‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 77 sur 219 · CE · texte numérisé non relu

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non» qu'elle est ulile et salutaire, puisqu'elle porte les fidèles à honorer la Mère de Dieu, à imiter ses vertus , à réi iler des prières, à fréquenter les sacrements, à fraterniser ensemble pour faire de bonnes œuvres. Donc les papes oui bien fait de l'approuver, surtout d.ins un temps où il était nécessaire de prévenir les fidèles contre les clameurs des hérétiques , et de les affermir dans la piété ; mais il est faux que , par celte approbation, ils aient donné aucune sanction à la vision vraie ou fausse de Simon Stock , ni aux erreurs que les Carmes ont pu débiter sur l'efficacité du scapulaire. Au contraire, Paul V a donné une bulle exprès pour proscrire toute conséquence erronée que l'on peut tirer de là, el tout abus que l'on peut en faire.

SCÉNOPÉC.IE. Toy. Tabernacles.

SCEPTICISME en fait de religion. C'est la disposition d'un pbilosophe qui prétend avoir examiné les preuves de la religion, qui soutient qu'elles sont insuffisantes ou balancées par des objections d'un poids égal, el qu'il a droit de demeurer dans le doute jusqu'à ce qu'il ail trouvé des arguments invincibles auxquels il n'y ait rien à opposer. Il est évident que ce doute réfiécbi est une irréligion formelle ; un incrédule ne s'y lient que pour être dispensé de rendre à Dieu aucun cuite, cl de ne remplir aucun devoir de religion. Nous soutenons que c'est nonseulement une impiété, mais encore uno absurdité. 1° C'en est une de regarder la religion comme un procès entre Dieu et l'homme ; comme un combat dans lequel celui-ci a droit de résister tant qu'il le peut, d'envisager la loi divine comme un joug contre lequel nous sommes bien fondés à détendre notre liberté, puisque celle liberté prétendue n'est autre chose que le privilège de suivre sans remords l'instinct des passions. Quiconque ne pense pas que la religion est un bienfait de Dieu, la craint et la déleste dejà ; il esl bien sûr de ne la trouver jamais suffisamment prouvée , et d'être toujours plus affecté par les objections que par les preuves. 2° Il n'est pas moins contraire au bon sens de demander pour la religion des preuves de même genre que celles qui démontrent les vérités de géométrie; l'existence même de Dieu, quoique démontrée, ne porte pas sur ce genre de preuves. Les démonstrations métaphysiques que l'on en donne, quoique très-solides, ne peuvent guère faire impression que sur les esprits exercés el instruits; elles ne sont point à portée des ignorants. 3° La vérité de la religion chrétienne est appuyée sur des faits, il en doit être ainsi de toute religion révélée. Puisque la révélation est uu lait, il doit être prouvé comme tous les auires faits par des témoignages, par l'histoire, par les monuments ; il ne peut el ne doit pas l'être autrement. N'est-il pas aussi démontré en son yenre que César a existé , qu'il y a eu un peuple romain, que la ville de Home subsiste encore, qu'il l'est que les Irois angles d'un triangle soûl égaux à deux angles droits?

lu esprit sensé ne peut pas plus (Jouter d'une de ces vérités que de l'autre. Il y a plus: on peut être indifférent sur la dernière , ne pas se donner la peine d'en examiner et d'en suivre la démonstration, parce qu'on n'a pas l'esprit accoutumé à ces sortes de spéculations ; l'on passera lout au plus pour un ignorant ; mais si l'on montrait la même indifférence sur la vérité des faits , si on refusait d'avouer que César a existé et que Home subsiste encore , on serait certainement regardé comme un insensé. Ces faits sont donc rigoureusement démontrés, pour tout homme sensé, par le genre de preuves qui leur conviennent, el il n'est point d'ignorant assez stupide pour ne pouvoir pas les saisir. 4° La preuve de la religion la plus convaincante pour le commun des hommes esl la conscience ou le sentiment intérieur. Il n'en est aucun qui ne sente qu'il a besoin d'une religion qui l'instruise, qui le réprime, qui le console. Sans avoir examiné les autres religions, il sent par expérience que le christianisme produit en lui ces trois effets si essentiels à son bonheur ; il en trouve donc la vérité au fond de son cœur. Ira-t-il chercher des doutes, des disputes, des objections, comme font les sceptiques? Si on lui en oppose, elles feront peu d'impression sur lui; le sentiment intérieur lui tient lieu de loulo autre démonstration (1). 5° Y a-t-il du bon sens à mettre en question pendant toute la vie un devoir qui naît avec nous, qui l'ail le bonheur des âmes vertueuses , et qui doit décider de noire sort éternel? Si nous venons à mourir sans avoir vidé la dispute, auronsnous lieu de nous" féliciter de notre habileté à trouver des objections? Il n'est que Irop prouvé qu'un sophisme est souvent plus séduisant qu'un raisonnement solide, et qu'il est inutile de vouloir persuader ceux qui ont bien résolu de n'être jamais convaincus. 6° Les sceptiques prétendent qu'ils ont cherché des preuves, qu'ils les ont examinées, que ce n'est pas leur faute si elles ne leur ont pas paru assez solides. N'en croyons rien ; il n'ont cherché el pesé que des objections. Ils ont lu avec avidité tous les livres écrits contre la religion : ils n'en ont peutêtre pas lu un seul composé pour «a défendre ; s'ils ont jeté un coup d'oeil rapide sur quelqu'un de ces derniers , ce n'a été que pour y trouver à reprendre el pour pouvoir se vanter d'avoir lout lu. Dès qu'il esl question d'un fait qui favorise l'incrédulité , ils

(I) L'étal du sceptique a été parfaitement caractérisé dans les lignes suivantes : i Les motifs qui retiennent les sceptiques sont préciséiueul les mêmes que ceux qui déterminent les alliées, l'orgueil, l'indépendance, la répugnance de se soumettre à des lois incommodes. Dans les doutes qu'ils proposent on voit de quel côté penche leur cœur ; l'équilibre apparent dans lequel ils se tiennent cesserait bientôt, si les passions ne soutenaient l'un des bassins de la balance. Ils insistent sur les objections, jamais sur les preuves; loin d'avoir aucun regret do leur incertitude ils se félicitent d'être convaincus. Un malade qui montrerait la même tranquillité lorsque les médecins consultent sur son état, ne paraîtrait pal faire grand tas de la vie. >

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le croient sur parole el sans examen ; ils le qu< Ique autre passade de l'Ec ri ! ti te ;c2* parce

copient , ils le repaient sur le Ion le plus qu'il »'y a aucune question controversée en-

aflirmatif. Vainc ni on le réfutera vingt Ire les différenlaf sectes sur laquelle chienne

foi>, ils ne laisseront pas d'y revenir toujours, n'allègue des passages de l'Ecriture puor

On lésa vus se lâcher contre des critique* é(a\er ion opinion; que le s< us de l'Ecriture

qui ont démontré la fausseté de certains étant ainsi l'objet de toutes les disputes , il

faits souvent avancés par les incrédules ; ces est absarde de le regarder comme le moyen

écrivains sincères ont élé forcés de faire h-ur de les décider*

apologie, pour avoir osé enfin découvrir la Sa M prendre la peine de répondre à ces

vérité el confondre le mensonge, et c'est rasons, les protestants ont répliqué qu'eu

ainsi que nos sceptiques ont cherché de bonne appelant à I autorité de l'Eglise , leeealho-

foi à s'instruire ; les plus incrédules en fait liques retombent dans le même inconvénient;

do preuves Bout toujours les plus crédules qu'il est aussi difficile de savoir quelle esl la

en fail d'objections. vér table Eglise, que de discerner quel est le

Vous ne croyez à la religion, nous disent- vi.ii sens de l'Ecriture; qu'il n'esl pas plus ils, que par préjugé ; soit pour un moment. aisé de se convaiinre de l'infaillibilité de Il nous paraît que le préjugé de la relig on^ l'Eglise , que du vrai ou du faux de touie esl moins blàm tble que le préjugé d'incré- autre opinion. Les incrédules n'ont pas m mdulilé ; le premier vient d'un amour sincère que de juger que les deux partis ont raison, pour la vertu, le second d'un penchant dé- quel un n'a pas un meilleur fondement de cillé pour le vice. La religion a élé le pré- sa foi que l'autre. Hais nous en avons déjugé de tous les grands hommes qui onl vécu montré la différence. 1" Nous avons fail voir depuis le commencement du monde jusqu'à que la véritable Eglise se fait dis< erner par nous; 1'iucrédulilé , qui n'est qu'un libcrli- uncaraclère évident el sensible à loul homme nage d'esprit , a é'c le travers d'un pelil capable de réflexion; savoir, par la catiionoinbre de raisonneurs très-inutiles el sou- licilé, caractère qu'aucune secte ne lui couvent très pernicieux, qui ne se sont fait un lesle , et que toutes lui reprochent même nom que chez les peuples corrompus. comme un opprobre. Il n'esl dans le sein de

Dieu, disent encore les sceptiques , ne pu- l'Eglise aucun ignorant qui ne sente quo nira pas l'ignorance ni le doute involontaires, renseignement universel de celle Eglise est Nous en sommes persuadés ; mais la dispo- un moyen d'instruction plus à >a portée que silion des sceptiques n'esl point une ignorance l'Ecriture sainte, puisque souvent il ne sait involontaire ni un douie innocent, il esl ré- pas lire. Yoij. Catholique, Catholicité, Cillé, hi et délibéré , ils l'uni recherché avec tholicisme. 2° Nous avons prouvé que l'intout le soin possible , et souvent il ne leur faillibililé de l'Eglise est une conséquence en a pas peu coulé pour se le procurer. S'il directe et immédiate de la mission divine des y a eu un cas dans la vie où la prudence pasteurs, mission qui se démontre par deux nous dicte de prendre le parti le plus sûr faits publics, par leur succession el par leur malgré nos Joules, c'est certainement celui- ordination. Les protestants onl supposé fausci ; or, le parti de la religion esl évidemment sèment que celte infaillibilité ne pouvait être le plus sûr. prouvée autrement que par l'Ecriture sainte;

David Hume, zélé partisan du scepticisme encore une fo s, nous leur avons démontré

philosophique , après avoir étalé tous les le contraire. Yoy. Eglise, § 5. sopbismes qu'il a pu forger pour l'établir, C'est par l'événement qu'il faut juger le-

esl forcé d'avouer qu'il n'en peut résulter quel des deux, systèmes conduit au scepti-

aucun bien, qu'il est ridicule de vouloir dé- cisme et à l'increduliié. Ce n'est pas en sui-

truiie la raison par le raisonnement ; que la vanl le principe du catholicisme, mais celui

nature , plus forte que l'orgueil philoso- de la prétendue réforme, que les raisonneurs

phique, maintiendra toujours ses droits con- sont devenus sociniens, deisles, scept ques,

tre ioutes les spéculations abstraites. Disons incrédules. Dans vingt articles de ce Dic-

hardiment qu'il en sera de même de la reli- lionnairc, nous avons fait voir que tous sont

giou , puisqu'elle esl enlée sur la nature; parlis de là, et n'ont fail que pousser les

que si nos mœurs publiques devenaient conséquences de ce principe jusqu'où elles

meilleures , tous les incrédules, sceptiques pouvaient aller. Les incrédules de toutes les

ou autres, seraient méprisés et délestés. sectes u onl presque lait autre cluse que

Dans les disputes qui ont régné entre les tourner contre le christianisme en général

théologiens catholiques et les protestants, les objections que les protestants ont laites

ils se sont accusés mulueKemenl de favoriser contre le Catholicisme. Ce n'est donc pa> à

le scepticisme en fait de religion. Les pre- ces derniers qu'il convient de nous repro-

miers ont dit qu'en voulant décider toutes cber que notre système ou notre mélhode

les questions par l'Ecriture sainte, sans un conduisent au doute universel en fail de re-

aulre secours, les protestants exposaient les ligion. Yoy. Erreir. simples Ddèles à un doute universel, 1° parce

que le très-grand nombre sont incapables 5CHELLIXG. Schelling est l'un ries grands mat-

de s'assurer par eux-mêmes si lel livre de ,resdei!a pWosopIne alleinaude. L exposition de

,,,, ., ' ,, . ses systèmes appartient au dictionnaire t'e philoso-

1 Ecriture est authentique , canonique , ins- phié/Nous n0Ts w.nenter. ™ dooe de parler ici des

pire, ou s il ne l est pas : s il est hdelcment doctrines rie Scheiling dans leur rapport avec la ihéo-

traduit, s'ils en prennent le vrai sens, si ce- hgie. On peut diviser son enseignement en deux

lui qu'ils y donnent n'esl pis contredit par parties distinctes.

SCII

||. de Yalrogcr !es qualifie d'ancien ei de nouveau système. L'ancien système de Schelling renfermait un panthéisme pur, exprimé sous le nom ri' ABSOLU (voy. ce mol). L'absolu qui est souvent décoré du nom de Dieu, d'Etre suprême à qui on donne une providence, esl la substance universelle soumise à des lois in tel ieures el nécessitantes. Si Dieu est quelque chose, il li'esl que l'àme du monde, il se développe fatalement par sa nature et dans sa nature; l'humanité, l'un de ses développements, a révélé son existence personnelle, que l'on doit distingue- de ses modifications. C'est de là qu'on doit partir pour avoir une notion exacte de nos mystères. < ^urce londsde doctrines impies, dit f édition Lefort, d'après M de Yalroger, Schelling étendait prudemment un voile de formules chrétiennes. Il n'y a pas dans notre symbole un seul mystère qu'il ne piétendit éclairer el traduire scientifiquement: la irinité, le péché originel, l'incarnation, la rédemption, devenaient des métaphores ou des allégories pan* thé sliques ; et mus les faits de l'histoire religieuse subissaient les transformations les plus inattendues sous la baguette puissante de ce magicien. Essayons rapidement d'en donner quelque idée.

c Déchéance. Notre activité, suivant Schelling, ne peut dériver de Dieu tout entière ; elle doit avoir une racine indépendante, au moins en ce qui concerne la liberté de [aire le mal. Mais d'où peut venir celle mauvaise moitié de l'homme, si elle ne vient pas de Dieu ? A celte question, voici la réponse du philosophe : Le monde primitif et absolu était tout en Dieu; mais le monde actuel el relatif n'est pas tel qu'il était, et s'il ne l'est plus, c'est précisément parce qu'il est devenu quelque chose en soi (a\ La réalité du mai apparut avec le premier acte de la volonté humaine, posée indépendante ou différente de la volonté divine, et ce premier acte a été l'origine de loul le mal qui désole le monde. Ici on entrevoit confusément deux systèmes bien différents : suivant 1 un, la chute originelle, source de loul mal, c'esl l'individualité, la personnalité; suivant l'autre, le péché primitif a élé un acte de la volonté humaine opposé à la volonté divine. Le premier de ces systèmes a été inspiré par le panthéisme, bien qu'au fond il ne pnUse s'accorder avec lui. Quant au second, il est h. en clairement encore en contradiction avec le principe de l'identité absolue. Comme les plastiques et Jacob Boehnie, dont il emprunte souvent les idées el même le langage, Schelling prétend rattacher ses théories les plus bizarres aux textes de nos livres saints; mais il donne, bien entendu, à ces lexies une signification dont personne ne s'était jamais avisé. — Poursuivons notre exposition.

« Réhabilitation. La chute de l'homme ne brisa pas seulement le lien qui rattachait ses facultés à leur centre ; elle eul dans le monde des résultats immenses. Le monde lui en elfel en dehors de Dieu, de D.eu primitif, île Dieu le t ère. Il agit désormais Comme èire à pari, à peu près comme dans les théories gnosiiques, coepta, l'àme du monde, et les génies émanés de son sein. Mais uii Sauveur devait ramener au pè;e ce qui élaii émané du père ; second Adam, il assembla les puissances disséminées, il rendu a leur piimilive harmonie la conscience du

(a) M. Mjtter ajoute que, suivant Schelling, l'absolu a Cou ;uil le monde (le telle sorte qu'il devint quelque chose par soi; nuis alors C'est donc l'absolu qui esl coupable nu péché originel, l'oir Matler, p. 32, 03. .Schelling axait dit ilans son Bruno : t .S'il arrive que les rires que nous nommons individuels parviennent a une conscience individuelle, c'esl loisqu ils se séparent de Dieu , et qu'ils vivent ainsi dans le [técUé. Mo.-, la vertu constate à faire 3tjiiega'.iou de soi individualité, et à retourner ainsi à

Dieu, source éternelle des individualités. » Biwd, p. 58 au».

monde, el la sienne, celle de l'identité; il redevint le t'ils de Dieu, se soumit au Père, ei rétablit ainsi dans l'unité primitive et divine tout ce qui est. C'est ainsi que l'infini, Dieu, esl rentré dans le fini, le momie. Aussi Dieu, devenu homme, le Christ, a été nécessairement la lin ^a dieux du paganisme. » Malter, p. 51. < L'unité rétablie, l'homme ne peut néanmoins se sauver que par la mort de l'égoïsme, el en participant a* sacrifice du Christ. Or, il faut la puissance divine, le Sainl Esprit, pour faire cesser la division de la volonté el de la pensée humaine. > lbid.

i Histoire de la Religion. — Telle est en substance la théorie de la chine et de la réhabilitation imaginée par Schelling. M. Billanche, M. Cousin, et surtout M. Leroux ont imité ce nouveau gnoslicisme d'une façon plus ou moins timide, plus ou moins hétérodoxe. Mais les vues du philosophe allemand sur le paganisme ont exercé parmi nous une influence beaucoup plus profonde. Longuement développées dans la compilation de. MM. Creuser el Cuigniaut, elles apparaissent souvent dans MM. Cousin, K. Quinet, Leroux, el une multitude d'autres écrivains moins Importants. Mous allons donc les résumer. Dans l'intervalle enire la chute et la réhabilitation, « les facultés de l'homme agissaient instinctivement dans le sens des puissances de la nalure, el lisaient pour ainsi dire dan ? leurs secrets. > C'esl lace qui explique la divination el le prophéiisme, les oracles et les niylhologies. Matler, ibid.

« Toute la substance delà religion chrétienne était cachée dans le symbolisme des mystères païens; elle se faisait graduellement en vertu de la loi du progrès, el, dans les derniers siècles qui ont précédé notre ère, elle élail à peine enveloppée de quelques voiles transparents. Ainsi ce n'est pas seulement chez les Juifs et les patriarches que l'on doit chercher les origines de nos croyances. Chaque peuple de l'antiquité a contribué pour sa part à la lormatiou da notie symbole el de notre culte. Toutes les religions païennes étaient comme les divers chapitres d'une vaste et nécessaire introduction au christianisme. Dupois esl l'un des hommes qui ont le mieux entendu l'histoire des religions. >

M. Schelling avait fait sa théorie a priori sans tenir aucun compte des laits antérieurs. Lorsqu'il eut étudié les faits, comparé ses théories aux données que nous fournissent la croyance el les traditions de tous les peuples, il déclara que, jugeant des choses extérieures el réelles, on n'employait qu'un moyen de connaître la vérilé; que, négligeant les autres, on en avait une idée lort incomplèie. < Nous sentons, en contemplant les choses de ce monde , qu'elles pourraient ne pas être, qu'elles pourraient être autrement, qu'elles sont accidentelles. L'humanité témoigne en notre faveur : le Dieu qu'elle adore est un Dieu personnel et libre. Nous avons encore, pour préférer la méthode historique, tous les instincts qui proies eut eu nous contre le panthéisme. Nous avons les souveraines certitudes de lu morale, qui suppose la liberté de l'homme el la personnalité de Dieu. •

Cette idée était vraie et féconde ; on espéra enfin que le philosophe embrasserait toute la vérité chrétienne. Les protestants le jugèrent catholique décidé : il lui snlfisait en effet de suivre la route dans, laquelle il venait d'entrer pour le devenir. Il lenla de donner une apologie transcendante du chiisti inisme; il oublia le principe de vérilé qu'il avail reconnu el donna à l'imagination el à l'esprit de système beaucoup plus qu'il ne fallait.

t L'analyse, dit l'édition Lefort, d'après M. de Valroger, s'avoue impuissante à donner une idée un peu complète des spéculations inaccessibles dans 1,-squelles s'enfonce l'audacieux penseur. En voici seulement les principales conclusions : Il y a irois

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