‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 81 sur 219 · SIX · texte numérisé non relu

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pas permis le péché qui nous a fait perdre la justice originelle, cl qui est la cause de nos passions et de nos faiblesses. Mais quelque inutiles que nous soyons à son bonheur, il a daigné donner son Fils unique pour notre rédemption , et pour qu'il fût l'auteur de notre salut. Notre sort éternel n'est doue plus une affaire de justice rigoureuse, mais de grâce et de miséricorde. Nous devons espérer d'être sauvés non parce que nuis le méritons, mais parce que Jésus-Christ l'a mérité pour nous. C'est ce divin Sauveur qui doit être notre juge, et il s'est fait homme, afin d'être plus enclin à nous faire grâce. // a fa'lu , dit saint Paul , qu'il fût semblable en toutes choses à ses frères, afin qu'il fût miséricordieux et qu'il fût le propitiaieur des péchés du peuple [llebr. u, 17). Il dit luimême que Dieu son Père ne l'a pas envoyé dans le monde pour condamner le monde, mais pour le sauver, Joan., c. m, v. 17. Yoy. Miséricorde de Dieu.

De quoi sert donc aux scrupuleux d'argumenter toujours sur la justice de Dieu ? Elle serait terrible sans douie, si elle n'était pas tempérée par une miséricorde infinie, et si elle n'était déjà pas satisfaite par les mérites et par le sacrifice de Jésus-Christ ; mais il est la victime de propitiation pour nos péchés,non-seu' ement pour les nôtres, mais pour ceux dumonde entier [Joan.u, 2). Ce Sauveur charitable ne peut se résoudre qu'avec peine à perdre une âme qu'il a rachetée au prix de son sang. Yoy. Justice de D eu.

Il peut se faire que les scrup îles de certaines âmes viennent quelquefois d'un fonds d'amour-propre et d'un secret orgueil ; elles voudraient être plus parfaites, afin d'être plus contentes d'elles-mêmes, de pouvoir s'applaudir de leurs vertus, de leurs bonnes œuvres, de leur ferveur, de goûter plus de douceur, de consolation dans le service de Dieu. Voilà justement ce que Dieu ne veut pas, parce que celle disposition habituelle serait plus propre à les perdre qu'à les sauver. 11 veut que la vertu soit humble, et que la persévérance soit courageuse; quelques efforts qu'il puisse nous en coûter, il n'y aura jamais de proportion entre les souffrances de cette vie, et la gloire éternelle qui nous est promise, Rom., c. vu i, v. 18.

SCRUTIN, examen des catéchumènes qui se faisait quelque temps avant le baptême ; on appelait aussi scrutin l'assemblée du clergé dans laquelle on procédait à cet examen. C'étaient ordinairement les évêques qui se chargeaient d'achever d'instruire les compétents ou élus quelques jours avant leur baptême. On leur donnait alors par écrit le symbole et l'oraison dominicale, aiin qu'ils les apprissent par cœur; on les leur faisait réciter dans le scrutin suivant, et quand ils les savaient parfaitement, on retirait l'écrit de leurs mains , de peur qu'il ne tombal eulre celles des iufidèles. Enfin l'on comprenait sous le nom de scrutin les cérémonies qui précédaient le baptême , les exorcismes, les onctions sur la poitrine et i'jr les épaules , l'action de loucher les

oreilles et les narines avec de la salive, eu disant : Ourrez-vous, de.

Le P. Ménanl, dans ses notes sur le Sacramenlaire de saint Grégoire, p. 133 et suiv., a rapporté un traité de Ritibus bapti&mi, écrit au i\c siècle par Théodulphc, évoque d'Orléans, où les cérémonies du scrutin sont exposées et expliquées en détail. Voij. Catécuuménat. On prétend qu'il y a encore quelques restes de cet ancien ouvrage à Vienne en Dauphiné et à Liège.

SÉBUÉENS ou SÉBUSÉENS, secte de Samaritains dont parle saint Epiphane; il les accuse d'avoir changé le temps prescrit par la loi pour la célébration des grandes fêtes des Juifs, telles que Pâques, la Pentecôte, la fête des Tabernacles. On prétend que, pour se distinguer des Juifs, ils célébraient la première au commencement de l'automne, la seconde à la fin de la même saison, el la dernière au mois de mars. Parmi les critiques, les uns disent qu'ils étaient appelés sébuséens, parce qu'ils faisaient la pâque au septième mois appelé séba; les autres, qu'ils liraient ce nom du mot sébun, la semaine , parce qu'ils fêlaient le second jour de chaque semaine, depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte; d'autres enfin, que leur nom était celui de leur chef appelé Sébaïa. Tout cela n'est que des conjectures touchant une secte obscure dont l'existence n'est pas trop certaine.

SECRET DE LA CONFESSION. Yoy. Confession.

Skcret des mystères, ou discipline du secret. C'est une question entre les catholiques el les protestants de savoir si, dans les premiers siècles de l'Eglise, l'usage a été de cacher une partie de la doctrine el du culte des chrétiens, non-seulement aux païens, mais encore aux- catéchumènes ; en quel temps cette discipline a commencé ; jusqu'où elle s'est étendue, lorsqu'elle a été établie. Les protestants prétendent qu'elle n'a eu lieu qu'au me ou au iv* siècle, nous soutenons qu'elle date du temps des apôtres.

Si, par doctrine secrète, dit Mosheim, l'on entend que les docteurs chrétiens ne révélaient pas tout à la fois et indistinctement à tous les néophytes les mystères sublimes de la religion, il n'y a rien en cela que l'on ne puisse justifier, il n'aurait pas convenu d'enseigner à ceux qui n'étaient pas encore convertis au christianisme, ou qui commençaient seulement à s'instruire, les doctrines les plus difficiles de l'Evangile, qui sont audessus de l'intelligence hum une. On ne leur apprenait d'abord que les articles les plus simples el les plus évidents , en attendant qu'ils fussent en état de comprendre les autres. Ceux qui donnent plus d'étendue à la doctrine secrète confondent les pratiques superstitieuses des siècles suivants, avec la simplicité de la discipline établie dans le rr siècle, Hist. ecclés., r* siècle, ir part., c. 3, § 8. Il répète la nié. ne chose, Inst.hist. christ* mof., i sine, ne part., § 12. Jamais, dit-il, on n'a caché aux fidèles les dogmes nécessaires au salut, ni les livres saints; jamais on

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