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vinl ensuite cl rétablit le culte du vrai Dieu «j un Abraham avait enseigné ; que; le l'eu des anciens Persans était le môme et destine au môme usage que celui qui était conservé dans le temple de Jérusalem, cl qu'enfin ces peuplas ne rendaient au soleil qu'un culle subalterne et subordonné au culte du vrai Dieu . lleliçj. vct. Pers. Ilisloriu, c. i. Malheureusement tous ces faits sont des visions desquelles Ilyde n'a pu avoir aucun garant. L'on est à présent convaincu, par les livres même de Zoroaslre, que loin d'être le restaurateur de la vraie religion, il en a été le corrupteur, qu'il n'est point question (liez lui d'un culle subalterne ni subordonné au culle du vrai Dieu ; nous avons fait voir ailleurs les défauts de sa doctrine. Voy. Pvrsis. On ne peut pas savoir précisément en quel temps le sabisme a commencé.
Prideaux a entrepris de nous en donner une idée encore plus avantageuse que Hyde. Il soutient que l'unité de Dieu et la nécessité d'un médiateur ont clé dans l'origine une croyance générale cl répandue ebez tous les hommes {voy. Réparateur); que l'unité de Dieu se découvre par la lumière naturelle , et que le besoin d'un médiateur en est une suite. Mais les hommes, dit-il , n'ayant pas eu la connaissance, ou ayant oublie ce que la révélation avait appris à Adam des qualités du médiateur, ils en choisirent euxmêmes , ils supposèrent des intelligences résidantes dans les corps célestes , et les prirent pour médiatrices entre Dieu et eux ; ronséquemment ils leur rendirent un cuit". ilist. des Juifs, lrc put., 1. ni, p.ig. liO. Aucune de ces conjectures ne nous paraît jusle. Nous convenons que le dogme de l'unité de Dieu, et celui de la nécessité d'un médiateur, ou plutôt d'un rédempteur, ont été dans l'origine du monde la croyance générale; mais elle venait de la révélation primitive, et non de la lumière naturelle ou rie la philosophie. Dès qu'une fois le souvenir de cette révélation a été effacé (Voy. Médiateur et Réparateur) chez un peuple quelconque , il ne s'est plus trouvé aucun homme à qui l'ancienne croyance soit revenue à l'esprit, le polylh.-isme a pris sa place.
Cetie erreur n'est point venue de ce que les hommes ont senti le besoin d'un médiateur, mais de ce qu'ils ont supposé des esprits ou des intelligences partout où ils ont vu du mouvement, et qu'iis leur ont attribué la distribution desbiens et des maux de ce inonde. Aucune nation polythéiste n'a envisagé ces êtres imaginaires comme îles médiateurs entre un Dieu suprême et les hommes , mais comme des dieux , comme des êtres indépendants et maîtres absolus de certaines parties de la nature. Le culle qu'on leur a rendu n'a donc pu avoir aucun rapport au Dieu suprême : ou celui-ci a été un Dieu inconnu, ou l'on a supposé qu'il ne se mêlait en aucune manière des affaires de ce monde. Voy. Paganisme, § 1, 2, 'i, 5, eic. Enfin , quand toutes les suppositions de Prideaux seraient plus probables, il faudrait encore prouverqne quelques-uns ■le* peuplés
qui ont été appelés sabiens , ont eu dans l'esprit les idées et la Croyance que ce critique leur prête, et il est impossible d'en donner aucune preuve positive. Les auteurs que l'on cite en témoignage sont trop modernes pour que l'on puisse s'en rapporter à eux.
Assémani, dans sa liibliot otient., i. IV. c. 10, tj 5, dit qu'il y a encore des tabtens ou chrétiens de saint Jean dans la Perse etdai s l'Arabie, mais que i < s prétendus chrétier.s sont plutôt des païens : ainsi <n juge Ma racci , qui les appelle fSJDCfto*. Ils ont pris quelques opinions des manichéens, et ils ont emprunte des chrétiens le culle de la croix.
Beausobrc, Ilist. du Mnniclt., t. II, I. n, c. i, § ik, a mieux aimé s'en rapporter à Abulpbarage, auteur syrien du xnr siècle, qui avait lu l'ouvrage d'un auteur sabé'.n du ixc et du x*, en laveur de cette religion. Voici ce qu'il en rapporte : La religion des subéens, dit-il, est la même que celle des Chaldccns. Ils prienl trois fois le jour, en se tournant toujours du côté du pô'e aréique. Ils ont aussi trois jeûnes solennels : le premier commence au mois de mars et dure trente jours, le second en décembre el dure neuf jours, le troisième en février n'en dure que sept. Us invoquent les cloiles, ou plutôt les intelligences qui les animent, et ils leur offrent des sacrifices ; mais ils ne mangent point des victimes, tout est consumé par le feu ; ils s'abstiennent de lait et de plusieurs légumes. Leurs maximes approchent fort de celles des philosophes. Us croient que les âmes des méchants seront tourmentées pendant lieuf mille ans , après quoi Dieu leur fera grâce. Us ne reconnaissent qu'un seul Dieu , el ils en démunirent l'unité par des arguments très-forts ; mais ils ne font aucune dilliculié de donner le litre de dieux aux intelligences des étoiles et des planètes, parce que ce nom n'exprime point l'< ssence divine. A l'égard du vrai Dieu, ils le distinguent par le glorieux titre de Seigneur des seigneurs. Par conséquent Maimonides leur a fait tort, quand il leur a reproché de n'avoir point d'autre Dieu que les étoiles, el de lenir le soleil pour le plus grand des dieux. Us n'honorent les intelligences célestes que comme des dieux dépendants et subalternes, comme des médiateurs sans lesquels on ne peut point avoir d'accès à l'Etre suprême. Us sont les minisires par lesquels Dieu distribue ses bienfaits aux hommes et leur déclare ses volontés. Leur principe est qu'il y a une si grande distance entre le Dieu suprême el des hommes mortels, qu'iis ne peuvent approcher de lui que par la médiation des substances spirituelles cl invisibles. Conséquemmenl h s uns consacrent à celles-ci îles chapelles, les autres des simulacres, dans lesquels ils supposent que réside la vertu de ces intelligences, attirée par la consécration que l'on en a faite. De ;à Ueausobre conclut, à son ordinaire, que si le culte des sabc'ens ou sabiens c>l une rentable idolâtrie , on ne peui pas en disculper certaines communions
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chrétiennes, c'esl -à - liirc les calli<>iiqn s. Déjî nous nvons pleinement réfuté coi to absurde conséquence au mot Paganisme, § -2; mais il faut encore démontrer la fausseté des fa ils sur lesquels on veut Téta ver. Rien <lo plus suspect que les (.'moins que l'on nous allègue. Assémani, Bibl. orient., loin, II, c. 42, nous apprend qu'AbuInharage, quoique patriarche des jacobilcs, était tolérant, trèspbrté par conséquent à excuser toutes les religions; il peut très-bien avoir interprété dans le sens le plus favorable l'auteur sibéen ou sabien, duquel il prétend avoir lu l'ouvrage ; il n'en rapporte pas les propres termes. F.n sec ni lieu, cet auteur qui n'a vécu qu'au ix' ou au x' siècle, ne peut pas nous répondre de ce que pensait le commun des sabiens cinq ou six cents ans auparavant. Cet écrivain , qui vivait au milieu du christianisme, cl qui voulait l'aire l'apologie do sa religion , a pu avoir l'idée d'un Dieu suprême et de dieux secondaires ou médiateurs , d'un culte ahso'u et souverain, et d'un culte relatif et suborJonné; il a cherché à se raporocher des notions et de la croyance des chrétiens par un système philosophique. Mais si l'on veut persuader que le commun des sabiens, secte obscure et très-ignorante, vivant la plupart parmi les païens dans le fond de l'Arabie, ont pensé comme un philosophe syrien . on nous suppose aussi stupides qu'eux. Pendant que les philosophes precs, romains, indiens, chinois, les plus habiles, n'ont point eu cette idée d'un Dieu suprême et de dieux médiateurs , de cuite absolu et de culte relatif, nous fera-l-ou croire que des ignorants perses ou arabes ont eu celte idée claire et distincte, et qu'ils l'ont fidèlement suivie dans la pratique? Nous soutenons qu'elle ne s'est jamais trouvée ailleurs que dans le christianisme, et nous l'avons prouvé au mot Paganisme, § '* et 5. Beausobre lui-même ose prétendre que , parmi les chrétiens, le peuple n'est pas capable de celle précision, que ce sont là des i !ees métaphysiques el trop abstraites pour lui ; et il veut que les sabitns les plus grossiers en aient été capables.
L'essentiel était de prouver que, suivant la croyance des sabiens, les esprits médiateurs qui résident dans les astres sont descré ilures du Dieu souverain , et sont absolument dépendants de lui, qu'ils n'ont d'autre pouvoir que celui d'intercession auprès de lui , qu'il ne leur a point abandonné le gouvernement de ce monde, mais qu'il dispose de tous les événements par sa providence. Voilà les dogmes caractéristiques qui distinguent la vraie religion d avec le polythéisme; Beausobre n'en a pas dit un seul mot. Il pousse l'entêtement jusqu'à dire que, s'il faut choisir entre le culte religieux rendu aux saints, à leurs images, à leurs reliques, à celui que les sabiens et les manichéens ont rendu au soleil el à la lune, ce dernier mérite à tous égards la préférence, Ibid., I. ix, cap. i, § la. Au mol Idolâtrie, nous avons réfuté ce parallèle injurieux ; nous avons fait voir que Beausobre ne l'a soutenu qu'en donnant un
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sens faux à tous les termes , et se contredisant lui-même. Par sa méthode, il justifie, tous les ido'âlres de l'univers, il commence par faire dire à Abulpharage que la religion des sabéens est la même que celle des Chaldéens : or, les Chaldéens étaient certainement polythéistes et idolâtres; nous ne connaissons aucun auteur qui ait cherché à le* décharger de ce crime : comment donc les snbérns ou sabiens ne fétaicnl-ils pas? Mais Beausobre avait entrepris de justifier toutes les fausses religions aux dépens de la vraie , et tous les hérétiques au détriment des catholiques.
Rruker, plus raisonnable , a pensé tout différemment au sujet des sabiens ou sabiens, Hist. crit. Philos., t. 1,1. h, c. 5, § 5. 11 ne voit dans leur religion qu'une idolâtrie et une superstition grossière, et dans leur histoire qu'incertitude et ténèbres. On ignore d'abord si leur nom et venu de l'hébreu Tseba, qui signifie l'armée des cicux ou les astres, dont les sabiens étaient adorateurs ; ou de l'arabe Tsabin, l'Orient ; chacune de ces étymologies a des partisans et des difficultés. D'un côté, les sabiens n'étaient pas plus orientaux que les mages de la Perse; d'autre part, le litre d'adorateurs des astres est. applicable à tous les anciens idolâtres. Gonséquemment Brucker, après avoir consulté tous ceux qui ont parlé de celte secte, juge qu'elle se forma quelque temps avant la naissancedu mahomélisme, par un mélange informede christianisme.de judaïsme, et demagisme; que tout ce que ces sectaires et d'autres ont dit de leur origine et de leur antiquité est absolument fabuleux; que la prétendue relation que l'on a cru voir entre leurs rites et les lois de Moïse est imaginaire. Il ajoute que les divers articles de leur doctrine n'ont ensemble ni liaison ni apparence de raisonnement; et que les livres sur lesquels ils prétendaient les fonder sont absolument faux et supposés. Il rapporte leurs dogmes d'après Sharc->tani, auteur arabe, qui s'accorde en plusieurs choses avec Maimonides. Il dit qu'il y a deux sectes de zabiens, dont les uns honorent les temples ou chapelles, les autres les simulacres, que leur croyance commune est que les hommes ont besoin d'intelligences qui servent de médiatrices entre eux el Dieu, et que ces intelligences résident dans les astres, comme l'âme dans le s corps, qu'ainsi ces médiateurs peuvent être appelés dieux et seigneurs, mais que le Dieu suprême est le Seigneur des seigneurs. Conséquemment les zabiens observent avec grand soin le cours des astres ; ils supposent que ces corps célestes président à tous les phénomènes de la nature et à tous les événements de la vie; ils ont grande confiance aux enchantements , aux caractères magiques, aux talismans. Ceux qui honorent les ido.es ou simulacres des esprits médiateurs, supposent que ceux-ci viennent y résider, et que c'esl là que l'on peut s'approcher d'eux. Brueker y ajoute ce que nous avons rapporté d'après Abulpharage , copié par Bcausobrc.