‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 90 sur 219 · SIU SIM · texte numérisé non relu

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dant pas absolument inconnus au public , protestant toujours une exacte impartialité, puisque Cicéron en a expliqué la structure, lors môme qu ils calomnient les Pères, et Virgile parait en avoir lire ce qu'il a dit SIDOINE APOLLINAIRE, évoque de Clerdans sa quatrième églogue loucha ni l'arri- mont en Auvergne, mort l'an 482, fut (élevée d'un nouveau règne de Saturne, ou d'un bre dans le v* siècle par sa naissance, qui nouveau siècle d'or. Ce recueil, fait par des était 1res illustre, par ses talents pour la païens, rcnfermait-il d'autres choses lavora- poésie et pour l'éloquence, et plus encore blés à la religion chrétienne que ce tableau par ses vertus. II reste de lui un recueil de d'un nouveau siècle, qui a été pris pour une poèmes sur divers sujets, dont le plus grand prédiction du règne du Messie? Nous n'en nombre a été composé avant son épiscopat, savons rien ; on ne peut former sur ce sujet et neuf livres de lettres. On lui reproche de que des conjectures. — La seconde collection l'affcclaiion, de l'enflure et de l'obscurité des oracles siby'Uns est celle qui a été ci ée dans son style; mais il nous a conservé plupar Josèphe, par saint Justin et par les Pères sieurs faits de l'histoire civile et ecclésiastidu ri" siècle. Il n'est pas probable que que que l'on ne trouve point ailleurs ; et on ce fut la même que celle de Rome, puis- peut le regarder comme un évêque très-insqu'elle contenait des chose- qui paraissent truit de la tradition. La meilleure édition de avoir été tirées de l'Ecriture sainte , et des ses OEuvres est celle qu'a donnée le P. prédictions favorables au christianisme. Sirmond l'an 1652, in-4°. Il a été placé à juste Celle-ci était très connue, puisque saint Jus- titre au rang des saints, et l'Eglise gallicane tin dit qu'elle se trouvait partout. Il reste à l'a toujours regardé comme un de ses prinsavoir si le fond de ce recueil était le même cipaux ornements, que la collection de Rome, à laquelle les SIÈGE, ÉVÊCHÉ. Voy. Évêque. Juifs et les chrétiens avaient fait des inter- SIÈGE (saint). Voy. Église romaine. polalions. Encore une fois, cela ne pouvait SIGNE DE LA CROIX. Voy. Croix. être constaté que par une exacte confronta- SIGNIFICATIFS. Quelques auteurs ont lion des exemplaires, et personne ne s'est ainsi nommé les sacramentaires, parce qu'ils avisé de faire cet examen. — Enfin, la troi- enseignent que l'encharistie est un simple sième édition des oracles sibyllins était celle signe du corps de Jésus-Christ. Voy. Sacraqui fut faite ou achevée sous le règne de mentaires.

Marc-Aurèle, vers l'an 170 ou 180 ; on n'y SILVESTRERI ou SILVESTRINS , reli-

retrouve pas les endroits cités par nos an- gieux institués l'an 1231, par saint Silvestre

ciens Pères ; mais nous ne savons pas jus- Gozzolini , dans la Marche d'Ancône, sous

qu'à quel point elle était conforme ou dis- l'étroite observance de la règle de saint Be-

semblahle aux deux collections précédentes, noît. Cet ordre fut approuvé, l'an 1248, par

en quel temps ni par quelles mains avaient le pane Innocent IV.

été faites les additions ou les retranchements SIMON (saint), apôtre, surnommé le Chaque l'on aurait pu y remarquer. nanéen ou le Zélé, pour le distinguer de

Simon fils de Jean, qui est saint Pierre. Nous

Cela posé, nous demandons, avant d'allé- ne savons rien de certain sur les travaux ni

guer aux païens le témoignage des livres sur la mort de ce saint apôtre, et il n'a n'eu

sibyllins, les Pères ont-ils été obligés de laissé par écrit.

s'informer s'il y en avait divers exemptai- SIMONIE, crime qui se commet lorsqu'on res, si quelques-uns avaient été falsifiés, qui donne ou que l'on promet une chose temétaient les auteurs de la fraude, etc. ? et porelle, comme prix ou récompense d'une doit-on les taxer de mauvaise foi pour ne chose spirituelle, telle que les sacrements, l'avoir pas fait? Peut-être qu'entre dix co- les prières de l'Eglise, les bénéfices, la propies de ces prétendus oracles, il n'y en avait fession religieuse, etc. Dans ce cas celui qui pas deux qui fussent conformes. Mais Blon- donne et celui qui reçoit sont également del et les autres critiques protestants ont coupables. En effet, Jésus-Christ parlant à loul confondu afin de calomnier les Pères ses apôtres des dons surnaturels qu'il leur plus commodément. Voyez Codex Cnn. accordait, leur dit : Vous les avez reçus gra~ Eccles. primit. illastrnlus a lieveregio, c. 14, luilement, donnez-les de même [Mal th. i, 8). il. 4 et seq. ; PP. Aposl., i. n, part, u, p. Simon le Magicien, témoin de ces mêmes 58; Mosheim, Uist. christ., sa;c. n, §7, etc. dons que répandaient les apôtres, leur offrit — 6° Nous avons déjà remarqué ailleurs que de l'argent pour qu'ils lui conférassent aussi les apôtres du protestantisme ont été beau- le pouvoir de donner le Saint-Esprit. Que coup moins scrupuleux que les Pères de ton argent périsse avec toi, lui répondit saint l'Eglise ; pour exciter la haine des peuples Pierre, puisque lu as cru que le don de Dieu contre l'Eglise romaine, il n'est pas de fa- s'acquérait pour de l'argent (Act. vm, 18). blés, de calomnies, de faits scandaleux, C'est l'aveuglement de cet impie qui a fait d'erreurs grossières, qu'ils ne soient allés donner au crime dont nous parlons le nom chercher dans les écrivains les plus sus- de simonie. Saint Paul fait remarquer aux pects ou les plus ignorants, et qu'ils n'aient fidèles qu'il leur a prêché l'Evangile gradébités avec confiance comme des choses luilement, sans on espérer aucun avantage incontestables. Tous les jours encore nous temporel, Il Cor., c. xi, v. 7. Le crime de prenons leurs successeurs en flagrant délit ; la simonie consiste en ce que l'on met, pour e'est une contagion qui subsiste toujours ainsi dire, une chose temporelle sur la baparmi eux, et ils se flattent de la cacher en <ancc avec une chose spirituelle, qui est un

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don de Dieu ; l'on regarde l'une comme l'équivalent de l'autre, puisque l'on se sert de l'une pour obtenir ou pour compenser l'autre ; c'est une profanation. — Comme dans un bénéfice, le droit de percevoir un revenu est essentiellement attaché à une fonction sainte, ne fût-ce que de prier Dieu, le droit au revenu ne peut èlre détaché de la fonction ; l'on ne peut acheter ou vendre l'un sans acheter ou vendre l'autre; toute convention ou promesse, toute espérance donnéeexpressément ou tacitement d'obtenir on bénéfice par le moyen d'un avantage temporel, ou au contraire, sonicenscs siinoniafues. C'est aux canonistes plutôt qu'aux, théologiens de traiter des différentes espèces de simonie, des diverses manières dont on peut la commettre , des peines attachées à ce crime, etc. II nous suffit d'observer que ce désordre étant proscrit par la loi naturelle qui nous oblige à respecter tout ce qui a rapport au culte divin , par la loi divine positive sortie de la bouche de Jésus-Christ, et par les lois de l'Eglise sous les peines les plus sévères, l'usage, la coutume, les prétextes, les tournures, les sophismes par lesquels on vient à bout de le pallier, ne peuvent en diminuer la turpitude. N'oublions pas néanmoins que Jésus-Christ, qui a commandé à ses apôtres d'accorder gratuitement les choses saintes , leur a dit que tout ouvrier est digne de sa nourriture, Matlh., c. x, v. 10. Saint Paul a répété la même chose, / Cor., c. ix, v. i ; / 2*tm., c. v, v. 18. Ainsi l'honoraire que l'on donne à un ministre de l'Eglise pour les fonctions qu'il remplit, n'est point censé un achat, un prix ou une récompense de ces fonctions saintes, ni une compensation de leur valeur, ni le motif pour lequel il s'en acquitte ; mais c'est un moyen de subsistance légitimement dû de droit naturel à celui qui est occupé pour un autre, quelle que soit la nature de son occupation. Ainsi un homme riche qui fonde un bénéfice ou un monastère, qui sa dépouille d'une partie de ses biens poar alimenter ceux ou celles qui prieront pour lui, n'est point timoniaque, non plus que ces derniers, parce que la subsistance, la solde, l'honoraire ne leur est point accordé, et ils ne le reçoivent point comme prix ou compensation des prières qu'ils disent ou des fonctions qu'ils remplissent , mais comme une pension alimentaire ou une rétribution qui leur est due par justice à cause de l'occupation qui leur est enjointe ; tel est le sens de la maxime du Sauveur : L'ouvrier est dijne de sa nourriture. De môme, un bénéficier auquel on accorde une pension alimentaire sur le bénéfice dont il se démet , n'est point censé pour cela vendre son bénéfice ni tirer un paiement du droit qu'il cède à un autre. Enfin, un monastère pauvre qui reçoit la dot d'une religieuse pour subvenir a sa subsistance, ne peut être accusé de vendre la profession religieuse. Mais cette faculté de recevoir une dot n'est accordée aux monastères qu'à titre de pauvreté : si tel couvent est suffisamment bride <i doié

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d'ailleurs pour fournir la subsistance atonies les personnes qui y font profession, il n'a plus le droit d'exiger une dot comme moyen nécessaire de subsistance.

Si ces principes avaient été connus de l'auteur qui a donné, en 1749 et 1757 , une longue dissertation sur l'honoraire des messes, il aurait mieux raisonné ; il n'aurait pas décidé, comme il l'a fait, que tout honoraire reçu pour des messes autrement qu'à titre d'offrande, que tous les droits curi;jux perçus pour des fonctions ecclésiastiques, sont simoninques et illégitimes. On voit qu'il a confondu ensemble les notions de prix ou de paiement, d'honoraire, de solde, de subsistance, d'offrande et d'aumône ; nous en avons fait voir la différence au mot Casuet. 11 ne veut pas qu'un ecclésiastique dont toute la fonction est de dire la messe et de réciter son bréviaire, soit mis au nombre des ouvriers auxquels l'Evangile veut que l'on accorde la nourriture. Suivant cette grave décision, tous les simples chapelains et aumôniers sont condamnés à servir gratuitement et sans aucune rétribution ; tous ceux qui tirent les rétributions d'un bénéfice simple, sont coupables de simonie; tous les religieux des deux sexes doivent être réduits à mourir de faim. Sûrement, ils appelleront de cette sentence au tribunal du bon sens ; avant de s'exposer à de pareilles conséquences, il faudrait y penser plus d'une fois. Yoy. Casuel.

l'en tant le xe cl !e xi" siècle , l'Eglise fut déshonorée parl'audace avec laquelle régnait la simonie dans l'Europe entière ; on ne rougissait pas de vendre et d'acheter publiquement , par des actes solennels, les évêchés , les abbayes et les autres bénéfices ecclésiastiques. Ce désordre fut toujours accompagné d'un autre non moins odieux, du concubinage et de l'incontinence des clercs. Mais il faut se souvenir que l'un et l'autre furent une suiedes ravages qu'a vaient faits les Normands pendant le siècle précédent. Les prêtres et l'S moines , chassés de leurs demeures , obligés de fuir sans étal fixe cl sans subsistance, oublièrent leur état, tombèrent dans l'ignorance et dans le dérèglement des mœurs. Les seigneurs, toujours armés, ne connaissant d'autre loi que celle du plus fort, s'emparèrent des bénéfices, les vendirent au plus offrant, y placèrent leurs enfants ou leurs domestiques, et les traitèrent comme leurs fermiers. Dans cette confusion, comment la discipline ecclésiastique aurait-elle pu se conserver ?

Il est incontestable que pendant plus d'un siècle les papes ne cessèrent de faire leurs efforts pour empêcher ci' scandale ; enfin , vers l'an 107'i- , Grégoire VII , plus ferme que ses prédécesseurs , assembla un concile à Rdmô , y fit porter une condamnation rigoureuse contre les coupables , et la fit exécuter. Les protestants mômes conviennent qu'il réussit ; mais ils <>nl blâmé les moyens qu'il employa. Il se comporta , disent-ils, avec trop do hauteur, il traita avec une rigueur égale les prêtres et !cs moines concubinaircs , et

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