‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 78 sur 219 · SC M · texte numérisé non relu

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principes ou facteurs de l'existence (a). D'abord un principe de l'exis ence absolue, indéterminée, en quelque soi h: aveugle et chaotique; puis Une énerge rivale qui lui résiste, et la restreint. La lutte de Ml deux puissances el le triomphe progressil de la seconde oui produit la variété des eues et le développement toujours plus parlait de la création. Ce dualisme est dominé par un troisième principe, qui apparaît dans le inonde avec l'homme, lor-que l'cxislence aveugle a été vaincue. L'homme, l'esprit, possède tous les principes de l'existence ; mais la matière aveugle et entièrement iransligurée en lui. Tout en lui est lumière el harmonie, il est l'image fidèle de Dieu. A l'exemple de Dieu, il esl libre aussi, il esl mat re de rester uni ù Dieu, ou de s'en détacher, de demeurer ou non dans l'harmonie.

i Chute primitive. — « L'expérience seule nous apprend ce (pu s'esi passé. L'état de l'homme atteste la chute. Encore ici le décret esl libre, mais il se réalise d'après des lois nécessaires. L'homme tomba en s'asservissanl au principe de la matière. Un conllu pareil à celui qui produisit la matière dul alors se renouveler. Seulement celte guerre, au lieu de remplir de son trouble les espaces de l'univers, n'agita plus que les profondeurs de la conscience humaine, rendant de longs siècles l'homme lui, pour ainsi dire, dépossédé de lui-même ; il n'était plus l'hôte de la raison divine, mais celui des puissances Titaniques, désordonnées, qui renouvelaient en lui leurs anciennes discordes. > — Alors il dut lui apparaître des dieux étranges que nous ne pouvons plus concevoir; el il ne pouvait s'affranchir de cette tumultueuse vision. La lutte qui avait une pi entière lois produit le monde, produist les mylhologies. La marche de cette luUe lut la même qu'autrefois, el le principe de la matière fut à la lin entièrement dompté. Apiès ces vastes préliminaires, le christianisme parut, créa l'homme, pour ainsi dire.une seconde lois, el le rendit à lui-même el au vrai Dieu.

t Du paganisme. — Ainsi, suivant Scbelling, les mylhologies étaient pour l'homme déchu une nécessité. Notre nature était alors dans un étal très-différent de sou étal actuel ; il ne faut donc point condamner le paganisme ; il éiait une conséquence fatale de la chute, el en même temps une réhabilitation progressive. Les cultes idolàlriques forment une téne ascendante d'initiations de plus en plus lumineu es et pures

€ De la révélation. — Ici Si helling arrive à sa thé ne de la révélation, application assez bizarre el presque inintelligible des hypothèses ontologiques qui servent de point de départ à tout le système. En voici le résumé. — La suite naturelle de la chute était la ruine de l'homme. .Mais la volonté divine intervint pour nous sauver, el réduisit de nouveau le principe de la matière La force rivale, qui avait déjà triomphé de ce principe dans la création, pouvait seule la soumettre de nouveau. Celle force, qui esl le Démiurge, apparut donc soumise à Dieu, et en même temps unie à une race coupable; elle devint le Verbe médiateur. Dans sa lutte contre la matière aveugle, celte puissance divine avait produit d'ubord Us mythologie! ; mais c'était pour elle un chemin el non le but. Les dieux des mylhologies n'existaient que dans l'imagination de l'homme. Le Verbe du christianisme, au contraire, apparut dans nue chair réelle, et se mêla aux hommes, comme une personualilédisiincle- Le christianisme n'est point la plus parfaite des mylhologies ; il les abolit, au contraire, en réunissant l'homme à Dieu, en le faisant, comme autrefois, souverain, non plus esclave de la nalure. il paraît que Scbelling admet l'incarnation, la résurrection, l'ascension ; seulement il les

(a) Nous soupçonnons que Scbelling ne prétend pas trouver ces trois principes seulement dans le monde, rosis aussi dans l'essence divine. Cela fait une singulière Iriuité.

explique à la façon des gnosiiqoee, L'Evangile est à ses yeux une histoire r elle. La religion, dit-il, ne sera point dépossédée par la philosophie; nuit le dogme, au lieu d'éire imposé par une autorité extérieure, sera libremi nt compris et accepté pir Pin elligenee. De n»uveaui temps s'annoncent. Le catholicisme relevait de saint Pierre; la réforme, de sdnt Paul ; l'avenir relèvera d i disciple préféré, de saint Jean, l'apôtre de l'amour ; nous verront enfin l'homme affranchi de toutes les terviindes, et. d'un bout de la terre à l'autre, les peuples prosternés dam une iiièine adoration, nuis par une même ch me.

i Scbelling paraît considérer ces rêveries comme nue apologie transcendait te du christianisme. Mus assurément, si cette religion ne ponv; il è re sauvée que pir de semblables Iransformalioi s, il v aurait fort à craindre pour son avenir; cr Scbelling ne formera pas même une secte snssi nombreuse qtM celle de Y ilentin ou de Swedenborg. Comment ci ellel le vent du doute, qui ébranle tout eu Allemagne, n'emporleiaii-il pa-> ce fragile édifice d'absi raclions fantastiques) Tout cela ne pose sur rien, ni sur la raison, ni sur la révélation. Si le christianisme, ce lirmamenl du monde moral, menaçait j ■mais de s'écrouler, ce n'est pas avec de pireils échafaudages d'hypothèses arbitraires qu'on (mm ni. le soutenir, et empêcher sa mine! Si Scbelliug renonce au panthéisme, il s'efloice encore de maintenir quelques-unes îles erreurs qui en étaient la conséquence dans ses anciennes théories.

c Fatalisme. — L'idée de la liberté est le point capild qui distingue les nouvelles opinions de Scbelling Je ses opinions anciennes. Mais ne semhlc-l elle pas oubliée et même détruite dans les détails, el ne peut-on pas encore trouver à côté d'el e le fatalisme? L'homme, eu effet, e^lapiès sa <hute soumis au mouvement mythologique, el ne p- ni pas s'y soustraire ; il n'e^t plus libre. Le redevieni-il avec le christianisme ? .Nullement. L'es, rit humain se développe dès lors dans la philosophie, comme autrefois dans la mythologie, soua l'empire d'une loi inflexible. Les systèmes se succèdent pour une raison nécessaire, et chacun apporte avec lui une morale différente. Le bien el le mal varient sans ces^e ; ou mieux, il n'y a ni bien, ni mal ; t. ut a raison d'éire en son temps. Plus de règ'e éternelle du ju-le, el par conséquent plus de conscience, plus de responsabilité. La liberté n'a donc pu se trouver que dans

l'acte de la chute Le falilisme pèse sr toui le

reste de l'histoire , et somin- s-nous bien loin avec lui des con»équences morales du panthéisme?

t Le christianisme, d'après Scbelling, se distingue des mylhologies, mais il ne les contredit p is ; sans elles, il n'aurait pu s'accomplir. Elies oui été comme lui inspirées par le Démiurge, ou le Verbe rédempteur ; elles le préparent, elles eu sont, pour ainsi dire, les propylées. Evidemment ce n'est pas là ce que pense le christianisme ; l'idolâtrie et le péché sent pour lui même chose ; il n'excuse d'aucune manière la myli logie. — Scbelling n'e-l pas pins orthodoxe dans ses vues sur le judaïsme. A vrai dire, on ne sait guère à quoi de.neuie bon un peuple élu, une fois que les mytboltigies annoncent et préparent le christianisme. Scbelling seuioutre fort embarrassé de ce qu'il eu doit faire.

i Conclusion. — Ce n'est là qu'une philosophie apocryphe du christianisme : elle ne peui satisfaire ni les philosophes rationalistes, ni les théologiens orthodoxes. Aussi Scbelling ne fait pas école à Berlin. Le roi lui témoigne toujours une haute laveur ; tuais Son succès ne va pas p;us loin. »

SCHISMATIQUE , SCHISME. Ce dernier terme, qui est grec d'origine , Hgnifie division , séparation , rupture, et l'ou appelle idiisi le crime de ceux qui , étant membres de l'Eglise catholique , s'en séparent pour

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