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n'a célébré les ri!es prescrits par Jésus- Christ, de la manière dont les païens célébraient leurs mystères. Il y a bien de la dif lén'nce entre le silence philosophique d;>s pythagoriciens et des autres écoles de la Grèce, entre l'affectation des valenliuiens et des autres gnosliques à cacher leurs dogmes, et la discipline du secret, telle qu'elle était observée, même au 111e et au ivc siècle de l'Eglise. Il y a eu chez les philosophes une double doctrine : l'une qu'ils communiquaient seulement à leurs disciples afùdés, et qu'ils regardaient comme la seule vraie ; l'autre qu'ils divulguaient en public, et qu'ils croyaient utile, quoique fausse et fabuleuse. On a conservé dans le paganisme, sous le nom de mystères, des rites impies et déshonnètes qui avaient été autrefois pratiqués en public. A Dieu ne plaise que l'on attribue aux chrétiens une pareille discipline du secret.
Il y a quelques réflexions à faire sur cet exposé de Mosheim ; nous les ferons ciaprès.
Ringham, quoique intéressé à soutenir le même système, a poussé plus loin la bonne foi, et a fait des aveux importants, Origin. ecclés., 1. x, c. 5. Il prétend que, dans les premiers temps, la discipline du secret ne fut pas rigoureusement observée, et il se fonde sur ce que saint Justin expose aux empereurs païens, dans le plus grand détail, la manière dont on consacrait l'eucharistie dans les assemblées chrétiennes, Apol. 1, n. 65 et 66. Suivant Ringham, le secret des mystères n'a commencé que du temps de Tertullien; il est le premier qui en ail parlé, Apolnget., c. vu, et de Prœscript., c. lxi. Le Clerc le soutient de même, Hist. ecclés., an. 142, § h, et prétend que cette discipline a été introduite à l'imitation des mystères des païens.
Or, on cachait aux païens et aux catéchumènes , 1° la manière d'administrer le baptême ; 2° l'onction du saint chrême ou la confirmation ; 3" l'ordination des prêtres ; k° la liturgie, ou les prières publiques ; 5" la manière dont on consacrait l'eucharistie; 6° on ne leur révélait pas d'abord le mystère de la sainte Trinité, on ne leur enseignait qu'après un certain temps le symbole et l'oraison dominicale. On en agissait ainsi, continue Ringham, afin de ne pas exposer nos dogmes au mépris et à la dérision de ceux qui les entendraient mal ; en second lieu, afin d'en donner une haute idée, et de les rendre respectables ; en troisième lien, afin d'inspirer aux catéchumènes plus d'empressement de les apprendre. Ce même critique cite des preuves positives de ce qu'il avance, le fait est donc incontestable. On peut le voir encore dans Fleury, Mœurs des chrét., % 15 ; dans un traité de l'abbé de Valmou i, sur le secret des Mystères, et dans un autre du P. Merlin, jésuiie, sur les Paroles ou les Formes des sacrements ; il fait voir que l'on s'est abstenu pendant très-longtemps de mettre ces formules sacramentelles par écrit, et que le eecrel des mystères a été ob-
servé à certains égards jusqu'au xir siècle. Sur tous ces faits nous observons, 1" que Ringham et Mosheim, quoique protestants et instruits l'un et l'autre, s'accordent assez mal. Le premier dit que l'on ne révélait pas d'abord aux catéchumènes le mysière delà sainte Trinité , qu'on ne leur enseignait qu'après un certain temps le symbole et l'oraison dominicale ; l'autre soutient que l'on n'a jamais caché aux fidèles les dogmes nécessaires au salut, ni les livres saints. Certainement les dogmes renfermés dans le symbole, et en particulier celui de la Trinité, sont nécessaires au siluf, et si l'on avait mis d'abord l'Evangile à la main des catéchumènes, ils y auraient appris l'oraison dominicale. Celte différence d'opinions entre nos deux savants, montre que les protestants ne voient les faits de l'histoire ecclésiastique que conformément à leurs préjugés. Mosheim , dans un autre ouvrage, convient du même fait et le prouve, Hist. ecclés., ne siècle, § 34, p. 304 et 305. Mais il trouve mauvais que l'on ait tenu celle conduite ta l'égard des catéchumènes. Elle est en effet directement contraire à celle des protestants, qui veulent que l'on mette d'abord une bible à la main d'un prosélyte, que la liturgie soit célébrée en langue vulgaire, que les simples fidèles y aient autant de part que les ministres de l'Eglise, etc. — 2" Comme on ne peut plus contester la pratique des premiers siècles, nous concluons que le secret des mystères est une des raisons pour lesquelles les anciens Pères ne se sont pas expliqués clairement sur l'eucharistie, sur les autres sacrements, sur le culte des sainl9, el sur les autres dogmes contestés par les prolestants. De même qu'il y aurait eu du danger à exposer aux yeux des païens nos mystères, il y en avait aussi à les rendre témoins de notre culte ; ils n'auraient pas manqué de juger qu'il était à peu près le même que le leur. Si les premiers chrétiens avaient eu de l'eucharistie la même notion que les protestants, il n'y aurait eu aucune raison d'en faire un mysière aux. païens. Nous ne savons pas ce qu'a entendu Mosheim, lorsqu'il a dit que les chrétiens n'ont jamais célébré leurs mystères comme les païens faisaient les leurs ; s'il a voulu dire que l'on n'y a jamais gardé le même secret, il a certainement tort. — 3° Il n'en impose pas moins, lorsqu'il prétend que cette observation du secret a dégénéré en pratique superstitieuse dans la suite, et a produit du mal dans l'Eglise; c'est une imagination de sa part qu'il est important de réfuter. Dans son Histoire chrétienne, ne siècle, § 34, note, p. 303 et suiv., il dit que comme les chrétiens cherchaient à confirmer par l'Ecriture sainle les opinions des philosophes qui leur paraissaient vraies, ils avaient aussi l'ambition d'expliquer par les opinions des philosophes la doctrine simple des livres saints, afin d'attirer plus aisément les philosophes au christianisme, mais qu'il y eut plus de prudence el de précaution chez les uns que chez les autres. Quelques-uns, dit-il, eu-