‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 63 sur 219 · SAO · texte numérisé non relu

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§ S. On sait si l'impa rtialité de Beausobre a déjà opéré des conversions parmi les sociniens, les quakers, les anabaptistes, etc. 1! soutient que les Pères ont eu tort de mettre les subelliens au nombre des patripassiens. I, 'erreur sabcllienne, dit-il, consistait à anéantir la personnalité du Verbe et du Sainl- K ■. p r i t ; dans ce système , la Trinité n'est autre chose que la nature divine considérée sous les trois idées de substance , de pensée et de volonté ou d'aclion. C'est le pur judaïsme , comme le dit fort bien saint Basile. Suivant cette même doctrine, Jésus-Christ est Fils de Dieu, parce qu'il a été conçu du Saint-Esprit ; que le Verbe ou la sagesse de Dieu, atlribiil inséparable du Père, a déployé sa vertu dans Jésus, lui a révélé les vérités qu'il devait enseigner aux. hommes, et lui a donné le pouvoir de faire des miracles. Ainsi l'union du Verbe divin avec la personne de Jésus n'est point une union substantielle , mais de vertu seulement. L'incarnation n'a été qu'une opération de la Divinité , une effusion <ie la sagesse et de la vertu divine dans l'âme de Jé-us-Christ. Dans ce système , il est impossible de dire que Deu le Père, une personne divine, ou la Divinité, a souffert en Jésus-Christ. Eu quel sens peut-on appeler les sabclliens , patripassiens , eux qui soutenaient que la Divinité est impassible ?

Ce reproche l'ait par Beausobre aux Pères de l'Eglise porte sur trois suppositions fausses : la première , que les hérétiques ont été sincères dans leur langage; la seconde, qu'ils ont raisonné conséquemment et qu'ils ne sont pas contredits ; la troisième , que leurs disciples ont été fidèles à conserver les mémos sentiments et les mêmes expressions : voilà ce qui n'est jamais arrivé à aucune secte, pas plus aux sabelliens qu'aux autres. — 1° Si le Verbe divin n'est pas une personne, mais seulement un attribut ou une opération «lu Père , peut-on , sans abuser frauduleusement de tous les termes , dire du Verbe ce qu'en dit saint Jean : que le Verbe était en D eu, qu'il était Dieu, qu'il a fait toutes choses , qu'il est la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde, qu'il était dans le monde , qu'il est venu parmi les Siens, (pu 'il a été fait chair, qu'il a habité en nous , etc. ; ou ce que dit saint Paul , que IHtu était en Jésus-Christ se réconciliant le monde, etc. ? 11 fallait cependant que Sabel- Ji us dit tout cela , ou qu'il renonçât au dois de chrétien : s'il le disait, on ne pouvait entei.dre que du Père tout ce qui est attribué au Verbe , puisque le Père est la seule personne divine ou le seul principe d'aclion , suivant son système. On était donc forcé de dire qu- le Père s'est incarné , qu'il a souff • r t , qu'il est mort, etc., comme on le dit du Verbe. — 2'Théodorel, [Jœret. fab., \b. u, c. 9, noUsapprend que Sabellius, considérant Dieu comme faisant te décret éternel de s mver le> hommes , le regardait comme Père ; lorsque ce même Dieu s'incarnait , naissait, souffrait , mou rail , il l'appelait Fils; lorsqu'il reiirisàgeuil comme sancliGaul les

hommes, il le nommait Suiut-Fsprit. 11 est à présumer que Théodoret avait lu les ouvrages de Sabellius ou ceux de ses disciples : de quel droit récuscra-t-on son témoignage? Voilà toujours le Père qui est censé faire et souffrir tout ce que Jésus-Christ a fait et souffert. — 3° Supposons que Sabellius ni ses partisans ne l'ont pas dit, la question est de savoir ce que les Pères ont entendu par le nom de patripassiens; s'ils ont voulu désigner par là des hérétiques qui ont enseigné formellement et en propres termes que Dieu le Père a souffert , ces saints docteurs pourraient avoir tort ; peut-être aucun hérétique n'a-t-il affirmé distinctement celle proposition ; mais s'ils ont seulement entendu par ce mot , des hérétiques , de la doctrine desquels il s'ensuit clairement et nécessairement que Dieu le Père a souffert , qui a droit de les blâmer ?

Beausobre reprend encore Origène d'avoir dit que les sabelliens confondent la notion de Père et de Fils, qu'ils regardent le Père et le Fils comme une seule hyposlase, Comment, in Matlh., ton). XVil, n. \k. Il fallait dire, continue ce critique, qu'ils regardent le Père et le Verbe, et non le Fils , comme une seule. hyposta->e; les sabelliens n'ont jamais donné au Verbe le nom de Fils, puisqu'ils le regardaient comme un attribut ou une propriété de la nature divine. Mais ils ont donné à Jésus-Christ le titre de Fils de Dieu, dans ce sens que la sagesse de Dieu résidait en lui. Dans ce cas les sabelliens doivent encore réformer le langage de saint Jean , qui dit : « Le Verbe s'est fait chair et il a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire comme celle de Fils unique du Père. » Voilà le Verbe nommé très-clairement Fils de Dieu. Est-il bien sûr que les sabelliens n'ont jamais affecté de parler de même? A la vérité ils se seraient contredits; mais, encore une fois, il n'y a aucun hérétique à qui cela ne soit arrivé. Bien d'ailleurs n'empêche d'entendre ainsi la phrase d'Origène. Ces hérétiques confondent la notion de Père et de Fils , puisqu'ils font une seule et même personno du Père et du Verbet<\uc nous nommons Fils de Dieu d'après l'Ecriture sainte. Quant à ceux que Beausobre accuse d'avoir dit que les sabelliens se figuraient un Dieu Père de lui-même , et Fils de lui même , 'xiàizxrr.p , ils se réduisent au seul Arius, hérésiarque aussi entêté que Sabellius. Déjà nous avons eu lieu pus d'une fois de prouver à Beausobre que ses apologies des hérétiques sont aussi absurd. s que ses calomnies contre les Pères sont injustes. Aussi a-t-il été réfuté par Mosheim , flistor. Christian., sœculo ni, n. 33. Celui-ci a prouvé que Sabellius envisageait le Verbe et le Saint-Esprit comme deux émanations ou deux portions de la divinité du Père ; qu'ainsi la portion qui a été unie à Jésus-Christ a véritablement souffert avec lui , d'où il conclut que l'on a tort de repren dre les Pères qui ont mis cet hérétique au nombre des patripassiens, et que saint tëpipbane a très-bien expose son erreur. V oy. Noétieiss, KaàKÉEiNS | Pai k.i'assu'.ys.

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SAC. Le mot, qui csl ta même eu hébreu

que dans les autres langues, signifie la même < hose. Ou ire l'acception ordinaire, il exprime un babil simple et grossier , un cilice ; c'c-t un signe et un instrument de pénitence. Ce n'était point l'usage des anciens de s'en couvrir tout le corps , mais de les mettre autour des reins ( fsai. x\ , 2 ; Judith , iv , 8). Ou le prenait dans les moment-, de deuil, d'à fil i et ion, de calamité publique, de pénitence (77 lier/. ni, :il ; 77/ lte<j. xx, 32 ;£«//». iv, 1). On y ajoutait l'action de >-e couvrir la lêle de cendre ou de poussière. Lorsque l'affliction était passée , on témoignait sa joie en déchirant le sac que l'on avait autour des reins , on se lavait, et on se frottait d'huile parfumée. Voy. Cendres.

SACCÔ.HOKKS ou PORTEURS DE SAC.

Plusieurs hérétiques ont été appelés de ce nom, comme les apostoliques ou apotactiques , les erteratites, les manichéens. Voy. ces mots. Ils se révélaient de sacs pour avoir un air pénitent cl morlilié, et souvent sous cet habit ils cacha ienl une conduite Irès-déréglée. L'Eglise , qui connaissait leur hypocrisie , n'hésita jamais de condamner ce vain appareil de mortification auquel le peuple ne se laisse prendre que trop aisément.

SACHETS. Les frères sachets, nommés aussi frères de la pénitence el frères aux sacs, à «ause de la forme de leur habit grossier , de leur vie pauvreet morlifiée, étaient une congrégation de religieux auguslins , différente de celle des ermites. On ignore l'origine de cet ordre qui ne temonte pas au delà du xine siècle. Ils avaient un monastère à Saragosse en Espagne , du temps d'Innocent 111 , et la direction des béguines de Valenciennes ; ce qui les fit nommer frères béguins. Ils étaient lorl austères , ils s'abstenaient de viande et lie vin. A la recommandation de la reine Rianche , saint Louis en fil venir d'Italie ; il les établit à Paris, à Poitiers, à Caen et ailleurs. Mais leur extrême pauvreté, le petit nombre de ceux qui se vouaient à ce genre de vie, le décret du concile de Lyon qui supprima les ordres mendiants , à la réserve de quatre, firent tomber insensiblement l'ordre des frères sachets. 11 y a eu aussi des religieuses sachetles qui imitaient la vie des frères de la pénitence : elles avaient une maison à Paris, près de Sainl-André-des-Arts, et elles ont laissé leur nom à la rue des Sachetles. Hist. de l'Eyl. Gallic, I. xxxiv, t. XII, an. 1272.

i SACERDOCE. Voy. Prêtre et Prêtrise.

SAC1ENS , nom donné aux anthropomorphiles. Voy. ce mol.

SACRAMENTAIRE, ancien livre d'Eglise dans lequel sont renfermées les prières el les cérémonies de la liturgie ou de la messe et «le l'administration des sacrements. C est tout à la fois un pontifical, un rituel, un missel, dans lequel néanmoins on ne trouve ni les inlroïLs, ni les graduels, ni les épîlres , ni les évangiles , ni les offertoires , ni les communions , mais seulement les collectes ou oraisons , les préfaces , le canon , les secrètes et les postcommuuioiis , les prières cl les céré-

monies des ordinations . et un nombre de bénédictions; ce que les Crées nomment un Eucologe.

Le premier qui ait rédigé un Sacrfunentûin csl le pape Célase , mort l'an W6 ; c'est du moins le plus ancien qui soit parvenu jusqu'à nous. Saint (irégoire. , postérieur d'un siècle à Célase , retoucha ce Sacrantentaire , en retrancha plusieurs choses , m changea quelques-unes; il y ajouta peu de paru es. Mais ni l'un ni l'autre n'ont été les auteurs du fond «le la liturgie; avant eux elle se conservait par tradition , et ou a toujours cru qu'elle \ eliait des apôtres. Le Père Lebrun , Explic. des Cerém. de ta Messe, t. III , p. 137 et su v ., a prouvé ce fait essentiel ; au moi Grégorien-, nous avons extrait sommairement ce qu'il eu a dit.

Si les critiques protestants qui oui tant déclamé contre la messe et contre les autres prières de l'Eglise , qui les ont regardées comme des superstitions et des momerîes de nouvelle invention, avaient été mieux instruits , ils auraient vu que l'Eglise calh ilique ne fait rien aujourd'hui que ce qu'elle a l'ait dès les premiers siècles ; que , dans lous les temps , elle a fait profession de suivre et d'imiter ce qu'ont Lit Jésus-Christ et les apôtres. Voy. Liturgie.

Sacramentaires. Les théologiens catholiques ont donné quelquefois ce nom à lous les héréliques qui ont enseigné des erreurs touchant la sainte eucharistie, qui oui nie ou la présence réelledeJesus-Clirisldanscesacrcmeut , ou la transsubstantiation, par conséquent aux disciples de Luther ausM bien qu'à ceux de Calvin. .Mais les luthériens euxmêmes , qui admettent la présence réelle, oui nommé sacramentaires les sectateurs de Carlosladl , de Zwingle el de Calvin , qui rejettenl la présence reell?, et qui soutiennent que l'eucharistie n'est que la figure , le signe , le symbole du corps et du sang de Jésus-Christ ; que dans la communion on reçoit ce corps el ce sang non réelb ment , mais spirituellement el par la fui. Voy. Eucharistie.

Cinq ans seulement après que Lulher eut commencé à prêcher , Carlosladt répandit cette doctrine à Wirtemberg, el il y trouva des partisans. Lulher ne serait pas venu à bout d'arrëler les progrès de (elle erreur, s'il n'avait fait chasser Carlosladl , par l'électeur de S ixe ; telle fut la principale cause de leur rupture. Peu d'années après, d'aulres novateurs prêchèrent la même chose dans d'aulres villes, en particulier à Goslard ; après plusieurs disputes et plusieurs conférences , la contestation finit de même par l'exil de ceux qui s'écartaient des opinions de Lulher. Mosheim , dans ses dissertations sur 1' 'Histoire ecclésiastique , tom. I, p. 627, en a place une touchant cel événement , où l'un voit qu'il était uniquement question desavoir quel seus on doil donner à ces paroles Je Jésus-Christ : Ceci est mon corps.

Mais puisque, selon le sentiment des protestants, l'Ecriture sainte est la seule règle de noire loi , nous voudrions savoir pour-

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quoi les adversaires do Luther avaient moins de droit d'entendre les paroles de Jésus-Christ, dans un sens figuré, qu'il n'ou avait lui-même de les prendre dans le sens littéral pf grammatical ? pourquoi il n'était pas permis aux. calholiques de les entendre comme on les a toujours entendues depuis les apôtres. Il est évident que la doctrine de Luther ne s'est conservée parmi ses sectateurs que par les lois que plusieurs souverains ont portées contre les sacramentairrs , et même par les peines alfiietives qu'on leur a faii subir ; ce sont ces lois et non l'Ecriture sainte qui ont décidé chez eux de la croyance des peuples. On ne peut assez admirer la stupidité du commun des luthériens qui se sont ainsi laissé conduire par l'autorité civile en fait de religion, après que l'on avait commencé par leur promettre la liberté entière de conscience, et la faculté de se décider eux-mêmes louchant le vrai sens de l'Ecriture sainte. On voudrait savoir encore en quoi les articles de foi, réglés par des prédicanls et appuyés par l'autorité des souverains, ont été plus dignes de respect et de soumission que les décrets des pasteurs de l'Eglise catholique, assembles au concile de Trente. Enfin, l'on ne conçoit pas comment les erreurs des sacramenlaires,des anabaptistes, des sociniens, sorties des principes de la prétendue réforme, sous les yeux mêmes de ses fondateurs, ne leur ont pas fait sentir la fausseté de ces principes, et comment ils ont pu s'y obstiner jusqu'à la mort.

SACHE, SACRÉ. Il paraît que, dans l'origine, on a nommé sacré ce qui était tiré de l'usage commun, mis à part ou en réserve, pour être offert à Dieu et destinée son culte ; que telle est l'elymologie du latin sucer, et du grec Upô;; ainsi Deo sacrum est la même chose que sanclum Domino, destiné ou réservé pour Dieu. De là est venu le double sens du mot sucer, qui signifie aussi exécrable, dévoué, destiné, réservé à la mort. On profane une chose sacrée, quand on la fait rentrer dans l'usage commun , ou qu'on la traite avec aussi peu de respect que les choses communes. On a sacr^ les rois, les prêtres, les prophètes : dès ce moment ils ont été censés lires de l'ordre des simples particuliers, et en quelque façon mis à part pour remplir des fonctions qui leur étaient propres. Dans le même sens on a consacré des lieux, des instruments, des choses d'usage, pour les faire servir au culte du Seigneur. On distingue le sacre ou la consécration d'avec une bénédiction, en ce que celleci ne tire pas absolument la chose bénite du rang ou de l'usage des choses communes.

La coutume de sacrer les rois, en les oignant d'huile sainte, a commencé chez les Hébreux ; Saul et David furent sacrés par le prophète Samuei, Salomon par le grand prêtre. Quelques auteurs ont cru qu'aucun prime chrétien n'avait été sacré avant Justin II, empereur de Conslantinople, parvenu au trône l'an ''AÏ6 ; mais d'autres nous apprennent que I hcodose le Jeune fui couronné,

par conséquent sacré, l'an VOS, par le patriarche Proclus. Note» du P. Ménard sur le Sacrum, de suint Grégoire, p. 307. Cet usage fut imité par les rois des Golhs et de France. Clovis fut sucré par saint Rémi. Voy. Onction. Plusieurs incrédules ont blâmé celte cérémonie, comme si elle était établie pour persuader aux rois qu'ils sont des hommes divins, d'une nature supérieure à celle des autres hommes, qu'ils ne tiennent rien de leurs sujets, et qu'ils ne leur doivent rien. Si l'on veut se donner la peine de lire l'es prières et les exhortations que fait à on roi l'évêque qui le sacre, on verra si cette cérémonie n'est pas la leçon la plus énergique pour lui faire connaître tous ses devoirs, et si, lorsqu'il lui arrive de les oublier, c'est la faute de l'Eglise. Ménard, ibid.

Quelques écrivains ont été scandalisés de ce que l'on appelle les empereurs d'Allemagne et les rois d'Angleterre sacrée majesté; ils ont regardé ce litre comme un blasphème. Ils ont oublié sans doute que, dans l'Ecriture sainte, les rois en général sont nommés les oints du Seigneur, et que Dieu n'a pas dédaigné d'appeler Cyrus, prince infidèle, son oint, son christ, son messie, c'est-à-dire un personnage qu'il avait destiné à être célèbre et à délivrer le peuple juif de sa captivité.

Les anciens regardaient comme sacrés non-seulement les temples des dieux , mais les tombeaux des morts, et les lieux sur lesquels le tonnerre était tombé. Lorsque les protestants ont décidé en général qu'il est absurde de regarder un lieu comme plus saint et plus sacré qu'un autre, c'est comme s'ils avaient dit qu'il est absurde de respecter un lieu plus qu'un autre, et d'avoir plus d'égards pour l'appartement d'un roi que pour une étable d'animaux. Ils ne soutiennent celte maxime, quoique contraire au sens commun, que pour pallier les profanations horribles dont leurs pères se sont rendus coupables, en voulant abolir le culte catholique ; au mot Consécration, nous avons répondu aux reproches insensés que les incrédules ont empruntés d'eux.

SACREMENT (t). Par l'elymologie que

(l) Canons et doctrines sur les sacrements.

Si quelqu'un dil que les sacrements de la nouvelle loi n'ont pas été tous institués par Noire-Seigneur Jésus-Christ, ou qu'il y en a plus ou moins de sept, savoir le baptême, 1 1 confirmation, l'eucharistie, la pénitence, l'extrême -onction, l'ordre et le mariage; ou que quelqu'un de ces sept n'est pas proprement et véritablement un sacrement, qu'il soit anatlièine. Conc. de Trente, 7e sess. des sac, c. 1 — Si quelqu'un dit que les sacrements de la nouvelle loi ne sont différents de ceux de la loi ancienne, qu'en ce que les cérémonies et les pratiques extérieures sont diverses, qu'il soit analhème. C. 2. — Si quelqu'un dit que les sepi sacrements sont tellement égaux entre eux, qu'il n'y en a aucun plus digne que l'autre en quelque manière que ce soit, qu'il soit analhème. C. 5. — Si quelqu'un dit que les sacrements de la nouvelle loi ne sont pas nécessaires au salut, mais qu'ils sont superflus, et que sans eux ou sans le désir de les recevoir, les hommes peuvent obtenir de I) eu, par la seule loi, la grâce de la justification, bien qu'il soit

ESI su:

nous venons de donner du mol sacié , il <••>{ évident que sacrement signifie ni« seulement le signe (Patte chose sacrée, mais l'action par laquelle une chose Ml rendue sacrée. Aussi les Uomains appelaient sacraimnlam le serment par lequel un citoyen s'engageait et se dévouait a la milice, la profession même de soldai, l'argent consigné par un plaideur, et qui était acquis au lise s'il perdailson procès, etc. Mais ce mot a changé de signification chez les traducteurs latins de l'Hcrilure sainte : ils ont rendu par s'icramenlum les termes hébreux el grecs qui signifient secret, mystère , chose cachée ; conséquemmenl l'on entend par sacrement le signe sensible d'un effet intérieur et spirituel que Dieu opère dans nos Ames. Nous «vous à en examiner : 1° l'usage, '2- le nombre, 3" l'essence, k" l'effet, 5° l'instituteur, 0° le ministre, 7° les conséquences.

§ I. Saint Augu< lin, lib. xix, contra Faust., c. iv, observe Irès-bien que les hommes ne peuvent être réunis dans la profession d'une religion vraie ou fausse que par le secours de signes visibles ou de symboles mystérieux qui font impression sur nous, rt que l'on ne peut mépriser sans être sacrilège. En effet,

vrai que tous ne sont pas nécessaires à chaque particulier, qu'il suit anàthème. C. -i. — Si quelqu'un ilil que les sacrements n'ont été insli nés que pour entretenir seulement la loi , qu'il soit anathéine. <:. 5. — Si quelqu'un dit que les sacrements ne conlienneni pas la grâce qu'ils signifient, ou qu'ils ne coulèrent pas celte grâce à ceux qui n'y mettent point obstacle, comme s'ils étaient seulement des signes extérieurs de la justice ou de lagiâce qui a été reçue par la foi, ou de simples marques de distinction de la religion chrétienne, par ^quelles on reconnaît dans le monde les fidèles d'avec les infidèles, qu'il soit anaihème. C. 6. — Si quelqu'un dit que la jjrâce, quant à ce qui est de la part de Dieu, n'est pas donnée toujours el à tous par les sacrements, encore qu'ils soient reçus avec mules les conditions requises, m.iis (pie cette grâce n'est donnée que quelquefois et à quelques-uns, qu'il soit iinatlièine. C. 7. — Si quelqu'un dit (pie par les mêmes sacrements la grâce n'est pas conléiée par la vertu et la force qu'ils contiennent, mais ipic la seule loi aux promesses de Dieu suffit pour dbfélîir la grâce, qu'il soit ânalliéme. <>. H. — Si quelqu'un dit que par les trois sacrements <!u baptême, de la conlinnation et de l'ordre, il ne s'imprime point dans l'âme un caractère, c'esi-à- «Jhe, une certaine marque spirituelle et ineffaçable, dVù vient que ces sacremen s ne peuvent être réitérés, qu'il soit anallième. C, 9. — Si quelqu'un dit que tous les chrétiens ont 1 autorité et le pouvoir d'annoncer la parole de Dieu et d'administrer les sacrements, qu'il sou anallième. C. 10. — Si quelqu'un dit que l'intention, au moins celle de faire ce que I Eglise fait, n'est pas requise dans les ministres des sacrements , lorsqu'ils les font el les contèrent, qu'il soit anallième. C. il. — Si quelqu'un dit que le ministre des sacrements, qui se trouve en péché mortel, quoique d'ailleurs il observe toutes les choses essentielles qui regardent la confection «m la collation des sacrements, qu'il soit anallième. 0. il. — Si quelqu'un dit que les cérémonies reçues et approuvées dans l'Eglise catholique, et qui sont en usage dans l'administration solennelle des sacrements, peuvent cire sans péché ou méprisées, ou omises, selon qu'il plaît aux minisires, ou eue changées en d'autres nouvelles par tout pasteur, quel qu'il soil, qu'il soit auathèuie. C. 13.

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comment exprimer les sentiments intérieur! de notre âme dans lesquels consiste la religion, sinon par des gesfa i et Éei cérémoni s

extérieure ? et de quelle ,i u Ire m. i mère pourrait-on donner une idée de ce que Dieu daigne opérer eu nous pour noire sanchlicalion ? « La chair, dit Terlullien, est l.iv M par le baptême , afin que lame sot purifiée ; elle reçoit une onction , pour que l'àme soil consacrée à Dieu ; on lui imprime le sceau di? la croix, afin que l'âme ait une défense centre ses ennemis ; on lui impose les ma us peur que l'âme reçoive les lumières du Salai-Esprit. C'est le corps qui participe au corps el au sang de Jésus- Ch' isl , afin que l'âme soil divinement nourrie. « Ainsi *'expriment par des signes sensible"» les choses mêmes qui ne lo.nhent point sous nos sens. Mais cette nouvelle signification du mut satfenteni n'a pas fait disparaître l'ancienne, puisqu'il n'est aucun des signes sensib'es par lesquels Dieu répan I ses dons et ses grâces dans nos âmes, qui ne soil un nouveau lien par lequel Dieu nous attache à lui cl nous consacre à son service.

11 y a donc eu des sacrements dans les différentes époques de la vraie religion : l'on peut placer dans ce rang les sacrifices et les offrandes des palriai cli'S, l'imposition que Jacob fit de ses mains sur la télé des deux fils de Joseph, par laquelle il les adopta et leur annonça leur destinée future {Gen. xlvui, IV); les bénédictions que donnaient ces anciens justes à leurs enfants, lorsqu'ils les unissaient par le mariage. Celte cérémonie, dont nous voyons un exemple dans le livre de Tobie, c. vu, v. 15, n'était point une nouvelle institution, puisqu'il n'en c-l pis parlé dans la loi de .Moïse. Ajoutons les purifications dont on usait avant d'offrir un sacrifice (Gen. x\xv, 2, etc. . Tous ces symboles, aussi anciens que le monde, furent profanés par les idolâtres, qui les employèrent au tulle de leurs faux dieux. Le Seigneur inslitua de nouveaux sacrements pour les Juifs, comme la circoncision, la consécration des pontifes , le repas de l'agneau pascal, les purifications les expialions , etc. Il fallait donc qu'il y en eût aussi dans la loi nouvelle, cl Jésus-Christ n'a pas manqué d'y pourvoir. Dans celle tro.isiècne époque de la vraie religion, les théologiens définissent un sacrement, le signe sensible d'une grâce spirituelle, institué par Jésus-Christ pour la sanctification de nos âmes. Cette délinilion, quoique Irèe-jusle, n'exprime cependant pas tous les effets ni toutes les fins des sacrements ; nous le verrons ci-après.

§ 11. Les proies la ois n'admettent que deux sacrements de la loi nouvelle ; savoir, le baptême el la cène. Les catholiques soutiennent qu'il y en a sept ; savoir, le baptême, la coufirmatiou , l'eucharistie, la pénitence, l'ex- Irëme-unclion, l'ordre et le mariage. Ainsi l'a déclaré le concile de Treille, sess. 7, lrr can. Nous parlons de chacun en particulier, et nous prouvons qu'il n'en est aucun qui n'ait tout ce qui constitue un sacrement. Les protestants avaient avancé que les

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<i:ocs et les ouvres sectes de chréli ms orientaux n'admettent comme eux que deux sacrements ; mais le contraire a été prouvé jusqu'à li démonstration dans le cinquième tome de la Perpétuité de la foi ; on y a fait voir que toutes ces set I -s sans exception Admettent sept sacrements aussi bien que r Eglise romaine. Au lieu du ternie de sacrement qui est latin , elles se servent du mot (\cmi/st'rr. qui esléqui valent ; elles nomment le baptême le bain sacré ou la régénération ; la confirmation, le myron ou \ec'iréme; l'eurharistie, Yobtation; la pénitence, le canon ; l'extrême - onction , Voncti n (les malades; l'ordre, la consécration des évéyues ou des prêtres; le mariage, le couronnement des épouses; et elles attribuent à toutes ces cérémonies les mêmes effets que nous.

§ III. Depuis longtemps les scolastiques se sont accoutumés à envisager le sacrement comme une espère de co nposé moral , qui renferme une action sensible et des paroles : Accedit verbumad elementum, dit saint Augustin, et fît sarramen'um. Tract. 80, in Joan., n.âtlâ concile de Florence a répété celte maxime. L'action sensible est envisagée comnii' la matière du sacrement, et les paroles comme la forme, parce qu'elles déterminent le sens de l'action. A la vérité cette distinction ne remonte pas plus liant parmi nous qu'au xii' siècle; c'est Guillaume d'Auxerrc qui la proposa le premier ; elle est cependant utile pour une plus grande précision dans la théologie. Elle n'est pas connue des chrétiens orientaux, quoiqu'elle ail été adoptée par quelques théologiens grecs. Ils pensent tous qu'il n'importe pas que la forme des sacrements soit conçue en termes indicatifs, déclaratifs ou déprécalifs ; que les prières qui accompagnent l'action sacramentelle en sont une partie essentielle, qu'ainsi on peut les appeler la forme du sacrement ; l'Fglise latine n'a pas condamné ce sentiment ; eiie ne rejette point comme nuls les sacrements ainsi administrés par les Orientaux. Il y a un savant traité 5ttr les paroles des sept Sacrements , fait par le P. Merlin, jésuite, dans lequel il prouve que dès l'Origine les formes en ont été fixes, invariables, courtes, ai é<'s à retenir, gardées sous le secret, communiquées seulement aïix prêtres de \ive voix el par tradition. Elles ont toujours indiqué l'effet du sacrement, et à la réserve de l'exIréme-o'Miion, il n'y a point de preuve certaine qu'elles aient été quelquefois conçues eu termes déprécalifs ou par manière de prière. O.i les nommait répondant quelquefois invocaiiones perfectives, parce que le minisire du sacrement n'agit point en son mon, mais au nom de Jésus-Christ. Mais aueiin des Pères de l'Eglise n'a exprimédislinclemcnl ces formules, et on ne les trouve dans aucun sacramentaire , à cause de la loi ou do i usage qui les a fait garder sous le secret jusqu'au xiic siècle. Alors seulement I on a distingué expressément et formellement les sept sacrements, el l'on en a clairement (I signé la matière el la forme; les [nulestanls en ont conclu lies mal à propos

qu'on ne les connaissait pas auparavant. Les formes usitées dans l'Fglise grecque ne sont pas conçues précisément en mêmes termes que celles dont se sert l'Eglise latine, mais le sens en est le même ; on les a confrontées à l'égard des sept sacrements.

§ IV. Il y a une dispute non moins sérieuse entre les hétérodoxes et nous, louchant l'effet des sacrements. Les sociniens enseignent que ce sont de simples cérémonies qui ne. servent tout au plus qu'à unir extérieurement les fidèles, à les distinguer des juifset des païens. Les protestants n'en oui pa« une. idée beaucoup plus avantageuse , en disant que ce sont des cérémonies instituées par Jesus-Christ pour sceller et confirmer les promesses de la grâce, pour soutenir notre loi, et pour nous exciler à la piété. Nous soutenons contre eux que les sacrements produisent en nous la grâce sanctifiante et la rémission des péchés, lorsque nous les recevons avec les dispositions nécessaires, el que c'est pour opérer cet effet que Jésus-Christ les a institués. C'est encore la décision du concile de Trente, sess. 7, can. 6, où il dit anathème à ceux qui enseignent « que les sacrements de la loi nouvelle ne contiennent point la grâce qu'ils signifient, et qu'ils no la donnent point à ceux qui les reçoivent, lors même que ceux-ci n'y mettent point obstacle ; que ce soûl seulement des signes exièrieurs de la grâce ou de la justice que l'on reçoil par la foi, ou une simple profession de la foi chrétienne par laquelle les fidèles sont distingués d'avec les infidèles. « Suivant les protestants, c'est la foi du fidèle, et non le sacrement, qui est la vraie cause de la grâce et de la sanctification ; le sacrement n'est qu'une condition et un signe extérieur de ce qui se fait par la foi ; c'est ce que tes théologiens scolastiques appellent produire la grâce ex opère operantis; suivant les catholiques , au contraire, c'est le sacrement qui, en vertu de l'institution de Jésus-Christ, et en nous appliquant ses mérites, produit la grâce, el en est la cause immédiate; la foi, la confiance, la piété du fidèle, sont seulement une condition nécessaire sans laquelle le sacrement ne produirait pas son effet ; c'est ce que les théologiens appellent produire la grâce ex opère operalo. Nous verrons de quelle manière les protestants ont travesti cette doctrine, afin de la rendre ridicule el odieuse ; mais il fjut commencer par la prouver.

Jésus-Christ déclare (Joan. m, 5\ que si quelqu'un n'est pas régénéré par l'eau el le Saint-Esprit, il ne peut pas entrer dans le royaume de Dieu ; suivant ces paroles, l'effet du baptême est une régénération et non simplement un moyen d'exciter la foi, de confirmer les promesses de Dieu, de réveiller en nous la piété. Saint Paul en parle de même ; il appelle le baptême le bain delà régénération et du renouvellement du Saint-Esprit ( / Tim. m, 5). Lorsque cet apAire fut converti, Ananie lui dit : * Recevez le baptême, et lavez vus péchés » (Acl. xxn, l(i). Il est dil, c. vin, v, 17. que l'imposition

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