‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 51 sur 219 · ROM · texte numérisé non relu

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lier à Dieu la seule preuve d'amour qui ne irompe point, celle des œuvres ; ou plulôl, elle vent servir deux maîtres, allier deux choses incompatibles, I amonr de Dieu et la volonté île ne pas se gêner pour Obéir à -es lois. L'amour qu'a pour Dieu l'homme a religiosité est un hors-d'œuvre qui n'exerce point d'influence sur son cœur, qui ne rapporte à la gloire divine ni les actes de la volonté ni ceux îles autres puissances de Tàme; qui laisse sans règle toutes ses affections, et même toutes ses passions; qui n'eleve point ses pensées, n'anime point ses venus, ne sanctifie point ses intentions, ne lui inspire aucun sacrifice, ne donne aucun prix à ses actions. Ce qui perfectionne la volonté, ce n'est donc pas la religiosité, imiis une charité sincère, efficace et pleine de devouement.

i Aux considérations qui procèdent, nous ajouterons que la religiosité est une inconséquence manifeste. Celui qui s'y borne « fait profession de connaître Pieu ; et cependant il le renie p>r ses œuvres. » Tic. , I, xvi. Or, s'il exalte le catholicisme, pourquoi déd'igne-l-i! de sVlreindre à en observer les lois? et, s'il refuse d'y conformer sa vie, que signifient ces louanges que la conduite désavoue? Jé-us Christ peut lui dire, comme autrefois à ses disciples : Si je v us dis la vérité, pourquoi ne me croyez vous pas [Jour,, vin, 4G) ? Car, la foi sans les œuvres est une joi morte (Jac. n, 2<j). La religion n'est pas une simple théorie : c'est une loi essentiellement obligatoire, une loi émanée de Dieu, et qui a pour sanction le paradis et l'enfer. Notre Dieu n'est pas insouciant ni ois.il comme le dieu d'Epicure : il exige l'obéissance des êtres qu'il a créés, et il rendra à chacun selon ses œuvres. >

Cette religion n'est pas la religion qui smive. Pour que la foi soit suffisante, elle doit croire loin ce que i'Kglise croit et comme elle croit. Ce n'est pas qu'en dehors du domaine de la foi, il ne puisse y avoir des sy>tèmes. Dès lors que la foi est sauve, que le dogme est admis totalement, que l'imagination s'exerce sur le mode, qu'elle soit ingénieuse pour nous représenter le mysiére, il n'y a rien là que de permis ei même de ne— louable, qn;md on se renferme dans de justes bornes, mais qu'on veuille fausser la croyance sous le prétexte' de l'embellir ou de la sauver , c'est ruiner l'édifice tout entier, loin de le soutenir.

HOME (Eglise de). Il ne faut pas confondre celle expression avec le titre à' Eglise romaine; V Eglise de Home esl un siège particulier ou une Eglise bornée à un seul diocèse ; l'Eglise romaine, d;ms le langage ordinaire des théologiens, est l'Eglise catholique ou universelle, qui regarde le siège de Rome comme le centre d'uuité dans la foi, et le ponlife qui y est assis comme le sucecs- >our de saint Pierre, le vicaire de Jésus- Christ, le chef et le pasteur de toute l'Eglise chrétienne.

A l'article Saint Piekbe, nous avons prouvé sommairement que cet apôtre a été à Rome, qu'il a fondé l'Eglise de cette ville ; qu'il y a souffert le martyre avec saint Paul, l'an 07 de Jésus-Christ ; que, dès le II* siècle, l'usage clail établi d'appeler Y Eglise de Rome, la chaire ou le siège de saint Pierre. Le* preuves de ces fails n'ont pas empêché les protestants de contester aux évoques de Rome le titre de successeurs de suint Pierre: les papes, disent-ils, nTont pas plus de droit à cette succession que les évoques d'Antioc.ho, dint saint Pierre avait fondé et occupé le siéijo avant de venir à Rome.

(> pondant au n« siècle nous voyons saint

Irénée citer aux hérétiques la tradition de YEglise de Rome, la succession de ses évoques qui remonte à saint Pierre cl à saint Paul ; la proéminence de celle Eglise sur les autres, «à laquelle, dit-il, toute l'Eglise, c'est-à-dire les lidèles qui sont de toute part, doivent déférer. » Adv. Ilœr.^ I. m. c. 3. Il lui aurait été aussi aisé de citer l'Eglise d'Anlioche ou celle de Jérusalem, que saint Pierre avait aussi fondées, si elles avaient joui du même privilège. Dans un temps si voisin dos apôtres, on devail mieux savoir qu'au xvi* siècle quelle avaK été leur intention , par conséquent celle de Jésus-Christ. On ne peut pas accuser saint Irénée d'avoir été adulateur des papes : les protestants ont grand soin do faire remarquer la fermeté avec laquelle ce saint martyr résista au pape Victor au sujet de la célébration de la Pâquc. Ils disent que Y Eglise de Rome est devenue la plus considérable de toutes, parce que cette ville clail la capitale de l'Empire. Mais les Pères n'ont point allégué celle raison pour lui attribuer la prééminence ; ils l'ont regardée comme le centre de la foi catholique, parce qu'elle était la chaire ou le siège de saint Pierre , parce que Jésus-Christ avait donné à cet apôtre une supériorité sur ses collègues, et parce qu'il l'avait établi pasteur de lotit sou troupeau. Yoy. Pape. Si celte Eglise n'avait joui d'aucune prééminence sur les autres, il serait difficile de comprendre pourquoi la p'upart dos auteurs ecclésiastiques du u* siècle ont voulu y faire un séjour, et pourquoi les hérétiques, tels que Simon, Valenlin, JMarcion, Cordon, les disciples de Carpocrale, Tatien, Praxéas, elc, étaient si empressés d'y accourir.

Pour en imposer aux ign.iranls, les protestants affectent quelquefois de dire qu'ils sont membres de l'Eglise catholique ou universelle, mais non de Y Eglise romaine , et par V Eglise catholique ils entendent l'assemblage de toutes les sectes chrétiennes, ou qui l'ont profession de croire en Jésus- Christ. Au mot Eglise, § 2, et au mol Catholique, nous avons l'ail voir que celle prétention des protestants est abusive et fausse ; l'unité esl un dos caractères essentiels de la véritable Eglise ; or, celte unité emporte nécessairement la profession d'une même foi, la participation aux mêmes sacrements, la soumission à un même pasteur universel. Elle se trouve en effet entre les différentes Eglises ou sociétés particulières qui composent l'Eglise catholique romaine ; mais il est absurde de supposer de l'unité entre différentes sectes qui s'anathém Misent et s'excommunient les unes les autres, qui se regardent mutuellement comme hérétiques, errantes, et hors de la voie du salut. Celle chimère, forgée par Jurieu , a été solidement réfutée par Bossuel , par Nicole, etc.

Non contents d'abuser des termes , les protestants, par une contradiction grossière, contestent à YEglise romaine l'unilé dans la foi. t* (Quoiqu'elle fasse pro'css'o», disent-

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ils, d'admettre pour règle de foi la parole tle Dieu écrite ou non écrite, c'est -à-dire l'Ecrit are saime et la tradition , il est impossible au «rai île connaître ta doctrine, parce que ses Ibéologiem ne conviennent point cuire eux quel csl le jupe auquel il appartient de fixer le sens de l'Ecriture, et «le déterminer ce qui est ou n'est pas de tradition. Les uns disent que c'est le pape, les autres que. c'est le concile général. 2° Ouoique ces théologiens protestent tous d'adhérer au concile de Trente , cependant les décrets de cette assemblée ne sont pas également respectés ni suivis partout, ei il y a des Etals dans lesquels ils n'ont jamais été solennellement reçus. D'ailleurs des rédacteurs de ces décrets ont affecté d'en rédiger la plupart en termes ambigus, et qui laissent indécises un très-grand nombre de questions : c'est pour cela que les papes ont établi une congrégation pour interpréter la doctrine du concile de Trente. 3* De là il arrive que les différentes écoles agitent entre elles à peu près les mêmes disputes qu'elles avaient auparavant ; et les papes ont été souvent obligés de donner de nouvelles constitutions pour décider ce qui était demeuré douteux , en particulier sur les matières de la grâce et de la prédestination. Mosheim, Ilist ceci., xvi* siècle, sect. 3, \" partie, c. 1, §22. Mais celte objection est réfutée par la conduite même des protestants. Ils connaissent si bien notre doctrine, qu'ils ne cessent de l'attaquer, sans craindre un desaveu de notre paît : lorsqu'ils la déguisent, ils le font malicieusement , et ils nous allèguent le concile de Trente avec une entière confiance qu'il a pleine autorité chez nous. Ce serait plutôt à n tus de nous plaindre de la difficulté qu'il y a de connaître quelle est la doctrine de chaque secte protestante ; quoique toutes fassent profession de recevoir l'Ecriture sainte comme seule règle de foi, chacun de leurs théologiens l'entend à sa manière, et il y a chez elles presque autant d'opinions que de têtes. Il serait fort singulier que la doctrine fût plus •indécise et plus difficile à connaître dans une société qui reconnaît un tribunal pour en décider . que dans une qui n'en admet point. — lull est faux que nos théologiens disputent pour savoir quel est ce tribunal ; tous conviennent qu'un concile . général confirmé par le pape a pleine autorité de fixer le vrai sens de l'Ecriture et de la tradition ; que, quand il a prononcé, tout homme qui ne s'y soumet point est hérétique. Tous conviennent encore que le souverain pontife a droit de porter des jugements en matière de foi ; que quand ils sont confirmés par l'acceptation formelle ou tacite du très-grand nombre des évêques, ils ont la même autorité que les décrets du concile général. S'il y a des théologiens qui en disconviennent, ce sont de faux catholiques, ou plutôt des hérétiques déguisés. La seule question qui reste entre les théologiens est de savoir si avant l'acceptation même, 1rs jugements du pape en matière de.

doctrine sont irréformables ; mais qu'importe cette question pour savoir au vrai quelle est la doctrine de VJ-.'ijlise romain? ! [Voi(. Gallmah; Déclaration m CLcaoé nu FitAv r. DK KJS-2.]— 2 II est encore taux que le concile de Trente ■< ioH | as également respecté et suivi partout en ce qui concerne le dogme ; il n'a pas été besoin d'une acceptation solennelle pour donner force à ses décrets , quiconque y ré>àsle est hérétique. Quant aux règlements de discipline, il y a des étals catholiques qui ne l'ont pas reçu ; mais c'est un trait de mauvaise foi de confonde' le dogme ou la loi, avec la discipline: la première peut être une, quoique la seconde varie. — 3° Parce que ce concile n'a pas voulu | rononcer sur des questions de pure curiosité , sur lesquelles l'Ecriture sainte et la tradition gardent le silence ou ne s'expliquent pas clairement, il ne s'ensuit pas que ses décrets sont conçus en termes ambigus, mais que le concile n'a point voulu porter de jugement sans motif et sans fondement. Ici le reproche des protestants est encore une contradiction. D'un côté, ils accusent l'Eglise catholique de témérité et d'impiété parce qu'elle prétend fixer le sens de l'Ecriture et de la tradition, et faire ainsi des décisions en matière de foi ; de l'autre, ils la blâment de ne vouloir pas décider, lorsqu'elle ne peut appuyer son jugement ni sur l'Ecriture sainte ni sur la tradition. — 4°Quelles que soient la clarté et la sngessede ses décisions, elles ne satisferont jamais les esprits curieux, pointilleux, inquiets et téméraires ; sans cesse ils élèveront de nouveaux doutes , ils forgeront de nouveaux systèmes, ils trouveront de nouvelles manières de tordre le sens de l'Ecriture sainte, et d'obscurcir la tradition : les protestants en ont donné l'exemple, et ils auront toujours des imitateurs. Il sera donc toujours nécessaire de faire de nouvelles décisions pour éclaircir et confirmer celles qui sont déjà faites. C'est ce qui a forcé les souverains pontifes à publier des bulles , et à établir une congrégation pour interpréter les décrets du concile de Trente. Mais ces décisions nouvelles sont dans le fond si conformes aux anciennes, que les protestants ont fait précisément les mêmes reproches contre les unes et les autres. Yoy. Catuol!que, etc. ROSAIRE, pratique de dévotion qui consiste à réciter quinze lois l'oraison dominicale, cl cent cinquante fois la salutation angélique ; ainsi le rosaire est composé de quinze dizaines d'Ace Maria, au lieu que le chapelet ordinaire n'en a que cinq. Son institution a pour objet d'honorer les quinze principaux mystères de la vie de Noire-Seigneur et de sa sainte mère. C'est donc un abrégé de l'Evangile, une espèce d'histoire de la vie, des souffrances, des triomphes de Jésus-Christ, mise à portée des ignorants, et propre à graver dans leur mémoire les vérités du christianisme. On attribue ordinairement l'institution du rosaire à saint Dominique. Dom Luc d'Acherv et dora Mabillon, Prœf. al Acta SS. Ord. Bened., sec

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