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déréglée. Pour amener plus aisément a la foi en rcli on ne Zénobie , reine do Palmyre , dont il avait gagné les booms grâces, il lui déguisa les im stères de la I riniié et de l'Incarnation. Il enseigna qu'il n'y a on Dieu qu'une seule personne, qui est le Père ; que le Fils et le Saint-Esprit sont lentement deux attributs de la Divinité, sous lesquels elle s'est fait connaître aux hommes ; que Jésus- Chrisl n'est pas un Dieu , mais un homme auquel Dieu a communiqué sa sagesse d'une manière extraordinaire , et qui n'est appelé Dieu que dans un sens impropre. Peut-être Paul espérait-il d'abord que celte fausse doctrine demeurerait cachée, et ne se proposait pas de la publier; mais quand il vil qu'elle était connue, et que l'on en était scandalisé, il entreprit de la défendre et de la soutenir. Accusé dans un concile qui se tint à Anlioche l'an 264, il déguisa ses sentiments, et protesta qu'il n'avait jamais enseigné les erreurs qu'on lui imputait ; il trompa si bien les évéques , qu'ils se contentèrent de condamner la doctrine i sans prononcer contre lui aucune censure. Mais comme il continua de dogmatiser, il fut condamné et dégradé de l'épiscopat dans un concile postérieur d'Antiocbe, l'an 270.
Dans la letire synodale que les évoques écrivirent aux autres Eglises , ils accusent Paul d'avoir lait supprimer dans l'église d'Antiocbe les anciens cantiques dans lesquels on confessait la divinité de Jésus-Christ, et d'en avoir fait chanler d'autres qui étaient composés à son honneur. Pour attaquer ce mystère, il faisait ce sophisme: Si Jésus- Christ n'est pas devenu Dieu, d'homme qu'il était , il n'est donc pas consubstantiel au Père , et il faut qu'il y ail trois substances, une principale el deux autres qui viennent de celle - là. (Fleury, Hist. ecclés. , I. vin , n. 1). Si Paul de Samosate avait pris le mot de consubstantiel dans le même sens que nous lui donnons aujourd'hui , son argument aurait été absurde ; c'est précisément parce que le Fils est consubstantiel au Père, qu'il n'y a pas trois substances en Dieu ou trois essences , mais une seule. Il faut donc qu'il ait entendu autre chose. Saint Alhanase a pensé que Paul entendait trois substances formées d'une même matière préexistante , et que c'est dans ce sens que les Pères du concile d'Antioclie ont décidé que le Fils n'est pas consubstantiel au Père. Dansce cas l'argument de Paul est encore plus inintelligible el plus absurde. Toujours estil certain que ces Pères ont enseigné formellement que le Fils de Dieu est coéternel et égal au Père, et qu'ils ont fait profession de suivre en ce point la doctrine des apôtres el de l'Eglise universelle. Voyez Butlus , Def. (idei Nicœn., sect. 3, c. i. § 5, et sect.
Les sectateurs de Paul de Samosate furent aussi appelés paulinicns, paulianistes ou pau~ (ionisants. Comme ils ne baptisaient pas les catéchumènes au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, le concile de Nicéc ordonna que ceux de celte seele qui se réuniraient à
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l'Eglise catholique seraient rebaptisée. I héodorol nous apprend qu'au milieu du v* siècle elle ne subsistait plus.
De '.oui ces faits il résulte qu'au m* siècles, plus de cinquante ans avait le concile de Nicée, la divinité de lésus-CbrisI était la foi universelle de l'Eglise. Yoy. Cossi bstantiri-.. Tillcmont, t. IV, p. 389.
Moshcim , suivant le génie el la coutume do tous les protestants , aurait bien voulu pouvoir justifier cet hérétique contre la censure de ses collègues ; dans l'impossibilité de le faire, il s'esl rabattu à élever des soupçons contre les intentions el les motifs de ces évéques. Il suppose qu'ils agirent plutôt par passion , par baine , par jalousie , qie par un véritable zèle. Peut-cire, dit-il, n'aurailon fait à ce personnage aucun reproche sur sa doctrine, s'il avait été moins riche, moins honoré et moins puissant. Quelle raison ce critique peut-il avoir eu d'en juger ainsi ? Point d'au Ire que sa malignité. Dans la longue discussion dans laquelle il est entré louchant les erreurs de Paul, il ne nous semble avoir réussi qu'à y répandre encore plus d'obscurité qu'il n'y en avait dans ce que les anciens en ont dit. Hist. christ. , sœc. in, § 35
SAMPSÉENS, ou SCBAMSÊENS, sectaires orientaux, desquels il n'est pas aisé de connaître les sentiments. Saint Epiphane, Hœr. 53 , dit qu'on ne peut les mettre au rang des juifs , ni des chrétiens , ni des païens; que leurs dogmes paraissent avoir été un mélange des uns et des autres. Leur nom tient de l'hébreu sc'iemesch , le soleil, pirce que l'on prétend qu'ils ont adoré cet astre ; ils sonl appelés par les Syriens chamsi, el par les Arabes shemsi , ou sham-i , les solaires. D'autre côté , on prétend qu'ils admettaient l'unité de Dieu , qu'ils faisaient des ablutions, et suivaient plusieurs autres pratiques de la religion judaïque. Saint Epiphane a cru que c'étaient les mêmes que les esséniens et les eleésaïtes.
Beausobre , Hist. du Manicli, t. II, I. îx , c. 1 , § 19 , prétend que cette accusation d'adorer le soleil , que l'on intente à plusieurs sectes orientales, est injuste ; qu'elle est uniquement venue de l'innocente el louable coutume qui règne parmi elles d'adorer Dieu au commencement du jour, en se tournant vers le soleil levant. Il dit que les sampséens croient un Dieu , un paradis , un enfer , un dernier jugement; qu'ils honorent Jésos- Christ, qui a été crucifié pour nous, el qu'ils se sonl réunis aux j icobiles de Syrie ; qu'ils sonl humains , hospitaliers , et qu'ils vivent entre eux dans une grande concorde. Tout cela peut être; mais pour l'affirmer il faudrait avoir des preuves. Il nous paraîtra toujours étonnant que Beausobre , qui ne veut pas que chez les catholiques le peuple puisse se défendre de l'idolâtrie en honorant des objets sensibles.se soitobslinéà disculper toutes les sectes d'hérétiques chez lesquelles le peuple est beaucoup plus ignorant que chez les catholiques. Ce qu'il y a de certain, c'est que l'adoration du soleil a été en usage de
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tout temps chez les orientaux , que les Juifs en ont élé coupables plus d'une fois , cl qu'elle est condamnée dans l'Ecriture sainte comme un crime, Dcut., c. iv, v. 19; Job , c. xxxi , v. 20 : Ezech. , c. vin , v. 16.
SA M SON, personnage d'une force prodigieuse , né chez les Israélites , de la tribu de Dan , et qui vengea sa nation subjuguée par les Philistins ; son histoire , rapportée dans le livre des Juges, c. xm et suiv. , a fourni une ample matière à la critique et aux sarcasmes des incrédules. La force, disent-ils, que lui attribue l'historien, est plus qu'humaine , et passe toute croyance. Cet homme, fort déréglé dans ses mœurs , ne méritait pas que sa naissance fût annoncée par un ange; il exerce des cruautés inouïes conlre les Philistins , il finit par un suicide et par le carnage d'un peuple entier ; cependant il est dit que Samson était saisi de l'esprit de Dieu: saint Paul, llebr. , c. xi, v. 33, le met au nombre de ceux qui ont vaincu par la foi, qui ont pratiqué la justice, el qui ont reçu l'effet des promesses : tout cela est inconcevable.
Nous répondons à ces censeurs qu'il y a eu d'autres hommes dont la force excédait de beaucoup la mesure ordinaire, sans qu'il y eût pour cela du surnaturel; que quand celle de Samson aurait élé un miracle, Dieu aurait voulu la lui accorder, non pour luimême , et comme une récompense de sa vertu, mais pour la défense de son peuple; Dieu n'élait pas obligé pour cela de faire de lui un modèle de sainteté. Quand on lit qu'il fut saisi de l'esprit de Dieu, il ne faut entendre par là ni une inspiration surnaturelle, ni une ardeur d'amour pour la vertu. Dans le texte hébreu, l'esprit désigne souvent la colère, l'impétuosité du courage, une passion violente bonne ou mauvaise; et le nom lie D eu se met pour exprimer le superlatif. Glassii Philolog. sacra, p. 592, 1432. Ainsi les Hébreux disaient une frayeur de Dieu pour une grande frayeur, un sommeil de Dieu pour un sommeil profond ; des montagnes ou des cèdres de Dieu pour exprimer leur hauteur. / Iieg., c. xi, v. 6, il est dit que Saiil fut saisi de Vcsprit de Dieu, et qu'il entra dans une grande colère.
Dans le style de saint Paul, la foi est la confiance en Dieu: on ne peut pas nier que Samson ne l'ail eue; la justice est le culte du vrai Dieu : Samson n'est point accusé d'idolâtrie; il a éprouvé l'effet des promesses que Dieu a faites de protéger ses adorateurs, rien de plus. Nous ne voyons là rien d'inconcevable.
Quand on lit qu'il enleva les portes de Gaza, et qu'il les porta à une dislance considérable, il ne faut pas se figurer des portes semblables à celles que l'on voit aujourd'hui dans nos villes murées; c'étaient probablement des barrières telles qu'on les fait pour fermer un parc de bétail; le poids en elail considérable, mais non aussi énorme qu'on se le représente d'abord.
La même histoire rapporte que Sains >n prit trois cents renards, qu'il les attacha
deux à deux par la queue, qu'il y mit le feu, et qu'il les lâcha dans les moissons des Philistins. Quelques critiques, pour rendre c»» fait plus croyable, ont dit que le mémo terme hébreu qui signifie renard, exprime aussi une poignée, une javelle; qu'il est plus naturel d'entendre que Samson lia ensemble des javelles, qu'il y mit le feu, et qu'il les jeta dans les moissons des Philistins. Mais il n'est pas nécessaire de recourir à cette explication ; Morison et d'autres voyageurs nous apprennent que la contrée de la Palestine habitée autrefois par les Philistins est encore aujourd'hui remplie de renards; que souvent les habitants sonl forcés de se rassembler pour les détruire, sans quoi ils ravageraient les campagnes. « Le tschakkal, dit Niébulir, dans sa Description de l'Arabie, est une espère de renard ou de chien sauvage, dont il y a un grand nombre dans les Indes, en Perse, dans l'Arack, en Syrie, près
de Conslantinople et ailleurs Ils sont
souvent assez hardis pour entrer dans les maisons ; et à Bombay, mon valet, qui demeurait hors de la ville, les chassait même de sa cuisine. On ne se donne aucune peine pour prendre cet animal, parce que sa peau n'est pas recherchée. » Le renard nommé schohhal dans le livre des Juges peut trèsbien élre le tschakkal des Arabes. Ce livre ne dit point que Samson ait été seul pour eu prendre trois cents, ni qu'il les ail pris dans un seul jour, ni qu'il les ail lâchés tous à la fois dans les moissons des Philistins.
On demande de quel droit il a ruiné et tai 'lé en pièces les hommes de celle nation. Par le droit de la guerre, dont celui de représailles fait partie. Dans une république telle qu'était celle des Juifs sous les juges, tout particulier avait droit de commencer les hostilités, lorsqu'il se sentait assez fort pour venger sa nation et pour l'affranchir d'un joug étranger. Ainsi en usaient tous les peuples de la Palestine, et en particulier les Philistins.
La mort de Samson n'est point un suicide ; son intention directe n'était point de se détruire, mais de se venger de ses ennemis en les f lisant périr avec lui. On n'a jamais regardé comme suicides les guerriers qui se sonl livrés à une mort certaine dans le dessein de faire payer leur vie par le sang d'un grand nombre d'ennemis. Le temple de Dagon renversé par Samson n'est pas non plus un événement incroyable. Les Philistins étaient vraisemblablement placés sur une galerie portée par deux piliers; Samson les ébranla et fil tomber la galerie; Schaw, voyageur très-instruit, en a vu de semblables dans l'Orient. Eusèhe, Prép. évang.t 1. v, c. 3V, et Pausanias, Voyagis d'Elide, I. ii, c. 9, citent un fait à peu près semblable (ly.
(I) Nos critiques allemands nous prcsenient l'Iiisloire de Samson comme une simple allégorie sans réalité. r<iuus leur répondons, avec les Conférences de Baveux : « Il y a des régies d'interprétation qu'il ta al suivre, au risque d'être emporté à loul veut de d'icirinc, de devenir le jouet de son imagination ou-
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S WICLL, juge iiu peuple de Dieu cl proplièic, dunl l'histoire se trouve dans le premier livrer des Boit. Les incrédule! n'ont
épargné aueune espèce de calomnie pour noircir sa mémoire cl pour donner un aspect ((dieux à toutes les actions de sa vie; nous devons nous borner à répondre aux principaux reprochei qu'ils lui uni rails.
1° Ils l'accusent d'avoir forgé des songes cl des visions afin de passer pour prophète, et de pouvoir s'emparer du sacerdoce et du gouvernement. Faussetés contraires au texte de l'histoire. Samuel était trop jeune, lorsque Dieu daigna se révéler à lui, pour qu il ait pu forger celle révélation par ambition, il fut regardé comme prophète, non parce qu'il eut des songes cl des visions, mais parce que lout Israël reconnut que tout ce qu'il annonçait ne manquait jamais d'an i ver; c'est donc par les événements que l'on jugea que Dieu se révélait à lui, / Ileg.. c. m, v. 19 et suiv. Il ne (éclara point à Héli que Dieu voulait ôter le sacerdoce de sa maison ; au contraire, il lui dil de la pari de Dieu : Je n'ôterai pas entièrement votre race du service de mon autel , chap. n, v. 27 et .';3. Samuel était de la tribu de Lévi et de la famille de Caalli. / Parai., c. vi, v. 23; niais il ne pouvait pas aspirer à la dignilé de grand prêtre, et le peuple n'aurait pas souffert qu'il s'en emparât; s'il a offert des sacrifices, il l'a fait en qualilé de proplièle et non de pontife ; lîlie fit de même dans la suite. Après la mort d'Heli et de ses deux fils, l'arche fui déposée à Gabaa chez Abinadab, et son (ils Eléazar fut consacré pour la garder, J Rcg., c. vu, v. 1 ; sous Sauf, Achias, petit-fils d'Héii, pot tait t'éphod, qui était l'habit du grand prêtre, c. xiv, v. 3; dans la suite ce fut Achimélech, c. xxi, v. 1 :
la dupe des rêveries étrangères, (.'est une loi de bon sens, cl généralement admise, d'entendre les mois lians leur acception naturelle, de prendre les réciis à la lettre, quand l'autorité, ni la nature des choses, ni leurs circonstances, ne forcent à recourir an sens métaphorique-. Or, rien n'autorise à ne voir qu'une allégorie dans l'histoire uV Samson : c'est une relation lidèle, authentique, reçue par les conlempolains, tiansmise jusipi à nous par une tradition cou- Manie de faits merveilleux à la vérité, mais nullement iucroy ables. Si la fable présente quelques traits analogues, c'e-l un plagiat imputable aux poètes qui vécut eut si longtemps après les événements, et qui recueillirent dans leurs voyages toutes les traditions merveilleuses des peuples pour en composer la vie fabuleuse de leurs dieux ei île leurs héros. Les Juifs, au contraire, qui n'avaient aucun contact avec !<■> gentils, ne connurent les emprunts faits à leur histoire que bien des siècles aprè>. Voyez Guérinthirocuer, Hisl. véril. des lemps fabuleux.
i Contrairement à l'auteur de ['Herméneutique sactée, nous ne reconnaissons d'autre principe à la lorce surhumaine de Suuison qu'un miracle habituel; c'était un don particulier fait à ce juge dans l'intérêt d'Israël et de la gloire divine, indépendant des vertus et des mérites de Samwn. La conservation de ses cheveux était la condition de ce privilège comme la marque de son naz.iréal, mais nullement la cause de sa lorce surnaturelle. Smnson et une noble ligure du chrétien, qui peut lotit eu celui qui le fortifie, qui est faible comme le reste des hommes quand il perd la grâce et vil sépare de Dieu. >
il est donc faux que Sumuel ail usurpé le sacerdoce. 11 a encore moins usurpé le gouvernement. La nation i «le son plein gré, lui donna une entière confiance; elle respecta ses décisions, parce qu'elle reconnut que l'esprit de Dieu elail eu lui, c. ni, v. 19. Elle n'eut pas lieu de s'en repentir. Sou* l'administration de ce prophète, le culte du Dieu fut rétabli, l'idolâtrie proscrite, les Philistins furent vaincus et obligés de restituer les villes qu'ils avaient prises, Israël jouit d'une paix profonde, c. vu, v. 3 el 13. Y a-t-il un tilre plus légitime d'aulorilé que le choix el le consentement unanime d'une nation libre? Les chefs ou juges précédents n'en avaient fias eu d'autres. Après que Saul eut élé élu roi, le peuple assemblé rendit un témoignage solennel de la justice, du désintéressement, de la sagesse, de la douceur du gouvernement de Samuel, c xn, v. 3. Ce n'est donc pas là l'exemple que les incrédules devaient choisir pour prouver que le gouvernement des prèlres est mauvais»
2° Ils disent que la demande du peuple qui désira d'avoir un roi déplut au prophète, parce qu'il ne voulait pas que le pouvoir sortit de ses mains ni de celles de ses enf nits ; qu'il (il ce qu'il put pour dégoûter les Israélites de l'idée d'avoir un roi, mais qu'il fut obligé de se rendre à leurs instances. Cependant c'est Samuel lui-même qui nous apprend que Dieu lui ordonna d'acquiescer à la volonté du peuple, c. vin, 7; un ambitieux mécontent n'aurait pas mis cet aveu dans son livre. Il annonça d'avance aux Israélites la manière do:il leur roi les traiterait; c'est par la suite de l'histoire que nous devons juger si sa prédiction fui fausse. Ce peuple fut-il plus heureux sous ses rois que sous ses juges? Samuel fait plus ; lorsque le peuple se rcpenl d'avoir demandé un roi el craint d'en être puni, il le rassure : Ne craignez rien, dit- il, servez fidèlement le Seigneur, n'abandonnez point son culte, et Dieu accom» plira la promesse qu'il a faite de vous protéger, c. xn, v. 20. Cela ne montre pas dans ce prophète un grand regret de ue plus avoir le pouvoir entre ses mains.
3° Il y a lieu de croire, continuent nos critiques, que Samuel jeta les yeux sur Saùl, parce qu'il espéra de trouver en lui un homme entièrement dévoué à ses ordres Après l'avoir sacré pour contenter la multitude, il le renvoya chez lui et le laissa vitra en simple particulier, pendant que lui-même continuait de gouverner. .Mais l'histoire atteste que l'élection de Saiil fut décidée par le sort, c. x, v. 20. Si ce choix avait élé l'ouvrage dû Samuel, il aurait pr. féré sans doule sa propre tribu, et le sort tomba sur celle de Benjamin. Une partie du peuple fut mécontente, c. îx, v. 27; c. x, v. 16; c. xn, v. 27; et Samuel n'approuva point ces murmures. Saùl vécut en simple particulier pendant un mois tout au plus, cl non pendant plusieurs années, c. xi, v. 1; cl dans ce court in'crvalle il n'csl question d'aucun acle d'autorité de la part de Samuel.
k" Les impostures ne coûtent rien à nos
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adversaires, mais louies sont réfutées par l'histoire. Il est faux que, pour déclarer la guerre aux Ammonites, Saiil n'ait pas osé .- 1 ii i r en son propre nom, el qu'il ail donné des ordres au nom de Samuel. Celui-ci était absent, el l'ordre de Saùl élait absolu : Si quelqu'un refuse de suivre Suit! et Samuel, ses bœufs seront mis en pièces. Ce n'est pas sur ce Ion que le prophète avait eu coutume de donner des ordre*, e. xi, v. 7. Il est encore faux qu'il ail été fâché de la victoire que Saùl remporta: il en profita au contraire pour engager le peuple à confirmer l'élection de ce roi, el pour fermer la bouche aux mécontents. Dans l'assemblée qui se tint à ce sujet, Samuel rend compte de sa conduite, il prend le roi même pour juge, il rassure le peuple sur les suites de son choix, il promet au roi et à ses sujets les bénédictions de Dieu, s'ils continuent à le servir; il borne son propre ministère à prier pour le peuple el à lui enseigner la lui du Seigneur, / Reg. c. xi el xii. Encore une fois, ce n'est là ui le langage ni la conduite d'un vieillard ambitieux. Enfin, il est faux qu'il ail traversé les desseins de son roi, l'histoire atteste le contraire.
5° Le roi, continuent les déistes, voulant marcher contre les Philistins, ne jut le faire, parce que le prophète le fit attendre sept jours à Galgala, où il avait promis de se rendre pour un sacrifice. Les Philistins profitèrent de l'absence de Saùl pour remporter une victoire complète. Sans doute Samuel espérait que cet échec rendrai! Saùl odieux, fournirait un prétexte de le déposer et de donner son royaume à un autre. Cependant le roi, lassé d'atlendre, voyant que l'armée se mutinait et désertait, ordonna que l'on offrît le sacrifice sans attendre le prophète. Celui-ci arriva lorsque tout était fini ; il fit au roi des reproches sanglants pour avoir osé empiéter sur les fonctions sacerdotales, crime pour lequel il le déclara déchu de la couronne. Saùl ne put jamais apaiser le saint homme, qui lui-même, contre la loi de Moïse, usurpait ie sacerdoce. — Tissu de faussetés. C'est Jonalhas, fils de Saùl. qui fit le premier acte d'hoslililé, et Samuel ne le désapprouva point. U ne fit point attendre Saùl au delà du temps convenu, puisqu'il arriva le septième jour. S'il y avail des raisons de prévenir ce moment, il ne tenait qu'au roi d'envoyer chercher le prophète. Les Philistins ne remportèrent aucun avantage; au contraire, il est dit seulement qu'il sortit trois détachements de leur camp pour faire du dégât, mais à ce moment même Jonathas, suivi de son écuyer, pénétra dans leur camp cl y répandit la terreur; ils s'entretuèrent et furent entièrement défaits, c. 13 cl 14. Autant de circonstances que Samuel ne pouvait pas prévoir. Saùl n'ordonna poinl le sacrifice, mais il l'offrit lui-même. Pourquoi ne pas le faire offrir par Achias el par les prêtres? Il n'est pas vrai que Samuel ail déclaré Saiil déchu de lu couronne; il lui dit : Si tous aviez clé fidèle à l'ordre du Seigneur, il vous aurait ai* are la royauté a perpétuité, mais
elle ne pas c> a point à vos descendants, c. xin. v. 13. Kn effet, Saùl conserva la royauté jusqu'à sa mort.
6° Saùl vainquit les Amaléciîcs et fit prisonnier Agag, leur roi ; il osa l'épargner contre les ordres de Samuzj ; celui-ci lui en fit des reproches amers, il lui déclara que le Seigneur le rejetait à cause de ce trait d'humanité, el il finit par hacher en pièces le monarque captif. A ce sujet l'on déclamo contre la cruauté de Samuel. Mais consultons toujours l'histoire. C'est Samuel luimême qui avertit Saùl de l'analhème que Dieu avait prononcé contre les Amalécites, Exod., c. xvn, v. IV, el qui lui ordonna de la part de Dieu de l'exécuter, / Reg., c. xv, v. 3; il n'était donc pas jaloux des succès de ce roi. Il lui reprocha, non son humanité, mais son avidité pour le butin ; probablement Saùl n'avait épargné Agag que pour le conduire en triomphe, el peut-être pour en faire un esclave. Il avait donc désobéi à la loi qui défendait de faire grâce aux ennemis dévoués à l'analhème. Aussi reconnaît-il qu'il a péché, non par motif d'humanité, mais par complaisance pour le peuple : faible prétexte. 11 prie Samuel de l'accompagner et de lui remlre en public les honneurs accoutumés; circonstance qui dévoile ses vrais molifs. Avanl de mettre à mort Agag, Samuel lui reproche ses cruautés, et lui déclare qu'il va l'en punir. Les déclamations des incrédubs à ce sujet ne peuvent émouvoir que ceux qui ignorent quelles étaient les mœurs des peuples dans ces temps-là, et comment l'on se faisait la guerre.
7° Samuel, disent-ils, en possession de faire et de défaire les rois, suscita un concurrent à Saùl; il sacra secrètement David, il introduisit à la cour ce traître, auquel Saùl donna sa fille en mariage. Mais bientôt les menées et les projets de David, appuyés par Le prophète, donnèrent à Saùl un chagrin mortel et le plongèrent dans la plus noire mélancolie. Samuel, de son côté, prêcha la révolte et le désordre au nom du Seigneur, et tel!e fut la source de la guerre presque continuel e qui régna dans la suite entre les rois hébreux et leurs prophètes.
Nous ne pouvons répondre qu'en niant les faits, parce qu'ils sont tous faux. Samuel n'a ni fait ni défail les rois, puisque Saùl fut élu par le sort el conserva sa royauté jusqu'à la mort. Samuel ne lui suscita poinl un concurrent, mais il lui désigna un successeur par l'ordre de Dieu, el après la mort d« Saùl ce choix fut ratifié d'abord par la tribu de .luda, cl ensuite par les autres tribus, Il Reg., c. il, v. k ; c. v, v. 3. David n'a jamais tenté de s'emparer de la couronne de Saùl, il a épargné au contraire les jours de ce roi, devenu son persécuteur ; il a laissé régner tranquillement Isboseih, fils de Saùl, sur dix tribus. Voy. David. Ce n'est point Samuel qui introduisit David à la cour; ce dernier y fut appelé à cause de son talent pour la musique, et ensuite à cause de sa victoire sur Goliath. La haine de Saùl contre lui vint de jalousie, et non du ressentiment
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de ses menées; il avait été attaqué de mélancolie avant (Je connaître David, puisqu'il le (il venir pour être soulagé par le son des instruments, I lieg., c. xvi, v. 2:1. Enfin ra roi était si peu mécontent de Sumuel, qu'il voulut encore le consulter après sa mort, et fit évoquer son ombre par la pyfbonltse d'Endor, c. xxvm, v. 11. Jamais Samuel n'a prêché ni le désordre ni la révolte; une preuve de son attachement pour Saùl, c'est qu'il ne cessa de pleurer sa perle, dès !e moment qu'il sut que Dieu était résolu de punir ce roi malheureux, c. xv, v. 23; c. xvf, v. 1.
C'est donc sur un tissu d'impostures grossières, et formellement contredites par l'histoire sainte , que les incrédules ont osé peindre Samuel comme un fourbe et un séditieux qui a tout sacrifié à son ambition et au désir de se maintenir dans un poste usurpé ; qui, dans le regret d'être déchu de son autorité, a fait des efforts continuels pour arracher le sceptre des mains d'un prince qu'il n'avait mis sur le trône que pour en faire son propre sujet. C'est ainsi qu'ils ont entrepris de prouver aux ignorants que tous les prophètes ont été des fourbes, que tous les ministres des aulels sont des méchants , que (oui homme zélé pour la religion est un homme odieux. Mais comment peul-on les regarder eux-mêmes, quand on connaît l'excès de leur malignité?
SANCTIFICATION, SANCTIFIElt. Voy. Saint.
SANCTIFICATION des, FÊTES. Voy. Fêtes, § 5.
SANCTION DES LOIS. On appelle ainsi la raison qui nous engage à observer les lois. C'est en premier lieu l'autorité légitime de celui qui les impose; en second lieu les peines et les récompenses qu'il y attache. Une loi serait nulle si elle était portée sans autorité; et si elle ne proposait ni peine, ni récompense, ce serait plutôt une leçon, un conseil, une exhortation qu'une loi. Dieu, en qualité de souverain législateur de l'homme, attacha une peine à la loi qu'il lui imposa : Ne touche point à ce fruit; si tu en manges, tu mourras.
Comme l'expérience nous convainc que Dieu n'a pas attaché une peine temporelle à la violation de ses lois, ni une récompense temporelle à leur observation, nous avons droit de conclure que celle récompense et cetle peine sont réservées pour l'autre vie, puisque enfin Dieu ne peut pas commander en vain. Tel est le sentiment intérieur qui tourmente le pécheur après son crime, lors même qu'il l'a commis sans témoins et dans le plus profond secret. L'idée d'une justice divine, vengeresse du crime et rémunératrice de la vertu, a été de tout temps répandue chez toutes les nations, et vainement les scélérats font tous leurs efforts pour l'éloulTer. Quand ils se cacheraient au fond de la mert dit le Seigneur, j'enverrai le serpent 1rs blesser par sa morsure [Amos, ix, 3). Personne n'a peint les inquiétudes et les remords des