De l'intercession des saints. Celte
(i) Voici l'exposition de la foi catholique sur ces ileux points, telle qu'elle nous a été fournie par Néron : < Notre profession de loi porie : Je liens consl.immenl que les saints qui régnent ensemble avec Jésus-Cluist soni à invoquer. Paroles extraites du concile de Trente, sess. 23, qui enseigne de même, et s'explique en ces termes : Il est bon cl utile d'invoquer las saints et avoir recours à leurs oraisons , ailles et secours, pour obtenir d.- Dieu divers bient'.ùls par son Fils Jésus-Christ, qui seul est noire Rédempteur et Sauveur. Voilà ce qui est article de fui, car l'Eglise universelle nous le propose à croire.
« I. Mais, bien qu'il so.i liès-certaiu que les saints c uionisés que nous invoquons soient saints., puisque
■ royance est (on itui a laiole,
sur le témoignage des Pères, sur l'usage de l'Eglise : lcs'juils l'ont eue aussi bien que
PEglise, assistée du Saint-Esprit, après une diligent'; rc< herche de leur vie et des miracles faits durant et après elle, nous les propose tels, néanmoins la règle par nous proposé-, des arti les de foi catholique, a© laquelle nous parlons, dé montra que ce n'est pas un article de loi que li eanoaisés, saint Fraa-
çois, ou autres, saint Basile, Clu ysosloiue , en-., soient saints, ni mène que les apôtres André, Tll mas, Philippe, ou autres, le soient. Car il nV-t «Je 1 ii (pièce que Bieu a révélé aux prophètes et aux apoiie-, proposepar toute l'Eglise. <)r, Dieu n'a pas révélé à ses prophètes ou apôtres, paretemple, que saint Erani <> i ait vécu saintement, ni ait fait des miracles, ni qu'il soit au ciel, ei ni même qu'il ail élé jamais au monde. Ce n'est doue pus article de foi catholique. J'ajoute que ce sont questions de faii, et dépendant des informations qui se foui avant la canonisation, ce qui est bien éloigné d'éire révélation faiie aux prophète* et apôtres, et sur ces informations même l'Eglise peut avoir de faux rapports, et em i comme j'ai dit ci-dessus, eu nos règles générales , nombre 15, page 32, après Bedarmin même et tous nos docteurs. J'ajoute que ces canonisations ne se font que par le pape, et que l'Eglise universelle assemblée au eoucile de Trente, ou eu quelque autre général, n'a jamais proposé a luis ses lidéles que saint François ait vécu saintement cl soit saint au ciel. La en >se donc eit très-certaine, comme appuyée sur de très-solides fondement-, et serait justement repris qui dirait le contraire; mais aussi nos principes démontrent que ce n'est pont article de foi.
< II. C'est chose Irès-cousidérabl-; que le concile de Trente, l'un des plus doeles qui se soient jamais tenus en l'Eglise, el où se sont trouvés en trèsgrand nou.b e de liès-excellents ibéolo.^ieus, même en scolaslique, nous proposant si clairement qu'il est bon et utile d'invoquer humblement les saut», el d'avoir noire recours à leurs prières, ne nous propose point à croire qu'ils entendent nos prières. Si le concile eût entendu que ce fût article de loi, pourquoi ne l'eot-il pas enseigné, comme il a défini qu'il est bon et utile de les invoquer? H se laii ladessus, se contentant de définir l'invocation (a). Nous pouvons donc no is en taire quand nous Sollicitons nos frères séparés à leur retour à l'Eglise. Mais de plus, celui qui d'aires cela el d'.'près nos règles de la foi dira : Ni la révélation divine ne l'enseigne en termes exprès, ni l'Eglise ou le concile de Trente, ni notre profession de loi ne le pmp >su a croire, ce n'est donc pas jusqu'à ce jour un article de I i; celui-là tirera de ces prémisses une induction puissante et très-fone, et la lelicence d'un tel concile, et en telle occasion, est ui\ suffisant appui p indue que l'audiliou de nos prières par les sainls n'est pas un article de croyance. Elle suit fort Lien de l'invocation que* l'Eglise a crue de tout temps, et spécialement a la laçon que le concile nous la propose des saints régnants avec Jésus-Christ, el qui vo.eul Dieu lace à lace, comme j'expliquerai ci-après. Mais connue plusieurs de nos docteurs tiennent, ainsi que j'ai rapporté Ci-dessus, page 19, n. 3, que ce qui suit de l'Ecriture n'est pas article de foi, pour n'être pas révélé de Dieu expressément, el partait n'est pas article de foi catholique, c'esl-à-dire à laquelle tous soient obligés de souserne sous peine d'hérésie ; aussi ce qui suit de ce que l'Eglise propose à croire n'est pas proposé expressément par l'Eglise à crone, el partant n'esl pas article de loi catholt-
(u) Dans sa mission de Saintonge, Pénekm suspen iit l'usage do l'Ane, Mana, a la lin de ses sermous,ei même celui du l' in vocation des saints Jjiu> les prières publiques.
les chrûliens. Jcran., c. xv, 1 cl 5, Dieu dit à ce prophète : Quand Moïse et Samuel se présenteraient devant moi, je ne puis souffrir
t|tie. Betfarmîn mémo. loin. I, controverse 7, liv. i, eiKip. 90 : Celle conséquence est bonne, dii-il ; les saints son! à bon droit invoqués : donc ils savent ee
une lions demandons, et ne sont pas invoqués en vain, encore qu'on accordai qu'ils n'entendent pas
el ne connaissent pas nos prières, car quelque autre lient en cela leur place. Comme non en vain ne présente pas sa reqOétc au roi, qui sait certainement que le roi ne la lira pas ( comme on le sait maintenant durant la minorité du roi, cl toutefois toutes les requêtes lui sont adressées : qui oserait blâmer celle pratique ou s'en moquer ?) , mais quelque aune du conseil-, et qu'il obtiendra toutefois ce qu'il demande, tout de même comme si le roi eût lu sa requête. Certainement saint Augustin, en son livre du Soin pour les inorls , ch. 16, dit en doutant : Cette question passe les forces de mon esprit, comment les martyrs secourent ceux qu'ils aident irèseertaineraeni ; s'ils sont présents par eux-mêmes au même temps, en tant de divers lieux où on les ressent présents, ou si étant retirés de toute conversalion des hommes en quelque lieu proportionné à leurs mérites, et louie'ois priant généralement pour, les besoins de ceux qui les supplient, comme nous prions pour les morts, auxquels nous ne sommes pas présents en effet, et ne savons pas où ils sont ni ce qu'ils font; Dieu tout-puissant, qui est partout présent, exauçant les prières des martyrs, donne, par le ministère des anges, aux hommes des soulagements, et rend recommandantes les mérites des martyrs, où il veut, cl quand il veut, comme il veut ; cela est trop haut et trop caclié, je n'ose le délinir.
i Mais, ajoute fort bien le même Bellarmin, encore qu'on puisse douter par quelle façon les saints connaissent les choses absentes et nos prières , toutefois il est certain qu'ils les connaissent; attendu qu'ils veillent sur nous el ont soin de nos affaires. Il appai lient aussi à leur béatitude parfaite de savoir les choses qui les regardent, et principalement qui SOnl'à leur honneur et gloire.
c H faudra doue dénier à l'humanité de Jésus- Christ au ciel, et demander si elle entend jusqu'à nos paroles, si elle a les yeux si perçants qu'ils puissent considérer nos nécessités, comme Calvin le demande des saints, Inst., Iiv. 5, ch. 20, §24. Comme celle sainte ame de Jésus-Christ entend nos prières nu ciel, aussi les entendent les saints ; savoir, voyant la Divinité face à face, en laquelle sont toules choses : puisqu en cei héritage éternel, dit saint Grégoire p>pc, Dial., liv. 4, ch, 53, tous d'une commune clarté voyant Dieu, qui est-ce qu'ils ignorent là où ils Savent celui qui sait toutes choses? Moyen facile pour concevoir comment l'âme de Jésus-Christ ei celles des saints voient et connaissent en Dieu nos prières. Pour ce que saint Augustin et plusieurs autres ont douté, ou peut-être estimé, au rapport de Vasques, 1, -, diap. 19, ch. 5, que les âmes suffisamment puriiiéés, et des saints, n'étaient pas aussitôt reçues en la béatitude, mais qu'elles étaient jusqu'au jour du jugement renfermées en quelque lieu , tellement que cependant elles ne vissent Dieu, ni ne fussent bienheureuses, et il n'est pas étonnant s'il a douté que les saints .repasses entendissent nos prières. Mais l'Eglise, au concile île Florence, ayant enseigné en sa définition que les âmes des défunts purifiées de tout péché sont aussitôt reçues au ciel, el voient clairement Dieu comme il est t;n soi ; tela posé, qui esl qu'il se réride d'elles dès maintenant ce qui est dil eu sainl Matthieu, xxji, ou, ils sont coin 1e les auges de Dieu au ciel, cène audition de nos prières est claire en l'Ecriture saune, car il est dit en saint Matthieu, xvm. 10 : Ne méinisci pas un de tes petits; cr je vous dis qu'aux
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ce peuple; qu'on le chasse de ma présence et
qu'il s'éloigne Qui aura pitié de toi,
Jérusalem? qui s'affligera pour toi, qui priera pour te procurer la paix? Dieu donnait ainsi à entendre que Moïse et Samuel, morts depuis longtemps, auraient pu intercéder auprès de lui pour les Juifs. Ceux-ci, captifs à Babvlonc, disent à Dieu : Seigneur, vous êtes notre Père , Abraham ne nous connaît plus, et Jacob nous a oubliés; von* éies seul notre Père et notre Rédempteur (Isai., i.xm, 1G). Ces paroles seraient absurdes, si ' les Juifs n'avaient jamais cru qu'Abraham et Jacob pouvaient les protéger auprès de Dieu. //. Mach. xv, 12 et 14, Judas Machabée vil en songe le grand prêtre Onias, mort, qui priait pour sa nation, cl qui, lui montrant le prophète Jérémie, lui dit : Voilà celui qui aime toujours ses frères et le peuple d'Israelt et qui prie beaucoup pour eux et pour la ville sainte. C'est une des raisons pour lesquelles les Juifs ne regardent point les livres des Machabées comme inspirés, et les protestants suivent leur exemple. — Jésus-Christ, dans l'Evangile, Luc, c xvi, 9, nous dil : Faites-vous des amis avec les richesses périssables , afin que, quand vous manquerez, ils vous reçoivent dans le séjour éternel. Comment des amis peuvent- ils. nous servir dans le séjour éternel, sinon par leur intercession? Jbid., v. 27, le Sauveur peint un réprouvé, qui, au milieu des tourments de l'enfer, s'intéresse au salut de ses frères, et demande qu'un mort aille Us avertir. Il est a présumer que les saints dans le ciel ont pour le moins autant de charité pour les vivants que pour les damnés. Nous avons prouvé ailleurs que les anges prient pour nous et avec nous, et qu'ils présentent nos prières à Dieu; donc il en est do même des saints. — Les Pères de l'Eglise, immédiatement après les apôtres, ont confirmé celle
cieux leurs anges voient toujours la face de mon Père qui esl dans les cieux ; et Lue, xv, 7 : Il y aura joie au ciel pour un seul pécheur faisant pénitence* Les saints entendent donc nos prières, comme les anges voient le mépris d'un de ces petits, et comme on voit au ciel le repentir d'un pécheur. Qu'y a-t-il de plus clair? Mais aussi cesse toute difficulté que l'esprit humain connaît, comme ils entendent el connaissent. Car en la face de Dieu tout se connaît aisément, comme j'ai rapporté de saint Grégoire. Ainsi que l'âme de Jésus-Christ y contemple tout ce qui le regarde, c'est-à-dire toutes choses : pareillement, les saints ce qui les regard •, comme sont les prières qui leur sont adressées. Quelle difficulté en cela, supposant que les âmes des justes soient au ciel et y voient Dieu face à face? Ajoutez, en confirmation de celte vérité que les saints entendent nos prières, plusieurs témoignages des saints Pères-, que nous rapporterons en ce lieu, et le couseuleine.nl commun des catholiques, spécialement depuis ladite définition. Je n'ajoute pas que cette conséquence, il les faut invoquer, donc ils entendent nos prières, soit f île; car sainl Augustin et tous les Pères ont tenu f invocation ; el toutefois le même saint docteur a douté de celle audition, Comme j'ai dit. Mais elle est bonne, supposant qu'ils voient Dieu , n'y avant point deddlicullé en cette entente, voyant Dieu. C'est doue maintenant une bonne suite de l'invocation, c'est en ce sens que je l'ai marquée ci-dessus.
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croyance. Sainl Ignace, près de souiïrir le martyre, écrit aux Ephésicns, n* 8: Je serai une vidime de purification pour vous , et d'expiation pour l'Eglise d'Ephèse, célèbre dans tous les siècles. » Daillé avait cherché a obscurcir le sens de ce passage, il a été réfuté par Pearson, Vinrtic. tgnat. u* part , o. 15. Un martyr pcut-il être vit lime de purification et d'expiation pour les fidèles, autrement quo par l'intercession ? — Ilcgésippe, mort sur la fin du n* siècle, parlant des parents de Jésus-Cbrisl qui avaient souffert le martyre, dit, suivant le témoignage d'Eusèbe, I. m, e. 32 : « Ils sont présents et président à l'Eglise universelle, comme martyrs et parents du Sauveur. » Hégésippe les compare donc à l'évêquc qui préside à l'assemblée des fidèles, qui prie pour eux. et offre leurs prières à Dieu. — Saint Irénée, qui a écrit vers le même temps, cite un prêtre plus ancien que lui, qui par conséquent avait pu voir el entendre l'apôtre saint Jean, et qui disait que les patriarches et les prophètes de l'Ancien Testament, pardonné* et sauvés par Jésus-Christ, se font gloire el rendent grâces à Dieu de notre salut, yidt'. hœr., I. sv, c. 31. S'ils en renient grâces, ils prient donc aussi pour cet objet. Saint Irénée lui-même, 1. v, c. 19, dit quo Marie a été l'avocate d'Eve. Les prolestants ont chicané beaucoup sur ce terme d'avocate; l'éditeur de saint Irénée a réfuté leurs fausses subtilités. — Origène, 1, de Orat., num. 11, s'exprime ainsi : « Le pontife n'est pas le seul qui se joint à ceux qui prient, mais les anges et les âmes des saints morts prient aussi avec eux. » Il le prouve par le passage du livre des Machabécs que nous avons cité; il le répète, in Ceint., 1. m, p. 75, et I. XIII, in Joan., n. 54. Dans son Exhortation au Martyre, n. 30, il dit: « Les âmes de ceux qui ont été mis à mort pour rendre témoignage à Jésus-Christ ne se présentent pas inutilement à l'autel céleste, mais elles obtiennent la rémission des péchés à ceux qui prient, n. 37 cl 30. En haïssant voire épouse, vos enfants et vos frères, dans le sens que Jésus-Christ l'ordonne, vous recevrez le pouvoir de leur faire du bien, en devenant l'ami
de Dieu Ainsi , après votre dépari de
ce momie, ils recevront de vous plus de secours que si vous aviez demeuré avec eux. Vous saurez mieux alors comment il faut les aimer, et vous prierez pour eux plus sagement, lorsque vous saurez qu'ils sont nonseulcmenl vos enfants , mais encore vos imitateurs , » n. 50. Le sang des martyrs, comme celui d'Abel, élève la voix de la terre au ciel; peut-être que, comme nous avons été achetés par le sang de Jésus-Christ, .... quelques-uns seront aussi achetés par le sang des martyrs. Mais Hom. 24, in Sam., n. 1, il avertit que le sang des martyrs emprunte tout son mérite du sang de Jésus- Christ, et il pense comme saint Paul, llebr., c. xii, v. 1\, quo le sang de Jésus-Christ a une voix plus puissante que celui d'Abel. Il n'y a donc aucun reproche à faire à ce Père. Dans son ouvrage contre Celse, i- vm,
n. Gi , il dit : * Dès que nous sommes agréables à Dieu, nous sommes assurés de la bienveillance des anges ses amis, des âmes et des esprits bienheureux ; ils connaissent ceux qui sont dignes de l'amitié df Dieu, ils aident ceux qui veulent l'honorer, il- le lear rendent propire; ils joignent leurs prières aux nôtres, el ils prient avec nous. » —Saint Cyprien écrit à un confesseur de Jésus Christ , Epst. 57, adCornel. : « Si l'un de nous, par la grâce de Dieu, sort le premier de ce monde, que notre charité dure toujours auprès du Seigneur, el que nos prières ne cessent point auprès dé sa miséricorde pour nos frères et sœurs.» Dans son livre de Martalitatr. à la fin, il dit qu'un grand nomhro de nos parents et de nos amis nous désirent dans le ciel, déjà sûrs de leur bonheur, cl qu'ils s'intéressent à notre salut.
Aussi les mieux instruits d'entre les protestants conviennent que les Pères 'lu iv siècle ont au l'intercession des saints, et nos controversMes l'ont prouvé; mais nous venons de faire voir aussi que les Pères des ue et ni' avaient frayé le chemin el commencé la chaîne de la tradition, qu'ainsi elle remonte jusqu'aux apôtre-. Saint Jérôme, en soutenant contre Vigilance la même vérité au v% ne fit que suivre ses maîtres. Les fondateurs mêmes du protestantisme, Jean Hus , Luther el Calvin . ont avoué que les saints prient pour l'Eglise en général ; or, les mêmes autorités qui prouvent cette intercession générale établissent aussi Vintercession particulière, on ne peut pas faire plus d'objections contre l'une que contre l'autre. H ne faut pas oublier que les sectes de chrétiens orientaux, les grecs schismaliques.les jacobites, les ncsloriens, admettent aussi bien que les catholiques l'intercession des saints; vainement les protestants ont voulu contester ce fait, il est actuellement prouvé jusqu'à la démonstration ; mais ils ne s'obstinent pas moins à soutenir que. l'intercession des saints est un dogme mou veau, inconnu aux premiers chrétiens.
II. De l'invocation des saint*. Quelques protestants ont avancé que, quand il serait vrai que les saints intercèdent pour nous auprès de Dieu, il ne s'ensuivrait pas encore que l'on doit les invoquer; mais le sens commun suffit pour nous faire comprendre que si les saints prennent intérêt à notre salut , et nous accordent auprès de Dieu le secours de leurs prières, nous devons les respecter comme des protecteurs et des bienfaiteurs, avoir pour eux de la reconnaissance et de la confiance. Ainsi ont raisonné tous les esprits sensés, cl c'est là-dessns qu'est fondé le culte que nous rendons aux saints, culte autorisé par l'Ecriture sainte.
Gen., c. xxvui, v. 10, Jacob dit, en bénissant ses pelils-fils : Que Uieu qui m'a nourri depuis ma jeunesse, que l'ange du Seigneur qui m'a délivré de tvus mes maux, bénisse ces enfants; que l'on invoque sur eux mon nom et les noms de mes pères, Abraham et Isa.icl Remarquons d'aboi d que Jacob réunit la bénédiction de l'ange à celle de Dieu- Suivant
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le texte hébreu, disent les protestants, les
paroles suivantes signifient seulement : Que ces enfants soient a;>pelés de mon rmtn et de celui de vies pries. Explication fausse, contraire à L'histoire : jamais Ephraïm < t Manassé n'ont porté le nom d'Abraham ni d'isaac ; on appelait ces deux tribus la maison de Joseph. Mais dans la suite des siècles, lorsque les prophètes et les justes de l'ancienne loi demandaient à Dieu ses grâces, ils lui disaient: Souvenez -vous, Seigneur, d'Abraham, d'isaac <l de Jacob, etc. Voilà évidemment l'invocation de laquelle ce dernier a parlé. Or, invoquer ces noms on parlant à Dieu, eu invoquer ces patriarches afin qu'ils demandent à Dieu ses grâces, c'e-l la même chose, puisque, suivant le style de l'Ecriture sainte, invoquer le nom de Dieu, c'est invoquer Dieu lui-même. — Joan., c. mi, v. 26, le Sauveur dit : Si quelqu'un me sert, mon Père l'honorera, honorijicabit eum Pater meus. Ordinairement celle promesse ne s'accomplit point sur la terre, donc elle s'accomplit dans le ciel. Or, en quoi consiste cet honneur réservé aux saints, sinon dans le crédit que Dieu leur accorde auprès de lui et dans le culte que nous leur rendons? Cent fois il est dit que les saints régneront dans le ciel avec Dieu et avec Jésus-Christ : qu'est-ce que régner, sinon accorder des grâces et recevoir des hommages? — Joan., c. xvn, v. 20, Jésus-Christ, priant pour ses disciples dit à son Père : Je ne prie pas seulement pour eux, mais pour ceux qui croiront en moi par leur parole; afin qu'ils soient tous unis comme vous et moi sommes lus. 11 s'agit de savoir en quoi consiste cette union que nous appelons la communion des saints, et combien elle doit durer : or, nous soutenons qu'elle doit être éternelle, comme celle qui règne entre Jésus-Christ et son l'ère : donc elle subsiste entre les saints et nous, aussi bien qu'entre les ûdèles vivants. Donc nous devons honorer et invoquer les saints, de même qu'ils s'intéressent auprès de Dieu et le prient pour nous. De quel droit les protestants veulent-ils rompre ce lien '•.icré, en rejetant toute communication entre les saints et nous? Non contents d'avoir fait kchi«me avec l'Eglise de la terre, ils se séparent encore de colle du ciel.
L'invocation des saints est aussi ancienne que l'Eglise. Au m' siècle, Origène enseignait déjà que l'on doit invoquer les anges, parce que Dieu les a chargés de nous garder et de veiller à noire salut, et il invoquait lui-même son ange gardien avec confiance, Iloinil. 1, in Ezech., n. 7; or, il enseignait aussi que les saints prennent soin de notre salut et nous aident par leurs prières, inCant., I. m, n. 7o, contra Ccls., I. vu , n. G'i, etc. ; donc il élait d'avis que l'on pouvait et que l'on devait invoquer les saint*, puisqu'il compare la charité des uns à celle des autres, ibid. On peut voir les témoignages des autres Pères de l'Eglise dans les Notes de l'euardent sur saint Irénéc. I. v. c. 19. Dans les plus anciennes liturgies grecques, syriaques, cophtes, éthiopiennes, dans les sàcramen-
taires romain, gallican et mozarabique, l'invocation de la sainte Vierge et des saints fait partie des prières du saint sacrifice ; jamais l'Eglise chrétienne n'a célébré autrement le service divin. Enfin, le reproche que nous font les protestants de rendre aux saints le même culte qu'à Dieu n'est pas plus nouveau; Celse l'a fait au second siècle; Eunapc, Julien, Libanius, Maxime de Madaure, l'ont répété; les manichéens, les ariens, Vigilance, l'ont renouvelé : il n'est pas fort honorable aux protestants de copier les calomnies des païens cl des hérétiques.
III. Objections des protestants. La manière dont Basnage commence l'histoire du culle des suints, IJist. de l'Eglise. I. xvm, c. 1, est un chef-d'œuvre de mauvaise foi. « Puisque Dieu, dit-il, est un être infiniment parfait, il devrait seul attirer nos hommages et notre culle. Si sa puissance élait bornée, il faudrait recourir à d'autres dieux pour en obtenir l'accomplissement de nos désirs ; mais, puisqu'il est la source de tous les biens, et que toutes les créatures lui sont soumises, pourquoi porlernos vœux à d'autres qu'à lui? S'il éloignait de lui les pécheurs et les misérables, il faudrait tourner les yeux d'un autre côté; mais il leur crie : Venez à moi, vous tous qui êtes chargés, etc. Son trône est un li ône de grâces, accessible à tous. L'homme, qui n'aime ni la servitude ni la peine, ne devrait pas s'imposer un nouveau joug, en cherchant d'autres objets d'adoralion que Dieu ; content de la nécessité qui lui est imposée d'adorer et de servir Dieu, il a intérêt rie ne dépendre que delà Divinité seule, et à ne point fléchir le genouadevanl des hommes qui lui sont semblables. Cependant on a presque toujours aime à servir la créature préférablcment à Dieu. L'élévation et ta puissance do cet Etre infini a servi de prétexte pour autoriser l'idolâtrie, on s'est fait une difficulté d'élever son Ame si haut et d'approcher d'un Dieu infini. On a imaginé que ries hommes semblables à nous seraient plus sensibles à nos maux que Dieu; on a cru qu'un saint occupé des besoins d'une seule province, d'un royaume, d'une seule famille ou d'ui! seul homme, y serait plus allenlifque Dieu chargé du soin de l'univers; chacun a choisi son patron el son dieu domestique. »
« On ne croit point à Home, dit-il, que Dieu seul soit adorable; suivant Maldonal , in
alth., c. v, p. 118, c'csl une erreur el une impiété de croire que Dieu seul mérilu le culte religieux. Les inquisiteurs ont fait effacer dansquclques ouvrages celle maxime, que l'adoration ne doit être rendue qu'à Dieu seul, et que les anges ne sont pas adorables; les premiers chrétiens soutenaient précisément le contraire, etc.»
Dans ce long passage, il n'y a pas uns phrase qui ne soit répréhcnsible. 1° 11 somblo supposer que le culle est dû à Dieu, parce qu'il esl souverainement parfait; s'il veut parler des perfections qui n'ont aucun rapport aux créatures, il est déjà dans l'erreur; les hommes n'ont jamais rendu des hommages à la Divinité qu'à cause des bienfaits
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qu'ils on avaient reçoi et qu'ils en attendaient. Dieu sctil est digne du culte suprême, cela est incontestable ; mais les protestants supposent faussement qu'il n'y a pas d'autre culte que celui-là, ou que Dieu nous défend de rendre aucun honneur à de saints personnages auxquels il a promis cet honneur pour récompense. Nous avons prouvé le contraire de ces deux suppositions. 2° Il donne à entendre qu'en recourant aux saints nous recourons à d'autres dieux; c'est une double fausseté. Jamais nous n'avons regardé les saints comme des dieux, ni comme égaux à Dieu, ni comme indépendants de Dieu; donc en les invoquant nous invoquons Dieu luimême parleur organe, puisque nous savons qu'ils ne peuvent rien sans lui; nous agissons ainsi, non parce que sa puissance e^t bornée, non parce que nous le croyons moins bon que les saints, mais parce qu'il a voulu être ainsi invoqué, pour entretenir entre les saints et nous l'union sainte que .lésus-Christ a établie entre les membres do son Eglise. — 3° C'est une impiété d'appeler une servitude, une peine, un joug, l'adoration que nous devons à Dieu seul , et l'honneur très-dillérent que nous rendons aux saints; ce devoir, loin de nous être à charge, nous console et nous encourage; Dieu ne pouvait mieux nous convaincre de sa bonté qu'en nous donnant pour intercesseurs des hommes qui ont été semblables à nous, qui ont éprouvé les mêmes besoins et les mêmes faiblesses que nous. Ils ne le sont plus aujourd'hui, mais ils conservent pour nous la charité, qui , suivant l'expression de saint Paul, ne meurt jamais. En quel sens cherchons-nous à dépendre d'autres êtres que de la Divinité? L'Eglise, on nous excitant à prier les saints, ne nous défend pas de nous adresser à Dieu lui-même; la prière la plus commune d'un catholique est l'oraison dominicale,qui s'adresse directement à Dieu. — h" Basnage nous calomnie grossièrement en nous accusant de servir la créature préférablemcnt à Dieu. Nous servons Dieu et nous lui obéissons, lorsque nous prions les saints de lui présenter nos hommages et nos voeux. Nous croyons qu'ils lui seront ainsi plus agréables ; c'est donc à lui seul que nous cherchons à plaire. C'est une étrange manie de supposer que , quand nous employons un intercesseur auprès de Dieu, nous lui témoignons par là moins de respect et de confiance que si nous nous adressions directement à lui. Les protestants oublient qu'ils ont à réfuter d'abord les sociniens leurs disciples : ceux-ci soutiennent que, quoique Jésus- Christ ne soit pas Dieu, nous devons cependant honorer et prier Dieu par Jésus-Christ. — 5° Lorsque Basnage ajoute que l'élévation et la puissance de liïlre infini a servi de prétexte pour autoriser l'idolâtrie , il se montre très-mal instruit de la nature de ce culte et de son origine. Les païens, même les philosophes, n'ont pas admis plusieurs <jïcu\ , parce qu'ils supposaient un Dieu suprême trop grand et trop puissant pour s'occuper des créatures, mais parce qu'ils
ne concevaient pas qu'un seul sez puissant pour gouverner tout l'uni vers sans troubler son repos et sou bonheur. N'ayant aucune idée du pouvoir créateur, ils ne pouvaient avoir celle d'une providence infinie, compatible avec la ! , réme.
Ils n'ont pas invoqué d'abord des boi semblables à eux, mais de [.retendus gén ou esprits qu'ils plaçaient dans loufa parties de la nature, et auxquels ils eu attribuaient tous les phénomènes, et ils ne les supposaient dépendants en aucune manière d'un Dieu souverain [dus puissant qu'eux. Vcjj. Ioolatuik et Paoâhism i:. Ainsi lorsque Basnage appelle les saints patrons drs dieux domestiques, il montre ou une ignorance ou une malignité qui ne lui fait pas honneur. Un intercesseur et un Dieu sont des noms et des idées dont l'une exclut l'autre. — G" Il pèche plus grièvement encore quand il dit : a On ne croit point à Home que Dieu snd est adorahlc, que l'adoration ne doit être rendue qu'à Dieu seul , que les ange» ne sont point adorables; les inquisiteurs font effacer ces maximes dans les livres, Maldon il enseigne que Dieu n'est pas le seul objet du culte religieux. »
Mais confondre l'adoration, qui signifie ordinairement le culte suprême, avec toute espèce de culte religieux, est-ce un sophisme fait de bonne loi? 11 est dit, Ps.xcvin, v. 5: Louez le Seigneur notre Dieu, adohez l'escabeau de ses pieds , parce que c'est une chose sainte. Si nous voulions conclure de là que Yadoralion n'est pas due à Dieu seul, que répondrait Basnage? Il dirait qu'odorer est un terme équivoque, que souvent il signifie simplement se prosterner pour témoigner du respect. Nous insistons cl nous demandons si se prosterner devant l'arche d'alliance, qui est appelée l'escabeau des pieds de Dieu, n'est pas un témoignage de culte, si ce culte est purement profane, et non un culte religieux. Nous attendrons longtemps , avant que les protestants aient satisfait à cette question.
Dire que Dieu seul est adorable, que les saints ni les anges ne le sont point, que l'adoration n'est due qu'à Dieu, ce sont des vérités que tout chrétien doit admettre, parce que, dans ces expressions, le mot adoration signifie évidemment le culte suprême ; jamais ces maximes n'ont été censurées ni à Home ni ailleurs. .Mais soutenir que Dieu seul est l'objet du culte religieux, que ce culte ne peut être adressé qu'à lui, que tout culte religieux rendu à une créature est une idolâtrie, une superstition, une injure faite à Dieu, etc., ce sont là autant d'erreurs. Nous avons prouve qu'il y a un culte religieux inférieur cl subordonné qui est dû aux personnes et au choses auxquelles Dieu a communiqué une excellence et une dignité surnaturelles, et qui n'est point l'adoration proprement dite. Yoy. Culte
Basnage, ibid., 1. x;x, c. i, n. 6, prétend que le culte des saints est venu des ariens. Comme ils soutenaient, dit-il, que l'on devait adorer lésus-Christ, quoiqu'il ne fût
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pas Oku, il était de leur hilérét tic préten- mière origine du culte des saints; mais Li 1 A -
<lre que l'on pouvait sans crime adorer des mer ceilo espèce d'instincts, c'est blesser le
créatures; c'est pour cola que Pempereuf sens commun. |1 ajoute que personne n'osa
Constance, 'arien déclaré, se montra si zélé censurer ce culte ridicule. Comment oser le
à rassembler des reliques et à les placer censurer, pendant que les fondateurs du pio-
tlans les églises. testaritisrae ont été forcés de l'approuver,
Pourquecelafutvrai.il faudrait que les en se contredisant eux-mêmes? Ils disent Pères du n'et du ni* siècle eussent été ariens dans leurs livres : Nous estimons, nous res~ cent ou deux cents ans avant la naissance prêtons, nous aimons, nous admirons les de l'arianisme ; nous avons fait voir qu'ils saints, non pour les adorer, mais pour 1rs ont approuvé le culte des saints. Nous dé- imiter. Or, l'estime, le respect, l'amour, fions tous les critiques protestants de prou- joints à l'admiration et au désir de l'jmitaver par aucun monument que les ariens tion, ne sont-ils pas un vrai culte? Si cela aient jamais dît qu'il est permis d'adorer des n'est pas, nous prions nos adversaires de créatures; quand ces hérétiques auraient nous apprendre enfin ce qu'ils entendent abusé comme eux do terme ri'odora/ton, cet parle mot culte. Quant à l'équivoque de ceabus n'eu serait pas pour cela plus pardonna- lui d'adorer, nous avons assez relevécel abus, ble. Comme les premiers rejetaient aussi bien On invoqua, dit Mosheim, les âmes bienque les derniers la tradition et le sentiment heureuses des chrétiens décédés; on crut, des anciens Pères, ils étaient plus in ter es- sans doute, que ces âmes pouvaient quitter le ses à désapprouver qu'à autoriser le culte ciel, visiter les hommes, voyager dans les rendu à ces saints personnages, puisqu'il dffércnls pays, surtout où leurs corps étaient augmentait le respect que l'on avait peur enterrés ; on crut qu'en honorant leurs imaleur doctrine. La plupart des évoques qui ges on les y rendait présentes, comme les condamnèrent Anus en Egypte l'an i2'i-, et païens l'avaient pensé à l'égard des statues à Nieée l'an 425, avaient vécu et avaient été de Jupiter et de Minerve, ibîd., V siècle, n' instruits an mc siècle ; est-il croyable qu'en partie, chap. 3, § 2.
opposant à ces hérétiques la tradition, ils Probablement, ce sont là les idées plafoni-
l'aient violée eux-mêmes, quant au culte ciennes et populaires que Mosheim a trouvé
des saints, et que personne ne le leur ait bon de prêter aux Pères de l'Eglise- Mais
reproché? Si les ariens avaient été les au- admirons la justesse de celle supposition.
leurs de celle pratique, c'aurait été pour les Pendant les trois premiers siècles de l'Eglise,
catholiques une raison de plus de la rejeter, temps de persécutions de la part des païens,
Basnage a eu la maladresse de citer George, lorsque les docteurs chrétiens avaient le plus
intrus sur le siège d'Alexandrie, qui, passant grand intérêt à ménager leurs ennemis et à
devant un temple de païens, s'écria : Combien calmer leur haine, ils ont combattu de front
ce sépulcre sul>sis!era-l-il encore? Il a feint toutes leurs idées, ils ont censuré sans mé-
d'iguorcr que ce George était un arien for- nagemenl toutes les pratiques de l'idolâtrie,
cène ; aurait-il ainsi parlé, s'il avait cru que, ils ont réprouvé tout culte religieux qui n'é-
pour l'intérêt de l'arianisme, il était bon que lait pas adressé à Dieu seul. Au iv sic -
les églises fussent remplies de tombeaux et cle, lorsque la paix a été donnée à l'Eglise,
d'os-emenls de morts ? Suivant le raisonne- que les païens ont cessé d'être redoutables,
ment de ce critique, les sociniens, qui peu- que l'absurdité du paganisme a été pleine-
sent comme les ariens, devraient être fort ment démontrée, la face du christianisme a
zélés pour le culte des saints, et ils en sont tout à coup changé, les Pères ont repris les
tout aussi ennemis que les protestants. idées et les erreurs païennes, ils ont adoplé
Mosheiin faisant à son lour l'histoire du les visions des platoniciens, même en écri-
culte des saints, en place la naissance au vant contre eux ; îls ont abandonné la doc-
iV siècle; il prétend que ce culte est venu trinc des fondateurs du christianisme, en
de la philosophie platonique et des idées po- faisant profession d'y être inviolablement
pulaires que les Pères de l'Eglise avaient attachés ; en approuvant le culte des saints,
adoptées. Jlist. ccclés., iv* siècle, ne part., ils ont substitué de nouvelles idoles à la
c. 3, § 1. Mais dans son Histoire chrétienne, place de celles qu'ils avaient fait renverser.
rr siècle, § 32, note 3, il convient que le Voilà le phénomène absurde que les protes-
cultc des martyrs a commencé dès le rr siè- tants ont été obligés de forger pour soutenir
cle. D'ailleurs, par les monuments que nous leur doctrine contre le culte des saints ; au
venons de citer, il est prouvé que le culte mot Martyr, § G, et au mol Platonisme, nous
des saints date du berceau de l'Eglise cl re- l'avons réfutée en détail,
monte jusqu'aux apôtres. Comment sernit-il Nous pouvions nous en dispenser, puisque
né des idées platoniciennes? C'est un mystère les accusations des protestants contre les
que .Mosheim n'a pas expliqué, et duquel il Pères sont de vaines conjectures, dénuées de
n'a pas parlé dans la dissertation de turbata preuves, cl suggérées par la malignité. Mos-
per Plalonicos Ecclcsia. Si, par idées popu- heim ni ses pareils n'ont jamais pu citer un
laires, il entend la vénération que tous les seul passage des Pères où il soit ilil que les
hommes conçoivent naturellement pour les âmes des bienheureux peuvent quitter le ciel,
grandes \erius, pour le mériie émiuenl, visiter les hommes, voyager dans divers
pour les dons hurnalurels de la grâce et pour pays, se rendre présentes dans leurs images.
les personnages dan» lesquels ils les aper- Plusieurs Pères l'ont pensé à l'égard des
çoiven!, nous convenons que telle est la pre démons, que les païens prenaient pour des