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se faisait point circoncire. En effet , Abadic a très-bien prouvé que si Jésus -Christ n'est pas Dieu , c'est le mahomélisme qui est la véritable religion. Il semble même, continue Lcibnilz, que les Turcs, en refusant de rendre un culte à Jésus-Christ , agissent plus eonséquemment que les sociniens , puisque enfin il n'est pas permis d'adorer une créaturc. Ces derniers poussent encore l'audace plus loin que les mahometans dans les points de doctrine; car, non contents de combattre !e mystère de la Trinité, ils affaiblissent jusqu'à la théologie naturelle, lorsqu'ils refusent à Dieu la prescience des choses contingentes , lorsqu'ils combattent l'immortalité de l'homme, et qu'ils s'oublient jusqu'à rendre Dieu borné; au lieu qu'il y a des docteurs mahometans qui ont de Dieu des idées dignes de sa grandeur. Esprit de Leibnilz, tom. I, p. 324.
La réfutation la plus ingénieuse que l'on ait faite du socinianisme, est une dissertation dans laquelle on a fait voir qu'en suivant la méthode selon laquelle les sociniens pervertissent le sens des passages qui prouvent la divinité de Jésus-Christ, l'on peut prouver aussi que les femmes ne participent point à la nature humaine: Dissertalio in quaprobatur mulieres domine < non e5se.No;iv. de la Républ. des Lettres, juillet 1685, art. 9.
La naissance, les progrès, les divisions, l'inconstance de la secte socinienne, démontrent plusieurs vérités très -importantes : î°Qu'en fait de philosophie, il faut consulter principalement le sentiment intérieur qui est le souverain degré de l'évidence, plutôt que les notions abstraites de la métaphysique, puisque la plupart des prétendues démonstrations fondées sur ces idées abstraites sont de pures illusions , et conduisent presque toujours un raisonneur au pyrrhonisme ou au doute universel. 2° Qu'en fait de religion, il faut nécessairement une révélation ; que sans ce guide il est impossible de ne pas retomber dans les mêmes ténèbres et les mômes erreurs dans lesquelles les philosophes païens ont été plongés. 3° Qu'en admettant une révélation, il faut qu'elle nous soit transmise par une autorité visible toujours subsistante , pour prendre le vrai sens de la doctrine révélée et des livres dans lesquels «•lie est renfermée; que si on laisse aux hommes la liberté de les inierpréler comme il leur plaît , il y aura toujours autant de religions particulières que de têtes ; qu'ainsi la révélation ne servira plus à rien qu'à fournir matière à de nouvelles disputes. 4° Que le système de l'Eglise catholique c>l par conséquent le seul vrai, le seul solide, le seul qui soit lié et conséquent dans toutes ses parties ; que hors de là il n'y a plus de vrai christianisme.
SOCCOLANS, congrégation de religieux franciscains, d'une réforme particulière établie par saiul Paulet de Foligny, en 13G8. ^elui-ci était un ermite qui, voyant que les habitants des montagnes voisines de son ermitage portaient des socques ou des sandales de buis, prit pour lui-même celte chaus-
sure, et elle fut adoptée par ceux qui voulurent imiter sa minière de vivre; de là ils furent appelés soccolanti. Les récollels et les carmélites ont été chaussés de même. Histoire des Ordres religieux , par le P. Bélyot, t. VII, c. 9.
SODOME , SODOMIE. L'histoire sainte, Gen., c. xix, représente les habitants de Sodome, ville de la Palestine, comme un peuple abominable, adonné aux désordres contre nature, et que Dieu extermina en faisant tomber le feu du ciel sur eux et sur leurs voisins. Quant aux circonstances dont cet événement terrible fut précédé, accompagné et suivi, voy. les art. Lot, Mer Monte, ei la disserl. de dom Calmel sur la ruine de Sodôme, Bible d'Avignon, 1. 1, p. 593.
Les philosophes qui ont réfléchi sur les progrès des passions humaines, ont observé que l'habitude de l'impudicitô avec les femmes conduit souvent aux crimes contre nature , et cela n'est que trop prouvé par l'expérience. Saint Paul accuse de ce désordre les païens en général, et surtout les philosophes du paganisme, Rom. c. i , v. 26 et 27. La vérité de ce reproche est confirmée par Lucien, par d'autres auteurs profanes et par les Pères de l'Eglise. Plusieurs incrédules modernes en ont parlé d'une manière qui prouve qu'ils n'avaient pas de ce crime toute l'horreur qu'il mérite. Nos lois, aussi bien que celles des Juifs, le condamnent au supplice du feu ; mais, à moins que le scandale ne soit public, on juge qu'il vaut mieux le laisser ignorer que de le punir.
SOLEIL. Il n'est pas nécessaire d'avertir que, dans les livres saints , la lumière du soleil, ou le soleil levant est quelquefois le symbole de la prospérité , et que le soleil obscurci désigne l'adversité; cette métaphore est si naturelle qu'elle ne peut surprendre personne. Ainsi , quand Isaïe prédit que la lumière du soleil sera sept fois plus grande, et que celle de la lune égalera celle du soleil, que le soleil ne se couchera plus sur Jérusalem, etc., on comprend qu'il annonçait aux Juifs que leur prospérité serait parfaite et constante. Le Messie est appelé le Soleil de justice, parce qu'il a montré par ses leçons et par ses exemples en quoi consiste la véritablejusliceoulaparfaitesainlelé.
Il y a dans l'histoire sainte un fait qu'il est important d'examiner, c'est le miracle du soleil, ou plutôt de la lumière de cet astre arrêté par Josué pendant l'espace d'un jour entier, Jos., c. x, v. 11 ; Eccli., c. xlvi, v. 5. Cela est impossible , disent les incrédules ; suivant les découvertes de Newton, les mouvements des corps célestes sont tellement liés les uns aux autres , qu'un seul globe ne peut être arrêté sans que le reste de la machine s'en ressente, et que le tout soil détraqué. Etait-il nécessaire de faire autant de miracles qu'il y a de corps célestes pour donner au chef de la horde juive le temps d'exterminer de malheureux fuyards? etc.
A entendre ce langage, il semble que les spéculations de Newton soient des arrô's prononcés contre la puissance divine; que