‹ Œuvres completes de Bergier (volume 4)Chapitre 95 sur 219 · SOR · texte numérisé non relu

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1* ceux qui devinent les choses cachées, qui découvrent les auteurs d'un vol ou les trésors enfouis, qui se vantent de connaître l'avenir, etc., et alors ce terme est synonyme à celui de devin. Voy. Divination. 2* Ceux qui oj crent des choses surprenantes et qui paraissent surnaturelles dans le dessein de faire du mal, comme d'exciter des orages, de causer des maladies aux hommes ou aux animaux, par de> paroles, par des cérémonies, par des pratiques superstitieuses. Dans ce sens, la sorcellerie est la même chose que la magie noire et malfaisante; un sort, un sortilège signifient un maléfice. 3J Le peuple entend par sorciers veux qui ont le pouvoir «le se transporter dans les airs pendant la nuit, pour aller dans des lieux écartés adorer le diable, et se livrer aux excès de l'intempérance cl de l'impudicilé. On sait que cette erreur n'a aucun fondement, que le prétendu sabbat des sorciers est l'effet d'un délire et d'un dérèglement de l'imagination, causé par certaines drogues desquelles se servent les malheureux qui veulent se procurer ce délire. Ce fait est prouvé par des expériences irrécusables. Malebranche, Recherches de la Vérité, t. 1, 1. ii, c. 6. Parmi tous les faits rassemblés par les divers auteurs qui ont écrit sur ce sujet, il n'y en a aucun de bien avéré, et qui prouve qu'il y a eu un pacte réel et effectif entre le démon et les prétendus sorciers.

Ce qui entretient la crédulité populaire, ce sont les récits de quelques particuliers peureux, qui, se trouvant égarés la nuit dans les forêts, ont pris pour le sabbat des feux allumés par des bûcherons et des charbonniers, et les cris qu'ils leur ont entendu faire, ou qui, s'élant endormis dans la peur, ont cru entendre et voir le sabbat dont ils avaient l'imagination frappée.

r Quelques philosophes incrédules, conduits par leur seule prévention, se sont persuadé que ces sortes d'erreurs sont venues des idées que la religion nous donne du démon, de ses opérations, de son pouvoir sur les hommes, des possessions et obsessions, de l'efficacité des exorcismes , etc. Aux mots Magicien et Magie, nous avons fait voir que cela est faux, qu'il n'y a rien dans l'Ecriture sainte, dans les Pères de 1 Eglise, dans les lois des conciles ni dans les rites ecclésiastiques, qui ait pu servir à autoriser ce préjugé ; qu'au contraire les pasteurs et les docteurs chrétiens n'ont rien négligé pour le détruire. Les faits que l'on lire de l'Ecriture sainte, comme les prestiges des magiciens de Pharaon, la pylhonisse d'Endor, les maris de Sara, fille de Haguel, tués par le démon, les fl, aux envoyés au saint homme Job par cet esprit infernal, les possessionsdont il est parlé dans l'Evangile, etc., ne prouvent point qu'il y ait jamais eu de convention réelle entre l'esprit de ténèbres et ceux qui avaient recours à lui, et qu'il ait pu agir au gré de ces derniers. Au contraire l'Ecriture sainte suppose cl enseigne formellement que le démon ne peut agir que par une permission expresse de Dieu ;

il n'est donc au pouvoir d'aucun homme d'avoir commerce quand il lui plaît avec l'ennemi du genre humain. Elle nous appr .'il I d'ailleurs que son empire a élé détruit par Jésus-Christ.

Les anciens Pères de l'Eglise en particulier, les apologistes du christianisme, ont écrit dans un temps où le paganisme et l'idolâtrie subsistaient encore, où la magie était en usage, où les philosophes môme, s.urlout les nouveaux platoniciens, la pratiquaient sous le. nom de théurgie. Ce n'était pas là un moment favorable pour discuter tous les faits, pour en rechercher les causes, pour en démontrer l'illusion. La philosophie régnante, loin de donner quelques lumières sur ce sujet, n'était propre qu'à entretenir l'erreur et à la rendre incurable. Les Pères, s;:ns contester les faits, se sont bornés à soutenir que, s'il y avait quelque chose de réel dans les opérations des magiciens ou des sorciers, cela ne pouvait venir que du démon : peut-on faire voir qu'ils raisonnaient mal ?

Celle matière est traitée avec exactitude dans le corps du droit canon. Decreti, na part., caus. 26, q. 2. L'on y a distingué les différentes pratiques superstitieuses désignées sous le nom général de sortilège ou de sorcellerie; l'on y a rapporté les passages des Pères el les décrets des conciles qui ont condamné toutes ces impiétés absurdes, el qui les ont défendues sous peine d'excommunication ; sans attendre les recherches des philosophes modernes, plusieurs auteurs ecclésiastiques ont très-bien compris que le sabbat des sorciers n'est qu'un délire de l'imagination ; ils n'ont cependant pas eu tort d'ajouter que cette illusion même est un artifice du démon ; lui seul a pu suggérer à des chrétiens une malice assez noire pour vouloir entrer en commerce avec lui, se dévouer à son service et lui rendre un culte. A la vérité il n'y a aucune notion du sabbat chez les anciens Pères de l'Eglise ; il est probable que c'est une imagination qui a'pris naissance chez les barbares du Nord, que ce sont eux qui l'ont apportée dans nos climats, et qu'elle s'y est accréditée au milieu de l'ignorance dont leur irruption fut suivie. Dans les décrets des conciles qui ont défendu sous peine d'anathème la divination par les sorts, les sortilèges ou maléfices, etc., ii n'y en a point qui regarde les prétendus sorc ers qui vont ou qui croient aller au sabbat ; preuve évidente que l'on a toujours méprisé celte imagination populaire. Ces décrets condamnent tout pacte avec le démon ; mais il est évident qu'il faut entendre tout pacte réel ou imaginaire, puisque la volonté seule de le former est un crime. Bingbam , Orig. eccles., I. xvj, c. 5, § k el suiv.; Thiers, Traité des Saperst., V partie, I. ii, c. G.

Lcibnilz nous apprend que le P. Spéc, jésuite allemand , est l'auteur du livre intitulé : Cautio criminalis circu processus contra *agus; que ce l'ère, qui avait accompagné au supplice un grand nombre do criminels

il!

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