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plutôt des sophismcs par lesquels 1rs stoïciens prétendaient prouver que la douleur ou les souffrances ne sont pas un mal; plusieurs moralistes en ont démontré le peu de solidité. Les pompeuses maximes du stoïcisme ont pu faire impression sur quelques âmes furies, leur inspirer un nouveau degré de constance, les empêcher de se livrer aux gémissements et au désespoir lorsqu'elles souffraient; quelques philosophes, dans les mêmes circonstances, ont pu affecter par orgueil un air d'insensibilité : mais une preuve que ces hommes vains ne regardaient pas les souffrances comme un bien, c'e>l que plusieurs ont cherché à s'en délivrer on se donnant la mort. II n'appartenait qu'à un Dieu revêtu des faiblesses de l'humanité, de faire envisager, même au commun des hommes, les souffrances comme une expiation du péché, comme un moyen de purifier la vertu et de mériter une récompense éternelle, par conséquent comme un bienfait de la Providence : Ileureux ceux qui pleurent, pr.rce qu'ils seront consolés; heureux ceux qui souffrent persécution pour la justice, parce que le royaume des deux est à eux. Ces maximes de Jésus-Christ, soutenues par ses exemples, ont rendu des milliers d'hommes capables, non-seulement de souffrir sans faiblesse cl sans ostemation, mais de désirer les souffrances , de les rechercher, d'y goûter de la joie, et d'en re> mercier Dieu. Que des épicuriens, qui ne connaissent point d'autre bien que le plaisir des sens , soient scandalisés de celle conduite, qu'ils la regardent comme un fanatisme et une folie, cela n'est pas étonnant. L'homme animal, dit saint Paul, ne comprend rien à ce qui vient de l'esprit de Dieu, il le regurde comme une folie (I Cor. il, 14). De prétendus philosophes, qui ne savent goûter d'autre félicité que celle des animaux, ne doivent envisager les souffrances qu'avec horreur. — Lorsque Jésus-Christ parut sur la terre, l'épicuréisme pratique avait infeclé tontes les nations ; les afflictions leur paraissaient un effet de la colère du ciel et un caractère de réprobation ; c'était l'opinion générale. Un des arguments que les philosophes onl employé le plus communément contre le christianisme, fut de soutenir que si cette religion était agréable à Dieu, il ne permettrait pas que l'on tourmentât et que l'on mit à mort ceux qui l'embrassaient. Cclse et Julien ont répète dix fois celle objection. La question était donc alors, comme eile esl encore aujourd'hui, de savoir si uu Dieu sage et bon doit attacher le bonheur à la patience plutôt qu'à la faiblesse, à la vertu plutôt qu'au vice. Car enfin, puisque la >erlu est la force de l'âme, s'il n'y avait rien à souffrir dans ce monde, la vertu ne nous serait pas nécessaire; les philosophes moralistes auraient eu tort d;; mettre la lorce au nombre des vertus. La question esl encore de savoir si celui qui envisage les souffrances comme l'effet d'une aveugle fatalité, esl mieux disposé à les supporter uu.m courage, que celui qui croit qu'elles
viennent de Dieu, et qu'en souffrant patiemment il peut mériter une éternité de bonheur. Ici l'on peut s'en rapporter à l'expérience. Comme l'entêtement des épicuriens ne les mel pas à couvert de souffrir, lorsqu'ils se trouvent aux prises avec la douleur, ils conviennent que la religion e»l une ressource plus puissanto que la philosophie. Mais en bonne sanlé ils argumentent. Les souffrances, disent-ils, ne peuvent être une punition du péché, puisqu'elles tombent sur tous les hommes, cl que, les plus coupables ne sont pas toujours ceux qui souffrent le plus. Il esl indigne d'un Dieu bon d'affliger ses créatures; un père ne peut pas se plaire à voir souffrir ses enfants; les souffrances ne peuvent élre un bienfait dans aucun sens.
Toutes ces maximes épicuriennes sont évidemment fausses. Puisque tous les hommes sont pécheurs, il n'est pas étonnant que tous soient condamnés à souffrir plus ou moins ; mais comme les souffrances servent encore à purifier la vertu et à la rendre digne d'une récompense, les hommes vertueux qui souffrent plus que les autres, oui une espérance bien fondée d'être récompensés plus abondamment dans l'autre vie ; il est donc faux qu'à leur égard les afflictions ne soient pas un bienfait. Un père n'aimerait pas sans doute à voir souffrir ses enfants sans aucune utilité, mais il se féliciterait certainement, s'il savait que par leur constance ils parviendront au plus haut degré de gloire et de bonheur; s'il était chrétien, il imiterait à ce moment l'exemple de la mère des Machabées.
Puisqu'il est prouvé par une expérience constante que la prospérité et le plaisir sont une source iufaillible de corruption et uu écueil certain pour la vertu, les souffrances, par la raison contraire, sont un préservatif et un remède contre le vice; les philosophes anciens l'ont compris et ont établi cette vérité par leurs maximes. Voy. Affliction.
Mais elle e>t infiniment mieux démontrée par l'exemple des saints formés et instruits à l'école de Jésus-Christ. — Soit, disent encore nos raisonneurs ; quand cela serait vrai à l'égard des alfiielions qui nous arrivent malgré nous, où est la nécessité d'y ajouter des souffrances volontaires, des macérations insensées , des austérités excessives qui ne peuvent aboutir qu'à nous détruire? Ici les incrédules ne sont que les échos des protestants ; nous avons réfuté les uns et les autres à l'article Mortification. Nous ajoutons seulement que l'excès n'esl louable dans aucun genre, el que s'il y en eut jamais dans celui dont nous parlons, l'Eglise ne l'a poini approuvé. Voy. Flagellants.
SOUFFRANCES DE JESUS-CHRIST. Voy.
Passion.
SOUILLURK. Voy. Impureté légale
SOUS- DIACONAT, SOUS -DIACRE. Le sous-diaconat est un ordre ecclésiastique inférieur à celui de diacre, comme son nom l'exprime, mais qui et regarde dans l'Eglise
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latine comme un ordre sacré, et comme l'un des trois ordres majeurs. Saint Cyprien et le pape saint Corneille en ont fait mention au m' siècle. Dans l'Eglise grecque, le sousdiacre, nommé ùnoàiàwiç, est ordonné par l'imposition des mains, avec une prière que l'évéque récite, et qui exprime la saintelé des fonctions de cet ordre. Dans l'Eglise latine, l'évéque, après avoir invoqué pour l'ordinand prosterné l'intercession des saints , et lui avoir représenté les devoirs auxquels il va être assujetti, lui fait toucher le calice et la patène vides, l'avertit des vertus qu'il doit avoir, et fait une prière par laquelle il demande à Dieu pour lui les dons du Saint- Esprit ; il le revêt ensuite de la dalmatiqne, et lui met en main le livre dos Epîtres que l'on chante à la messe; cette dernière cérémonie n'est pas ancienne. Cette différence d'ordination a fait penser à plusieurs scolastiques que le sous-diaconat, non plus que les ordres miueur3, ne sont pas des sacrements ; mais la plupart des théologiens pensent le contraire, et nous en avons dit les raisons au mot Obure. — Chez les Grecs, les fonctions du sous- diacre sont de préparer les vases sacrés nécessaires pour la célébration du saint sacrifice, et qui doivent être portés sur l'autel par le diacre, de garder les portes du sanctuaire pendant, cette célébration , d'en écarter les catéchumènes et tous ceux qui ne doivent pas y assister. Chez les Latins, c'est à lui de préparer nonseulement les vases sacrés, mais encore le p iin et le vin pour le saint sacrifice, du les présenter au diacre, de recevoir les oblations des fidèles, de chanter l'épîlre à la messe, de purifier les vases et les linges après le sacrifice, et dans plusieurs églises , de porter la croix à la procession. — Dans l'Eglise grecque les sous -diacres ne sont point astreints à la loi du célibat ; dans l'Eglise latine ils y ont été obligés, au moins depuis le vr siècle, et à la récitation du bréviaire ou de l'office divin.
Quelques auteurs prétendent qu'autrefois les sous-diaeres étaient les secrétaires, les messagers et les commissionnaires des évéques ; qu'ils étaient chargés des aumônes et de l'administration du temporel de l'église, conjointement avec les diacres.
Au mot Ordke, nous avons fait voir que le motif de l'institution du sous-diaconal et des ordres mineurs n'a pas été la négligence, la mollesse, le faste ni l'ambition des évoques, comme les protestants l'ont imaginé, mais le respect pour le saint sacrifice des autels, et la haute idée que l'on voulait en donner aux fidèles. Pour cela il fallait des cérémonies, un extérieur pompeux, un nombre de ministres subordonnés les uns aux autres, et chargés de différentes fonctions. Si on avait eu de la consécration de l'eucharistie une idée aussi basse que celle qu'en ont les protestants, onne seseraitjamaisavisé d'y mettre tant d'appareil ; si l'on avait cru comme eux que c'est la simple représentalion de la dernière cène de Jésus-Christ, on l'aurait célébrée d'une manière aus^i simple
qu'eux ; le retranchement qu'ils ont fait de tout le cérémonial atteste la nouveauté de leur doctrine.
SOUS-INTRODUITE. Voy. Agapète.
SPECTACLE. De savoir s'il est permis ou non de fréquenter les spectacles du théâtre , c'est une question qui lient à la morale chrétienne ; nous ne pouvons donc nous dispenser d'en dire notre avis, ou plutôt de rapporter ce qu'en ont pensé les sages de tout temps. L'influence du théâtre sur les mœurs publiques est attestée par des témoignages irrécusables. Ïite-Live , Tacite, Sénèque, Lucien , Pétrone, Zozime , nous apprennent que les spectacles de l'amphithéâtre et les combats des gladiateurs accoutumèrent les Romains à l'effusion du sang; c'est là que les empereurs apprirent à se faire un jeu de le répandre : ainsi le peuple romain porta pendant longtemps la peine de sa fureur pour ce cruel amusement. Or, si des spectacles sanglants ont été capables de familiariser les hommes avec le meurtre, pour lequel ils ont naturellement de l'horreur, des scènes licencieuses et lascives auront-elles moins de pouvoir pour leur inspirer le goût de l'impudicité ? Nous nous en rapportons encore au jugement des auteurs païens , même des poêles. Ovide, que l'on ne prendra pas pour un casuiste fort sévère, nous montre ce qu'il pensait de la comédie. « Qu'y voit-on, dit-il, sinon le crime paré des plus belles couleurs ? c'est une femme qui trompe son mari et se livre à un amour adultère. Le père et les enfants, la mère et la fille, de graves sénateurs, se plaisent à ce spectacle , repaissent leurs jeux d'une scène impudi que, ont les oreilles frappées de vers obscènes. Lorsque la pièce est conduite avec art, le théâtre retentit d'acclamations ; plus elle est capable de corrompre les moeurs, mieux le poêle est recompensé : les magistrats payent au poids de l'or le crime de l'auteur.» Trist. L il , Juvénal ne s'exprime pas vt\et moins d'énergie. — On sait que, chez les Romains , les lois déclaraient infâmes les acteurs du théâtre. Cicéron, chargé de défendre dans un procès Roscius, acteur célèbre, fut obligé d'employer toule son éloquence pour écarter le préjugé qu'inspirait contre cet homme la turpitude de sa profession. Il dit, Tuscul., 1. iv : Si nous n'approuvions pas des crimes, la comédie ne pourrait subsister. L'empereur Julien en parle avec le dernier mépris ; il défendit aux prêtres du paganisme d'assister à aucun spectacle. Devons-nous être surpris de la censure sévère que les Pères de l'Eglise en ont faite ? Tatien, contra Grœcos, n. 22; Clément d'Alexandrie, Pavlag., I. m, c. 1 ; TerluL, Apolog., c. 6 et 34-, de Speclaculis, passim; saint Cyprien, Epist. 1, ad Donatum, et l'auteur d'un Traité des Spectacles publié sous son nom ; Lactance , 1. vi, c. 20 ; saint Jean Chrysostome dans plusieurs de ses homélies ; sainl Augustin in ps. lxxx, etc., décident qu'un chrétien ne peut assister aux spectacles sans abjurer sa religion, sans violer la promesse qu'il a faite dans son baptême do