‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 70 sur 219 · BAI · texte numérisé non relu

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«licuv, m.'iis ils n'ont jamaSf eu lu Blême Idée ft l*égard des 3rn<?s do* bienheureux. Noie sur Origène, Eaehort ad martyr., n. '.">. SAINT DBS SAINTS. Vey. Sawstoawb.

* SAINTETÉ DE L'EGLISE. I. VEgfue de Je.

sut-Christ doit-elle être sainte? Attiré par uno sorlc d'instinct, l'homme veut s'élever vers les régions supérieures ; niais la chair, le courbant vers les choses d'ici-bas, s'oppose à ses nobles elFnrts. C'est à la grâce de Jésus-ChrM à rétablir l'ordre détruit par le péché. C'est son Eglise qu'il a rendue dépositaire jde sa sainteté. Franchissant les Neuves ei les montagnes, les déserts et les mers, elle emhrassc, elle unit, elle civilise et sanctifie les peuples les plus divergents de langage, de mœurs et de préjugés, si souvent divisés d'intérêts et de pas-ions. Elle détruit le péché, nourrit la vertu, édifie la maison de Dieu : telle est la noble fonciion de l'Eglise, qui la fait nommer sainte. Ce litre glorieux ne lui est point contesté. Hérétiques et orthodoxes, schismaliques et liés au centre de l'unité, tous confessant que Jésus-Christ a aimé son Eglise, qu'il s'est livré pour la sanctifier, pour la rendre sans tache, Epli. v, 27. Tous répètent cet article du symbole : Je crois la sainte Eglise. Observons qu'on peut considérer la sainteté de l'Eglise sous un double rapport : \° dans les moyens qu'elle emploie pour opérer le salut de ses enfants; 2° dans ses membres. Il est incontestable que Jésus-Christ a établi son Eglise pour la sanctification des hommes. Il faut donc que sa doctrine, sa morale, ses sacrements, son ministère, tendent à détruire l'homme de péché pour lui substituer l'homme de la grâce. Il faut que sa doctrine fas-e connaître au chrétien la vérité sans mélange d'erreur, que sa morale dirige ses pas dans les sentiers de la justice et l'éioignent des chemins île l'iniquité. 11 faut que ses sacrements lui donnent la vie, la soutiennent cl la fortifient. II faut que le ministère ecclésiastique soit constitué de manière à maintenir le dogme dans toute sa pureté, la morale dans imite sa sainteté, les sacrements dans toute leur vertu. S'il n'en était ainsi, Jésus-Christ aurait voulu la fin sans les moyens, ce qu'il serait absurde et impie de supposer. — Tous les moyens que l'église emploie pour la sanctification de ses enfants sont des moyens moraux ; ils sont libres d'en proliter ou de les rejeter. Mais il peut arriver que dans la réalité tous soient hors «le la sainteté, de sorte que tous les mena lires de l'Eglise soient des membres morts. Nous disons que l'Eglise est sainte non -seulement dans sa doctrine, mais encore dans plusieurs de ses membres. — Qu'est-ce» que l'Eglise suivant l'Ecriture et les Pères? C'e-l une société sainte, c'est l'épouse de Jésus-Christ ; son union avec le divin Sauveur doit cire le modèle de l'union qui doil exister entre l'homme et la femme : c'est le corps de Jésus-Christ. Nous le demanderons : Serait-elle sainte une société dont tous les membres seraient ensevelis dans le péché? Jésus-Christ ;iimerail-il comme son épouse une société composée uniquement d'hypocrites? Une Eglise entièrement en révolte contre Jésus-Christ serait-elle un beau modèle d'union à proposer aux époux? Y a-l il un seul corps dont tous les membres soient morts ei corrompes! Non, ce serait un cadavre. — El c'esl surtout ce dernier caractère de sainteté qui doit être regardé comme une noie de l'Eglise, puisque la doctrine n'en est pas une. Mais comment connaître les saints? Dieu seul peut juger les consciences. Souvent ce qui brille au dehors n'est qu'infection au dedans. Ce qui est grand aux yeux des hommes, qui ne jugent que de l'extérieur, est quelquefois abominable aux yeux de Dieu. Nous l'avouons, mais il esi une preuve de sainteté qu'on ne peut coniesier, c'esl le miracle opéré pour la confirmer ; contester sa force probante dans celle circonstance, c'est ébranler le fondement

de la religion chrétienne. El pourquoi vouloir dislingoer entre les miracles de Jésus-Chrisl et des apôtres, ci les miracle* des âges suivants? Si ceux-ci ont les mêmes caractères que «eux-ià, ils ont Dieu [i .m auteur, la source de \ «'ri î .-. On ne peut doue coniesier la sain ce prouvée par des miracles. Voij. Canonisation.

II. L'Eglhe romaine est-elle sainte ? Pour connaître complètement f'inlluence d'une communauté religieuse sur ses membres, il Lui considérer !<■règles qu'elle leur prescrit, et voir ces régies en action. Pour juger de la sainteté de l'Eglise romain*», nous allons donc voir : 1 les principes ei le-, moyen-» qui concourent â la sanctification de ses membres; 2(' les fruits de salut qu'elle a opérés.

Nous confessons que par le péché d'Adam les forces de l'homme ont été affaiblies. Sa liberté n*s cependant pas été détruite. Bien plus, quoiqu'il puisse éviter plusieurs fautes par ses propres forces, nous avomms que l'homme ne peut rien pour le ciel sans un secours céleste. Deux forces concourent donc à la sanctification, l'une divine, et l'autre humaine. Deux activités se pénètrent, l'une de Dieu, et l'autre de l'homme. Trop faible par lui-même, l'homme pourrait se décourager. La force divine vient lui rendre toute son énergie et lui apprendre qu'il n aucun vice qu'il ne puisse éviter, aucune vertu qu'il ne puisse acquérir. — Appartenant au monde par notre corps, nous avons besoin d'un signe sensible pour savoir ce (jui se passe dans notre partie spirituelle. La foi catholique nous présente donc des symboles extérieurs ou les sacrements, le gage des volontés divines, le sceau des promesses é\angéliques. Les sacrements conduisent jusqu'à nous la vertu qui découle des souffrances du Christ. Us portent d'autant plus la piété dans les cœurs qu'ils sont bien propres à humilier l'orgueil de l'homme. Ils nous font vivement sentir q t'ensevelis dans les choses inférieures, nous ne pouvons que par leurs moyens nous élever au-dessus des choses sensibles. — L'est ainsi que, (oui en lui découvrant sa faiblesse, son néant, notre doctrine montre à l'homme qu'il peut arriver à la sainteté la plus élevée. Est-il une doctrine plus propre à nous sanctifier? — Voyons-la en action.

L'Eglise est destinée à former des sujets au royaume de Dieu sur la terre. Pour ce a elle s'adresse à des hommes pécheurs, vivant dans un monde corrompu. Elle ne peut donc a^ir hors du cercle du mal, il faut au contraire qu'elle descende dans la vie pour le combattre incessamment, li esi impossible que, dans un le! étal de choses, ii n'existe du mal dans l'Eglise; il ne faut pas même s'étonner si à certaines époques il a paru surpasser le bien. Nous le savons, dans sa longue existence, l'Eglise n'a pis toujours brillé du même éclat ; des prêtres, des évèques, des papes, ont foulé aux pieds les devoirs les plus sacres, ils n'ont que trop souvent laissé éteindre le (eu céleste. Mais nous dirons que, comme institution divine, l'Eglise n'a jamais défailli, jamais elle n'a perdu sa première vigueur.

Nous ne ferons aucune considération sur les premiers siècles de l'Eglise, elle brillait alors d'un trop vif éclat, pour oser révoquer en doute sa sainteté. Dans les âges suivants, elle traversa des siècles ou le monde moral, ébranlé jusque dans ses fondements, semblait menacé d'une ruine prochaine. Des hordes sauvages détruisent l'ancienne civilisation. S-s préires et ses évèques ne descendent pas du ciel, il faut qu'elle les choisisse au milieu des hommes tels que la socié é les lui présente. On ne vit pas sans doute alors les Cément d'Alexandrie, les Cjprien, les IJasde, les Crégoire, les llilaire, les Jeiôme, les Augustin ; hélas! ces hommes puissants en paroles et en vertus n'avaient point laissé de successeurs. Cependant, fécondité admirable ! dans ses jours mauvais elle lit encore des prodiges et des miracles. It!-

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épuisante foyet de plialeur et <Ie vie, sa doctrine

«xerça toujours une influence salutaire sur redorât ion des peuples, sur la réforme des mœurs ; elle se développa alors, mais d'une manière différente. T.lle sérail trop longue In liste des sages institutions qu'elle établit dans lous les temps poer la sanctification des peuples ; nous ne finirions point si nous voulions raconter les actions héroïques des saints gui dans tous les âges honorèrent l'Eglise romaine, qui furent marqués du sceau de la divinité. Des prodiges évidemment divins en confirmant leur sainteté l'assurèrent aussi à l'Eglise qni les enfanta.

* SAINT-SIMON1S.ME. Scclc éphémère qui s'était présenée comme devant renouveler le monde. Quelques jours d'une vie agitée, quelques succès partiels, voilà t"Ule l'histoire du saint -simnnisme. On n'attend pas de nous que n< us entrions dans l'histoire des aventures de Saint-Simon, Enfantin, Rodrigue, etc., ce serait trop nous éloigner de notre but. Nous nous contenterons d'exposer les doctrines religieuses et morales du saint-simonisme. Le panthéisme était le principe fondamental de leurs croyances : 1 Dieu est tout ce qui est, disait Enfantin, tout est en lui, tout est par lui ; nul de nous n'est hors de lui, mais aucun de nous n'est lui. Chacun de nous vil de sa vie, et tous nous communions en lui, car il est tout ce qui est. < Les sainl-s'unoniens niaient la déchéance primitive de l'homme; ils enseignaient que l'humanité a son enfance, puis son âge viril, enfin son âge mûr, qui doit constamment progresser. « Nous faisons précisément ce qu'a fa t Moïse, di.-a'ent ils, ce qu'a fait le Christ. Moïse est vvnu donner au monde une religion nouvelle; le Christ à son tour est venu détruite l'ancienne religion par une religion nouvelle, cl remplacer Moïse. Ce sont là des phases qui arrivent parfois dans l'humanité. Nous commençons une de ces phases : nous faisons comme Moïse et comme le Christ ; nous agissons comme agirent les npjtrcs. 1 C'était une audace prodigieuse de se mettre au niveau de Moïse et du Christ, ou plutôt supérieurs, car ils voulaient perfectionner leur couvre. Leur chute, aussi prompte que terrible, dessilla les yeux de plusieurs d'entre eux, cl les ramena au giron de l'Eglise catholique.

Selon les sai.il-simoniens, la femme avait élé amnistiée et non réhabilitée par le christianisme; elle n'est pas encore l'égale de l'homme, mais sa suivante; leur grande mis-ion était de la tendre libre et imlépendante. L'accusation parlée contre le christianisme n'a rien ici de fomié. Nous voyons la religion donner à la femme une pan égale dans les destinées de l'humanité. Au-si les Etats chrétiens lui accordent une liberté c'vile au-si complète que celle de l'homme, tandis qu'elle n'a pas pris d'engagement contraire ; mais, lorsqu'elle s'est soumise au mari, elle en a accepté un état qui, par sa nature, lui commande la soumission, qu'elle sait, quand elle veut, changer en un pouvoir souverain. Quant aux droits politiques, c'est une question dans laquelle nous ne voulons pas nous engager.

Une aulre grande maxime du saint-simonisme, c'était la réhabilitation de la chair. Selon lui , le christianisme, se trouvant dans la nécessité de combattre le sensualisme païen, avait tout sacrifié à l'espril ; a::ssi 1 s maximes de l'Evangile et la pratique de l'Egli.-e n'ont eu d'autre but que de mortifier la chair. Ce n'est pas la loi de la nature qui, ayant composé l'homme d'un corps et d'une Ame, a voulu qu'il travaillai à la satWfaclion et au développement de ces deux patries de lui-même. C'était là complètement ignorer la nature de l'homme : car il est d'une constante expérience que si la chair n'est domptée Cl soumise à l'esprit, elle finit par dominer et par étal< ir le lègue des pas-ions. Vainement un sainl- Mmonien disait « Taniôl le couple sacerdotal calmera l'ardeur immodérée de l'intelligence, ou modérera le- appétits déréglés des sens ; tantôt, au contraire,

il réveillera l'intelligence apathique, 00 rechauffera-

les sens engourdis ; car il connaît tout le charme de la décence cl de la pudeur, mais aussi toute la grâce de l'abandon et de la volupté. 1 C'était complètement ignorer la force de l'appétit sensuel.

Comme suite de leurs doctrines pantli isliques, les saint simoniens rejetaient toutes les peines de l'autre vie ; et, pour couronner leur œuvre, ils niellaient (Jenri Saint-Simon cl Enfantin an nombre des premiers-nés de Dieu, DU plutôt ils en faisaient des dieux.

Si les saint simoniens curent quelques succès, ils le durent aux maximes du christianisme qu'ils mêlèrent à leur système. On ne peut nier qu'ils ne les aient souvent développées avec beaucoup de, talent. Une fois qu'ils sortaient du domaine de la vérité révél.'c. ils tombaient dans des cireurs si grossières qu'ils faisaient sourire de pitié. Il en sera ainsi de quiconque voudra édifier en dehors de l'Evangile.

SALOMON, fils de David, et troisième roi des Juifs. Nous ne loucherons point aux actions de ce roi, dont il esl parlé dans lo Dictionnaire historique ; nous nous bornons à satisfaire à plusieurs faux reproches que les incrédules de noire siècle ont faits contre lui dans les livres qu'ils ont écrits pour déprimer l'histoire de l'Ancien Testament.

1" Ils ont dit que Salomon élait né de l'adultère de David et deBclhsabéc. C'est une imposture ; le fruit de cet adubère mourut dans l'enfance, II Reg., c. xm, 18. Salomon naquit du mariage de David avec cclio femme. C'était une alliance condamnable, parce qu'elle avait été procurée par un double crime, mais elle n'était pas nulle ; la polygamie des rois était passée en usage. 2* Ils ajoutent que Salomon avait usurpé le trône sur Adonias, son frère aîné, par les intrigues du prophète Nathan avec Bcthsabée ; qu'ensuite il fil mourir ce frère contre la foi d'un serment. Nouvelles faussetés. Chez la nation juive il n'y avait aucune loi qui déférai le trône au fils aîné du roi ; Sait! cl David y étaient montés parle choix de Dieu, confirmé par le suffrage du peuple. Adonias s'était fait proclamer roi avant la. mort de son père et sans attendre son aveu ; il avait donc mérité par cel attentat de perdre la couronné. Salomon, au contraire , avait été désigné par David pour succéder au trône, et il réunil à ce choix le suffrage du peuple. Le prophète Nathan n'y eut d'autre part que (l'avertit David de la promesse qu'il avait faite, et de l'entreprise d'Adonias, /// Rcg., c. 1 et 11. Salomon jura que si son frère se conduisait en ban et fidèle sujet, il ne perdrait pas un cheveu de sa lélc ; mais cet ambitieux demanda en mariage Abisag, concubine de David, el il ajouta que le trône lui appartenait, III Reg. >c. il, 15. Salomon, indigné de cctle prétention, el de ce que Adonias entretenait dans son parti le grand prêtre Abialhar et Joab, général de l'armée, Le fit mettre à mort, ibid. 22. Il ne pouvait pas lui baisser la vie sans s'exposer à un nouvel attentat. 3" On lui reproche encore la mort de Joab, ancien serviteur de David. La vérité est que ce général n'était rien moins qu'un serviteur fidèle ; c'était un séditieux et un meurtrier. Il avait lue par Iratison Abncr et Amasa, deux officiers dislin

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