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l'Eglise; perturbatrices du repos clés âmes, mhver- 6ivcs de l'ordre hii 'rare liiipie. Ces dillcrenles noies des censures n'ont pas besoin d'explication, il su 1 li t de les énoncer pour en faire connaîtra le sens. >
QUAUANTE-IIEURES. Les prières dequaranle-heures sont une dévotion commune dans l'Eglise romaine; elle consiste à exposer le saint-sacrement à l'a;loralion des fidèles pendant trois jours de suite, et pendant treize à quatorze heures par jour. Ces prières sont ordinairement accompagnées de sermons, de saluts, etc. On les fait pendant le jubilé, dans les calamités publiques, le dimanche de la Quinquagésime et les deux jours suivants, etc.
QUAHTO-DECLMANS. Voy. Pâques.
QUASIMODO. Le dimanche de l'octave de Pâques es! ainsi nommé, parce que l'introït de la messe de ce jour commence par ces mots : Quasi modo geniti infantes. Il est aussi appelé dominica in albis, parce que ceux qui avaient reçu le baptême à Pâques, allaient le jour de l'octave déposer en cérémonie dans la sacristie de l'église les robes blanches dont ils avaient été revêtus dans leur baptême. Les Grecs l'ont encore nommé dominica nova, à cause de la vie nouvelle que les baptisés devaient commencer à mener dès ce moment.
On sait que, dans les premiers siècles, fous les jours de la quinzaine de Pâques étaient censés jours de fêtes; ainsi l'avaient réglé les pasteurs de l'Eglise dans plusieurs conciles, et les empereurs avaient confirmé cette discipline. Nous voyons psr les sermons de saint Jean Chrysostome et de saint Augustin, que tous ces jours étaient employés par les fidèles à célébrer l'office divin, à écouter la parole de Dieu, à recevoir la sainte eucharistie, à faire de bonnes œuvres. Bingham, Orig. ecclés., I. xx, c. 5, § 12, lom. IX, p. 118.
QUATRE-TEMPS, jeûne qui s'observe dans l'Eglise au commencement de chacune des quatre saisons de l'année; il a lieu pour trois jours d'une semaine, savoir, le mercredi, le vendredi et le samedi.
il est certain que ce jeûne était déjà établi du temps de saint Léon, puisque, dans ses sermons, il distingue nettement les jeûnes des quatre saisons de l'année, et qui s'observaient pendant trois jours; savoir, celui du printemps au commencement du carême, celui de l'été à la Pentecôte, celui d'automne au septième mois ou en septembre, et celui d'hiver au dixième ou en décembre. Mais ce saint pape ne parle pas de ces jeûnes comme d'un usage nouveau ; au contraire, il les regarde comme une tradition apostolique. Il était persuadé que c'était une imitation des jeûnes de la synagogue, mais il n'y a point de preuve que les Juifs aient fait trois jours de jeûne au commencement de chaque saison; aussi saint Thomas n'est point de cet avis : on pourrait peut-être conjecturer avec plus de raison que les quatre-temps ont été institués par opposition aux folies et aux désordres des bacchanales, que les païens rciiouyelaient quatre fois l'année.
Quoi qu'il en soit, on ne peut pas douter que ce jeûne n'ait eu pour ob,et de consacrer à Dieu par la pénitence et la mortification les quatre sais ms de l'année, comme le dit saint Léon, et pour obtenir de Dieu if bénédiction sur les fruits de la terre. H s'y est joint un nouveau motif, lorsqu'il a été d'usage de faire dans ce temps-là l'ordination des ministres de l'Eglise, et c'est un règlement qui date au moins du cinquième siècle, puisqu'il en est parlé dans la neuvième lettre du pape Géiase. On a jugé qu'il convenait que tous les fidèles demandassent, par la prière et par le jeûne, les lumières du Saint-Esprit pour c elle importante action, afin d'imiter ainsi la conduite des apôtres. Act., c. xin, v. 3.
On ne doit pas être étonné de ce que les quatre-temps n'ont pas été observés dans l'Eglise grecque, puisque les Grecs jeûnaient tous les mercredis et Ici vendredis de l'année, et fêlaient le samedi. Dans l'Occident même ce jeûne n'a pas été pratiqué universellement dans toutes les Eglises ; il ne l'était pas encore dans celles d'Espagne du temps de saint Isidore de Sé»ille, au ri' siècle, et l'on ne peut pas prouver qu'il l'ait été en France avant le règne de Charlemagne. Mais ce prince en ordonna l'observation par un capilulaire de l'an 7G9, et le fil confirmer par un concile de Mayence l'an 813. Enfin, dans le xr siècle, le pipe Grégoire VJI fixa distinctement les quatre semaines dans lesquelles les quatre-temps devaient être observés, et peu à peu celle discipline s'établit uniformément, telle qu'elle est encore aujourd'hui. Thomassin, Traité des Jeûnes, i" part., c. 21; ii* part., c. 18.
QUESNELLISME. Voy. Ex genitls.
QUIÉTJSME, doctrine de quelques théologiens mystiques, dont le principe fondamental est qu'il faut s'anéantir soi-même pour s'unir à Dieu ; que la perfection de l'amour pour Dieu consiste à se tenir dans un état de contemplation passive, sans faire aucune réflexion ni aucun usage des facultés de notre âme, et à regarder comme indifférent tout ce qui peut nous arriver dans cet état. Ils nomment quiétude ce repos absolu ; de là leur est venu le nom de quictistes.
On peut trouver le berceau du quic'tisme dans i'origciiisme spirituel qui se répandit au iv" siècle, et dont les sectateurs, selon le témoignage de saint Epiphane, étaient irrépréhensibles du côté des mœurs. Evagre, diacre de Conslanlinople, confiné dans un désert et livré à la contemplation, publia, au rapport de saint Jérôme, un livre de maximes dans lequel il prétendait ôter à l'homme tout sentiment des passions ; cela ressemble beaucoup à la prétention des quictistes. Dans le xr et le xn* siècle, les hé~ sychastes, autre espèce de quiélisles chez les Grecs, renouvelèrent la même illusion et donnèrent dans les visions les plus folles; on ne les accuse point d'y avoir mêlé du libertinage. Voy. Hésvchastes. Sur la fin du lin* et au commencement du x:V, les beggards enseignèrent qut les prétendus par-
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fils n'avaient plus besoin de prier, de faire de bonnes œuvres, d'accomplir aucune loi, et qu'ils pouvaient, sans offenser Dieu accordera leur corps tout ce qu'il demandait. Voi/. Beggakds. Voilà donc deux espèces de quiélisme, l'un spirituel et l'autre Irès-groseier. Le premier fut renouvelé, il y a un siècle, par Michel Molinos, prêtre espagnol, né dans le diocèse de Saragosse en 1627, et qui s'acquit à llome beaucoup de considéralion par la pureté de ses mœurs, par sa piété, par son talent de diriger les consciences. L'an 1675, il publia un livre intitulé le Guidt spirituel, qui eut d'abord l'approbalion de plusieurs personnages distingués, et qui a été traduit en plusieurs langues. La doctrine que Molinos y établissait peut se réduire à trois chefs : 1° la contemplation parfaite est un étal dans lequel l'âme ne raisonne point ; elle ne réfléchit ni sur Dieu ni sur elle-même, mais elle reçoit passivement l'impression de la lumière céleste, sans exercer aucun acte, et dans une inaction entière; 2° dans cet état l'âme ne désire rien, pas même son propre salut; elle ne craint rien, pas même l'enter; 3° alors l'usage des sacrements et la pratique des bonnes œuvres deviennent indifférents; les représentations et les impressions les plus criminelles qui arrivent dans la partie sensilive de l'âme ne sont point des péchés.
Il est aisé de voir combien celte doctrine est absurde et pernicieuse. Puisque Dieu nous ordonne de faire des actes de foi, d'espérance, d'adoration, d'humilité, de reconnaissance, etc., c'est une absurdité et une impiété de faire consister la perfection de la contemplation dans l'abstinence de ces actes. Dieu nous a créés pour être actifs et non passifs, pour pratiquer le bien et non pour le contempler; un état purement passif est un étal d'imbécillité ou de syncope; c'est une maladie et non une perfection. Dieu peut-il nous dispenser de désirer notre salut et de craindre l'enfer? Il a promis le ciel à ceux qui font de saintes actions, et non à ceux qui ont des rêves sublimes. Il nous ordonne à tous do lui demander l'avènement de son royaume et d'être délivrés du mal ; il n'est donc jamais permis de renoncer à ces deux sentiments, sous prétexte de soumission à la volonté de Dieu. Puisque les sacrements sont le canal des grâces et un don de la bonlé de Jésus-Christ, c'est manquer de reconnaissance envers ce divin Sauveur de les regarder comme indifférents. Il dit : Si ton* ne mangez la chair du Fils de i homme et ne buvez son sang, vous n'aurez point la vie en vous. De quel droit un prétendu contemplatif peut il regarder la participation à l'eucharistie comme indifférente ?
Lorsque Molinos ajoute que, dans l'état de contemplation et de quiétude, les représentations, les impressions, les mouvements des passions les plus criminelles qui arrivent dans la partie sensilive de l'âme ne sont pas des péchés, il ouvre la porte aux plus affreux dérèglements, et il n'a eu que Irop dii disciples qui ont suivi les conséquences de celte doctrine perverse. Une âme qui se
laisse dominer par les affections de la partie sensilive est certainement coupable ; il lui est loujours libre d'y résister, et saint Paul l'ordonne expressément. Aussi, après un sérieux examen, la doctrine de Molinos fut condamnée par le pape 'Innocent XI en 1687: ses livres, intitulés la Conduite spirituelle ou le Guide spirituel, et V Oraison de quiétude, furent brûlés publiquement; Molinos fut obligé d'abjurer ses erreurs en présence d'une assemblée de cardinaux, ensuite condamné à une prison perpétuelle, où il mourut en 1689. Mais, en censurant sa doctrine, le pape rendit témoignage de l'innocence de ses mœurs et de sa conduite.
L'événement a prouvé que l'on n'a pas eu tort de craindre les conséquences du molinosisme, puisque plusieurs de ses partisans en ont abusé pour se livrer au libertinage, et ont été punis par l'inquisition. Mais il ne faut pas confondre ce quiélisme grossier et libertin avec celui des faux mystiques ou faux spirituels, qui ont adopté les erreurs de Molinos sans en suivre les pernicieuses conséquences. Il s'est trouvé en France de* quiétisles de cette seconde espèce ; et parmi ceux-ci une femme nommée Bouvière de lu Motte, née à Montargis en 1648, veuve du sieur Guyon, Ois d'un entrepreneur du canal de Briare, s'est rendue célèbre. Elle avait pour directeur un Père Lucombe, barnabiîe, du pays de Genève. Elle se relira d'abord avec lui dans le diocèse d'Annecy, et elle s'y acquit beaucoup de réputation par sa piété et par ses aumônes. Mais, comme elle voulut faire des conférences et répandre les sentiments qu'elle avait puisés dans les livres de Molinos ou de quelqu'un de ses disciples, elle fut chassée de ce diocèse par l'évêque, avec son directeur, lis eurent le même sort à Grenoble, où madame Guyon répandit deux petits livres de sa façon, l'un intitulé le Moyen court, l'autre les Torrents. Ils vinrent à Paris en 1687, ils y firent du bruit et y trouvèrent des partisans. M. de Harlay, pour lors archevêque, obtint un ordre du roi pour faire enfermer le Père Lacombe et mettre madame Guyon dans un couvent. Celle-ci, ayant été élargie par la protection de madame de Maintenon, s'introduisit à Saint-Cyr; elle y suivit les conférences de piété que faisait dans celte maison le célèbre abbé de Fénelon, précepteur des enfants de France, et elle lui inspira de l'estime et de l'amitié par sa dévotion. Dans la crainte de se tromper sur les principes de celte femme, il lui conseilla de se mettre sous la conduite de M. Bossuet et de lui donner ses écrits à examiner; elle obéit. Bossuet jugea ses écrits répréhensibles : Fénelon ne pensait pas de même. Celui-ci, nommé à l'archevêché de Cambrai en 1695, eut à Issy, près de Paris, plusieurs conférences à ce sujet avec Bossuet, le cardinal de Noailles et l'abbé Tronson, supérieur du séminaire de Saint-Sulpice. Après de fréquentes disputrs, Fénelon publia, en 1697, sou livre des Maximes des saints touchant la vie spirituelle ou contemplative, dans lequel