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méchants avec plus d'énergie que David dans le psaume cxxxvm.
SANCTUAIRE. C'était ch.z les Juifs la parlie la plus intérieure et la plus secrète du tabernacle et ensuite du lemple de Jérusalem, qui renfermait l'arche d'alliance et l<'9 tables de la loi, dans laquelle par ron«équent Dieu daignait habiter plus particulièrement qu'ailleurs. Pour celle rai«on cl a était encore appelée le lieu saint, tancla, ou le lieu très-saint, Suncta sanclorum. Joui autre que le grand prêtre n'osait y entrer, encore ne le faisait-il qu'une seule fois l'année, au jour de l'expiation solennelle. Ce sanctuaire, selon saint Paul, était la figure du ciel, et le graud prêtre qui y entrait était l'image de Jésus-Christ; ce divin Sauveur est le véritable pontife qui esl entré dans les cieux pour être notre médiateur auprès do son Père, Ilcbr., c. ix, v. 2ï. Quelquefois cependant le mot de sanctuaire signifie seulement le temple, ou en général le lira où le Seigneur est adoré; Moïse dit dans son cantique, Exod., c. xv, v. 17, que Dieu introduira son peuple dans le sanctuaire qu il s'est préparé, c'est-à-dire dans le lieu où il veut établir son culte. Peser quelque chose au poids du sanctuaire signilie l'examiner arec beaucoup d'exactitude et d'équilé, parce que, chez les Juifs, les prêtres avaient des poids et des mesures de pierre qui servaient à régler toutes les autres.
Chez les catholiques on appelle sanctuaire d'une église la parlie du chœur la plus voisine de l'autel, dans laquelle se tiennent le célébrant et les ministres pendant le saint sacrifice; dans plusieurs églises elle esl séparée du chœur par une balustrade, et les laïques ne devraient jamais s'y placer. Cette manière de disposer les églises est ancienne, puisqu'elle est calquée sur le plan que saint Jean a donné des assemblées chrétiennes dans l' Apocalypse. On ne s'en serait jamais avisé, <t le lieu de l'autel n'aurait jamaisété appelé sanctuaire, si l'on n'avait pas été persuadé que Jésus-Chrisl y réside d'une manière encore plus réelle que Dieu n'habita il dans l'intérieur du lemple de Jérusalem ; or, les auteurs sacrés disent que Dieu y était assis sur les chérubins. C'en est assez pour prouver que, suivant la croyance chrétienne de lous les temps, Jésus-Chrisl par l'eucharistie est présent en corps el en âme sur nos autels. Nous ne devons donc pas é:re surpris de la fureur avec laquelle les proleslanls ont brûlé, démoli, rasé les églises des catholiques; la fosme même de ces édifices déposait contre eux, el celles qu'ils ont conservées pour en faire leurs prêches ou lieux d'assemblée réclament encore l'ancienne foi qu'ils ont voulu étouffer. Voy. Tc.lise, Edifice. i „,
Le nom de sanctuaire a été employé dans. un sens particulier chez les Anglais, pour signifier les églises qui servaient d'asile aux malfaiteurs ou à ceux qui étaient réputés tels. Jusqu'au schisme de i'Anglelcrre, arrivé sous Henri VIII, les coupables relires dans ces asiles y étaient ài'abii des poursuites de
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la justice, si clans l'espace do quarante jours ils reconnaissaient leurs fautes et se soumettaient au bannissement. Un laïque qui les aurait arrachés de l'asile pendant ces quarante jours aurait été excommunié, et un n clésias'ique aurait encouru, pour ce même fait, la peine de l'irrégularité. Mais ftinghntn a très- bien observé que, dans l'origine, ce privilège n'as ail pas été accordé aux églises pour protéger le crime, ni pour ôter aux magistrats le pouvoir de punir les coupables, ni pour affaiblir les lois en aucune manière, mais pour donner un refuge aux innocents accusés et opprimés injustement; pour donner le temps d'examiner leur cause dans les cas douteux et difficiles à juger; pour empêcher que l'on ne sévît contre eux par des voies de fait, ou pour donner lieu aux évoques d'intercéder pour les criminels, comme cela se faisait souvent. Nous ne devons donc pas être surpris si le droit d'asile a commencé depuis Constantin, et s'il a été confirmé avec de sages modilications par les empereurs suivants. Orig. ecclés., liv. vin, chap. Il, § 3 et suiv. Yoy. Asile.
SANCTDS. Yoy. Trisagion.
SANG. Ce mot, dans l'Ecriture sainte, signifie souvent le meurtre: laver son pied, ses mains ou ses habils dans le sang, c'est faire un grand carnage de ses ennemis. Un homme de sang est un homme sanguinaire; un époux de sang, Exod., c. iv, v. 25, est un époux cruel. Porter sur quelqu'un lo sang d'un autre, c'est le charger ou Je rendre responsable d'un meurtre. Leur sang sera sur eux signifie que personne ne sera responsable de leur mort. Sang seprend aussi, comme en français, pour parenté ou alliance; dans ce sens il e^ dit par Ezéchiel,c. xxxvi, v.5: Je vous livrerai à ceux de votre sang qui vous poursuivront. La chair et le sang signifient les inclinations naturelles et les passions de l'humanité, Malth , c. xvi, v. 17. Nous lisons, G en., c. xlix, v. 11, que Juda lavera sa robe dans le vin, et son manteau dans le sang du raisin, pour exprimer la fertilité du territoire de la tribu de Juda. Le prophète H ibacuc, c. ii, v. 12, dit: Malheur a celui qui bâtit une ville dans le sang, c'est-à-dire en opprimant les malheureux. David, psaume l, v. 16, dit à Dieu: Délivrez-moi des sangs, c'est-à-dire des peines que je mérite pour le sang que j'ai répandu. Saint Paul dit des juifs incrédules, Act., c. xx, v. 26: Je suis pur du sang de tous, pour dire je ne suis responsable de la perle d'aucun. Gènes., c. ix, v. '*, Dieu dit à Noé et à ses enfants : Y ous ne mangerez point la chair des animaux avec leur sang;/c demanderai compte de votre sang et de votre vie à tous les animaux,à tous les hommes, à quiconque ôlera la vie à un autre. Celui qui aura répandu le sang humain sera puni par l'effusion de son propre sang, parce que l'homme (st fait à l'image de Dieu. Levit., c. xvn, v. 10: Si un Israélite ou un étranger mange du sang, je serai irrité contre lui, et je le ferai périr, parce que Came de toute chair est dans le sang et que je vous l'ai donné pour l'offrir sur mon autel,
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comme devant servir d'expiation pour vous, Ces deux lois donnent lieu à plusieurs réflexion*.
On demande, 1" pourquoi défendre aux hommes de manger du sang? Afin de leur inspirer de l'horreur du meurtre. Il est prouvé que les peuples barbares qui se sont accoutumés à boire du sang tout chaud sont tous Irès-cruels, et qu'ils ne font aucune distinction entre le meurtre d'un homme et celui d'un animal. Il n'est pas moins certain que l'habitude d'égorger les animaux inspire naturellement un degré de cruauté. La défense de manger du sang fut renouvelée par les apôtres, Act., c. xv, v. 20. De là quelques théologiens protestants ont conclu que ce D'est pas une simple loi dediscipline ei de police, mais une lui morale portée pour tous les temps, et que l'on doit encore l'observer aujourd'hui. En effet, si l'on s'en tenait à la lettre seule de l'Ecriture sainte, comme le veulent les protestants, nous ne voyons pas comment on pourrait prouver le contraire. Pour nous, qui pensons que l'Ecriture doil être interprétée par la tradition et la pratique de l'Eglise, nous savons que celte loi n'était établie que pour ménager les juifs, et pour diminuer l'horreur qu'ils avaient de fraterniser avec les païens convertis. — 2° L'on demande à quoi bon rendre responsable d'un homicide un animal privé de raison, sur lequel celle menace ne peul faire aucune impression? Afin de faire concevoir aux hommes qu'ils seraient punis sévèrement s'ils attentaient à la vie de leurs semblables, puisque, dans ce cas, Dieu n'épargnerait pas même les animaux I En effet, il fui ordonné dans la suite aux Israélites d'ôter la vie à tout animal dangereux, capable de tuer ou de blesser les hommes, Exod., c. xxi, v. 28. — 3" La loi du Lévitique ne signifie point que les bêtes ont une âme, et que cette âme réside dans leur sang, comme quelques incrédules l'ont prétendu, afin de rendre le législateur ridicule. Le mot âme en hébreu signifie simplement la vie, dans une infinité de passages : or, il n'y a aucune erreur à dire que la vie des animaux est dans leur sang, puisqu'en effet aucun ne peul vivre lorsque son sang est répandu ; et il n'y a point de ridicule à défendre aux hommes de manger ce qui fail vivre les animaux, parce que Dieu seul est l'auteur et le principe de lu vie de tous les êtres animés. — 4" C'est pour cela même que Dieu voulait que le sang lui fût offert, comme tenant lieu en quelque façon de la victime entière, comme un hommage dû au souverain auteur de la vie, pour faire souvenir le pécheur qu'il avait mérité de la perdre en offensant son Créateur. Plusieurs commentateurs ont ajouté que Dieu l'exigeait ainsi, afin de figurer d'avance l'effet que produirait le sang de Jésus-Christ, victime de notre rédemption. — 5° Dieu semble encore avoir voulu prévenir par là chez les Juifs une erreur très-grossière dans laquelle étaient tombés les païens, ol qui a é é pour eux une source de cruautés et d'abominations. En effet, il est certain que les
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païens, cl même les philosophes, étaient persuadés que les génies ou démons que l'on adorait comme des dieux, et auxquels ou at- Irîbuail une âme spirituelle il un rorps subtil, aimaient à boira le sang des victimes, et qu'il eu élail de même des mânes ou des âmes des mûris quand on les évoluait, Sysi . intell, de (Àiduorlli, chap. 5, secl. 3, §21, noies de Mosheim, u. '». L'on sait que c'a élé là une des muses q u i oui donné lieu attX sacrifices de, sang humain. Ol très-bon préservatif conlie celle absurdité meurtrière élail de persuader aux juifs que le sang élail dû à Dieu seul.
Sang de Jésus-Christ. Comme il y avait dans l'ancienne loi des sacrifices pour le péché, et qu'au jur de l'expiation solennelle la rémission des péchés du peuple était censée faile par l'aspersion du sang d'une victime, saint Paul fait une comparaison entre ces sacrifices et celui de Jésus-Chrisl ; Ilebr., c. ix et x.. 11 observe que les péchés ne pouvaient pas être effacés par le sang des animaux; que cette aspersion de son/ ne pouvait purifier que le corps , mais que le sang de Jésus -Christ efface véritablement les péchés, purifie nos âmes, el nous rend digues d'entrer dans le ciel, duquel l'ancien sanctuaire n'était que la figure.
Si la rédemption faile par Jésus -Christ consistait seulement, comme le veulent les sociuiens, en ce que ce divin Sauveur nous a donné d'excellentes leçons, des exemples héroïques de patience, de courage, de soumission à Dieu, eu ce qu'il nous a promis la rémission de nos péchés, et qu'il est mort pour confirmer celte promesse , quelle ressemblance y aurait-il entre le sang de Jésns- Ckrist et celui des anciennes victimes, entre la manière dont les impuretés légales étaient effacées, et la manière dont les péchés nous sont remis? Chez les Juifs la rédemption ou le rachat des premiers-nés consistait en ce que l'on payait un prix pour les sauver de la mort; donc il en a élé de même de la rédemption du genre humain.
Suivant la pensée de saint Paul, de même que le ponlife de l'ancienne lui entrait dans le sanctuaire, en présentant à Dieu le snng d'une victime pour prix de la rédemption générale du peuple, ainsi Jésus-Christ, ponlife de la loi nouvelle, est entré dans le ciel eu présentant son propre sang à son Père, pour prix de la réconciliation des hommes; ce n'est donc pas dans un sens métaphorique, mais dans un sens propre et littéral que le sang de Jésus Christ efface les péchés, cimente une nouvelle alliance, établit la paix entre le ciel el la lerre, est le prix de notre rédemption, etc. De même qu'aucun Israélite n'était exclu de la rémission qui se faisait au jour de l'expiation solennelle, ainsi aucun homme n'est excepté de la rédemption ou du rachat fait par Jésus-Christ , quoique tous n'en ressentent pas également les effets. Si celte rédemption n'était pas aussi réelle el aussi générale que celle de l'ancienne loi, la ressemblance ne serait pas complète et la comparaison que fait saint
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Paul ne serait pas juste. En efTet, selon les
idées socimenucs, on ne peut donner qu'un sens très-abusif aux lilres généraux de Sauveur du monde, de Itédempleur du monde, de Sauveur </<• tous les hommes, de Victime de pi opitialion pour les péekéi du monde entier, que l'Ecriture donne à Jésus-Chrisl ; sa doctrine, ses exemples, le gage de la sûreté «le ses promesses, ne regardent que ceux qui les connaissent, el lout cela n'esl pas connu du monde entier. Si l'on eniend seulement que ce qu'il a fait est suffisant pour sauver tous les hommes, s'il était connu de tous, on pourra dire aussi qu'il est le Sauveur et le Itédempleur des démons, puisque ses souffrances et ses mérites sulfirairnt pour les sauver, s'ils étaient capables d'en piofiter. Voy. Rbdbmeti n, Salut.
SANGUINAIRES. Voy. Anabaptistes
SAP1ENT1AUX (livres.) C'e>t ainsi que l'on appelle certains livres de I Ecriture sainte qui sont destinés spécialement à donner aux hommes des leçons de morale et de sagesse, et par là on les distingue des livres historiques et des livres prophé'iqucs. Les livres sapientiaux sont les Proverbes, l'/s'rclésiaste, le Cuntigue des CMUiitfue*, le livre de la Sagesse et {'Ecclésiastique. Quelquesuns y ajoutent les Psaumes et le li*re de Job ; mais plus communément ce dernier est regardé comme un livre historique. Voy. Hagiographie.
SARA. Voy. Abraham.
SARABAÏTES, nom donné à certains moines errants ou vagabonds, qui, dégoûtés de la vie cénobilique, ne suivaient plus aucune règle, et allaient de vile en ville, vivant à leur discrétion. Ce nom \ ient de l'hébreu sarab, se révolter. Cassien, dans sa quatorzième conférence, les appelle renuitœ, guia jugum regularii disciplina remuant. Saint Jérôme iicii parle pas plus favorablement. Epist. 18, ud Eustocliium, il les appelle remoboth, terme égyptien, à peu près équivalent à celui de sarabaïtes ; saint Renoîi, dans le premier chapi're de sa règle, les nomme girovagues, el en fait un porli ail fort désavantageux.
Les protestants, ennemis déclarés de la vie monastique, ont encore enchéri sur ce tableau ; ils disent que les sarabaïtes vivaient en faisant de faux miracles, en vendant d. s reliques, et en commettant mille autres fourberies semblables; Mosheim, JJist. ecclésiast., ive siècle, u' parte, c. 3, § 15. Mais il y avait assez de mal à dite de ces mauvais moines, sans forger contre eux des accusations fausses. Saint Jérôme dit qu'ils vivaient de leur travail, mais qu'ils vendaient leurs ouvrages plus cher que les autres, comme si leur métier avait ele plus saint que leur vie; qu'il y avait souvent entre eux des dispute-, parce qu'ils ne voulaient être Boom*? à prsonne, qu'ils jeûnaient à l'envi les uns d- s autres, el regardaient le silence ou le secrel comme une victoire, etc. Quand on pourrait leur reprocher d'autres vices, il ne s'ensuivrait rien contre l'état monastique en général : ce serait la vérification de la maxime
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commune, que la corruption de ce qu'il y a de meilleur est la pire de toutes : Optimi corruptio prssim i.
SAT.VN, mot hébreu qui signifie ennemi adversaire, celui qui s'élève contre nous et nous persécute. // Reg., c. xix, v. 22 : Pourquoi devenez-vous aujourd'hui Satan contre moi? III Reg., c. v, v. i : Il ne se trouve plus de, Satan pour vie résister. Matth., c. xvi, v. 23, Jésus-Christ dit à saint Pierre: Retirez-vous de moi, Satan, tous tous opposez à moi. Mais souvent ce terme signifie l'ennemi tlu s ilut, le démon ; il est rendu en grec par 5tâoo).o,-, celui qui nous croise et nous traverse.
11 est dit dans l'Ecriture que ceux qui sont dans les ténèbres de l'idolâtrie sont sous la puissance de Satan. Apoc, c. u, v. li, les profondeurs de Satan sont les erreurs des nicolaïles, qu'ils cachaient sous une mystérieuse profondeur. Saint Paul, J Cnr., c. v, v. 5, livre l'incestueux de Corinthe à Satan, e'esl-à-dire à la haine des fidèles, parce qu'il le refranche de leur société et ne veut plus que l'on ait de commerce avec lui. Entin les opérations de Satan, II Thess., c. il, v. 9, soni de faux prodiges employés par des imposteurs pour séduire les simples et les entraîner dans l'idolâtrie. Y o\j. Démon.
SATISFACTION, est l'action de payer une dette ou de réparer une injure : un débiteur satisfait son créancier lorsqu'il lui rend ce qu'.il lui devait : celui qui en a offensé un autre le satisfait en réparant l'injure qu'il lui a faite. Lorsque le payement est égal à la dette, et la réparation proportionnée à l'injure, la satisfaction est rigoureuse et proprement dile ; elle ne le serait pas dans le cas où le créancier voudrait par pure bonté se contenter d'une somme moindre que celle qui lui est due, et où l'homme offensé consentirait, par un mutif de compassion, à pardonner l'injure qu'il a reçue par une légère réparation.
Il y a une dispute importante entre les catholiques et les socinieus, pour savoir si Jésus-Christ a satisfait à la justice divine pour la rédemption du genre humain, et en quel sens. Les sociniens conviennent en apparence que Jésus-Christ a satisfait à Dieu pour nous ; mais ils abusent du terme de satisfaction, en le prenant dans un sens impropre et métaphorique. Ils entendent par là que Jésus-Christ a rempli toutes les conditions qu'il s'était imposées lui-même pour opérer notre salut, qu'il a obtenu pour nous une rémission gratuite de la dette que nous avions contractée envers Dieu par nos péchés ; qu'il s'est imposé à lui-même des peines pour montrer ce que nous devons souffrir pour obtenir le pardon de nos crimes ; qu'il nous a fait voir, par son exemple et par ses leçons , le chemin qu'il faut tenir pour arriver au ciel ; colin qu'en mourant avec résignation à la volonté de Dieu, il nous a fait comprendre que nous devons accepter la mort de même pour expier nos péchés.— Il est évident que ce verbiage est un tissu de contradictions qui se réfute par
lui-même. 1° SI l'une des conditions que Jésus-Christ s'est imposées pour opérer noire salut a été de mourir pour nous, il s'ensuit qu'en subissant la mort il a po té la peine que nous montions : or, voilà précisément ce que c'est que satisfaire. 2" Comment peuton appeler gratuite la rémission de nos dettes, dès qu'il a fallu que Jésus-Christ mourût pour l'obtenir, et qu'il Faut encore que nous souffrions et nous mourions nous-mêmes, pour obtenir le pardon? 3" Si Jésus- Christ n'est pas mort en qualité de notre répondant, de notre caution, de victime chargée de nos péchés, il est mort injustement ; alors son exemple ne peut nous servir de rien, sinon à nous faire murmurer contre la Providence, qui a permis qu'un innocent lût mis à mort sans l'avoir mérité, h" Dans ce cas, quel sujet avons -nous d'espérer qu'après que nous aurons accepté avec résignation les souffrances et la mort, Dieu daignera encore nous pardonner? 5° Pour prouver que Jésus-Christ n'a pas pu être notre victime, les sociniens objectent qu'il y aurait de l'injustice à punir un innocent pour des coupables, et ils supposent que Dieu a permis la mort de Jésus-Christ, quoiqu'il ne fût ni coupable ni victime, pour des coupables.
Ces sophistes subtils avouent encore que Jésus-Christ est le Sauveur du monde, mais par ses leçons, par ses conseils, par ses exemples, et non par le mérite ou par l'efficacité de sa mort. En confessant que Jésus- Christ est mort pour nous, ils entendent qu'il est mort pour notre avantage, pour notre utilité, et non pas qu'il est mort à notre place, en supportant la peine que nous devions porter pour nos péchés. Ils oublient que Jésus-Christ est non-seulement le Sauveur, mais encore le Rédempteur du monde; or, sous ce mot nous avons l'ait voir qu'appeler la mort de Jésus-Christ, ainsi envisagée, une rédemption, un rachat, c'est abuser grossièrement des termes et prêter aux écrivains sacrés un langage insidieux qui serait un piége d'erreur.
Pour réfuter tous ces subterfuges, nous disons, conformément à la croyance catholique, que Jésus-Christ a satisfait à Dieu son Père proprement et rigoureusement pour les péchés des hommes, en lui payant pour leur rachat un prix non-seulement équivalent, mais encore surabondant, savoir, le prix infini de son sang ; 2° qu'il est leur Sauveur, non-seulement par ses leçons, se» conseils, ses promesses, ses exemples, mai* par ses mérites et par l'efficacité de sa mort; 3" qu'il est mort non-seulement pour notre avantage, mais au lieu de nous, à notre place, en supportant une mort cruelle, au lieu du supplice éternel que nous méritions. En effet, le péché étant tout à la fois une dette que nous avons contractée envers la justice divine, une inimitié entre Dieu et l'homme, une désobéissance qui nous rend dignes de la mort éternelle, Dieu est, à tous ces égards et par rapport à nous, un créancier à qui nous devons, une partie offensée
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qu'il faut apaiser, un juge redoutable qu'il esl qu stion de fléchir. La uUÙ faction rigoureuse doit donc être lotit à la fois le pa\cmt'iil de la délie, l'expiation du crime, le moyen do fléchir la justice divine, domine nous étions par nous-mêmes incapables d'une pareille satisfaction, nous avion» besoin, 1° d'une caution qui se chargeât de notre dclle el qui l'acquittai pour nous; 2" d'un médiateur qui obtînt grâce pour nous ; 3' d'un prélre el d'une victime qui se substituât à noire place et expiât nos péchés p;ir ses souffrances. Or, c'est ce que Jésus-Christ a complètement fait : ainsi l'enseignent les livres saints.
Nous l'avons déjà prouvé au mot Rédempteur, et nous avons l'ail voir le vrai sens de ce terme; nous devons encore démontrer que la rédemption du monde a été opérée par voie de satisfaction, et non autrement, el que les interprétations des sociniens sont toutes fausses. 1° Le prophète Isaïe, c. lui, dil du Messie : 11 a été froissé pour nos aimes ; le châtiment qui doit nous donner la paix est tombé sur lui, el nous avons été guéris par ses blessures Dieu a «us sur lui
l'iniquité de nous tous Il a été frappé
pour les crimes du peuple // dorme sa vie
pour le péché // s esl livré à la mort, et
il a porté les péchés de la multitude. H n'est pas ici question d'un maître ou d'un docteur qui instruit les hommes, qui leur donne des conseils et des exemples, qui leur fait des promesses ou qui intercède pour eux, mais d'une caution, d'une victime qui porte la peine due aux coupables, par conséquent qui tient leur place el qui satisfait pour eux. —2° Le langage esl le même dans le Nouveau Testament. Partout où saint Paul parle de rédemption, il a grand soin de nous apprendre en quoi consiste celle que Jésus-Christ a faite : Nous avons en lui, dit-il, pak son sang, une rédemption qui est la rémission des péchés [E plies. 1,7; Coloss. i, \k). i\ous sommes justifiés par la rédemption qui esl en Jésus Christ, que Dieu a établi noire propitialeur par la foi, dans son sang, pour montrer la justice par la rémission des péchés (Rom. m, ±h). C'est donc en répandant son sang, et non autrement, que Jésus-Christ nous a rachetés, qu'il a été notre rédempteur et noire propitiateur ; et Dieu, en nous pardonnant, a montré sa justice : or, il ne l'aurait pas montrée si elle n'avait pas été satisfaite. 3" C'est pour cela même qu'il est dit, Matth., c. xx, v. 28, que Jésus-Christ a donné sa vie pour la rédemption de la multitude , et, / Tim., c. u, v. 6, qu'il s'est livré pour la rédemption de tous ; 1 Cor., c. vi, v. 20, que nous avons été «achetés par un grand prix, Ce rachat, dil saint Pierre, n'a point été fait à prix d'argent, mais par le sang de l'Agneau sans tache, qui est Jésus -Christ (I Petr. i, 18). Les bienheureux lui disent, dans VApoc, c. v : Vous nous avez rachetés à Dieu par votre sang. Or, celui qui rachète un esclave ou un criminel, en payant pour lui non-seulement un prix équivalent, mais surabondant, ne satisfait-il pas en loute rigueur? V L'A po-
ire ne s'exprime pas autrement en parlant de la réconciliation ou du traité de paix conclu par Jésus-Chritt entre Dieu et les hommes. 11 dit, Rom., c. v, v. 10 : Lorsque nous étions ennemis de Dieu, nous avons été réconciliés avec lui pAn la MORT de son Fils. Dieu, dit-il ailleurs, était en Jésus -Christ, se réconciliant le monde et pardonnant les péchés j7 a fait pour nous victime du péché
celui qui ne connaissait pas le péché (11 Cor. v, 19 e/ 21). il écrit aux Kphésiens, c. n, v. 13 : Vous avez été rapprochés de Dieu pak le sang de Jésus-Christ ; c'est lui qui e.-t notre paix Il l'a conclue en réconciliant à
Dieu pur sa choix les deux peuples en un seul corps. Coloss., c. i, f. 1!) : Jt a plu à
Dieu de se réconcilier toutes choses par
Jésus-Christ, et de pacifier pau le sang dp. sa choix tout ce qui est dans le ciel et sur la terre ; c. n, v. H : Jésus-Christ a effacé la cédille du décret qui nous condamnait, et l'a fait disparaî're en l'attachant à la croix. H n'était pas possible d'exprimer en termes plus énergiques la manière dont Jésus-Christ nous a réconciliés avec Dieu : ce n'a pas éle seulement en nous rendant meilleurs par sa doctrine, par ses exhortations, par ses exemples, ni en obtenant grâce pour nous par ses prières, mais c'a été par sa mort, par sou sang, par sa croix ; donc c'a été en portant la peine que nous avions méritée et que nous devions subir. 5° Jésus-Christ est appelé l'Agneau de Dieu qui ôle le péché du monde, Joan., c. i, v. 29 ; / Petr., c. i, v. 19 ; Apoc, c. v, v. 7, etc. Il est dit qu'il a été fait victime du péché, 11 Cor., c. », v. 21 ; qu'il est entré dans le sanctuaire p ir son propre sang, et a fait ainsi un radial élernel ; que c'esl une victime meilleure que les anciennes ; qu'il s'est montré comme victime pour détruire le péché, etc., Hebr., c. ix, v. 12, 23, 26. Or, les victimes et les sacrifices offerts pour le péché n'élaient-ils pas une amende el une satisfaction payées à la justice divine? 6' Si le ministère de Jésus-Christ s'était borné à nous donner des leçons el des exemples, à nous montrer le chemin que nous devons suivre, à nous faire des promesses, à intercéder pour nous, ce serait très-mal à propos qu'il serait appelé prêtre et pintife de la loi nouvelle, que sa mort serait un s icrifice, el que ses fonctions seraient nommées un sacerdoce, Hebr., c. vu, v. 17, 2i, 20. Tout pontife, dil saint Paul, esl établi pour offrir des dons, des victimes el des sacrifices pour le péché, c. v, v. 1; c. vu, v. 3. Or, Jésus-Christ l'a fail une fois en s'offrant lui-même, c. vu, v. 27. H n'esl pas permis de prendre les termes de saint Paul dans un sens métaphorique el abusif, lorsque l'Apôtre en fail voir la justesse dans le sens propre : il ne dil point que Jésus-Christ est mort pour attester la vérité de sa doctrine et de ses promesses, mais pour détruire le péché, pour absorber les péchés de la multitude, pour purifier nos consciences , pour nous sanctifier par l'oblation de son corps, ihid., c. ix et x, etc. Comment, sinon par voie de mérite et de satisfaction ? Mais les
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protestants, on s'obsiinant à soutenir que huit le sacerdoce de la loi nouvelle consiste à présenter à Dieu des victimes spirituelles, des vœux, des prières, des louanges, des actions de grâces, ont appris aux sociniens à prétendre que le sacerdoce de Jésus-Christ ne s'est pas étendu plus loin.
Il sérail inutile de prouver que, dès la naissance du christianisme, les Pères de l'Eglise ont entendu comme nous les passages de rEcfitare que nous venons do citer ; So- CÎn lui-même est convenu que, s'il faut consulter la iradition, l'on est forcé de laisser la victoire aux catholiques; Pelau , de Incarn., I. 12, c. 9. Grotius a fait un recueil des passages des Pères, Basnage y a joint ceux des Pères apostoliques et des docteurs du second et du troisième siècle, Histoire de V Eglise, I. xi, c. 1, § 5.
Une preuve non moins frappante de la vérité de notre croyance, ce sont les conséquences impies qui s'ensuivent de la doctrine des sociniens. 1° Si Jésus-Christ n'était mort que pour confirmer sa doctrine, il n'aurait rien fait de plus que ce qu'ont fait les martyrs qui ont versé leur sang pour attester la vérité de la foi chrétienne : or, personne ne s'est avisé de dire qu'ils ont souffert et qu'ils sont morts pour n^us, ni qu'ils ont satisfait pour nos pèches, ni que ce sont des victimes de notre rédemption, etc. Us ont cependant souffert pour notre avantage, pour notre utilité, pour confirmer notre foi, pour nous donner l'exemple , pour nous montrer la voie qu'il faut suivre si nous voulons arriver au ciel. 2° En adoptant le sens des sociniens, on ne peut pas plus attribuer notre rédemption à la mort de Jésus- Christ qu'à ses prédications, à ses miracles, à toutes les actions de sa vie, puisque toutes ont eu pour but notre intérêt, notre utilité, notre instruction, notre salut; cependant les auteurs sacrés n'ont jamais dit que nous avons été rachetés par les différentes actions de Jésus-Christ, mais par ses souffrances, par son sacrifice, par son sang, par sa croix. 3 Ils attribuent constamment notre réconciliation avec Dieu à celte mort comme cause efficiente et méritoire, et non comme cause exemplaire de la mort que nous devons souffrir pour l'expiation du péclié. Il est écrit que la mort est la peine et le salaire du péché; mais il n'est dit nulle part qu'elle l'efface, qu'elle l'expie, qu'elle nous réconcilie avec Dieu : noire mort ne peut donc opérer cet effet que par une vertu qui lui vient d'ailleurs, et qu'elle emprunte de la mort de Jesus-Christ. i" La doctrine îles sociniens attaque directement le dogme du pe"ché originel et de ses effets à l'égard le tous les enfants d'Adam. Car enfin, si tous les hommes naissent coupables de ce péché, exclus par conséquent de la béatitude éternelle, il a fallu une rédemption, Mie réparation, une satisfaction présentée a la justice divine pour les rétablir dans le droit et leur reudre l'espérance d'y parvenir. S'il n'en (allait point, Jcsus-Cln lit est mort m ïcim; ses souffrances, son sacrifice, DlCT. DEThÉOL. dogmatique, IV.
n'étaient aucunement nécessaires; tous ceux qui ne le connaissent point, qui ne peuvent profiler de ses exemples, sont sauvés sans lui, cl sans qu'il ait aucune part à leur salut. Dans celte hypothèse, que signifient tous les passages dans lesquels il est dit qu'il a plu à Dieu de tout réparer, de tout réconcilier, de tout sauver par Jésus-Christ ; qu'il est le Sauveur de tous les hommes, surtout des fidèles; qu'il est la victime de propitialion non-seulement pour nos péchés, mais pour ceux du monde entier, etc. ? il s'ensuit encore que Jésus-Christ n'a rien mérité en rigueur de justice, que le nom de mérite est aussi abusif et aussi faux en parlant de lui qu'en parlant des autres hommes. Ainsi encore les protestants, en soutenant que les justes ne peuvent rien mériter, ont fourni des armes aux sociniens, pour enseigner qu'en Jésus-Christ même il n'y a aucun mérite proprement dit. 5° Enfin, comme une des principales preuves de la divinité de Jésus-Christ employées par les Pères de l'Eglise, a été de montrer que, pour racheter le genre humain, il fallait une satisfaction d'un prix cl d'un mérite infinis, par conséquent les mérites et les satisfactions d'un Dieu ; en niant celle vérité, les sociniens se sont frayé le chemin à nier la divinité de Jésus-Christ. Ainsi s'enchaînent les erreurs, et tels sont les progrès ordinaires de l'impiété. Nous ne connaissons point d'objections des sociniens contre les satisfactions de Jésus-Christ, qui n'aient été faites par les prolestants contre les satisfactions des pécheurs pénitents : nous y répondrons par l'article suivant.
Les théologiens mettent en question si Jésus-Christ, étant un seul Dieu avec sou Père, s'est satisfait à soi-même en satisfaisant à son Père; pourquoi non? il suffit pour cela que Jésus-Christ puisse être envisagé sous différents rapports : puisqu'il y a en lui deux natures, deux volontés, deux sortes d'opérations, rien n'empêche de dire que, sous un certain rapport, il a été satisfaisant, et que sous un autre il a été satisfait. En lui ce n'est point Dieu qui a satisfait à l'homme, mais c'est l'homme qui a satisfait à Dieu. Wilasse, de Incarn. , part, n, quœst. 10, art. 1, section l.e'c.
SATISFACTION SACRAMENTELLE. Au mot Pénitence, nous avons fait voir que, pour pardonner le péché, Dieu exi^e des coupables un repentir sincère : or, le regret d'avoir olTensé Dieu ne sérail pas sincère , s'il ne renfermait une ferme résolution d'éviler à l'avenir les péchés, et de réparer autant qu'il est possible les suiles et les effets de ceux que l'on a commis, par conséquent de satisfaire à Dieu pour l'injure qu'on lui a faile, et au prochain pour le tort qu'on lui a causé. Couséquemmenl les théologiens entendent sous le nom de satisfaction, un châtiment ou une punition volontaire que loti exerce contre soi-même, afin de réparer l'injure que l'on a faile à Dieu et le lorl que l'on a causé ai prochain ; et, selon la loi catholique, celle disposition fait parlie essentielle du sacrement de péuie::ce. Les œuvres
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^iiisfacloires soul la prière, le jeûne , les aumônes, la inorliliraiiOH des sens , toutes lei pratiques de piété al de religion faites av« c le secoan de la grâce el par un motif r|e contrition.
Sur ce poinl, le concile de Trenle a exposa la doctrine ca Indique de la manière la plus exacte. Il enseigne que Dieu, en pardonnant le pécheur ci en lui remettant la peine éternelle duc au péché, ne le dispense pas toujours de subir une peine temporelle. « La ju lice divine semble exiger, dit-il, que Dieu reçoive plus aisément en qrûce ceux qui ont péché par ignorance avant le baptême, que ceux qui, après avoir clé délivrés de la servitude du démon et du péché, ont osé violer en eux le lemple de Dieu el contrislcr le Saint-Esprit avec une pleine connaissance. Il est de la bonlé divine de nous pardonner les péchés, de manière que ce ne soit pas pour nous une occasion de les regarder comme des fautes légères, d'en commellre bientôt de plus grièves, et de nous amasser ainsi un trésor de colère, il est hors de doute que les peines salisfactoires nous détournent fortement du péché, mettent un frein à nos passions, nous rendent plus vigilants et plus attentifs pour l'avenir ; elles détruisent les restes du péché elles habitudes vicieuses, par les actes des vertus contraires.... Lorsque nous souffrons en satisfaisant pour nos péchés, nous devenons conformes à Jésus- Christ qui a salUfait lui-même, el duquel vient loule la valeur de ce que nous faisons... Les prêtres du Seigneur doivent donc faire en sorte que la satisfaction qu'ils imposent ne soit pas seulement un préservatif pour l'avenir el un remède contre la faiblesse du pécheur, mais encore une punition et un châtiment pour le passé.,.. La miséricorde divine est si grande, que nous pouvons par Jésus Christ satisfaire à Dieu le Père, nonseulement par les peines que nous nous imposons pour venger le péché , el par celles que le prêtre nous enjoint, mais encore par les fléaux temporels qui nous sonl envoyés de Dieu, et que nous supportons avec patience. » Sess. li, de Pœnit., c. 8 et 9, el can. 12,13 et 14.
Comme loule cette doctrine esl directement contraire a celle des protestants, ils l'ont attaquée de toutes leurs forces ; Daillé a fait eut cette question un traité fort étendu, de Partis et satisfactionibus liumanis, qui nous a paru un chef-d'œuvre de l'art sophistique el de l'entêtement de système, il attaque d'abord le principe sur lequel se fonde le concile de Trente , savoir, qu'en remettant au pécheur la peine éternelle qu'il avait encourue par ses crimes, Dieu ne le dispense pas ordinairement de subir une peine temporelle. Pour prouver le contraire, il soutient, I. 1, c. 1, que les souffrances des justes en cette vie ne sonl ni des peines proprement dites, ni des punitions , mais des épreuves de notre foi, des remèdes à notre faiblesse, des exercices de noire piété. Selon lui, les peines proprement dites sonl celles qui sont infligées pour satisfaire la justice vengeresse ;
ci lui qui punit ainsi un coupable n'a aucun égard î son repentir. Dieu, au contraire, est toujours louché et désarmé par le repentir de l'homme ; les souffrances dont il l'afflige sont des peines paternelles et médicinales, el non une vengeance du péché. Cependant, continue Daillé, on les nomme ptineê dans un sens impropre, t" parce qu'elles et lient infligées autrefois connu une vengeance à ceux qui avaient violé la loi de Dieu ; 2° parce que ce sonl encore des peines vengeresses pour les impies ; 3° parce qu'elles sont arrières aux justes aussi bien qu'aux réprouves ; »• parce que c'est Dieu qui les envoie aux uns et aux autres ; 5° parce que souvent le péché en a été l'occasion , même pour les justes ; ainsi Dieu las châtie de ce qu'ils ont péché, elil les instruit pour qu'ils ne pèchent plus. Celte dernière raison nous parait uno contradiction formelle avec tuul ce qui a précédé.
D'autre part, les théologiens catholiques prouvent la doctrine du concile de Trente, en premier lieu, par l'exemple du premier pécheur, d'Adam lui-même. Avant de le punir, Dieu prononça la malédiction contre le serpent, el lui déclara que la race de la femme lui écraserait la lèle, cVen.,cap. ni, y. 15. Les plus habiles interprètes, mêuie protestants, ne font aucune difficul.é de reconnaître dans ces paroles une promesse de la rédemption, par conséquent le parJon de la peine éternelle accordé à l'homme pécheur ; l'auteur du livre de la Sagesse le suppose ainsi, c. x, v. 2. Cependant Dieu condamne Adam à une peine temporelle, au travail, aux souffrances, à la mort ; il lui en dil la cause : Parce que tu a< mangé du fruit que je t'avais défendu. N'.mporte : Daillé soutient, I. î, c. k, que la mort n'est point une peine du péché originel dans ceux en qui ce péché a été effacé parle baptême ; c'est, ditil, 1° un acte de vertu el de courage comme dans les mari) rs ; 2° dans ce cas et dans plusieurs autres, c'est un exemple très-utile à l'Église ; 3° c'est quelquefois un bienfait , témoin le juste duquel l'l£criture dit qu'il a été enlevé de ce monde, de peur que la malice el la séduction ne corrompissent son esprit el son cœur ; fc° c'est aussi quelquefois un châtiment , comme dans ceux desquels saint Paul déclare qu'il> étaient frappés de maladie et de mort, pour avoir communié indignement. I C>>r., c. n, v. 30. Voici encore une observation contradictoire au principe de Daillé.
Nous lui demandons, 1° quelle différence il peut mettre entre un châtiment el une peine proprement dite ; les auteurs sacrés usent indifféremment de ces deux termes ; Jot parie des peines des innocents, et nomme ainsi ses propres souffrances, c. ix, v. 23 ; c. x, v. 17 ; c. \vi, v. 11. Saint Jean d.tque la crainte est une peine, ou est accompagnée depeme*, / Joan., c. iv, v. 18, etc. Dans une infinité d'endroits les cÀdrtfftenfsdes pécheurs sonl appelés les vengeances de Dieu, quoiqu'ils servent sou vent à les corriger; donc la distinction que fait Daillé entre les peines
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