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duel, elle déprime la raison particulière pour exaller 1» raison générale; comme lui, elle déclare absolue, nécessaire, infaillible cette idole de l'esprit propre ; comme lui aussi, elle prétend l'imposer aux hommes comme l'unique, fondement , le seau de la vérité. Estai sur l'indifférence, vol. 11, p. 19 et 20, comme le principe de la science et de la certitude. C'est la voix de Dieu se révélant infailliblement par la raison générale ! C'est Dieu lui-même incarné, pour ainsi dire , dans le sens commun de tous les hommes ! Alors , je le demande, qu'est-ce que Dieu . qu'estce que l'homme , que sont-ils l'un pour l'autre ? Oublions-nous donc que l'homme d'aujourd'hui n'est plus l'homme primitif , que son âme et son esprit ont élé pervertis, qu'il naît dégradé par un vice originel? lit c'est cette intelligence tombée, c'est cette raison esclave du temps et de l'espace , jouet de toutes les vicissitudes du monde , qu'on identifie avec la Sagesse étemelle !... c'est la parole d'une telle raison qu'on met au niveau de la parole de Dieu 1 El qu'on ne nous accuse pas d'abuser des expressions de l'auteur, pour lui imputer ce qui ne lui appartient pas ! Non ; car on lit textuellement dans son livre les propositions suivantes : < Notre raison est la raison de Dieu, notre parole n'est que sa parole. > Essai sur l'indifférence, vol. Il, p. 93. On y lu : i Qu'est-ce que la tais m, si ce n'est la v rite connue. > lb., p. 92. On y lit : < Dieu est, parce que tous les hommes attestent qu'il est. » lb., p. 77. Donc, c'est la raison qui fait Dieu par son attestation ! On y lit : < Une science est un ensemble d'idées et de faits dont on convient. > Ibid., p. 21. Donc, ce sont les conventions de la raison qui l'ont la science et la vérité ! On y lit î « La raison privée ne peut avoir que des opinions : les dogmes appartiennent à la société. • Ibid., p. 129. Donc, c'est la raison générale qui fait les dogmes, comme la raison privée fait les opinions ! Or, je le demande, n'estce pas là faire l'apothéose de la raison humaine ? N'est-ce pas la déclarer la source du bien, du vrai, du juste, de lotit ee qui esi sacré, infini, éternel ? N'est-ce pas la mettre à la place de Dieu même ? Non, encore une fois, il n'est pas possible que l'auteur ail vu toute la portée de son système. Il a voulu donner aux hommes du siècle une philosophie universelle ou catholique ; et, faute d'une science profonde de Dieu et de l'homme, à laquelle l'ima»inalioo U plus huilante et le talent le plus admirable ne peuvent suppléer, il leur a présenté une doctrine vaine et dangereuse, qui n'est eu vérité ni philosophique, ni catholique,
< Elle n'est point philosophique, car il u'y a point en elle de principe de science, el elle Ole tout moyen d'en acquêt ir, puisque, interposant sans cesse un témoignage humain eut' e l'homme et la vérité, elle lui en ferme l'accès. Elle détruit la possibilité de l'évidence, puisque le témoignage général, qui est déclaré le moyen nécessaire, Essai sur l'indifférence, vol. Il, p. 81, pour parvenir à h connaissance de la vérité , peut nous porter a croire, mais ne peut en aucun cas nous biire voir. Or, qu'est-ce que la science sans l'évidence? Elle dégrade l'intelligence humaine, laite pour contempler la vérité; elle l'aveugle, pour ainsi dire, en la réduisant au témoignage, comme principe unique de la certitude. Imposant ce témoignage comme infaillible , comme une autorité suprême et sans appel , à laquelle chacun est tenu de se soumettre sans léscrve et dans tous les cas, sous peine d'être déciar.', Essai sur l'indifférence, vol. Il, p. 2U, fou, ignorant, in-pie, elle attente à la plus noble piéio^alive de l'homme, à sa liherlé, par laquelle il a le pouvoir d'accorder ou de refuser son assentiment à ce qu'on lui propose. Ainsi, la doctrine du sens commun détruit le moyeu de la science, rend l'évidence impossible, dégrade l'intelligence, fait violence à la liberté morale... E l-ce là une doctrine philosophique ?
« EH* n'est non plus catholique ; car d'abord , comme doctrine spéculative, elle tend à substituer à la seule autorité vraiment infaillible , qui est celle de Dieu, une autorité humaine ; celle du sens commun ou de la raison générale. Elle réclame, pour cette autorité purement humaine , la foi qui n'est due qu'à la parole divine; et ainsi elle tend à is 1er l'homme du ciel , en substituant à la première de louies les vertus surnaturelles, la foi en Dieu fondée sur la parole de Dieu, une croyance humaine en la parole humaine. Elle tend à confondre l;s révélalions spéciales et les tradiiions sacrées avec une prétendue révélation générale, que Dieu aurait faite de lui-même dans lous les temps, dans tous les lieux, à tous les hommes; en sorte que cette révélation générale, qui se fait constamment par le sens commun, par la raison de lous, serait le critérium pour juge de la révélation spéciale, laquelle serait estimée en raison de sa conformité avec le sens commun, dont elle tirerait sa valeur et sa sanction. La foi catholique, a-t-on dit, n'est que le sens commun dans les choses de Dieu. Catéchisme du sens commun p. 60.
« Comme doctrine pratique, elle ne s'accorde pas mieux avec la morale chrétienne; car, bien loin (|ue l'enseignement évangélique donne l'assentiment commun pour règle de conduite, il recommande au contraire d'éviter la voie large où marche le plus grand nombre. Il affirme que la sagesse du siècle (et c'est bien là le sens commun ou la raison générale), il affirme que celte sagesse est folie devant la Sagesse éternelle, comme aussi la Sagesse d'eu haut est folie aux yeux du monde. 11 parle de la croix , scandale aux juifs , folie aux gentils ! La doctrine de la croix était donc conlraire au sens commun, puisqu'elle lui paraissait une folie; elle révoltait I;» raison du grand nombre, puisqu'elle lui était un scandale ! Et ceux qui ont professé la foi chrétienne en face des nations et l'ont scellée de leur sang, les martyrs, les martyrs qui, si nombreux qu'ils soient, étaient encore en minorité au mil, eu de la l'ouïe des païens , ils n'auraient donc été que des insensés ! Enfin , le divin Maître demande à ses disciples si , dans les derniers temps, il trouvera encore de là foi sur la terre. Est-ce que tant qu'il existera des hommes sur cette terre, le sens commun peut manquer, la raison générale défaillir ? Son autorité ne doit-elle pas plutôt augmenter avec les générations et les siècles ? N'aura-l-elle pas atteint son plus haut point à la fin des temps ? Et cependant , suivant la parole évangéli.iue , la foi alors sera au plus bis degré ! La loi catholique n'est donc pas le sens commun ; ou , si elle l'est, il viendra un temps où, la pre-que totalité des hommes ayant perdu la foi ', il n'y aura plus de sens commun; son autorité, du moins, ne sera plus infaillible; il ne sera plus le sceau de la vérité.
t II est à regretter que le célèbre auteur de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion , en nous inonlraiii avec tant de force que cette indifférence est devenue aujourd'hui presque universelle dans le monde, se soit oté à lui-même le moyen de la blâmer el de la combattre. De quel droit sa raison privée s'onpose-l-elle à la raison générale du siècle ? Prélend-t-il que son sens particulier prévale contre le sentiment du grand nombre ? S'il le prétend, que devient son système? Et, s'il ne le prétend pas, pourquoi a-l-il l'ait son livre ? Du reste, celte doctrine, malgré le talent remarquable avec lequel elle a élé présentée, malgré le luxe d'érudition dont elle est chargée, et lous les (bannes du style dont on l'a ornée, a exciié peu d'intérêt, a trouvé peu de sympathie dans les hommes du siècle, qui veulent de l'évidence el non de l'autorité , qui veulent voir la vérité par eux-mêmes et non la recevoir sur le témoignage d'anlrui. Ils n'ont point cru qu'on put faite de la philosophie par commission, que le sens corn-
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mira dispensât de savoir, et que l.i raison de l"iii le monde fïll chargée de penser pour la raison île eha- » un. C'est dans les é«oles ecclésiastique! qu'elle a produit le plus 4'eflet. Elle annonçait une philosophie fond: e sur le prmeip* d'autorité, sur la foi, une philosophie catholique ; et celle philosophie de foi devait être en inèuic temps l'expression de la raison universelle; et on pouvait l'acquérir par un moyen simple, facile, à la portée de tous, le sens commun Et ce sens commun, qui appartient à tous , et qui est donné sans travail à chacun , était proclamé la source unique de la science, de la cerliiude, le critérium infaillible, le sceau de la vérité ! Ces magniliques promesses étaient faites avec assurance par un homme d'un grand talent, d'une raison forte, d'une imagination ardente, dont la parole est énergique, éclatante, souvent passionnée !... Est-il étonnant qu'elles aient entraîné une jeunesse simple, peu expérimentée, sans connaissance des hommes et du monde ? >
SEPT, nombre septénaire. Ce nombre élait en quelque manière sacré chez les Juifs, à cause du sabbat qui revenait le septième jour; la septième année élait consacrée au repos de la terre, et les sept semaines de sept années, qui faisaient quaranteneuf ans, précédaient le jubilé que l'on célébrait la cinquantième ; il y avait sept semaines à compter entre la fête de Pâques et celle de la Pentecôte, etc. De là le nombre sept se trouve continuellement dans l'Ecriture; il y est parlé de sept Eglises, de sept chandeliers, de sept branches au chandelier d'or, de sept lampes, de sept étoiles, de sept sceaux, de sept anges, de tept trompettes, etc. Ainsi ce nombre sept se met pour tout nombre indéterminé. Ou lit, liuth. c. iv, v. 15 : Cela vous est plus avantag<ux que d'avoir sept fi1 s, c'est-à-dire un grand nombre de fils. Prov.. c. xxvi, v. 1G : Le paresseux croit être plus habile que sept hommes qui parleraient par sentences, c'est-à-dire que plusieurs personnes éclairées. Saint Pierre demande à Jésus-Christ : Seigneur, lorsque mon frère aura péché contre moi, combien de fois faut-il que je lui pardonne ? jusqu'à sept fois? Le Sauveur lui répond: je ne vous dis pas jusqu'à sept foi?, muis jusqu'à septante fois sept fois, c'est à-dire tans fin et toujours (Matth. xviu, 12). Il n'est donc pas étonnant que ce nombre ail été affecté dans les cérémonies de religion ; les amis de Job offrirent en sacrifice sept veaux et sept béliers; David, dans la translation de l'arche d'alliance, fil immoler ce même nombre de victimes; Abraham en avait donné l'exemple en faisant à Abimélech un présent de sept brebis pour être immolées en holocauste sur l'autel à la face duquel il avait fait alliance avec ce prince.
Le nombre sept était aussi observé ehez les païens, tant à l'égard des autels que des viciimes ; ce rite paraît avoir été affecté par allusion aux sept planètes, et les magiciens prétendaient que ce nombre avait la vertu d'évoquer les génies planétaires, et de les faire descendre sur la terre pour opérer des prodiges. Chez les païens c'était une superstition, puisque ce rite élait fondé sur la même erreur que le polythéisme; il u'eu
élait pas de même chez les Juifs; il n'y avait ni erreur, ni abus, ni indécence à rappeler 1(5 souvenir de ce qui est dit dans l'histoire de la création, que Dieu bénit le septième jour et le sanctifia : c'était un préservatif contre le polythéisme cl contre l'idolâtrie, de mémo que la célébration du sabbat. On ne nous accusera pas sans doute de superstilion, parce qu'au lieu de compter par sept nous comptons par dizaines, en nous servant des dix doigté de nos mains.
Au mol Semaine, nous avons vu qu'il n'est pas certain que cetie manière do compter les jours par sept, observée chez les païens, ail fait allusion aux sept planètes puisqu'elle a eu lieu chez les peuples qui n'avaient aucune connaissance de l'astronomie. Peut-être que chez tous c'a été un reste de la tradition primitive que les nations tombées dans l'ignorance ont conservé, après en avoir oublié l'origine.
SEPTANTE. La version des Septante est une traduction grecque des livres de l'Ancien Testament, à l'usage des Juifs de l'Egyplo qui n'entendaient plus l'hébreu; c'est la plus ancienne et la plus célèbre <le (ouïes. Il est à propos d'en connaître, 1° l'origine, 2" l'estime que l'on en a faite, 3° les autres versions grecques auxquelles elle a donné lieu, h" les principales éditions qui en oui été faites
I. Le plus ancien auteur qui ait fait l'histoire de celle version se nomme Aristée et se qualifie officier aux gardes de Plolémée- Philadelphe, roi d'Egypte; on prétend qu'il était de l'île de Chypre, et juif prosélyte. 11 raconte en substance que Plolémée-Philadelphe , voulant enrichir la bibliothèque qu'il formait à Alexandrie des livres les plus curieux, chargea Démélrius de Phalère, son bibliothécaire, de se procurer la loi des Juifs. Démélrius écrivit de la part de sou maître à Eléazar, souverain sacrificateur de Jérusalem, lui envoya trois députés avec des présents magnifiques; il lui demanda un exemplaire de la loi de Moïse, et des inlerprètes pour la iraduire en grec. Aristée prétend avoir été lui-même un des trois députés. 11 ajoute que la demande leur fut accordée, qu'ils rapportèrent un exemplaire de la loi de Moïse écrit en lettres d'or, et qu'ils ramenèrent avec eux soixante-douze anciens pour le iraduire en grec ; Piolémée les plaça dans l'île de Pharos près d'Alexandrie, avec Démélrius de Phalère, et l'ouvrage fut achevé en 72 jours. Cela se fit, suivant plusieurs chronologistes, 277 ans avant Jésus-Christ, suivant d'auires 290 ans. Aristobule, autre juif d'Alexandrie, philosophe péripaléticien, qui vivait cent vingt-cinq ans avant notre ère, et dont il est parlé dans le second livre des Machabées, c. i, v. 10, rapportait h même chose dans un commentaire qu'il avait fait sur les cinq livres de Moïse. Cet ouvrage est perdu, il n'en reste que des fragments cités par Clément d'Alexandrie et pal Eusèbe. Origènc parle de cet Aristobule, fait cas de ses écrits et de ceux de Philon, I. iv, contre Celse, n 51. Philon, autre juif d'A-
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1 lexandrie, qui vivait du Ictnps de Jésus- Christ, dil les mêmes choses qu'Aristée, I. ii. de Vita Mosis; il paraît persuadé que les soixante-douze interprètes étaient inspirés de Dieu; il cite ordinairement l'Ecriture selon leur version, et non selon le texte hébreu. Josèphe, qui a écrit vers la fin du ier siècle, ne change presque rien à la narration d'Arislée, Préamb. des Antiquités judaïques, I. xn, c. 2. Vers le milieu du ne siècle, saint Justin était allé à Alexandrie, où les Juifs lui racontèrent la même chose ; ils ajoutèrent que les soixante-douze interprèles avaient été logés dans soixante douze cellules différentes, et avaient écrit séparément ; mais qu'après le travail fin', leurs verstons, par un prodige singulier, se trouvèrent parfaitement conformes. On lui fil voir, dit-il, dans l'île de Phares, les ruines ou les vestiges de ces soixante-douze cellules. Saint lrénée, Clément d'Alexandrie, saint Cyrille de Jérusalem, saint Epiphaneel d'autres Pèr« s de l'Eglise ont adopté cette tradition, et quelques-uns y ont ajouté de nouvelles circonstances; mais aucun n'a cité d'autres monuments que ceux dont nous venons de parler. Saint Jéiôme, convaincu par lui-même des défauts de la version des Septante, n'ajouta aucune foi à la narration d'Arislée ni à la tradition des Juifs.
Que cette narration ait renfermé des circonstances fabuleuses, c'est un point dont on ne peut p: s disconvenir. La dépense que cet auteur suppose faite à ce sujet, et qui se monterait à près de cinquante millions de no re monnaie; l'exemplaire delà loi écrit en lettres d'or, le nombre précis de soixantedouze interprètes, les cellules dans lesquelles on les renferma, la conformité miraculeuse de leurs versions, etc., sont évidemment des fables inventées après coup par les Juifs d'Egypte, pour donner du crédit à leur version grecque des livres saints.
Plusieurs critiques, surtout parmi les protestants, sont partis de là pour révoquer en doute le fond même de la narration. Us ont regardé Aristée et Aristobule comme deux auteurs supposés; ils ont conclu que l'on ne sait ni par qui, ni comment, ni en quel temps la version grecque de l'Ancien Testament a été faite en Egypte ; que les Pères de l'Eglise se sont laissé tromper par le roman que les Juifs ont forgé; que Philon et Josèphe ne méritent aucune croyauce, que ni l'un ni l'autre ne se sont pas fait scrupule d'en imposer pour donner du relief à leur nation. C'est le sentiment de Hody, professeur en langue grecque dans l'université d'Oxford ; de Dupin, qui a fait un extrait du livre de Hody ; du docteur Prideaux, Hist. des Juifs, I. ix, t. 1, p. 372 et suivantes; il a été suivi par la plupart des autres écrivains, mais ils ont trouvé des contradicteurs.
En 1772, on a donné à Rome la version grecque de Daniel faite par les Srplante, copiée autrefois sur les Tétraples d'Origène, et tirée d'un manuscrit du cardinal Chigi, qui a plus de huit cents ans d'antiquité; l'éditeur, dans de savantes dissertations placées
à la tête de l'ouvrage, s'est attaché à prouver : 1" Que la loi de Moïse a été certainement traduite en grec la septième année du règne de Ptolémée Philadelpbe, 299 ans avant Jésus-Christ, et par les soins de Démétrius de Phalère; qu'ainsi la narration d'Arislée est vraie quant au fond : que cet auteur n'est point un personnage supposé, non plus qu'Aristobule. 2° Que p îr (a loi on ne doit pas seulement entendre les cinq livres de Moïse, mais la plus grande partie de l'Ancien Testament; que le passage tiré du prologue des Antiquités judaïques de Josèphe, où il semble dire le contraire, a été mal entendu et mal traduit. 3" Que les autographes de celte version des Septante furent véritablement déposés dans la bibliothèque d'Alexandrie ; qu'ils y étaient encore non-seulement du temps de saint Justin et de saint lrénée qui en parlent ; savoir, le premier, Apol. 1, n. 31; le second, adv. Hœr., 1. in, c 25; mais encore du temps de saint Jean Chrysostome, qui en fait mention, adv. Jitd., oral. 1, n. 6, que l'incendie de cette bibliothèque, arrivé sous Jules-César, n'en consuma qu'une partie. 4° Que l'on se trompe quand on assure que celte traduction est écrite dans le dialecte d'Alexandrie, qu'elle peut très-bien avoir été faite par les Juifs do Jérusalem ; qu'ainsi Aristée a pu dire qu'elle est l'ouvrage de soixante-douze interprètes, c'est-à-dire du sanhédrin composéde soixantedouze juifs. 5° 11 fait voir que les historiens grecs ont eu, beaucoup plus tôt qu'on ne le croit communément, une connaissance suffisante de l'histoire juive, non-seulement de la partie renfermée dans les livres de Moïse, mais des événements rapportés par les écrivains suivants, soit avant, soit après la captivité, et il le prouve par des témoignages irrécusables. G" Que si les Pères ont été trop crédules en ajoutant foi aux circonstances dont les Juifs ont embelli l'histoire de la traduction des Septante, leur témoignage n'en est pas moins fort sur la réalité du fait et sur l'authenticité de celte version. On voit par le Talmud que, dans la suite, les Juifs ont institué un jour de jeûne pour déplorer cet événement, comme si la traduction de leurs livres dans une autre langue avait été une profanation. Mais c'est qu'ils ont compris que cette version mettait à la main des chrétiens dos armes contre eux. Les hérétiques, qui, dans les temps postérieurs, ont fait en grec d'autres traductions du texte hébreu, n'ont jamais révoqué en doute l'authenticité de la version des Septanle.
Mais soit qu'elle ail été faite en Egypte ou en Judée, qu'elle ait été placée ou non dans la bibliothèque des Plolémées, toujours est-il certain qu'elle existait avant la venue de Jésus-Christ ; que les Juifs hellénistes s'en servaient communément; que les apôtres mêmes en ont fait mage, et lui ont ainsi imprimé un caractère d'authenticité, sans avoir dérogé pour cela à l'autorité du texte original; les autros questions, touchant l'origine de celte version, ne sont pas fort importantes.
Sl.P
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