce que l'Eglise croil cl enseigne, et même parmi tel vérités catholiques qu'ils admettent, ils ne les admettent pas connue l'Eglise.
Lisez la Démocratie pacifique, il n'y a pas une page où il ne soit parlé avec un profond respect du «Lhrisl et de l'Evangile; inicrroge/.-la sur le mystère île la présente léelle, sur l'existence de l'enfer, elle sourira de pitié à voire question. Pou/ cet autre, le christianisme n'est <iue la Fraternité, l'égalité, la liberté; tous tes passages de l'Ecriture, qui lui rapp lient ces maximes sont admirables; ne lui parlez, pas d'autre chose ; à -es yeux il n'y a que cela dans l'Evangile. On inc dira peut être que je ne cite que • eux qui ne sont pas chrétiens en réalité, qu'il v a 'I s romantiques religieux qui admettent tous les dogmes, voiie même que la religion est la démocratie; oui, mais ces hommes admettent-ils nos dogmes, comme nous les croyons v L'édition Lefort présente sur ee sujet quelques considérations tirées de VArsenal dit C(i(/ioti(jiie qui nous paraissent profondément senties.
« Montrons, dit elle avec M. l'abbé Régna tri t, Artaud dn catholique , comment l'homme à religiosité comprend les trois vertus théologales.
t I. Le respect et l'admiration qu'il professe pour l'Evangile ne supposent pas une foi véritable en Jésus-Christ. — l"On pourrait professer les mêmes sentiments, sans voir dans la religion plus qu'un système philosophique, une oeuvre tout humaine. Avoir la foi, c'est autre chose qu'admirer le moyen âge et les monuments gothiques ; autre chose que reconnaître l'influence vivifiante du catholicisme sur la société et sur les arts; autre chose qu'entrevoir combien il est approprié aux besoins de l'homme, comme il élève l'intelligence et même le génie, comme il louche les libres les plus délicates du cœur et inspire la vertu; antre chose que s'extasier sur l'inimitable poésie et la simplicité sublime de la bible; autre chose cnfiii que deviner de magnifiques rapports de convenance ci d'harmonie dans les dogmes catholiques. — 2' La foi perfectionne l'entendement, parce qu'elle détermine et précise tout ce qu'il faut croire, parce qu'elle y fait donner un assentiment ferme et sans crainte d'erreur, parce qu'elle appuie cet assentiment sur le motif infaillible de la véracité et de l'autorité divine. La religiosité, au contraire, n'a que fies opinions vagues et incohérentes, simples aperçus métaphysiques qui ne forment point un corps de doctrine complet où loulsoit coordonné. Ses croyances, brillantes rêveries de l'imagination, sont variables et sans la moindre consistance ; elles s'affaiblissent avec l'exaltation du moment, ou se modifient suivant des impressions nouvelles. Enfin, elles reposent, non sur l'autorité divine, mais sur des conceptions humaines ou sur l'engouement de la mode. — '••" La foi captive la raison et la fait plier sous l'autorité de la parole de Dieu; par elle, l'esprit adore la vérité infaillible et souveraine. La religiosité laisse Citer l'esprit au hasard, sans règle et sans frein : < est un simple amusement intellectuel, une véritable P trndie de la loi.
« II. L'homme à religiosité ne comprend pas mieux l'espérance chrétienne. 1° Le vrai chrétien aspire à ia possession de Dieu ; c'est là le but de sa vie. La grâce est toute sa ressource, et il l'attend de la bonté divin.1, avec une confiance sans bornes, à cause dos mérites de Jésus-Christ. Il va puiser la force et ii vertu dans la prière ci les sacrements, usant, eu un mut, de tous les moyens de sanctification que l'amour de Dieu lui a ménagés. L'homme à religiosité envisage la religion, moins par rapport au ciel, qu2 par rapport à la terre; il ne voit guc.e eu eile ne la P us puissante et la plus magnifique des institutions sociales, le (lambeau delà civilisation, le génie des arts, l'âme et la vie de tout ce qui est grand. Vivant dans l'oubli de -es sublimes destinées, il ne sent pas le besoin de la grâce, parce qu'il n'aime point à nié