‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 7 sur 219 · RAB · texte numérisé non relu

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du temps des apôtres. Il a dû savoir que le 73° canon du concile quinisexte ordonne le culte de la croix ; que près de quatre cents ans auparavant l'on célébrait déjà, dans l'Eglise de Jérusalem, l'Invention de la sainte croix sous le titre d'Exaltation. Voy. Croix. Au mot Asile nous avons fait voir que la loi de Boniface V était nécessaire dans ce lemps-là, et qu'elle n'a rien d'infâme. Il en est de même de l'empressement qu'ont eu les papes de faire recevoir partout le Rituel romain ; leur molif a été que l'uniformité dans le culte et dans la discipline est une sauvegarde pour maintenir l'unité de la foi. Celle ambition prétendue avait aussi saisi les Pères du coucile quinisexte , puisque, par leurs canons o58 et 89e, ils exigeaient que l'Eglise romaine changeât son usage de jeûner les samedis de carême, parce que les Grecs ne jeûnaient point ces jours-là.

Au mol Ascension nous avons prouvé que

celte fêle est des temps apostoliques ; elle est célébrée par les Orientaux aussi bien que par les Latins ; il faut que M os h ci m ait élé étrangement distrait lorsqu'il en a rapporté l'institution au vu* siècle.

QU1NQUAGÉSIME; c'est le dimanche avant le mercredi des cendres, et avant le commencement du carême. Comme le dimanche suivant est le premier do la quarantaine, Quadragcsimœ, l'on a nommé celui dont nous parlons le dimanche de la cinquantaine, Quinquagesimœ, et ainsi, en rétrogradant toujours, on a dit la Sexagésims et la Scptuagésime, quoique le nombre des jours ne s'y trouve pas exactement. On appelait aussi autrefois Quinquagésime le dimanche de la Pentecôte, parce que c'est 1<; cinquantième jour après Pâques; mais pour le distinguer du précédent, on le nommait Qainquaqésime pascale. ■

QU1NTIL1ENS. Voy. Montanistes.

RABAN-MAUR , moine de l'abbaye de Fulde, et ensuite arche* êque de Mayence, mourut l'an 856. 11 a laissé un grand nombre d'ouvrages qui ont élé recueillis et imprimés à Cologne en 6 vol. in-fol. Les principaux sont des commentaires sur l'Ecriture sainte, des homélies ou sermons, un martyrologe et des écrits contre Golescalc ; mais ils se sentent de la rudesse du ixe siècle.

RABBIN. Rab, en hébreu , est un docteur ; rabbi et rabboni signifient mon maître. Les disciples de Jésus-Christ lui donnaient ce nom. Comme les docteurs juifs liraient beaucoup de vanité de ce titre, le Sauveur défend à ses disciples de se l'attribuer. Ne prenez point, leur dit-il , le nom de maître; vous n'en avez qu'un seul qui est le Christ \Matth. xxm, 10).

On désigne encore aujourd'hui sous le nom de rabbins les docteurs juifs, soit anciens , soit modernes. Les divers degrés de respect que les juifs ont pour eux les ont partagés en deux sectes, l'une de rabbanistes, qui suivent en aveugles les traditions que leurs docteurs ont rassemblées dans le l'almud et dans leurs commentaires sur l'Ecriture sainte, l'autre de caraïles, qui s'en tiennent au texte seul des livres sacrés. Ceux-ci passent pour les plus sensés, mais ils sont en petit nombre. Voy. Caiiaïtes.

A la réserve des paraphrases thaldaïqucs, dont quelques parties passent pour avoir élé faites avant la venue de Jésus-Christ ou immédiatement après, les juif, n'ont aucun livre de leurs docteurs qui ne soil postérieur de plusieurs siècles à celle époque. Quand ce divin Maître ne nous aurait pas prévenus sur leur attachement opiniâtre à leurs traditions. , quand il n'aurait pas prédit l'aveuglement auquel ils allaient être livrés (Joan. w, 39), os reconnaîtrait encore ce caractère dans leurs ouvrages. Les fables, les puérilités , les erreurs grossières donl iL sont

remplis, dégoûtent et révoltent les lecteurs les plus courageux. Mais comme les juifs y croient aussi fermement qu'à l'Ecriiuro sainte, on lire de ces livres même d;'s arguments personnels , et des preuves contre eux auxquelles ils n'ont rien à répliquer. Quand en leur fait voir que leurs docteurs les plus anciens ont entendu les prophéties dans le même sens que nous , que peuventils nous opposer? C'est ce qu'ont fa il plusieurs auteurs chrétiens , en particulier Raimond Martin, dominicain , dans un ouvrage inlilulé Pugio fidei , et Galalin , qui l'a copié, dans celui qui a pour tilre : de Arcanis calhoticœ veritatis.

RACA, mot syriaque usité dans la Judée du temps de Jésus-Chrisl ; c'était une injure, une expression du plus grand mépris. Nous lisons dans saint Matthieu, chap. v, v. 22 : « Celui qui dira à son frère raca, sera punissable par le conseil ou en justice. » L'interprète grec de saint Matthieu, et la plupart des traducteurs ont conservé le terme syriaque ; le Père Bouhours l'a traduit par homme de peu de sens, mais il signifiait plutôt en style populaire un vaurien.

* RACES HUMAINES. C'est une vérilé incontes. table dans l'Ecrilure, que tous les hommes descend snt d'un même père. Cependant le fait semble contredire celte assertion. Il y a encore plusieurs savants qui admettent la pluralité des races humaines primitives. « Voltaire, dit Mgr Wiseman, est un des premiers à remarquer qu'un aveugle seul peut douter si les blancs, les nègres, les albinos, les lloltentols, les Lapons, les Chinois et les Américains, sont des races entièrement distinctes {a). Desmoulins, dans un essai qui, pour l'honneur de l'Académie des Sciences, lut rejeté par ce corps savant , affirmé l'existence de onze familles indépendantes dans la race humaine (/'). Coi y de Saiiij-Yincent va encore plus loin, et augmente le nombre des familles jusqu'à quinze, qui se subdivisent encore considérablement. Ainsi la fafa) Histoire de Russie sous Pierre le Grand, chap. lrt. {b) Histoire naturelle des nues humaines.

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mille ailaniii|iic , OU Iflf de* endanta d'Adam , constitue feulement la seeonde division de l'espèce arabiq m, (le Vhomo arubicus , tandis que , nous au- 1ns Anglais , nous appartenons à la vririéié leulonique de la race germanique , qui n'est encore que la quatrième fràeii m de la tjeut braccita , ou famille portant culo les , dans l'espèce japhéuqm: , le fcomd japfieticus , qui se divise eu deux classe-. . celle que je viens de citer, et une autre plus élégamment nommée la gens logala, ou famille portant manteau (a).

Virey appartient à la même école , quoique ses ouvrages soient encore plus révoltants par la légèreté et la frivolité avec laquelle il traite les points les plus délicats de la morale et de la religion. Non coulent d'attribuer aux Nègres une origine différente de celle des Européens, il va presque jusqu'à soupçonner une certaine fraternité entre les llouenlois cl les Babouins. Mais sur ce sujel il a encore été surpassé par Lamarck. Cet écrivain prétend indiquer les pas par lesquels la nature procède ou a procédé dans les temps anciens , en faisant sortir graduellement une classe d'êtres d'une autre classe antérieure; de façon que , d'après lui, la nature aurait suivi une chaîne graduée de transformations successives, qai aboutit enfin à l'espèce humaine par des métamorphoses inverses , il est vrai, mais non moins merveilleuses que celles que nous lisons dans l'ancienne fable. » Pour donner une solution du problème, nous avons besoin , \" de faire connaître les différentes espèces de races; 2° d'établir qu'elles peuvent toutes procéder d'un même homme. Mgr Wiseman est copié plus ou moins fidèlement par les théologiens qui traitent de cette matière. Nous le citerons textuellement , alin de donner une idée plus complète des questions que nous essayons de résoudre.

I. Des différentes espèces de races humaines. Arislole, Hippocrate, Hérodote avaient fait plusieurs remarques sur les différentes espèces de races humaines. Ce sérail nous éloigner de notre sujet que de nous ariêler à les examiner. Jusqu'à ces derniers temps < la classification naturelle de l'espèce humaine, dit Mgr Wiseman, basée sur la couleur prédominante dans différentes parties du monde, fui suivie sans beaucoup d'examen , en sorte que l'espèce humaine paraissait divisée comme la terre qu'elle habitait , en trois classes ou zones : les hommes trèsblancs occupant les régions les pies froides, les noirs possédant la zone lorride , et les blonds habitant la région tempérée. Telle est, par exemple, la division adoptée par l'historien arabe Abulpharaj (b). Dans le dernier siècle, cet ordre si simple fut modifié et prit la forme d'un système compliqué , en conséquence de la découverte de plusieurs nuances intermédiaires dans la couleur des nalions, qu'on ne pouvait pas facilement introduire dans celle division ternaire. Leibnilz, Linnée , Buffon, Kant, Hunier, Zimmermann, Meiners, Klùgel et d'autres ont proposé différentes classifications qui , étant basées sur ce même principe aujourd'hui universellemel rejeté, n'ont que peu d'mtéièl cl ne seraient pas faciles à retenir.

Le premier qui proposa une nouvelle base pour cène importante élude lut le gouverneur Pownall; quoiqu'il adoptât la couleur comme le fondement de sa classification , il remarqua pourtant qu'il fallait prendre en considération la forme du crâne dans les diverses familles humaines (c). Mais Camper a le

t'a) Dictionnaire classique d'histoire naturelle, tom. VII f, Paris, 1325, pp. 267 el 2J3.— « L'homme japhélique n'est lui-même qu'une division de la leiotérique ou race aux cuevmx roux, el l'unité d'oriyiue des quinze races est niée. » P. 354.

(b) Hisloria (hjnastiarum, Oxf. 1663, p 3.

(c) New collection (de voyage;), fond., 1767, vol. II, p.

mérite d'avoir le premier imaginé une régie p'mr < imparer les têtes «les différentes nations de manière à obtenir des résultais oréeis el dr arlérisiiq:ies. (.imper a é'é favorisé d'avantages particuliers pour celte entreprise ; car il réunissnii deux teieneei ri

renient cultivé s par le même individu, une coninUsauoe parfaite el pratique de l'art , cl de3 éludes étendues en physiologie ci en anatomie comparée.

Il voyait avec quelle imperfection lel meilleurs artistes qu'il copiait avaient saisi les traits et la forme du nègre , cela l'enga.ea à examiner quelles étaient les parlicu'ar lés essentielles de sa coufi/nraiinri (a). Il étendit ensuite ses recherches aux létes des autres n liions , et il dé ouvrit ou crut déeouvr r un canon ou une règle par laquelle ces lèles pouvaient êire mesurées avec des résultais régu'iers el certains. Cette règle con>iste dans ce qu'il appelle la ligne faciale, el s'applique comme il suit : le crâne est vu de profil , el l'on tire d'abord une ligne , depuis le trou de l'oreille ( mealut auditoriu* ) jusqu'à la base des narines ; puis une seconde , du point le plus proéminent du front , à l'extréuiiié de la mâchoire supérieure , nu point où les dents i>r< rinenl racine (la saillie alvéolaire de l'os maxillaire supérieur). Il est évident qu'un angle se formera par l'intersection de ces deux lignes, et la mesure de cet angle, ou , en d'autres termes , l'inclinaison de la ligne tirée du sourcil à la mâchoire donne ce qu'on appelle la ligue faciale, et forme, dans le système de Camper , le caractère spécifique de chaque famille humaine (b). Par l'inspection des planches, vous concevriez facilement l'application de celte règ:e. Vous y verriez que l'angle facial , dans le singe qui approche le plus de la forme humaine, est d'environ 58°, que, dans le nègre et le Kalmoutk, il est de 70° (fig. 2), et dans l'Européen d~' 80*. Les anciens, qui sans doule s'aperçurent que l'ouverture de l'angle était en proportion avec l'avancement dans l'échelle intellectuelle, dépassèrent la ligne naturelle, et allèrent même, dans leurs œuvres les plus sublimes, jusqu'à donner au Iront une saillie proéminente en surplomb , qui donne à l'angle facial 95 on même 11)0" (c). Blumenbach a nié ce fait très- positivement, en disant que toutes les représentations de Tari ancien qui offrent un angle aussi ouvert sont des copies incorrectes (d). Mais je pense que quiconque examinera les tèies de Jupiter dans le muséum du Vatican, particulièrement le buste de la grande salle circulaire , ou les lêtes plus mutilées des marbres d'Elgin, sera convaincu que Camper est exact sur ce point.

Blumenbach a fait des objections plus sérieuses contre ce système de mesure : il observe que Camper lui-même admel beaucoup de vague en fixant l'origine de ses lignes ; mais il objecte surtout que celle manière de mesurer est complètement inapplicable à ces races ou familles dont le trait le plus caracié^ ristique consiste dans la largeur du crâne , bien plutôt que dans la projection de sa partie supérieure (e).

(/est à ce physiologiste si pénétrant el si laborieux que nous devons le système de classification suivi presque universellement aujourd'hui , el les principes qui le dirigent; son muséum contient la collection la p!us complète qui existe de crânes appartenant aux membres de presque tous les peuples

(a) Dissertation physique de M. P.erre Camper sur les ditlérences réelles que présentent les traits du visaga cdoz les hommes de dilléreuls pays, eic. Llrecht, 1791, p. 3.

(b) Ibid., p. 55.

(c) Voyez la 2* planche de Camper, pp. 42 et aS. C'est dans l'art grec que Ton trouve le plus yrand de ces dmx angles.

(d) Spécimen Itisloriœ naluralis antiqua?. arlis opérions illustrais. Gotiing., 180S, p 15.

(c) De generis humani varieialc naliva. G-oll., 1795, p.

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du globe. CNttu content des résultats que lui a fournis Feur étude, il a recueilli dans chaque branche do l'histoire naturelle el dans chaque partie de I» littérature , tout ce qui peut jeter quelque lumière sur Pliisloire de la race humaine , et rendre compte de ses variétés. Ses ouvrages sont pur le l'ait un magasin où tous doivent puiser , el les plus volumineux ouvrages qui ont paru depuis, sur celle science, n'ont guè'e fait et ne pouvaient l'aire plus que de conliriner par des preuves nouvelles ce qu'il avait déjà prouve.

La classification de Ulnmenbach est déterminée en premier lieu par la forme du crâne . et secondement par la couleur des cheveux , de la peau et de l'iris.

Il peut vous sembler d'abord qu'il est nécessaire de connaître l'anatomie ou la construction du crâne pour Lien comprendre «on système ; il n'en est pourtant pas ainsi ; car un petit nombre d'observations, avec une planche devant vous , vous donnera toute la science dont vous avez besoin pour cela. Vous n'avez qu'à remarquer les particularités suivantes. La tète ou le crâne, quand on regarde d'en haut , présente une forme plus ou moins ovale , doucement arrondie en arrière , mais rugueuse et moins régulière en avant, à cause des os de la face. Si nous les examinons, nous verrons qu'ils se projettent à différents degrés et peuvent être divisés en trois portions : premiéiemenl, le front qui peut être plus ou moins déprimé ; secondement, les os du nez , et au-dessous ceux des mâchoires avec leurs dénis. 11 faut remarquer aussi la manière dont l'os molaire ou de la pommette s'adapte avec le temporal ou l'os des oreille-, par le moyeu d'une arcade appelle zygomalique, formée de manière à ce que de forts muscles i uissenl passer par-dessous e» se fixer à la mâchoire inférieure.

Or, la règle de Dlumenbarli consiste précisément à voir le cià;e comme je l'ai décrit, et à remarquer les particularités sur lesquelles j\ii insisté. Il le place dans sa position naturelle sur une table, puis il regarde d'en h;iul et d'aplomb. Les formes relatives et les proportions des parties ainsi visibles lui donnent ce qu'il appelle la règle verticale ou norma verticalis. En suivant celle règle, il divise la race humaine loul entière en trois familles principales, a\ec deux autres familles intermédiaires. Des trois grandes divisions il appelle la première Caucasienne, ou centrale ; la seconde Ethiopienne, el la troisième ilomjole ; ces deux dernières sont les deux variétés extrêmes. Ln examinant les planches faites d'après ses ouvrages, vous reconnaîtrez à l'instant leurs différences caractéristiques. Dans la famille caucasienne, ou, comme d'autres l'ont appelée, la variété cirrassienne, la forme générale du crâne est plus symétrique, et les arcades zygomaiiques rentrent dans la ligne générale du contour, et les os des joues el des n àchoires sont entièrement cachés par la plus grande proéminence du front. Les deux autres familles s'écartent de ce type dans des directions opposées : le crâne du nègie est plus long et plus étroit ; celui du Mongol c-t d'une excessive largeur. Dans le crâne du nègre, vous remarquerez la compression latérale très-prononcée de la partie antérieure du crâne, compression telle que les arcades zygomaiiques, quoique trcs-aplalies elles-mêmes, font cependant une forte saillie au delà ; el vous observerez que la partie inférieure du visage se projette tellement au delà de la partie supérieure, que non-seulement les os des joues, mais la totalité des mâchoires et même les dents, sont visibles d'en haut. La surface générale du crâne est aussi remarquablement allongée el comprimée.

Le crâne mongol se dislingue par la largeur extraordinaire de la fîce, dans laquelle l'arcade zyg'im .itique est complètement détachée de la circonférence générale; non pas tant, comme dans le nègre, a cause de la dépression du front, que par

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