‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 59 sur 219 · NATURELLE · texte numérisé non relu

NATURELLE

Le Sabuisme, aussi ap[)e\ésnbéisme,subisme et zabisme , est encore la religion d'un des peuplesorientaux que l'on a nommés sabiens, zabiens, manduïtes, chrétiens de saint Jean, dont on prétend qu'il v a des restes dans la Perse, à Bassora et ailleurs. Il ne faut pas les confondre avec les Sabéens, ou les habitants du royaume de Sabaen Arabie. Nous en avons déjà parlé au mot Ma.noaïtes ; mais il est à propos de voir plus en détail l'incertitude de ce qu'en ont dit les savants modernes, et de répondre à quelques objections que les protestants ont faites contre le cuite des catholiques, eu le comparant à celui des sabiens.

Maimonides , qui a souvent parlé du sibisme dans son More Nevoc/iim , en fait remonter l'origine jusqu'à Seth, fils d'Adam; il dit que celle idolâtrie était généralement répandue du temps de Moïse, que Abraham même l'avait professée avant de sortir de la Chaldée. Il dit que les sabiens croyaient que Dieu est l'âme du monde, qu'ils regardaient les astres comme des dieux inférieurs ou médiateurs, qu'ils avaient du respect pour les hèles à cornes, qu'ils adoraient le démon sous la ligure d'un bouc, qu'ils mangeaient le sang desanimaux, parce qu'ils pensaient que les démons eux-mêmes s'en nourrissaient.

Couséquemmenl il prétend que la plupart îles lois cérémoniclles de Moïse étaient relatives aux usages de ces idolâtres, et avaient pour but d'en préserver les Juifs. Spencer a suivi celte idée et s'est attaché à la prouver dans un grand détail; De Legib. Hebrœor. ritual., I. h. Mais d'autres ont observé que les faits supposés par Maunomdcs ne sont

DlCT. DE TllÉOL. DOSMVnQOTt. IV.

rien moins que prouvés; il n'a consulté que des livres arabes qui sonl très-récents, et. dont l'autorité est fort suspecte, et plusieurs de ces faits paraissent contraires à l'Ecriture sainte. Le cuite des astres est sans doute une des premières espèces de polythéisme et d'idolâtrie; mais nous voyons (Sap. xm , v. 2), que le culte des éléments et des autres parties de la nature n'est pas moins ancien. D'ailleurs la première ido âtne de laquelle l'Ecriture sainte fait mention est celle de Laban [Gen. xxxi, 19). A la vérité, Josué , c. xxiv, v. 2, dit aux Israélites : « Vos Pères ont habité autrefois au delà du fleuve, Tharé, Père d'Abraham, et Nachor, et ils ont servi des dieux étrangers. » Mais ce reproche ne parait pas tomber sur Abraham lui-même.

Envisager Dieu comme l'âme du monde est une erreur trop philosophique pour qu'elle ait pu être populaire du temps de Moïse. Nous sommes persuadés, comme Spencer, que la plupart des los cérémonielles des Hébreux avaient pour but de les détourner des superstitions pratiquées parles idolâtres; mais il ne faut pas pousser trop loin ce principe, ni supposer que chacune de ces lois en particulier est opposée à tel ou tel usage des sabiens , puisque nous retrouvons un grand nombre de ces usages superstitieux chez les Grecs, chez les Romains, et même chez les idolâtres modernes. Moïse connaissait les différentes superstitions des Egyptiens, des lduméens , des Madianites, des Chananéens; il a voulu les bannir toutes sans exception, et nous ne savons pas si telle pratique absurde appartenait à l'un de ces peuples plutôt qu'à l'autre.

Hyde, dans son Histoire de la Religion des anciens Perses, a tâché de prouver que le subi sine était fort différent du polythéisme et de l'idolâtrie; il prétend que Seiu et Elam ont clé les propagateurs de celte religion ; que si dans la suite elle déchut de sa pureté primitive, Abraham la réforma et la soutint contre Nemrod qui l'attaquait; que Zoroaslra

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