SAB SA H
Encore une fois, pour savoir si les tabien» loi, fui effectivement condamné à morl ri et les autres sectaires qui honoraient les as- lapide- par t «- peuple; [Num. xv, 32 ). Celte 1res étaient ou n'étaient p;is polythéistes et sévérité ne doit point nous étonner, parce Idolâtres, le point décisif est de savoir s'ils que la célébration du sabbat en mémoire de regardaient les esprits qu'ils supposaient la création était une profession de foi trèsloges dans les corps célestes comme des énergique du dogme d'un seul Dieu tri .1 étrel créés, absolument dépendants d'un leur, et un préservatif contre le polythéisme. f»eul Dieu, qui n'avaient point d'autre pou- Un autre motif «le celle institution était voir que celui que Dieu daignait leur accor- d'accorder du repos non-seulement aux ouder, ni d'autre privilège que d'intercéder au- vriers el aux esclaves, mais encore aux aniirès de lui ; si par conséquent Dieu régit maux; Dieu s'en est expliqué formellement l'univers par sa providence, dispose du sort dans la loi ( Deut. v, li et 15); c'était donc des hommes et de tous les événements de une leçon d'humanité aussi bien qu'une prace monde par lui-même, sans en abandon- tique de religion. C'était enfin un moyen de ner le soin à de prétendus lieutenants ou rappeler à la mémoire des Israélites la mamédialcurs. Voy. Anges, Providence. Or, il nière dure dont ils avaient été traités en est constant que chez les Orientaux aucune Egypte, et le bienfait que Dieu leur avait secte ni aucune école de philosophes n'a accordé en les tirant de cet esclavage (Ibid.). jamais admis la création ; toutes ont supposé Un des principaux reproches que Dieu fait que les esprits inférieurs à Dieu sont sortis aux Juifs par ses prophète! est d'avoir \io!é de lui , non par un acte libre de sa volon- la loi du sabbat, et il déclare que c'est un té, mais par une émanation nécessaire el des désordres pour lesquels il les a punis coéternclle à Dieu. D'où il suit que Dieu n'a par la captivité de Babjlone (Jerein. xtn, ^1 pas élé le maître d'étendre ou île borner leur el 23 ; Ezech., xx, 13 el suiv.). Aussi, après pouvoir comme il lui a plu, qu'ils le possè- le retour de celte captivité, celte loi fut obdenl parla nécessité de leur nature, qu'ils servée par les Juifs avec la plus grande risonl par conséquent indépendants de Dieu, gueur (// EsJr. xi, 31, et xm, 15). Nous Voy. Emanation. Toutes ont cru que Dieu voyons môme, dans les livres des Machaosl l'âme du monde, mais que ce n'est pas bées, un exemple de respect pour le sabbit lui qui le gouverne; que, plongé dans un poussé à l'excès. Des Juifs qui fuyaient la éternel repos, il n'a ni prévoyance, ni pro- persécution d'Anliochus, retirés dans le dévidence ; que tout esl à la discrétion des es- sert, se laissèrent égorger par les troupes de prits émanés de lui. De là il suit qu'il serait ce roi sans vouloir se defen're, parce qu'on absurde de lui adresser aucun culte, que les les attaquait un jour de sabbat ( / Machnb. hommages, les offrandes, l'encens, les sat ri- n, 3V) ; d'autres, plus sages, reconnurent fices, doivent être réservés pour les esprits que cette loi n'interdisait pas la défense de ou dieux populaires. Voilà les principes sur soi-même (Ibid., il).
lesquels ont été bâties toutes les fausses re- Du temps de Jésus-Christ, les docteurs ligions anciennes, aussi bien que toute l'i- juifs poussaient aussi jusqu'au scrupule et dolâlrie moderne. Tant que l'on ne daignera à une tigidité excessi\e l'observation du pas les saisir, ni entrer dans cette question, sabbat; plus d'une fois ils lui reprochèrent et que l'on voudra parler de polythéisme et de guérir les malades el d'opérer des mirad'idolâtrie, on ne fera que battre l'air el dé- des ces jours-là. Le Sauveur n'eut pas de raisonner. peine à confondre leur hypocrisie ; il leur
SABBAT, mot hébreu qui signifie cessa- représenta que Dieu n'interrompt pas, les lion ou repus ; c'était chez les Juifs le sep- jours de sabbat, le gouvernement du monde, lième jour de la semaine, pendant lequel ils et que son Fils devait l'imiter (Joan. v, 16 et s'abslenaient de toule espèce de travail, en suiv.) ; que les prêtres exerçaient ces joursmémoire de ce que Dieu, après avoir créé là leur ministère dans le temple comme les le monde en six jours, se reposa le sep- autres jours, sans é;re pour cela coupables : lième. que les Juifs mêmes ne se faisaient aucun
Comme il esl dit dans la Genèse, c. il, v. 2, scrupule pendant le sabbat de soigner leur
que Dieu bénit ce jour et le sanctifia, quel- bétail, ni de le retirer d'un fossé dans lequel
ques ailleurs juifs et quelques Pères de il serait tombé ; que le sabbat et lit fait pour
l'Eglise ont pensé que, dès le moment de la l'homme, et non l'homme pour le sabbat;
création, Dieu avail institué le repos du sep- qu'il était donc permis pendant ce repos de
lième jour; mais comme d'aulre pari il n'y faire du bien aux hommes, et qu'enfin, en
i\ point de preuve dans l'Ecriture que ce qualité de Fils de Dieu, il élail seigneur el
jour ait élé chômé ou fêlé par les palriar- maître du sabbat (Matih. su, 1 et suiv.). ches avant Moïse, il paraît que les paroles Les auteurs profanes, qui ont voulu parler
«le la Genèse signifient seulement que Dieu, de l'origine et des motifs du sabbat des Juifs,
dès la création, désigna ce jour, pour que n'ont faitque montrer combien ils étaient i eu
dans la suile il fût célébré el sanctifié par instruits de ce qui concernait celte nalion.
son peuple. En effet , dans le Décalogue, Tacite a cru qu'ils chômaient le sabbat eu
Dieu en fit aux Israélites un précepte for- l'honneur de Saturne, à qui le samedi était
mol, et ordonna le repos dans ce jour sous consacré par les païens , ou par uu molif
peine de morl (Exod. xx, 8; xxxi, 13, etc.). d'oisiveté, Hist., 1. v. Plularque, Sympos.,
Pendant qu'ils étaient dans le désert, un I. îv, prétend qu'ils le célébraient à Phnn-
homme, qui avait publiquement violé celle neur de Bacclïus, parce que ce dieu est sur-