‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 6 sur 219 · QU · texte numérisé non relu

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il crul rectifier loui ce que l'on reprochait à madame Guy on, et distinguer nettement la

doctrine orthodoxe des mystiques d'avec les erreurs. Ce livre augmenta le bruit au lieu de le calmer.

Enfin les doux prélats soumirent leurs écrits à l'examen et à la décision du pape Innocent XII, el Louis XIV écrivit lui-même n ce pontife pour le presser de prononcer. La congrégation du'saint office nomma sept consulteurs ou théologiens pour examiner ces divers ouvrages. Après trente-sept conférences, le pape censura, le 12 mars 1G99, vingt-trois propositions tirées du livre des Maximes des saints, comme respectivement téméraires, pernicieuses dans la pratique, et erronées, aucune ne fut qualifiée comme hérétique. L'archevêque de Cambrai lira de sa condamnation même un triomphe plus beau que celui de son adversaire ; il se soumit à la censure sans restriction et sans réserve. Il monta en chaire, à Cambrai, pour condamner son propre livre ; il empêcha ses amis de le défendre, et il publia une instruction pastorale pour attester ses sentiments à tous ses diocésains. Il assembla les évoques de sa province, et il souscrivit avec eux à l'acceptation pure et simple du bref d'innocent XII el à la condamnation des propositions. Il fil faire pour la cathédrale un soleil magnifique pour les expositions et les processions du saint sacrement ; des rayons de ce soleil partent des foudres qui frappent des livres posés sur le pied, l'un desquels est intitulé Maximes des saints. Ainsi finit la dispute. Madame Guyon, qui avait été enfermée à la Bastille, en sortit cette même année 1699 ; elle se relira à Mois, où elle mourut, en 1717, dans les sentiments d'une tendre dévotion.

Pendant que toutes les personnes sensées ont admiré la grandeur d'âme de Fénelon , qui préférait le mérite de l'obéissance et la paix de l'Eglise aux fumées de la vaine gloire el aux délicatesses de l'amour-propre, des esprits mal faits ont lâché de persuader que ce grand homme avait agi par pure politique et par la crainte de s'attirer des affaires ; que sa soumission n'avait pas été sincère. Mosheim a osé dire : « On convient généralement que Fénelon persista jusqu'à la morl dans les sentiments qu'il avait abjurés el condamnés publiquement par respect pour l'ordre du pape. » lli>t. ecelésiast., xvn' siècle, sect. 2, rr part., c. 1 , §51.

N'en soyons pas surpris, un hérétiqne infatué de ses propres lumières, et opiniâtrement révolté contre l'autorité de l'Eglise, ne se persuadera jamais qu'un esprit droit peut reconnaître sincèrement qu'il s'est trompé , que s'il n'a pas mal pensé, il s'est du moins mal exprimé. Mais dans toute la vie de l'archevêque de Cambrai lrouve-l-on quelques signes d'un caractère hypocrite el dissimulé? Connaît- on quelqu'un qui ait montré plus de candeur? Pendant les seize .Minées qui se sont écoulées depuis la condamnation de Fénelon jusqu'à sa mort, a-t-

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il donné quelques marques d'attachement aux opinions que le pape avait censurées dans son livre? Personne n'a soutenu avec [dus de force l'autorité de l'Eglise et la nécessité d'y être soumis ; il n'a donc fait que confirmer ses principes par sa propre conduite. D'ailleurs la question agitée entre Fénelon et Bossucl élait assez délicate et assez subtile, pour que tous deux pussent s'y tromper. Il s'agissait de savoir s'il peul y avoir un amour de Dieu pur, désintéressé, dégagé de lout retour sur soi-même : or, il paruil certain que, du moins pendant quelques moments, une âme qui raédile sur Icn perfections de Dieu peut les aimer sans faire attention à sa qualité de bienfaiteur et de rémunérateur; qu'elle peut aimer la bonté de Dieu envers toules les créatures sans penser actuellement qu'elle-même est l'objet de celte bonté souveraine. Si Bossuet a nié que cet acte soil possible, comme on l'en accuse, il avait lort. Mais ce n'est là qu'une abstraction passagère ; soutenir que ce peut être l'état habituel d'une âme,elque c'est un état de perfection ; qu'elle peul, sans être coupable, pousser le désintéressement jusqu'à ne plus désirer son salut, et ne plus craindre la damnation, voilà l'excès condamné dans les quiétistes, excès duquel s'ensuivent les autres erreurs que nous avons notées cidevant. Voy. Amour de Dieu.

QUJNISEXTE (concile). Ou a ainsi appelé le concile tenu à Constanlinople l'an 6SJB , douze ans après le sixième général : il est aussi nommé souvent le concile in Trullo , parce qu'il fut tenu dans une salle du palai i des empereurs nommée Trullum, ou le Dôme. Il est regardé comme le supplément des deux conciles qui l'avaient précédé : comme l'on n'y avait point fait de canons touchant les mœurs ni la discipline, les Orientaux y suppléèrent dans celui-ci ; ainsi les cent deux canons attribués au cinquième el au sixième concile général sont l'ouvrage du concile (juinisexle.

Mosheim en a pris occasion de déclamer contre les papes, qui ne cessèrent, diUil, d'inventer de nouveaux rites superstitieux et de nouvelles pratiques, comme si leur principal devoir avait été d'amuser la multitude p;ir des cérémonies dévoles ; et qui eurent l'ambition d'introduire le Rituel romain dans toutes les Eglises de l'Occident. 11 met au nombre de ces nouveautés la fêle de l'Invention de la sainte croix et celle de l'Ascension, la loi infâme de Bouiface V, qui donnait à tous les scélérats le droit d'asile el d'impunité dans les églises, les profusions d'Honorius Ier pour embellir les lieux saints, les ornements sacerdotaux pour célébrer l'eucharistie. Ilist. ecclés., xvir siècle, ne pari., c. 4, § 2. Hais Mosheim n'a pu ignorer que la plupart des rites qu'il taxe de nouveautés et d'inventions des papes sont suivis par les Grecs aussi bien que par les Latins ; sont-ce les papes qui les ont portés en Orient? Aux mots Cérémonie, Litirgie , Habits sacerdotaux, etc., nousavons prouvé que ces rites prétendus superstitieux Jaleut

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