‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 66 sur 219 · I.a terre dans ses cavités p-ofondes , el les flammes du · texte numérisé non relu

I.a terre dans ses cavités p-ofondes , el les flammes du

feu sacré.

< Comme tout était vénal à Cartilage, les parents vendaient leurs enfants pour cet usage barbare. Toutefois le marché se concluait secrè'emenl, parce que la politique avait posé en maxime que les enfants des familles illustres étaient seuls agiéables aux di eux.

« Quand Gélon, tyran de Syracuse, et Théron, souverain d'Agrigenie, remportèrent en Sicile nue victoire signalée sur les Carthaginois, pendant le combat, le général carthaginois, Mamilcar, fit précipiter dans le feu une foule innombrable de victimes humaines, depuis le lever de l'aurore jusqu'à la nuit; car telle fui l'a durée de cette bataille qui décidait la question de l'indépendance de la Sicile. Lorsqu'elle fut terminée, Mamilcar ne se trouva ni parmi les prisonniers ni parmi les morts. Les Carthaginois prétendirent qu'à la (in il s'était jeté lui-même dans le feu, comme victime expiatoire (Hérod. VU, 1 (i6-67). Pour condition de la paix qu'accorda Gélon, ce héros généreux exigea qu'ils ne sacrifiassent désormais aucun enfant à Saturne. Agalboclès, tyran de Syracuse, après les avoir complètement, défaits en Afrique, s'avançant sous les murs de Garthage, ils résolurent d'apaiser les dieux, et sacrifièrent à Saturne deux cents des enfants les plus distingués de la ville (Diod.t XX).

« Us avaient coutume, dit un auteur romain, d'immoler des hommes en temps de peste, d'apporter aux autels des enfants dont l'âge aurait ému de compassion même des ennemis, croyant se concilier la laveur des dieux par le sang des êtres pour la conservation desquels on leur adresse ordinairement les plus ferventes prières (a).

« Scythes. — Gaulois. — Germains. Les Scythes sacrifiaient toujours la centième partie de leurs prisonniers de guerre au dieu des batailles. Tous les ans, avec du bois desséché et en quantité suffisante pour remplir cent cinquante chariots, ils élevaient nue sorte de pile, au sommet de laquelle éiaitdressé un anLique cimeterre, emblème du dieu. Us l'arrosaient du sang des malheureux qui gisaient audessous, et qu'on avait égorgés au-dessus d'un vase, de manière à ce qu'il reçut leur sang. Ils détachaient de leur corps l'épaule droite et les deux mains, et les lançaient en l'air. Partout où tombaient ces membres ils lestaient étendus ; il en était de même du cada-

(tt) Coin inlercanera mala etiam peste laborarenl, cruenla sanoruin religi ne el scelere, pro remedio usi suai. Quippe humilies , et victinias immolabanl; et impubères (quai seias e iani hnsilam miserirurdiam provocal) aris admuvebant, pacem deoruin sanguine eorum exposcemes , pro quorum vit» dii rog iri maxime st U nt ! lusiin, stvni, ^).

ne qui demeurait à h place ofi il {llérod., IV, (

« Les Celtes qui, à l'e\> de la Grèce et de

l'Italie, habitaient toute 1'Karope, immolaient des victimes humaines. « Ceux qui <ç trouvent danf reusemenl malades, ► dit César en parlant des Gaulois (Cti'sar, de Leïlo (jaU., IV. 10), « offrent ou promènent des sacrifices humains, el les druides leur prêtent leur ministère. > ll< croyai ml en eff t qu'en ne pouvait adoucir les dieux, qu'on ne pouvait racheter la vie d'un homme, qu'en offrant celle d'un autie en échange. Ces sacrifices, consommés pai l'entremise des druides, étaient réglés d'une manié e publique el légale : lorsque les coupables man |uaien', en allait jusqu'à faire périr des innocents. Quelquefois on enfermait des h tnmcs dans des espèi ■ d \ Statues colossales, lissues d'osier, auxquelles ou niella l le feu, el les malheureux p frissa eut d ms les flammes. Ces sacrifices se maintinrent dans les Gaules, comme partout ailleurs, jusqu'à l'époque où I i christianisme prit m lié solide. Car nulle

part ils ne disparurent tout à fait sans l'intervention de la religion chrétienne; nulle pari, non plus, ils ne subsistèrent eu sa présence.

< Au nord de l'Europe, après le laps de neuf moi-, on apaisait les dieux en leur offrant, durant neuf jours, neuf sacrifices d'hommes cl d'animaux par jour; si, pourtant, des circonstances extraordinaires ne commandaient pas plus t :i l'immolation de victimes humaines.

« En Suède et en Norxvége, ces victimes se reproduisaient également. D'ordinaire, on les étendait sur une pierre énorme; on les étouffait ou on les mettait en pièces. Quelquefois encore on laissait couler leur sang : plus il jaillissait avec impétuosité, plus le présage était favorable (Mailet, Introduction à l'Histoire de Danemark).

< Tacite rapporie des Germains (a) : t lisse réunissent pour honorer la déesse llerth, c'est-à-dire la terre, mère commune. Ils s'imaginent que cette divinité vient, de temps en temps, prendre part aux affaires des hommes, ei se promener de couirée en contre. Dans une ile de l'Océan est un bois qui lui serl de temple. On y garde sou char : c'est une voilure couverte, que le prêtre seul a droit de toucher. Dès qu'il reconnaît que la déesse est entrée dans ce sanctuaire mobile, il y attèle des génisses cl le suit en grande cérémonie. L'allégresse publique éclate de toutes parts. Ce ne soni que fête* et réjouissances dans les lieux où la déesse daigne passer ou séjourner. Les guerres sont suspendues ; on cesse les hostilités, chacun resserre ses armes; partout règne une paix profonde, que l'on ne connaît, que l'on n'aime que dans ces jours privilégiés. Enfin lorsque la déesse a suffisamment demeuré parmi les mortels, le prélie la reconduit au b >is sacré. On lave ensuite, dans un lac écarté, le char, les étoffes qui le couvraient, et la déesse elle-même, à ce qu'on prétend. Aussitôt le lac engloutit les esclaves employés à cette fonction; ce qui pénètre les esprits d'une frayeur religieuse cl réprime toute profane curiosité s;;i- un mystère que l'on ne peut connaître, sans qu'il en co.ile la vie à l'instant [b). > Le même historien rapporte encore des Germains : « Mercure (Odm, Wodau) est le dieu le plus homué. \ eei tains jours on lui saciifie des hommes. > Les Normands en France offraient également, au dieu Tbor, des victimes humaines. > [Djmonsl. Kvang., cdil. Migue )

(«) Tac, de Mur. Germ., 10, Ira !. de. l'abbé de la Bletleiie, edil. de Kroullé.

(/)) I aiït , de More Germ , ' 1 Bletlcri •, i lit île Ki lutté.

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U chasse, de la poche, de la garde des Irnu peaux, ont l'ait l'offrande de la chair i!cs animaux ; ceux qui ont poussé la brutalité jusq'ua manger de la chair humaine, ont cru que ce serait un présent agréable à leurs dieux, parce que c'était un mets recherché. — 2° Les fureurs de la vengeance. Parmi les nations sauvages les guerres sont cruelles, la vengeance esl toujours atroce, et toutes sont habituellement ennemies les unes des aulres. Un ennemi fait prisonnier est tourmenté avec une barbarie qui fait horreur, mangé ensuite en cérémonie; les relations dos voyageurs sont remplies de ces scènes horribles. Ces peuples sanguinaires se sont persuadés que les ennemis de leur nation étaient aussi les ennemis de leurs dieux, que ceux-ci en verraient le sang couler sur les autels avec autant de plaisir qu'ils en avaient eux-mêmes à le répandre. Un jour de massacre est une fête pour eux; il faut donc que la Divinité y préside. Les mots latins hostia et victima ont signifié dans l'origine un ennemi vaincu, par conséquent dévoué à la mort; l'hébreu zebach et le grec 0-j-ix, désignent seulement ce qui est tué. — 3" L'abus d'un principe vrai duquel on a tiré une fausse conséquence. On a pensé que celui qui a offensé la Divinité mérite la mort, aussi bien que celui qui trouble la société par ses crimes. Comme on ôlait 1 1 vie aux criminels pour venger la société, on s'est persuadé que leur supplice pouvait aussi apaiser les dieux lorsqu'ils sont irrités. Puisque les calamités publiques étaient censées un effet de la colère des dieux, on a imaginé qu'en mettant à mort un coupable et en le chargeant, par des prières et par des imprécations, des iniquités du peuple, on apaiserait le ciel irrité. Le mot tupplicium, qui signifie tout à la fois la punition d'un criminel et une prière publique, semble témoigner que l'un ne se faisait pas sans l'autre ; qu'ainsi dans l'origine l'on ne sacrifiait que des coupables. Mais de cette usage une fois établi, il a été aisé d'en venir à celui d'immoler aussi des innocents, du moins des étrangers, dès qu'on les regardait tous comme des ennemis et des objets d'aversion. — ï' Le dogme de l'immortalité de l'âme mal conçu et mal envisagé. Ceux qui ont pensé que les hommes après la mort avaient encore les mêmes besoins, les mêmes inclinations, les mêmes passions que pendant la vie, ont imaginé qu'il fallait immoler à leurs mânes les ennemis qui les avaient tués, les épouses qu'ils avaient aimées, les esclaves qui les avaient servis, afin qu'ils pussent jouir dans l'autre monde des mêmes plaisirs cl des mêmes avantagée qu'ils avaient eus sur la teire. Par la même raison l'on enterrait souvent avec eux les armes, les instruments des arts, les mêmes ornements dont ils avaient usé pendant leur vie. On coeçoit toutes les conséquences qui ont dûrésullerde toutes ces causes différentes suivant les divers génies des peu [des, e! quelle quantité de meurtres elles oui dû pro luiredans l'univers. Par les leçons de la révéla-ion primitive,

Dieu avait voulu prévenir toutes les erreurs et tons les abus, il y a lieu de penser qu'avant le déluge les hommes ne vivaient que des fruits de la terre et du laii des troupeaux (Gen. 1, 21); v, 3 et ï). Lorsque, après le déluge, Dieu permet à Noé et à ses enfants de se nourrir de la cliair des a ni maux, il leur défend encore d'en manger le sang, mais surtout de répandre le sang bu main (îx, 3 et G). Aussi Abraham, après avoir vaincu les rois de la Mésopotamie, après leur avoir repris les dépouilles ci les prisonniers qu'ils avaient faits, n'use d'aucune vengeance ; il montre au contraire un désintéressement parfait (xiv, 22 . Lorsque Dieu commande à ce patriarche de lui offrir son fils unique, ce n'est ni par colère ni par vengeance, m.n's pour mettre son obéissance à l'épreuve, et tout se termine par le sacrifice d'un bélier (xxn, 12 et 13). Moïse ne propose point expressément le dogme de l'immortalité de l'âme, parce que c'était une croyance générale. Dans tous les livres saints, Dieu esl représenté comme vn père tendre et miséricordieux qui ne veut point la' mort du pécheur, mais sa conversion, qui pardonne au repentir, et qui préfère la pénitence du cœur à loules les victimes. Dans sa loi [Dent, xii, 30 et suiv.), il défend sévèrement aux Juifs d'imiter les nations de la Palestine, qui immolaient leurs enfants à leurs dieux : Vous ne ferez point de même, leur dit-il, à l'égard de voire Dieu; vous n'ajouterez ni ne retrancherez rien à ce que je vous ordonne. Ainsi, en parlant de cette abomination dont les Juifs s'étaient rendus coupables malgré la défense, en leur reprochant les crimes des idolâtres, le psalmiste dit que ce sont leurs propres inventions: psaume lxxx, v. 13; psaume xcxvill, v. 8; psaume cv, v. 29 et 39. -il n'y avait donc rien dans la loi qui pût donner lieu à des sacrifices de sang humain. Un po;le païen a très-bien remarqué que la première source des crimes en fait de religion a é!é l'ignorance de la nature divine :

Heu prima; scelerum causac mortalibus argris, Maiinawi non nosse Deurn! (SU. Intl., 1, 4.)

Or, les Juifs avaient du vrai Dieu une idée toute différente de celle que les païens s'étaient formée de leurs dieux imaginaires.

Les incrédules , qui ont voulu voir des victimes humaines dans l'anathème don! il est parlé (Levit. xxvn, 28 et 29), dans le sac. des Madianitcs, dans le vu>u de Jephlé, dans le meurtre d'Agag, dans le supplice des rois de la Palestine, ordonné par Josué, cfc, o.t perverti le s ns de Ions le; termes et se so l joués du langage. Ils ont fait de même lorsqu'ils ont représenté le supplice des apostats ordonné par l'inquisition, celui des hérétiques turbulent; et séditieux, les meurt i s commis dans les guerres de religion, elc, comme des sacrifices de victimes humaine.. Ils voulaient révolter tous les esprits cuiire la religion, ils n'ont fiii que les indisposer contre eux-mêmes. Voij. Anathèmb (H.

(l) < 11 e.4 doac désormais incontest tb'c , dit

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8ACKIF1ÉS (Saerifieatf). Voy. Lin».

SACRILÈGE, mol formé de sacra cl de 1e§ere; il lignifie à la lellre, amasser, prendre, dérober les choses sacrées; celui qui commet ce crime est aussi nommé sacrilège, sncrilegus. Dans le deuxième livre des Madiabérs, c. iv, v. 39, il esl dit que Lysimaquc commit plusieurs sacrilèges dans le iemple, dont il emporta beaucoup de vases d'or. Ce lerme se prend encore dans 1'Lcrilurc sainlc pour la profanation d'une chose ou d'un lien sacré, même pour l'idolâtrie; ainsi est nommé le crime des Israélites qui , pour plaire aux filles des Madianitcs, se laissèrent entraînera l'adoration de Bée'.phégor, A'wm., c. xxv. v. 18.

Le sacrilège n'attaque pas seulement la religion, mais la société, dont l'ordre, la sûreté, le repos, sonl fondés sur la religion, puisque celle-ci est la sauvegarde des lois. Y eût-il jamais de société policée sans religion? Profaner ce que tout le monde fait profession de respecter , c'est insulter au

Sclnnidt , que le sentiment de la déchéance de l'homme cl de sa culpabilité, (|iie la conviction de la nécessité d'une satisfaction, que l'idée de la substitution de souffrances expiatoires à celles du vrai criminel, ont conduit les peuples à donner le honteux et épouvantable scandale des sacriliees humains. Lorsque l'auguste victime, sur laquelle se concentra l'iniquité de l'univers, se l'ut écriée :

« Toui csl consommé 1 »

le voile du temple se déchira, et le grand mystère du lieu saint se révéla, autant du moins que les bornes de sa sphère intellectuelle permirent à l'homme de le connaître. On comprend maintenant pourquoi il se persuada à toutes les époques qu'une âme pouvait cire sauvée par une aune, pourquoi il voulut loujo rs se régénérer dans le sang. Suis le christianisme, l'homme ignore ce qu'il est, parce qu'il se uouve isolé dans le monde , et qu'il n'a point de termes de comparaison ; le premier service que lui rend la religion esl de lui apprendre quelle csl ï>a valeur, en lui montrant combien il a coulé.

« Vide quanta patior a Deo Dcus. »

(/Ksuiyl., in Trom., v, 92 )

« Voisque'lcs souffrances, Dieu moi-même, je supporte de la pirt d'un Dieu. >

« Que l'on songe à présent que, d'une part, toute la doctrine de l'antiquité n'était qu'un cri prophétique du genre humain qui désignait le sang comme moyen de salut ; que, de l'autre, le christianisme vint accomplir cette prophétie, remplaçant l'emblème par la réalité, en sorte que la doctrine primitive ne cessa jamais de désigner l'auguste, victime, objet delà révélation nouvelle; et que, réciproquement, cène révélation , rayonnante de loul l'éclat de la vérité, découvre la source divine de la doctrine qui, pendant la durée des siècles nous appirait couine nu poinl lumineux au milieu des ténèbres du paganisme , a coup sûr, une pareille concordance est la preuve la plus irréfragable que l'esprit humain puisse se créer.

< Dès lors encore il demeure évident que la doctrine des sacrifices païens a un rapport intime avec la doctrine de la réconciliation du monde, par l'entremise d'un divin Rédempteur ; et celle proposition, paradoxale au premier abord, savoir : que l'idée d'une rédemption opérée par un Dieu sauveur est le fondement de la fable, se trouve démontrée d'une manière complète, assise désonnais sur une ha e inébranlable. » (Démo-isl. lùang.., édit. Mîgne.)

corps même de la société, cl loul le monde B droit de ressentir ci-Ce injure. Il n'est donc, pas vrai, quoi qu'on disent pour leur intérêt les philosophes incrédules, que le racrilé</e ne doive être puni que par la privation des avantages que la religion procure. Un impie qui méprise ces avantages insulterait impunément l'univers entier. Lorsque l'on punit le sacrilège plus sévèrement que les attires crimes, on ne prétend [as venger la Divinité, mais venger la sociésé du préjudice que lui porte tin homme qui ne respecte ni la Di\tnilé, ni la religion publique, ni les lois. Dès qu'un homme est capible de braver les menaces el les terreurs de la religion, il ne peut plus être rclenu par aucune loi. Aus>i tous les peuples policés, quoique persuadés que la Divinité punil tôt ou lard les sacrilèges, ont cru cependant devoir y attacher des peines très-sévères, cl l'expérience provoque si ces sortes de crimes demeuraient impunis, il n'y aurait plus de sûreté publique. Les protestants , qui, pour établir Dur religion, se sont rendus coupables de sacnlègrs de toute espèce, ont donc mérité à ju^le titre l'exécratiou de tous les hommes sensés. Jamais les apôtres ni les premiers chrétiens ne se sont permis de pareils excès contre le paganisme; lorsqu'il y a eu des lemples détruits, des idoles renversées, de prétendus mystères mis au grand jour, c'a été par ordre des empereurs, par autorité publique, et non par voies de fail de la part des particuliers. Voy. ZÈLnnE religiox.

SADUCÉENS, nom d'une des quatre socles principales qui subsistaient chez les Juifs du temps de Noire-Seigneur ; il en est souvent parlé dans le Nouveau Testament. L'origine n'en est pas absolument certaine, les savants les plus habiles n'ont pu former là-dessus que des conjectures. On prétend qu'elle esl née environ 200 ans avant Jésus- Christ, du lemps qu'Antigone de Socbo était président du grand sanhédrin de Jérusalem, et que ce fut lui-même qui y donna occasion. Comme il répétait souvent à ses disciples qu'il ne faut pas servir Dieu par un esprit mercenaire à cause de la recompense que l'on en attend, mais purement et simplement par l'amour et par la crainte fiiaie qu'on lui doit, Sadoc et B liihus ou Boélhus, ses élèves, conclurent de là qu'il n'y a poinl de récompense à espérer dans une autre tic, que la durée de l'homme se borne à la vie présenlc, que si Dieu récompense ceux qui le servent, c'est dans ce monde el non ailleurs. Ils trouvèrent des partisans qui embrassèrent leur doctrine, et qui formèrent ainsi une secte à part ; on les nomma saducèens, du nom de Sadoc leur fondateur, lis différaient des épicuriens, en ce qu'ils admettaient une puissance qui a créé l'univers et une providence qui le gouverne, <vu •ieu que les épicuriens niaient l'une et l'autre.

Il ne faut pas beaucoup de réflexion pour sentir l'absurdité dj ce système. Si Dieu ne nous avait ciéés que pour celle vie, en quoi nous aurait-il témoigné sa bonté, cl sur quoi seraient fondés l';imour et la crainte

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