SAD SAH
filiale qu on lui doit? Il est évident que la de ses actions, avec une entière liberté de vertu n'est pas toujours récompensée, ni le faire à son gré le bien cl le mal. Josèphe, de vice toujours puni en ce monde; il n'y au- liello Jud., I. n, c. 7, ni. c. 12; Antiq. Jud., rail donc, à proprement parler, aucun motif I. xvni, cap. 2. — Comme ils étaient persuade d'être vertueux. — On nous dit que suadés que Dieu récompense les bons cl pules saducéens se bornèrent à faire comme Dit les mécbants dans cette vie, ils devaient les cainïles, à rejeter les traditions des an- regarder les heureux du siècle comme les ciens, à ne consulter que la parole écrite ; amis de Dieu, cl les pauvres, les infirmes, et comme les pharisiens étaient fort alla- les affligés, comme autant d'objets de la cocliés aux traditions, ces deux sectes se trou- 1ère du ciel. Cette persuasion devait les vèrent diamétralement opposées. Mais les rendre durs et inhumains à l'égard des malpremiers embrassèrent bientôt des senti- heureux, et Josèphe leur reproche en effet uienls impies et pernicieux : ils nièrent la ce défaut. De là quelques auteurs ont conrésurrection future, l'existence des anges du avec assez de probabilité, que dans la et des esprits, et celle des âmes humaines paraboiedumauvais riche, Luc, c. xvi.v. 19, après la mort ; Malth., c. xxn, v. 23 ; Marc, Jésus-Christ a peint les mœurs d'un saducéen. c. xu, v. 18; Âct., c xxin, v. S. Celte con- L'ambiguïté d'un terme de Josèphe a duite des saducéens n'est pas fort propre à donné lieu à plusieurs criiiques de penser confirmer l'opinion des protestants, qui leur que les saducéens n'admettaient pas la proapplaudissent, parce qu'ils rejetaient toute videnec de Dieu, parce qu'il dit, I. n de espèce de tradition, pour ne s'attacher qu'au Bello Jud., cap. 7: Ils rejettent absolument lexte de l'Ecriture sainte. le destin; ils placent Dieu hors de toute in- Origène, 1. i contra Cels., n. 49, et saint fluence ou inspection, ifapix», sur tout mal. Jérôme, Comment, in Matth., 1. m, c. 22, Mais Brucker fait remarquer que ce mol t. IV Op., col. 1015, nous apprennent que les grec signifie non-seulement inspection ou hérétiques, à l'exemple des Samaritains, attention, mais direction et goût ernement, n'admettaient pour Ecriture sainte que les qu'ainsi les saducéens ont seulement nié cinq livres de Moïse. C'est pour cela, dit que les décrets et l'action de Dieu eussent saint Jérôme, que Jésus-Christ voulant ré- aucune part aux actions des hommes : senfuter leur erreur louchant la résurrection liment qui approche moins de celui des épifuture, ne leur oppose qu'un passage tiré curiens que de l'opinion soutenue dans la des livres de Moïse, qui ne semble prouver suite par les pélagicns. ce dogme qu'indirectement, au lieu qu'il au- La secte des saducéens était la moins nomrail pu en alléguer d'autres plus exprès ti- breuse; mais elle avait pour partisans les rés des prophètes, auxquels ces sectaires plus riches d'entre les Juifs, les gens de ta n'auraient eu aucun égard. Scaliger et quel- première qualité, ceux qui possédaient les ques autres, qui ont prétendu que les sadu- premiers emplois de la nation. De tout céens ne rejetaient pas absolument les pro- temps en effet ceux qui étaient dans la plus phèles ni les hagiographes, mais qu'ils leur grande abondance des biens de ce monde, attribuaient moins d'autorité qu'aux livres ont été les plus sujets à négliger et à révode Moïse, n'ont rien répondu de solide à la quer en doute la félicité de l'auire vie. Voyez réflexion de saint Jérôme. On sait d'aiileurs Dissertation, sur les sectes des Juifs, Bible que la coutume de tous les hérétiques a été d'Avignon, I. XIII, p. 218; Prideaux, Hiet. de rejeter tous les livres qui ne leur des Juifs, lom. II, I. xiw, p. 1G0; Brucker, étaient pas favorables. Brucker, IJist crit. Jlist. critiq. philos., i. II, p. 715. philos., t. II, pag. 721, dit que si les sadu- SAGAUELLIENS. Yoy. Apostolques. céens avaient rejeté quelques-uns des livres SAGESSE. Ce mol, qui, chez les Grecs du canon reçu chez les Juifs, on les aurait et chez les Latins, se prend pour la philoauathémalisés et chassés de la synagogue; sophic ou pour la capacité dans les sciences, il se trompe. Josèphe, Antiq. Jud., 1. xvm , a encore d'autres significations dans l'Ecricap. 2, a remarqué que les saducéens cons- turc sainte. Il désigne, 1' les œuvres ditilués en autorité ne résistaient point aux vines du Créateur, Psal. l, v. 8, etc ; 2" i'hapharisiens; ils ne dogmatisaient donc pas bilité dans u\\ art quelconque, Exod., en public, ils évitaient les éclats et les dis- c. xxxix.v. 3;3' la prudence dans ta coupâtes, c'est pour cela qu'ils étaient tolérés, duite de la vie, 111 Ileg., c. n , v. (5 -, D'ailleurs pouvait-on leur prouver l'auto- k' l'expérience dans les affaires, Job, c. x:i, rite du canon des Ecritures autrement que v. 12; 5° l'assemblage de toutes les vertus; par la tradition? Or, les saducéens n'y il est dit, Luc, c. n, v. 52, que Jésus enavaient aucun égard. — Ils étaient encore fant croissait en âge et en sagesse devant opposés aux esséniens et aux pharisiens Dieu et devant les hommes; 6* la prudence tombant le dogme du libre arbitre et de la présomptueuse des hommes du monde et prédestination. Les esséniens croyaient que surtout des philosophes:; dans ce sens Dieu tout est prédéterminé par un enchaîne- a dit: Je confondrai leur sagesse, 1 Cor., c. i, ment de causes infaillibles; les pharisiens v. 19; 7' la sagesse étemelle est le fils de étaient d'avis que la prédestination a lieu Dieu, ou Dieu lui-même, Luc,c. xi, v. k\) ; sans nuire à la liberté de l'homme, et en 8° en général la vraie sagesse de L'homme laissant le bien et le mal à son choix. Les consiste à connaître la fin à laquelle Dieu saducéens niaient toute prédestination ; ils l'a destiné, cl à prendre les moyens propres soutenaient que Dieu a fait l'homme maire pour y arriver.
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Saqussi: ni: DfBU. Comme nous 110 pou- langue; il en emprunîe des cxpres-iois
vous concevoir les attributs do Dieu que inconnu -s aux Hébreux, telles que Vntnbroi-
par analogie à ceux de l'homme, nous ap- iie, le fbnne cfeufr/t, le royaume de Pluttm
pelons tageue divine l'intelligence infinie ou d'Âdis, etc. il cile toujours l'Ecrit un;
piir laquelle Dieu connaît ses propre* de** d'après Ici Septante; et lorsque letnuteuri
seins, voit le plan de conduite qui convient juifs l'ont cité, ce qu'ils eu rapportent a iou-
]• mieux à la nature des êtres qu il a créé-, jours clé pris sur le <rrec.
et prend les moyens les plus propres pour Cependant le savant qui a poblié à Rome,
exécuter ce qu'il a résolu. en 1772, Daniel traduit parles Septante,
Quelques incrédules ont soutenu que l'en h" dissert., n. 10, prétend que dans l'oi ne peut pas attribuer à Dieu la sigcsse, nal le livre de la Sagesse était éerit en vers : parce que Dieu, qui n'a besoin de rien, ne il faut donc qu'il ait été écrit en bébreil. peut pas se proposer une fin, ni choisit- Puisque le traducteur parlait bien le grée, des moyens pour y arriver, puisque sa puis- il n'est pris étonnant qu'il ait su éviter L-s sauce peut suppléer à tous les moyens. Au bébraïsmes cl les barbarismes, qu'il ait enmol Causk finale, nous avons prouvé le ployé les termes familiers aux écrivains contraire; nous avons fait voir que Dieu grecs, et qu'il ait suivi la version des Senne se propose pas une fin par besoin, mais tante. Quoique l'on ne connaisse pas l'aucn vertu de la perfection de son être, parce leur de cet ouvrage, qu'aucun an.ien ne qu'il est souverainement intelligent, et que dise qu'il a vu le texte hébreu, cl que le s'il n'agissait pas comme Cause intelligente, traducteur n'en dis.^ rien, ce ne sont là que il agirait en cause aveugle. Lorsque Dieu des preuves négatives, il ne s'ensuit pas agit, il sait donc ce qu'il fut, et pourquoi certainement que ce texte n'a jamais existé; il le fait, quels seront les effets et les consé- d'autres livres hébreux oal disparu de quenecs de son action; la raison pour la- même: l'auteur prétendu prec n'est pas quelle il agit est la fin qu'il se propose; il mieux connu que l'auteur hébreu ; les cri emploie des moyens, non par impuissance tiques protestants qui ont soutenu qu'il est de faire autrement, mais parce qu'il est de l'ouvrage de Pbilon, n'ont fait qu'une vaine l'essence d'un ê re intelligent d'agir ainsi. conjecture. Quoi qu'il eu soit, la traduction
Nous ne pouvons connaître que lrès-im- latine que nous en avons n'est pas de saint
parfaitement les desseins de Dieu et les Jérôme; c'est l'ancienne Vnlgale faile sur
moyens par lesquels il les exécute dans l'or- le grec, longtemps avant saint Jérôme, cl
dre de la nature, en comparant les effets à usitée dans l'Eglise i!ès le commencement ;
leurs causes ; et souvent les conséquences elle est exacte et fidèle, mais le latin n'en
que nous lirons de celle comparaison ne est pas toujours pur.
sont que des conjectures : combien de fois Les Juifs n'ont point mis ce livre dans les philosophes ne sont-ils pas trompés sur leur canon, parce qu'ils n'y ont placé que la cause des phénomènes les plus connus? ceux dont ils avaient le texte hébreu; il n'a Dans l'ordre de la grâce, nous ne connais- pas même éiô toujours reçu comme canonisons les raisons de la conduite de Dieu que dans l'Eglise chrétienne: plusieurs Pèqu'autant qu'il a daigné nous les révéler; res et plusieurs églises ont douté si c'était niais malgré la faiblesse de notre intelli- l'ouvrage d'un auteur inspiré. Cependant genec, il nous en a fait connaître assez pour les auteurs sacrés du Nouveau Testament exciter notre admiration, notre reconnais- semblent quelquefois y faire allusion : saint sauce et notre confiance en lui. 11 sait mieux Clément de Home en a copié quelques paroque nousdequcllemanièrc nousavons besoin les, Epist. i ad Cor., n. 3 et 27. Il a été cité d'être conduits; quoi qu'il nous arrive, nous ne dans le ne siècle par saint Clément d'Alexanpouvons mieux faire que de nous reposer drie, par Hégésippe et par saint Irénée, suisur sa sagesse et sur sa bonté pour notre vaut le témoignage d'Lusèbc; au me par sort en ce monde et en l'autre. Origène, par Terlullien et par saint Cy-
Sagksse (livre de la). C'est un des livres prien. Des conciles, de Carlhage en 337, de canoniques de l'Ancien Testament. Les Sardique en S'il, de Constantinople in Trullo Grecs l'appellent lu Sagesse de S al o mon; il en 692, le xie de Tolède en 675, de Floue s'ensuit pas néanmoins qu'ils ont cru rence en IViS, enfin celui de Trente, sess. U, que ce livre avait été composé parSalomon; l'ont expressément admis au nombre des liprobablement ils ont seulement entendu vivs canoniques.
par là que l'auteur avait puisé ses connais- Comme les protestants ne veulent rece-
sances dans les livres de Salomon, et qu'il voir comme tels que ceux qui sont avoués
avait lâché de les imiter. Quelques anciens par les Juifs, ils ont déprimé tant qu'ils ont
l'ont nommé -rx/apsTiç, trésor de toute vertu ; pu le litre de la Sagesse. Moshcim, sur Cud-
le but de l'auteur est d'instruire les rois, les worth, Sysl. inlell., c. k, § 1G, n. 5, le cile
grands, les juges de la terre. On pense com- comme un exemple des fraudes que les Juifs
•nullement que ce livre n'a pas été écrit en d'Alexandrie ont commises longtemps avant
bébreu, qu'ainsi le grec est le texte origi- la naissance du Sauveur. Mais ici la fraude
liai. On n'y voit point, disent les critiques, n'est pas prouvée. Un écrivain quelconque
les bébraïsmes et les barbarismes presque a pu faire ce livre, soit en hébreu, soit en
inévitables à ceux qui traduisent un livre grec, sans avoir envie de passer pour un
hébreu; l'auteur écrivait assez bien en pr c, auteur inspiré; à la vérité c. w, v. 7 et 8. il
cl il avait lu les buis écrivains en celte parle comme aurait pu faire Salomon; t.