SAB
SAli
pommé Subios, et que dans ses fêtes on criait Stiboi : Appion le grammairien soutenait que les Juifs observaient ce jour en mémoire «le ce qu'en Egypte ils avaient été guéris d'une maladie honteuse, nommée en égyptien sabboni ; enfin Perse et Pétrone reprochent aux Juifs «Je jeûner le jour du sabbat; or, il est certain qu'ils ne l'ont jamais fait, et que cela leur était défendu.
Au lieu du samedi les chrétiens fêlent le dimanche, en mémoire de la résurrection de Jésus-Christ , parce que ce grand miracle est une des preuves les plus éclatantes de la vérité et de la divinité de la religion chrétienne. Celle raison n'est pas moins importante que celles qui avaient donné lieu à l'institution du sabbat pour les Juifs. Voy. Dimanche. Peu nous importe de savoir comment ceux-ci observent aujourd'hui la loi du repos ; on sait qu'ils le font pour le moins aussi rigoureusement que du temps de Jésus-Chrisl, el qu'ils onl conservé l'usage de h1 commencer au coucher du soleil pour le linir le lendemain à pareille heure.
Le mol sabbat se prend encore en d'autres sens d.ins l'Ecriture sainte ; il désigne, 1" le repos éternel ou la félicité du ciel (Hebr. iv, 9j;2' pour toutes espèces de fêles [Levit. xix, 3 et 30). .< Gardez mes sabbats, » c'està-dire les fêtes de Pâques, île la Pentecôte, des Tabernacles, etc. Il signiûe aussi la semaine : Jejuno bis in sabbalo, Luc, c. x, 12, je jeûne deux fois la semaine. Vna sabiati, Joan., c. xx, v. 1, est le premier jour de la semaine. Dans saint Luc, c. vi , v. 1, il est parle d'un sabbat second premier, in sabbato secundo primo; celle expression parait d'abord fort extraordinaire. Mais on «luit observer que ScursponpÔTS/so-j est mis dans le grec de saint Luc pour kivrtpinpwzv» ; il signifie un sabbat qui en précéda un autre ; en effet, dans le v. 6, saint Luc parle du second sabbat, dans lequel Jésus-Christ opéra un miracle.
SABBAT AIRES, SABBATARIENS.ou SAB- BATHIENS. L'on a désigné sous ces noms différents sectaires. 1° Des juifs mal convertis, qui, dans le 1er siècle de l'Eglise, étaient opiniâtrement attachés à la célébration du sabbat ei aulies observances de la loi judaïque, lis furent aussi nommés masbothéens. Voy. ce mol. 2 Une secte du ive siècle, formée par un certain Sabbalhius, qui voulut introduire la même erreur parmi les novaliens, el qui soutenait que l'on devait célébrer la pâque avec les juifs le quatorzième de la lune de mars, On prétend que ces visionnaires avaient la manie de ne vouloir point se servir de leur main droite ; ce qui leur fit donner le nom û'àfwrrpol, sinistres ou gauchers. 3' Une branche d'anabaplistes, qui observent le sabbat comme les juifs, et qui prétendent qu'il n'a été aboli par aucune lui dans le Nouveau Testament. Ils blâment la guerre, les lois politiques, les fonctions de juge et de magistrat; ils disent qu'il ne faut adresser des prières qu'à Dieu le Père , et non au Fils el an Saint-Esprit.
SABBATIQUE. L'observation de l'année
sabbatique, ou de l'anfiée du repos des terres, est un des usa.es les plus remarquables des Juifs. Dieu leur avait ordonné de laisser à chaque septième année leurs lerres sans culture, et, pour les dédommager , il leur avait promis qu'à chaque sixième année la terre leur produirait une triple récolle (Exod. xxmi, 10; Levit., xxv, 3 el 20) ; s'ils y manquaient, il les avait menacés de les transporter dans une terre étrangère, de ruiner et de désoler leur pays, de faire, ainsi reposer leurs lerres malgré eux (xxvi, 34). Celle promesse fui fidèlement exécutée, du moins sous le gouvernement des juges et jusqu'au règne de Saùl, et depuis le retour de la captivité de Babylone jusqu'à l'avéncment de Jésus-Christ.
En effet, Josèphe, Antiq. Jud., 1. xi, c. 8, rapporteque Alexandre étant à Jérusalem, le grand prêtre Jaddus lui demanda pnur toute giâce de laisser les Juifs vivre suivant leur loi, et de les exempter de tribut à la septième année, ce qui leur fut accordé. Les Samaritains firent de même, parce qu'ils observaient aussi Tannée sabbatique. 11 est dit dans le premier livre des Machabées, c. vi, v. 49, qu'Antiochus Eupator ayant lenu assiégée pendant longtemps la ville de Bethsara dans la Judée, les habitants fuient forcés de se rendre à lui par la disette des vivres, à cause que c'était Tannée du repos de la terre. Josèphe nous apprend encore, I. xiv, c. 17, que Jules César imposa aux habitants de Jérusalem un tribut qui devait être payé tous les ans, excepté l'année sabbatique, parce que l'on ne semait el l'on ne recueillait rien pendant celle année. Il ajoute, c. xxvi.i, que, pendant le siège de Jérusalem fait par Hérode el par Sosius, les habitants furent réduits à la plus grande disette de vivres, parce que l'on était dans Tannée sabbatique. Tacite, llist., I. v, c. 1, atteste aussi le repos de la septième année observé par les Juifs; mais comme il ignorait la raison de cet usage, il l'allribue à leur amour pour l'oisiveté. Le fait est donc incontestable. Or, il aurait été impossible aux Juifs d'observer les années sabbatiques, si Dieu n'avait pas exécuté la promesse de leur accorder une li i pie récolle à la sixième année. On objectera sans doule que Dieu n'était pas fidèle à sa parole, puisqu'il y avait disette de vivres pendant l'année sabbatique, et que les Juifs étaient hors d'élat de payer des tributs pour lors. Mais il faut faire attention qu'en promettant pour chaque sixième année une récolle suffisante pour faire subsister les Juifs pendant trois ans, Dieu n'avait pas promis de la rendre assez abondante pour supporter encore des tributs pendant ce temps-là. Ce peuple m; commença par porter le joug d'un tribut «jue sous Alexandre, sous ses successeurs et sous les Romains. D'ailleurs, dans les temps desquels Josèphe a parlé, la Judée était remplie d'étrangers , surtout de militaires, el Ton sait à quel point le pillage des armées répandait la disette dans les provinces exposées à ce lléau.
Quant à la menace de punir l'inobscrva-
lion de l'année tabbatiqu't l'auteur des Paralipomènes, I. il, <■. 3f>, v. 21, nous t'ait observer <iue 'es soixante-dix ans de la captivité (tes Juifs a llahyloue lurent un oh;* i i — ment de leur négligence sur ce point, et que pendant tout ce lemps-là les terres de la Judée jouirent du subbat ou du repos que ses habitants ne lui avaient pas accordé. Aussi, au retour de celle captivité, les Juifs, en promettant solennellement d'observer tous les préceptes d<> la loi du Seigneur, y comprirent formellement celui qui regardait l'année sabba ique, Nihem., c. x, v. 31. En 17(52, le savant Michaélis a fait une dissertation sur ce sujet. Il observe, 1" que Dieu n'avait promis une récolle double ou triple à la sixième .innée, que sous condition que les Juifs seraient fidèles à ses lois (Levit., xxv, 18 et 10) ; qu'ainsi on ne pouvait pas compter absolument sur cette abondance extraordinaire ; 2" que depuis le règne de Saùl, les Juifs négligèrent l'observation de celte loi, et qu'ils en furent punis, comme nous venons de le remarquer; 3' que cette loi était très-sage. En premier lieu elle forçait chaque laboureur de réserver loules les années une partie de sa récolte sans la vendre, afin d'avoir de quoi subsister la septième année : précaution plus efficace pour prévenir la famine que des greniers publics 1< s mieux fournis. En second lieu, celte précaution nécessaire empochait les usuriers de profiter de la cherté des grains pendant l'année sabbatique. En troisième lieu, pendant cette anuée les peuples voisins de la Judée avaient 1 s liberté d'y amener pailre leurs troupeaux, et il en résultait un engrais pour les terres en jachères. En qialiième lieu, c'était une année de chasse et de gibier pour les Juifs. Indépendamment de ces observations judicieuses, la punition des Juifs à Dabylune, pendant soixante-dix ans, par proportion au nombre des années sabbatiques qu'ils avaient violées, est une preuve incontestable de l'esprit prophétique de Moïse et de la divini é de sa mission.
Ainsi les soixante-dix ans de la captivité de Uab^lone avaient un double rapport, le premier aux soixante-dix semaines d'années, ou aux quatre cent quatre-vingt dix ans pendant lesquels les années sabbatiques n'avaient pas clé observées; le second, aux qualreceiit quatre-vingt-dix ans qui devaient s écouler depuis le rétablissement de Jérusalem jusqu'à l'arrivée du Messie : double calcul très-remarquable. J'o.y. Dvmki..
SABELLIENS , hérétiques du nic siècle , sectateurs de Sabeilius* Celui-ci était né a Ptolcinaïdc ou It.irce , ville de la Lib\e cyienaïque; il y répandit ses erreurs vers l'au2U0. Il enseignait qu'il n'y a en Dieu qu'une seule personne qui est le Père, duquel le Fils et le Saint-Esprit sont des attributs , des émanations ou des opérations , et non des personnes subsistantes. Dieu le Père, disaient les sabelliens , est comme la substance du soleil, le Fils en esl la lumière, et le Saint- Espril la chaleur. De cette substance c-l émané le Verbe comme un rayon dnii, cl
IU
il s'est uni a Jisos-i brisl pour o| érer l'ouvrage de noire rédemption ; il esl ensuite remoilé BU Père, «"mine un ravon à M source, cl la chaleur divine «lu Père, lODl le
nom du s aml-J&spr t , a été communiquée
aux ;i poires. Ill usaient encore d'une autre comparaison non moins grossière , en disant que la première personne esl dans la Divinité comme le corps esl dans l'homme , que la Seconde en est l'Ame , que la troisième en esl l'e»prit. De là il s'ensuivrait évidemment que leêua-Cbriel n'ett pore! une personne divine , mais une personne humaine ; q l'il nVsl ni Dieu , ni Fils de Dieu dans le vrai sens des termes, mais seulement dans un sens abusif, parce que la lumière du Père lui a élé communiqué»' cl a demeuré en lui. Si donc S -bellius voulait admettre une incarnation , il était obligé de dire que c'était Dieu le Père qui s'étail incarné, qui avait souffert el qui étail mort pour nous sauver. Conséquemmen),'es Pères de l'Eglise qui ont écrit contre Sabellins . l'ont mis au rang des p alripassicni avec Praxéas el les néoliens. Pour soutenir son erreur , Sabellius abusait des passages de l'Ecriture sainte qui enseigne a t l'unité de Dieu , surtout de ces paroles de Jésus-Christ, mon Père el moi sommes une même chose. Il fut réfuté avec beaucoup de force par saint Denis, patriarche d'Alexandrie , et ensuite par d'autres Pères de l'Eglise. Celle hérés-e fil néanmoins des progrès non-seulement dans la Cyrénaïque où elle était née, mais encore dans l'Asie Mineure, dans la Mésopotamie el même à Rome ; saint Epiphane, fiœr. 1*2 ou £■>. Au ive siècle elle fui renouvelée par PhoMn , et c'est encore aujourd'hui la d ctrine des sociniens.
lieausobre, apologiste décidé de tous les hérétiques el de toutes les erreurs , a excusé les sabelliens : Quoique leur doctrine, dit-il , soit évidemment contraire à lT.ci ilure sainte, et qu'elle ait été justement condamnée, il faut pourtant convenir que l'origine en fut innocente , puisqu'elle venait de la cravate de multiplier la divinité et de ramener le polj iheisme , et il le prouve par divers témoignages- Ainsi ce critique charitable n'a pas pu manquer d'excuser aussi les sociniens , qui protestent qu'ils agissent par le même molif que les sabelliens , el qui se servenl à peu près des mêmes arguments pour attaquer les mystères de la Trinité et de l'Incarnation. Toute hérésie, selon lui, esl pardonnable, quoique évidemment contraire à l'Ecriture sainte, dès que l'on peut l'allribuer à un molif innocent et même religieux. Mais il ne juge pas de même des erreurs prétendues qu'il attribue aux Pères de l'Eglise et aux catholiques ; celles-ci ne méi ileul poinl de gr jee , sans doute parce qu'on ne peut les attribuer à aucun motif innocent ni religieux. Voilà ce que Beausobre appelle une impartialité que l'équité demande ; elle est plus propre, dit-il, à ramener les hérétiques que des jugements leméraircs hasardès contre eux sans preuve , et dont l'injustice les levollc. lus!, du Munich. , 1. m, c. vt,