‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 88 sur 219 · II. A mesure que la religion chrétienne · texte numérisé non relu

II. A mesure que la religion chrétienne

fil dos progrès, la version dos Septante fut aussi plus recherchée et plus estimée. Les évangélistes et les apôtre* qui ont écrit en grec, à la réserve de saint Matthieu, ont fait usage de celle version, de même que les Pères de la primitive Kglise. Il est cependant à remarquer que, dans une citation que saint Paul a faite du psaume xxxi, Hebr., c. xxxw, v. 1 et 2, il a conservé le lour de la phrase hébraïque, el non la lettre d;> la version grecque; Rom., c. iv, v. 6. David., dit— il, a nommé la béatitude de l'homme, à qui Dieu lient compte de la justice sans les oeuvres, etc., au lieu de lire comme dans le grec : Heureux l'homme à qui Dieu, etc. Toutes les Eglises grecques se servaient de ceile version, et jusqu'à saint Jérôme les Eglises latines n'ont eu qu'une traduction faite sur celle des Septante. Tous les commentateurs s'attachaient à celte version sans consulter le texte, el ils y ajustaient leurs explications. Lorsque d'autres nations se sont converties au christianisme, on a fait pour elles des versions sur celle des Septante, comme l'ilh rienne, la gothique, l'arabique, l'élhiopique, l'arménienne, et l'une des deux versions s}riaqucs. On regardait même cette traduction comme inspirée, soit parce que l'on croyait au prétendu prodige arrivé aux soixante-douze interprèles, en vertu duquel toutes leurs versions s'étaient trouvées semblables; soit parce que les écrivains sacrés, en la citant dans leurs ouvrages , semblaient lui avoir imprimé le sceau de leur approbation. Ce préjugé a duré jusqu'à saint Jérôme; el, lorsque ce Père voulut faire une nouvelle traduction sur le texte hébreu , plusieurs regardèrent celte entreprise comme une espèce d'attentat; le saint docteur s'est plaint plus d'une fois de la persécution qu'il eut à essuyer à ce sujet. Proleg. 1, in Dibli th. divin. S. Ilieron., § 4, Op. t. 1.

Les protestants ont reproché avec amertume celte préoccupation aux Pères de l'Eglise, et l'opinion qu'ils ont eue de l'inspiration des Septante. Celle version, disent-ils, est, de l'aveu de t ul le monde, très-imparfaite et Irès-fauUve ; pour y avoir eu trop de confiance, les Pères, d'un consentement unanime, ont donné dans plusieurs erreurs. Cela suffit pour renverser de fond en comble toute l'autorité des Pères el de la tradition, que les catholiques osent égaler à celle de l'Ecriture. Barbey rac, Traité de la Morale des Pères, c. 2, § 3. Disons plutôt que ces censeurs eux-mêmes, aveuglés par leurs préjuges, ne voient presque jamais les conséquences fâcheuses de leurs objections. Si Dieu n'a donné à son Eglise point d'autre règle de foi ni point d'autre guiJe que l'Ecriture sainte, comment, pendant l'espace de quatre siècles, ne lui a-t-il pas procuré une version de l'Ancien Testament plus correcte que celle des Septante? Dans un temps auquel D.cu faisait tant de miracles en laveur du christianisme, élait-il si difficile de susciter dans l'Eglise un homme capable d'en

faire une meilleure? Dieu aurait prévenu ce déluge d'erreurs dans lesquelles les prolestants prétendent que les pasteurs de l'Eglise sont tombés, eldaus lesquelles ils n'ont pas manqué d'entraîner tous les fidèles, puisque aucun de ces derniers n'a réclamé. Il est encore plus étonnant que, parmi les apôtres et parmi les disciples immédiats île Jésus - Christ, lous doués du don des langues, aucun n'ait eu le courage d'entreprendre une version grecque du texte hébreu, dans laquelle il aurait corrigé les fautes des Septante, el qui aurait servi de canevas pour toutes les versions à f ire dans d'autres langues. Tous ont été certainement coupables de n'avoir pas du moins averti les fidèles du danger qu'il y avait pour eux d'être induits en erreur par celte version perfide, et de la nécessité d'apprendre l'hébreu pour s'en préserver; plus coupables encore de confirmer la confiance générale à cette même version, par l'usage qu'ils en faisaient eux-mêmes. De deux choses l'une, ou la version des Septante n'est pas aussi fautive que les protestants le prétendent, ou Dieu a donné un préservatif contre le mal qu'elle aurait pu produire si l'on n'avait point eu d'autre guide. C'est en effet ce que Dieu a fait, en ordonnant aux fidèles d'éoulcr l'enseignement de l'Eglise, et de suivre la tradition contre laquelle les protestants sont si prévenus. Aussi est-il faux que les Pères de l'Eglise, trompés par la version des Septante, soient tombés, d'un consentement unanime, dans des erreurs grossières, et qui pouvaient avoir de dangereuses conséquences; nous les avons justifiés, ailleurs de la plupart de celles que les protestants ont voulu leur imputer. VolJ. PÈKES DE l'IÏGLISE.

Le Clerc a poilé l'entêtement encore plus loin que Harbeyrac. «Supposé, dit-il, qu'il y eût des fautes dans la version des S plante, el que l'on ne pût pas s'y fier entièrement, c'en était fait de la réputation de tant d écrivains ecclésiastiques qui avaient disserté sans fin sur des passages mal entendus el qu'eux-mêmes étaient incapables d'entendre, faute de savoir l'hébreu. Saint Augustin le sentait, voilà pourquoi il voulait dclourncr saint Jérôme de faire une nouvelle version sur l'hébreu. »Animadv.inep. 71 sancti Aug., § k. Fausse réflexion : 1° nous soutenons qu'il n'y eut jamais dans les Septante aScune erreur touchant le dogme ni les mœurs ; ou pouvait donc disserter sur les passages bien ou mal traduits, sans courir aucun risque dans la foi. 2' Les Pères avaient sous les yeux cinq ou six verrions grecques différentes; ils pouvaient les comparer, et on faisant attention au sujet, au temps, au lieu, aux circonstances, découvrir quel élail le traducteur qui avait le mieux pris le vrai sens. 3 11 ne servail à rien de savoir l'hébreu, pour entendre les livres dont le lexlo hébreu ne snbsislail plus. Esl-il ridicule de faire des commentaires sur sainl Matthieu, parce que nous n'avons plus son texte original? !*■" Les plus habiles hébraïsants ne sont pas encore venus à bout de faire dispu-

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vaître tontes les obscurités du texte hébreu ; il s'en est trouvé plusieurs parmi eux qui semblent avoir travaillé à augmenter les doutes plutôt qu'à les diminuer. Le Clerc lui même, dans ses Commentaires, n'a pas toujours réussi au mieux; on lui reproche des corrections téméraires, des inlerprétations fausses , de9 explications sociniennes, etc. 3" Saint Jérôme a jugé que les fautes qu'il apercevait dans les Septante ne pouvaient porter aucun préjudice à la réputation des anciens Pères, et l'événement a prouvé que les inquiétudes de saint Augustin sur ce sujet étaient mal fondées; luimême l'a reconnu, puisqu'il a fini par approuver le travail de saint Jérôme. Voy. Vutgate, § 3. Le Clerc, qui b!âme souvent saint Augustin très-mal à propos, lui applaudit dans le seul cas où il avait évidemment tort.

Une autre raison qui nous fait juger qu'une version grecque plus parfaite que celle des Septante n'était pas fort nécessaire à l'Eglise, c'est que celles qui sont venues après ne soûl pas exemptes de défauts, et que les motifs par lesquels elles ont été faites n'étaient ni purs ni respectables ; nous le verrons oi-aprè*.

Parmi les modernes, il n'est aucune question de critique sur laquelle on ait disputé davantage que sur l'autorité et le mérite de la version des Septante. Quelques auteurs ont poussé la prévention jusqu'à la préférer au texte hébreu, et à vouloir qu'elle servira le corriger; d'autres n'en ont lait aucun cas et en ont exagéré les défauts. N'y a-t-il donc pas un milieu à garder entre ces excès?

Des rabbins, lâchés de l'avantage que les chrétiens tiraient de cette version contre les Juifs, ont avancé qu'elle a été faite, non sur un texte hébreu, mais sur une traduction ou paraphrase chaldaïquc ou syriaque; d'autres critiques, même chrétiens, ont pensé que les Septante dut traduit le Pentaleuque sur un texte samaritain. Aucune de ces suppositions n'est prouvée ni probable; la version des Septante est plus ancienne que toutes les paraphrases chald aïques et que la version syriaque; et il y a toujours eu une antipathie trop furie entre les Juifs et les Samaritains, pour que les premiers aient voulu se servir des livres des seconds. Il y a d'ailleurs presque auiant de différence entre les Septante et le samaritain qu'entre les Septante et le pur hébreu. Plusieurs ont imaginé que cette version a été corrompue malicieusement parles Juifs ; autre soupçon sans fondement. Quand les Juifs auraient voulu le faire, ils ne l'auraient pas pu ; il leur aurait été impossible d'en altérer tous les exemplaires qui ont été répandus de bonne heure partout où il y avait des Juifs. Cn second lieu, quel aurait été leur motif? d'ôter aux chrétiens les textes dont ceux-ci se servaient contre eux? mais ils les y ont laissés. Ils se seraient attachés principalement sans doute à corrompre les prophéties qui caractérisent le Messie : or, nous les y trouvons encore en leur entier, et il n'est pas moins aisé de réfuter les Juifs par les

Septante que par le texte hébreu. Les deux principaux passages dans lesquels on accuse les Septante de s'être beaucoup écartés du sens de l'hébreu, est le premier verset de la Genèse, où ils ont dit que Dieu fit et non qu'il créa le cel et la terre, et le v. 22 du chapitre vtn des Proverbes, où l'hébreu dit de la Sagesse éternelle : Dieu m'a possédée au commencement de ses voies ; et les Septante, Dieu m'a créée; traduction qui attaque la divinité du Verbe. Mais nous ne voyons pas que les Juifs aient jamais nié la création proprement dite, ni qu'ils aient dispu:é contre la divinité du Verbe, et l'on ne peut pas dire qu'ils ont absolument forcé le sens littéral des mots hébreux. Un parti plus sage est donc de convenir, comme a fait saint Jérôme, que la veis:on des Septante est d'une ttès-grande autorité, tant à cause de son antiquité que de l'usage que les écrivains sacrés en ont fait; que cependant elle ne doit pas prévaloir au texte original.

III. A mesure que cette ancienne version acquérait du crédit parmi les chrétiens, elle en perdait parmi les juifs. Ces derniers, souvent incommodés par les passages des Septante qu'on leur opposait, pensèrent à se procurer une version grecque qui leur fût plus favorable. Aquila, juif prosélyte, né à Sinopc, ville du Pont, se chargea d'en faire une. Il avait été élevé dans le paganisme, tï.ins les chimères de l'astrologie et de la magie. Frappé des miracles que faisaient des chrétiens, il embrassa le christianisme, dans l'espérance d'en opérer à son tour : comme il n'y réussissait pis, il reprit la pratique de la magie. Après avoir été inutilement exhorté par les pasteurs de l'Eglise à renoncer à celte abomination, il fut excommunié : par dépit il se fit juif; il étudia sous le rabbin Akiba , fameux docteur de ce temps-là, et il se rendit itès-habile dans la langue hébraïque et dans la connaissance des livres sacres. Il entreprit donc une traduction grecque de l'Ecriture, et il en donna deux éditions, la première en l'an 12 do l'empire d'Adrien, 128 de Jésus-Christ ; la seconde, plus correcte, quelque temps après. Les juifs hellénistes l'adoptèrent au lieu de celle des Septante ; aussi, dans le Talmud, il est souvent fait mention de la première, et jamais de la seconde.

Au vi° siècle de l'Eglise, quelques juifs se mirent dans l'esprit qu'il ne fallait plus lire l'Ecriture sainte (faits les synagogues que suivant l'ancien usage, c'est-à-dire cn hébreu, avec l'explication en c ha Idée n ; d'autres voulaient que l'on conservât l'usage actuel de la lire en grec, et celle diversité de sentiments causa des disputes qui dégénérèrent en guerre ouverte. L'empereur Justinien fil vainement une ordonnance qui laissait à l'un et à l'autre parti la liberté de faire ce qu'il voudrait : le premier l'emporta, et depuis ce temps-là l'usage a prévalu parmi les juifs de ne lire l'Ecriture sainte dans les synagogues qu'en hébreu et en chaldéen.

Environ cent ans après cette version d'Aquiia, il en parut deux autres, l'une faite

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par Théodotion sous l'empereur Commode, l'autre par Symmaquc, sous Sévère el Caracalla. Le premier, suivant quelques-uns, était ué dans le Puni, et dans la moine ville qu'Aquiia ; le second était samaritain, et a? ail été éle* é dans cet'e secte; loua deux se firent chrétiens ébioni'.es ; de là on a cru qu'ils étaient juifs prosélytes, parée que les el'ioiiili-s observaient les eér •. munies judaïques aussi scrupuleusement que les Juifs. Us entreprirent leurs versions par le même motif qu'Aquila, pour favoriser leur socle ; mais ils ne suivirent pas la même méthode. Aquila s'attachait servilement à la lettre et rendait mo! pour mot le texte, autant qu'il le pouvait : de là sa version était plutôt un dictionnaire propre à indiquer la signification di-s ternies hébreux, qu'une explication capable de donner le sens des phrases. Symim.que donna dans l'excès opposé; il fil une p.iraphrase plutôt qu'une version exacte. Théodotion prit le milieu, il tâcha de donner le sens du texte hébreu par des mots grecs correspondants, autant que le génie des deux langues pouvait le permettre. Aussi sa version a-t-oltc éié beaucoup plus estimée par les chrétiens que les deux autres. Comme la version de Daniel par les Septante parut trop fautive pour éire lue dans l'Eglise, on y substitua celle de Théodotion, et on la couserve encore. Quand Origèue, dans ses Btxaples, est obligé de suppléer ce qui manque chez les Septante, et qui se trouve dans le texte hébreu, il le prend ordinairement dans la version d • Théodotion.

Outre ces quatre versions grecques, on en découvrit encore (rois autres au commencement du ur siècle, mais qui n'étaient pas complètes, el desquelles on n'a jamais connu les auteurs : l'une fut trouvée à Nicopolis, près d'Aclium en Epire, sous le règne de Caracalla, l'autre à Jéricho en Judée, sous celui d'Alexandre Sévère ; on ne sait d'où venait la troisième. Origèue les avait toutes rassemblées et mises eu parallèle avec le texte dans ses Hcxaples ; mais ce précieux travail a péri, il n'en reste que des fragments. Y 01/. Hexaples.

IV. Il nous reste à parler des principales éditions anciennes el modernes de la version dos Septante. Sur la fin du i!ie siècle, le martyr Pamphile en fit une copie sur l'exemplaire des Ilexuples d'Origène, déposé à la bibliothèque de Césarée dans la Palestine ; il ne pouvait l;i prendre dans une meilleure source. Origèue avait apporté le plus grand soin à en corriger toutes les fautes, en comparant les différentes copies qu'il put rassembler. Aussi celle édition de Pamphile fut adoptée par tou:es les Eglises de la Palestine depuis Anlioche jusqu'à l'Egypte. Luci«n, prêtre d'Antioche, en fit une aulre qui devint commune aux Eglises de l'Asie Mineure et du Pont, depuis Coustanlinople jusqu'à Anlioche. La troisième eut pour auteur Hésychius, évéque d'Egypte, qui la mit en usage dans loui le patriarcat d'Alexandrie. C'est ce qui a fait dire à saint Jérôme que ces différcnles éJilioiis partageaient le moud' un

trois, parce que de son temps on n'en connaissait point d'autres dans les Eglises d'Orient. Si l'on excepte les fautes des copistes, il n'y avait entre ces trois éditions aucune différence considérable, puisque sainl Jérôme n'a donné la préférence à aucune, el les copies qui en restent encore attestent leur ressemblance entière.

Par une singularité assez remarquable, depuis l'invention de l'imprimerie il y a ou auasi trois principales éditions de la version dos Septante, dont toutes les autres ne sont que des copies. On place au premier rati" celle du cardinal Ximénès, imprimée en 1515, à Complu le ou Alcala de Hénarès en Espagne, dans sa polyglotte appelée vulgairement lîible deComplute. Cette édition a servi de modèle à celles des polyglottes d'Anvers et de Paris, et à celle de Commelin, imprimée à lleidelberg en 1599, avec le commentaire de Valable. Voij. Polyglotte. La seconde édition est celle d'Aldus, faite à Venise en 1578; André Ausculauus, beaupère de l'imprimeur, en prépara la copie en confrontant plusieurs anciens manuscrits. De celle-ci ont été tirées toutes les éditions d'Allemagne, excepté celle de Ht idelberg, dont nous venons de parler. La troisième, que la plupart des savanls préfèrent aux doux autres, et que l'on appelle Yédition sixline, est celle que le pape Sixte V fit imprimer à Home, l'an 1587. Il avail Lit commencer cette impression étant encore cardinal de Monialle ; il en avait chargé Antoine Caralïa, savant italien, qui fut ensuite bibliothécaire du Vatican el cardinal. Vossius, qui regardait celle édition des Septante comme la plus mauvaise de toutes, a été seul de cet avis. Elle fui faite sur un ancien manuscrit qui était eu lettres capitales, sans accents, sans points el sans distinction de chapitres ni de versets. On croit qu'il esl du temps de sainl Jérôme. L'année suivante, il parul à Home une version latine de celle édition a-ec les notes de Flaminius Nobilius. Morin les imprima toutes deux ensemble à Paris, l'an l!>23. L'on s'en est servi dans toutes celles que l'on a imprimées en Angleterre, soit à Londres, in-8% en 1653, soit dans la polyglotte de Wallon en 1657, soit à Cambridge en 1665, où se trouve la savante préface de l'évêque Pearsoa.

Si l'on voulait en croire les critiques anglais, le plus ancien et le meilleur de tous losmanuscri!sdes5<7)Janfeesl celui d'Alexandrie, qui fut envoyé en présent à Charles I" par Cyrille Lu ar, patriarche de Constantinoplc, qui avail été auparavant placé sur le siège d'Alexandrie. Il est écrit en lettres capitales, sans distinction de mots, de verseis ni de chapitres, comme celui du Vatican. L'on y voit une apostille on latin delà main de Cyrille, qui porle que cet exemplaire du Vieux et du Nouveau Testament a été écrit par Thécln, femme de qualité d'Egypte, qui vivait peu de tcnps après le concile de Ni< ce, par conséquent plus de 1 '»<)<) ans avant nous. Cela est un peu difficile à croire. Le docteur Crabe en avait publié la moitié eu

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ilcux volumes en 1707 et 1709; le roslc l'a élé en 1719 et 1720. Hreilinuer fit réimprimer le tout à Zurich en 1730, avec des vari mies tirées de l'édition de Rome, et de savantes préfaces. Mais d'habiles journalistes se sont élevés contre l'enthousiasme avec lequel il a vanté l'excellence du manuscrit alexandrin; ils prétendent que le texte des Septante n'y est pas pur, mais souvent interpolé, et ils en donnent des preuves. De là nous devons conclure que l'édition la plus parfaite de la version des Septante serait celle dans laquelle on comparerait les quatre dont nous venons de parler , et où l'on en noterait toutes les variantes qui peuvent mériter attention. Si l'on veut voir la multitude d'ouvrages qui ont été faits au sujet de celte version célèbre, on peut consulter le P. Fabricy, Titres primitifs de la révélation, t. I, pag. 192 et suiv., où il en fait une trèslongue énumération. Voy. Bibles Grecques.

SEPTUAGÉSLMK , septième dimanche avant la quinzaine de Pâques. Comme le premier dimauchedu carême est appelé Quadragésime, parce qu'il est le premierde la quarantaine, ceux qui commençaient à jeûner huit jours plus tôt appelèrent Quinqnagésime ou cinquantaine le dimanche auquel le jeûne commençait; par la môme raison, ceux qui commençaient à l'un des deux dimanches précédents, nommèrent l'un Sexagésime et l'autre Septuagc'sme, en rétrogradant toujours; et ce dernier est en effet le septième avant le dimanche de la Passion. L'origine de cette variété dans la manière de commencer le jeûne du carême est aisée à découvrir. L'on s'est toujours proposé de jeûner quarante jours avant Pâques; comme on ne jeûne point le dimanche, afin de parfaire la quarantaine on commença de ji ûner à la (Juinquagésime ; c'est depuis le ix' sièc e seulement que l'on ne commence plus qu'au mercredi des Cendres. Ci ux qui ne jeûnaient pas les jeudis, commencèrent à la Sexagésime, et ceux qui s'abstenaient encore du jeûne le samedi de chaque semaine, commencèrent à !a Septuagésime.

Ce dimanche est appelé par les Grec Azote, parce qu'à la messe de ce jour ils lisent l'Evangile de l'enfant prodigue. "AÇwr^f en grec, discinctus en latin, homme sans ceinture, ou dissolu, signifie un débauché. Ils appellent encore ce dimanche Prosphonésime, parce qu'ils annoncent au peuple ce jour-là le jeûne du carême el la fête de Pâques. Ils nomment la Sexagésime, 'Anô'pext , parce que dès le lendemain ils s'abstiennent de la viande; ils donnent à la Quinquagésime le nom de Tvpôfxyo;, parce qu'ils usent encore de laitage et u'œufs pendant cette semaine, au lieu qu'ils s'en abstiennent pendant tout le carême. Thomassin, Traité des Fêtes, I. n, C. 13; Traité des Jeûnes, W part., c. 1.

SÉPULCRAUX, hérétiques qui niaient la descente de Jésus-Christ aux enfers. Voy. Enfer, § h.

SÉPULCRE. Voy. Tombeau.

SÉPULCRE ( Saint ), tombeau creusé dans le roc, dans lequel Jésus-Clirisi a élé ense-

veli. On sait que l'an 70 de Jésus-Christ, trente-trois ans après sa mort el sa résurrection, la ville de Jérusalem fut prise par l'empereur Titus, el rédoite en un monceau de ruines; cependant Ic3 Juifs y rétablirent quelques édifices, et continuèrent d'y habi:er avec les chrétiens jusques à l'an i'Sk. A cette époque, les Juifs, qui s'étaient révoltés deux fois contre les Romains, furent exterminés de la Judée par l'empereur Adrien; Jérusalem fut prise, ruinée de nouveau, el rendue inhabitable. Trois ans après, ce prince la fit rebâtir sous le nom à'SElia Capilolina ; pour en écarter les chrétiens aussi bien que les juifs, il fit bâtir un temple de Jupiter à la place de l'ancien temple du Seigneur, il fil placer une idole de Vénus sur le Calvaire, el une de Jupiter sur le tombeau du Sauveur. Lis choses demeurèrent en cet étal jusqu'en l'an 327; alors Consianlin avait embrassé le christianisme. L'impératrice Hélène sa mère voulut par piété visiter les saints lieux sur lesquels s'étaient opérés les mystères du Sauveur ; elle fil déterrer la vraie croix des ruines sous lesquelles elle était ensevelie, et construire une église sur le lombeau dans lequel il avait été déposé après sa mort. Dès ce moment ce lieu commença d'être fréquenté par les chrétiens; l'on y vint en pèlerinage de toutes les parties de l'empire. Saint Jérôme, dans Yépitaphe de sainte Paule, dit que celle pieuse veuve élanl entrée dans le sépulcre du Sauveur, en baisait la pierre par respect. Saint Augustin, 1. xxu, de Civil. Dci, c. 8, nous apprend que les fidèles en ramassaient la poussière, la conservaient précieusement, el qu'elle opéra souvent des miracles.

Basnage, Hisl. de l'Eglise, 1. xvm, c. 13, § 9, désapprouve ce culte; pour en donner une idée désavantageuse, il observe qu'il n'a commencé qu'au ive siècle; que saint Jérôme lui-même, Epist, i9, alias 13, ad Pau!inum,el saint Grégoire de Nysse, dans un discours fait exprès contre ceux qui vont à Jérusalem, condamnent ceux qui croient que ce pèlerinage les rend plus saints. Mais autre chose est de b!â ner une dévotion en elle-même, et autre chose de désapprouver la confiance excessive que l'on y met; les Pères ont censuré ce défaut, mais non le culte rendu aux lieux saints, puisque, au contraire, saint Jérôme approuve celui que leur rendait sainte Paule. Il dit que ce n'est pas le lieu que nous visitons ou dans lequel nous demeurons qui nous sanctifie, et cela est vrai; mais ce lieu peut exciter en nous la piété par les souvenirs et les sentiments religieux qu'il nous suggère.

H n'est pas étonnant que Icsvunl sépulcre n'aitcommencéàêtre honoré qu'au iv° siècle, puisque jusqu'alors il avait été inaccessible ; mais dans ce siècle éclairé, où la tradition apostolique était encore toute récente, on ne s'est pas avisé de forger tout à coup une nouvelle foi, un nouveau culte, un nouveau christianisme; on y a fait au contraire profession de s'en tenir à ce qui avait élé cru,

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