CHAPITRE VII
Cinquième preuve, tirée de la mythologie des Egyptiens, et du culte qu'ils rendaient aux animaux.
§ I. — Ce n'est pas une des moindres difficultés de la mythologie que de trouver la raison du culte que les Egyptiens rendaient à certains animaux, et de montrer comment il a pu s'introduire parmi eux. Ce que l'on a écrit sur ce sujet n'a point tranché le nœud principal; on n'a point encore fait sentir la liaison de cet usage bizarre avec le principe général du polythéisme, l'énigme demeure toujours aussi obscure. Quelque monstrueuses qu'aient élé les idées des Egyptiens, elles ne leur s >nt point venues par hasard. Si l'on peut faire voir qu'ils ont,
pour ainsi dire,
extravagué
par principes,
toujours subsistant de l'origine du poly- que la même cause qui a donné naissance
aux fables grecques, a dû enfanter les folies égyptiennes, il y aura lieu de croire que l'on touche enfin à la vérité.
§11. — M. l'abbé Banier, après avoir prouvé par une foule d'autorités irréprochables que le l'ait n'est pas douteux, que les Egyptiens onl réellement rendu un culte religieux à certains animaux qu'ils nommaient sacrés, observe (1739) que ce culie était relatif; ils n'honoraient point un animal pour luimême, mais comme symbole de quelque divinité. Osirisétailreprésenlé par un bœuf,
liieisme, et de la manière dont il s'est introduit chez les nations les plus sages.
I XVI. — Mais il y a encore loin de cette première erreur jusqu'à l'adoration des boulines. En général, les peuples ne sont pas fort enclins à rendre les honneurs divins à leurs semblables. Lorsque des rois ou des conquérants, par un excès de vanité, ont txi^é de leurs sujets celle basse flatterie, elle n'a duré <]u'aussi longtemps qu'ils ont
élé en étal de se faire craindre. L'apothéose des empereurs romains élail plutôt dans
(1738) Los Grecs oui souvent imaginé des génies a bon mari hé. Comme il arrivait quelquefois aux chevaux qui couraient dans la lice à Jlympic (Je répouvauler, de culbuter le cliar et celui qui le moulait, on jugea que la chose valait ta peine de créer un génie Taraxippus, l'effroi des chevaux, lits de Mcplune Hippitu, ou de Neptune Cavalier, et on lui ti gea une statue dans la lice même, il y avait dans un portique d'Ailiénes une icu: «le marmouset quj
paraissait sortir de la muraille. Il plut aux Athéniens d'en faire un dieu sous le nom d'Acralus. "Ay.pa.-o; signifiait proprement féie ou élévation; mais en le confondant avec "Axf«-rov, tnerum, vin pur, on décida qu'Acrafifl élail un génie de la suite de Bacchus. Voyez Pausan., I. vi, c. 40, et I. i, c. 2. (1759) ExpUc. Inst. des fable*, tome I, I. vi, c. 4, n. 508.
Isis par une vache, Pan ou Bacchus par un bouc, Diane par un chat, Anuhis ou Mercure par un chien. Il donne ensuite quatre raisons de celte coutume: 1° comme on avait désigné les douze signes du zodiaque par des animaux, et que l'on avait
ancien que le zodiaque; puisque nous en voyons déjà des marques au temps deMoïse dans l'adoration du veau d'or.
3° La fable du déguisement des dieux est une imagination des Grecs ou des Egyptiens des derniers siècles, postérieure de
commencé par adorer les astres, il n'est pas beaucoup aux institutions religieuses des surprenant que l'on ait rendu un culte h premiers temps ; le culte des animaux ne nimaux célestes; 2° selon la Fable, les lui doit pas sa naissance, c'est la fable au
ces a
dieux poursuivis par Typhon avaient été obligés de se cacher sous la figure de certains animaux, nouveau motif d'honorer ceux-ci; 3° la métempsycose ou l'opinion établie en Egypte, que les âmes des hommes passaient après la mort dans le corps des animaux, avait aussi contribnéLJL ce culte; 4° l'utilité qu'on retirait des animaux, inspirait un fond de respect pour eux. Diodore de Sicile dit à peu près la même chose sur le témoignage des Egyptiens mêmes (1740).
§111. — Si l'on veutexaminerde près toutes ces raisons, l'on verra qu'aucune n'est satisfaisante et ne résout la difficulté. Pourquoi les Egyptiens se sont-ils avisés de
contraire qui est née de l'allusion à ce culte ancien.
4° La métempsycose est un dogme aussi surprenant que l'usage que nous examinons; l'un ne peut pas servir à expliquer l'autre, puisqu'il s'agitd'indiquerégalement leur origine.
5° L'utilité des animaux n'est pas une raison suffisante pour leur décerner un culte religieux, l'abbé Banier en convient : autrement les Egyptiens auraient dû adorer le bois, la pierre, les minéraux, parce qu'ils sont utiles.
§ IV. — Il faut donc remonter au principe
de loules ces imaginations. Nous avons déjà
dit, et nous ne tarderons pas de le montrer,
prendreles animaux pour symboles de leurs que l'ignorance des opérations de la nature,
dieux; d'y loger les âmes des morts, d'en faire les signes célestes ? Ces questions demeurent toujours indécises, et l'on fait ici plusieurs suppositions sans fondement. 1° L'auteur de l'histoire du ciel a montré que les douze signesdu zodiaque n'ont aucun rapporta l'adoration des astres, mais qu'ils sont relatifs aux productions et à l'état de la nature pendant les douze mois de l'année. Le bélier a désigné le mois de mars, parce qu'alors les brebis mettent bas leurs agneaux: Je taureau est au mois d'avril, parce que les veaux ont coutume de naître
l'admiration stupide de ses phénomènes et les équivoques du langage ont été la source du polythéisme, de l'idolâtrie et des superstitions grecques; il y a bien de l'apparence que les mêmes causes ont produit les mêmes effets chez les Egyptiens.
Le préjugé commun à tous les peuples ignorants, a étédecroire que louie la nature était animée par des esprits : nous avons vu, cbap. 6, que cette persuasion subsiste encore d'un bout de l'univers à l'autre. C'est une intelligence, disaient les Grecs, qui conduit le soleil, qui dirige son cours
vers ce temps-là : au lieu des gémeaux qui avec celte régularité qui nous étonne, qui,
marquent le mois de mai, il y avaitautrefois deux chevreaux, parce que leur naissance succède aux précédents. L'écrevisse nous apprend au mois de juin que, vers le solstice, le soleil semble recuier ou ralentir sa course; ainsi du reste (1741). 11 est trésvraisemblable que les noms que nous donnonsencoreaux mois, fontà peu près la même allusion à l'état de la nature, quoiqu'il serait difficile de Je faire voir en détail. Si l'on perd de vue ces idées simples, les seules dont les anciens peuples étaient susceptibles dans l'étatde grossièreté où ils étaient encore, on ue peut plus rendre raison de leurs usages.
2* Il est évident que le zodiaque n'a point été inventé par les Egyptiens; la suite des mois ne nous représente point l'état de la nature en Egypte, où les saisons et les travaux sont fort différents des autres pays du monde. Il est prouvé d'ailleurs que les noms des signes leur ont été donnés par les Grecs, et que les Orientaux ne les caractérisaient pas de même (1742). Enfin le culte des animaux en Egypte parait plus
(1740) Ilisi. unit, de Diodore, traduction de M. l'abbé Teirasson, tome I, nage 18*2.
(1741) Histoire du ciel, tome 1, page 17 ci suiv.
par sa chaleur bienfaisante, donne la vie à toute la nature; c'en est une autre qui préside à la mer, qui gouverne un élément lout à la fois si utile et si redoutable, qui excite à son gré les vents et Jes tempêtes. C'est une nymphe qui fournit les eaux d'une fontaine, ou qui entretient le cours d'un tleuve: c'est à une divinité que nous sommes redevables des fruits de la terre et des merveilles de la végélalion. La matière seule est incapable de se mouvoir et de produire des opérations si admirables. 11 est doue juslede rendre un culte à ces génies bienfaisants, qui ne sont occupés qu'à pourvoir à nos besoins. Telle est l'origine uu polythéisme.
§V. — Or, parmi les phénomènes de la nature, en est-il unplussurprenantque l'industrie et les opérations des animaux'/ Pouvonsnous trouver mauvais que les Egyptiens en aient été Ira ppés jusqu'à l'admiration ? Avec tous les raisonnements de la philosophie, sommes-nous venus à bout de concevoir que la matière seule puisse être le principe de ces opérations admirables, et Je peuple
(1742) Origine des lois, des arts el des sciences, tome VI, page 1"21 et suiv.
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le croira-t-il jamais? On connaît déjà la prévention de presque toutes les nations sur cet article : personne n'ignore la tendre amitié des Arabes pour leurs chevaux, avec lesquels ils vivent dans la plus étroite fraternilé; l'opinion des Turcs qui pensent que l'aumône faite à un chien, est une œuvre très- méritoire pour l'autre vie; la croyance des nègres qui sont persuadés que les singes sont une espèce d'hommes, et qu'ils s'abstiennent volontairement de parler, de peur qu'on neles tasse travailler; le préjugé des sauvages qui croient que les brutes ont une âme tout comme les hommes ; le sentiment des Lapons qui regardent les animaux féroces comme des génies; l'habitude des bergers occupés à nourrir et à conduire des animaux, ilscouverseul avec eux comme s'ils parlaient à leurs semblables. On a vu des paysans effrayés, l'aire le signe de la croix et s'enfuir pour avoir ouï parler un perroquet, persuadés que le diable inspirait cet animal. Enfin, l'on se souvient que le ridicule des opinions philsophiques sur l'âme des bêles a'donné lieu parmi nous à un amusement bien ingénieux, dont les esprits simples auraient pu aisément être la dupe (1743).
§ VI. — Ce que l'on n'a proposé que par plaisanterie et comme un pur jeu d'esprit, les Egyptiens le croyaient fort sérieusement. Ils n'avaient pas appris de Descartes, que les bêles sont de simples machines ; conséquemment ils les croyaient animées par un génie (1744). Voici à peu près comme ils raisonnaient. C'est sans doute une intelligence bienfaisante, qui fait revenir exactement la bupe avec le souffle des venis élésiens, pour manger les vers et les insectes qui •mdomuiageraient nos moissons ; c'en est une autre qui ramène chaque année l'ibis ou la cigogne pour détruire les serpents et les repliles dont nos campagnes seraient infestées : c'est un génie bienfaisant qui engage l'ichneumon à chercher les œufs du crocodile et à les casser, pour empêcher ce dangereux animal de multiplier: c'est un esprit supérieur, qui donne au chien une sagacité singulière et un attachement inviolable pour sun maître. On ne saurait assez remercier ces dieux si officieux de tous les services qu'ils nous rendent.
§ Vil. — Avec ces raisonnements, est-il plus ridicule devoir un Egyptien prosterné religieusementaux pieds u'un barbet, que de voir un bel esprit grec immoler un taureau à la nymphe d'un fleuve, ou le pieux Horace sacrilier gravement un chevreau à lafoniaine de Blaudusie? Je soutiens que celui-ci est moins raisonnable que le premier; il y a plus de marques d'intelligence dans le manège d'un chien que dans le cours d'une fontaine. Rien n'est si lisible que d'entendre Juvénal s'égayer aux dépens d'un peuple qui honore les chiens, tandis qu'il ne connaît point Diane ; comme si celte divinité
(I74r>) Amutement philosophique sur le langage dis Uèles, par le 1*. Uuu^dunl.
imaginaire eût été plus utile à un chasseur, qu'un limier de bon nez pour lancer le gibier, ou un fort lévrier pour le poursuivre. De quel front ose-l-il railler les Egyptiens sur leur respect pour les oiseaux, pendant qu'à Rome aussi bien qu'en Grèce, on leur supposait l'esprit prophétique, et que les augures les consultaient sur les affaires d'état? folie pour folie, l'une vaut l'autre; en fait d'opinions et d'usages bizarres, les Romains n'avaient rien à reprocher à personne.
Toutes ces rêveries venaient évidemment de la même source, de la persuasion répandue chez tous les peuples, que des esprits ou intelligences faisaient mouvoir toute la nature, et du penchant naturel à leur rendre un culte pour les bienfaits que l'on croyait en recevoir.
§ VIII. — Les philosophes mêmes avaient subtilisé sur celte opinion populaire. Selon quelques-uns, les abeilles avaient une portion do l'intelligence divine, comme les hommes et les autres animaux. Virgile nous étale ce dogme dans ces beaux vers :
His quidam signis, alque hœc exempta seculi. Esse apibus parlent divines mentis, ei haustus JEthereos dixere : Deum namque ire per omnes Terrasque, traclusque maris, cœhimque profutidurr. Hinc pecudes, armeiUa,viros,genus omtie ferarum, Quemque sibi tenues nascentem arcessere viias.
Géorg , 1. îv, v. c219.
Les Egyptiens étaient-ils donc plus blâmables d'adorer l'intelligence divine dans les animaux, que les Romains d'encenser leurs empereurs ?
§ IX. — Ce serait ici le lieu d'examiner quelle relation les Egyptiens avaient imaginée entre tel le divinité et tel animal, en verlu de laquelle l'un était le symbole de l'autre; mais comme celle discussion dépend des principes qui seront établis dans le chapitre 10, on se trouve obligé de renvoyer cet examen au chapitre 11 , § 20.
§ X. — De ce que nous venons de dire, on peut déjà tirer plusieurs conséquences. En supposant que les dieux des Egyptiens, comme ceux des Grecs , étaient les esprits moteurs de la nalure, on comprend 1° comment ils ont imaginé que plusieurs de ces intelligences s'étaient logées dans les animaux utiles pour rendre service aux hommes, et comment la reconnaissance a engagé la multitude à rendre un culte à ces êtres bienfaisants. Malgré l'utilité des animaux, jamais les Egyptiens ne les aurait-nt adorés, s'ils ne les avaient supposés intelligents. 2° Par quelle raison la crainle les a portés à honorer les esprits malfaisants qu'ils ont cru habiter dans les animaux nuisibles, tels que le crocodile, le loup, elc. 3° Comment ils ont jugé ensuite que les âmes des morls pouvaient aller occuper la môme place que ces génies pré-
( 174-4) Mœurs des sauvages américains, louie 1, pyjje 301.
tendus, et résider comme eux dans les animaux. Ainsi le dogme de la métempsycose est né de la même source que le culte dont nous parlons. 4° L'on conçoit encore pourquoi les différentes villes d'Egypte n'honoraient point le même animal. Le dogme des génies, bons ou mauvais, avait sans doute persuadé aux Egyptiens, comme aux Grecs et aux Romains, que chaque ville avait son dieu ou génie tutélaire particulier, qu'il ne manquait pas de se loger dans celui des animaux qu'on lui consacrait et dont chaque ville portait le nom. Ainsi les Romains se forgèrent une déesse Roma; ceux d'Antium, une déesse Antée; ceux d'Alabanda , un dieu Alabandus ,x^etc., conséquemment on devait présumer qu'il y avait souvent de la dissension entre ces dieux locaux, tout comme il y avait guerre entre les dieux de Troie et d'Argos, entre ceux de Rome et de Carlhage. De là s'ensuit la coutume de tuer dans une ville les animaux que l'on adorait dans une autre; les querelles et les combats occasionnés par cet acte d'hostilité, la haine héréditaire entre certaines villes pour ce sujet, etc. 5" L'on comprend comment cette même croyance des divinités locales, si analogue aux idées des peuples ignorants, a fait naître et perpétue chez les nègres le culte des dieux fétiches qui est le même que celui des Egyptiens, et la métempsycose, sans qu'il soit besoin que ceux-ci les aient portés dans ces divers climats. Nous le verrons dans le chap. 14. 6° Que si les Egyptiens ont adoré les oignons et les autres plantes, ce culte était relatif aussi bien que celui des animaux, ils pensaient honorer par là le génie auquel ils étaient redevables de ces aliments, tout comme les Grecs ont honoré Cérès pour leur avoir donné du blé, et Bacchus, pour leur avoir procurédu vin.7"Que touscescultesbizarres n'ont point été absolument incompatibles avec la croyance d'un Dieu suprême, dont les Egyptiens paraissent avoir eonservé l'idée, les uns sous le nom de Phla, les autres sous le nom de Cneph; puisque nous voyons Platon allier ensemble la connaissance d'un Dieu souverain et père de ce monde, avec la foi des dieux populaires ou des intelligences du second ordre (1745). G'élait à la vérité une pitoyable philosophie, mais elle est bien plus pardonnable aux peuples de l'Egypte qu'au divin Platon.
§ XI. — Si l'on tient l'hypothèse contraire, si l'on suppose que les dieux de l'Egypte étaient originairement des hommes, tout devient inintelligible ; il n'est pas surprenant qu'avec cette prévention les mythologues n'aient pas vu clair dans la religion des Egyptiens. 1" Jamais ils ne parviendront à nous montrer par quel enchaînement d'idées ces peuples ont passé de l'adoration des astres à celle des hommes,
de celle-ci à la métempsycose, au culte des animaux et des plantes, et quelle relation il y avait entre ces différentes erreurs. 2° Jamais ils n'accorderont leur système avec le texte de l'Ecriture. Nous avons remarqué (1746) que le Sage, parlant des divers objets de l'idolâtrie, place en premier lieu les êtres naturels, ensuite leurs symboles; enfin les hommes et leurs images. Par cet ordre successif, nous voyons que ce sont les êtres physiques ou les génies maîtres de la nature qui ont été adorés d'abord, avant que l'on rendit un culte aux héros et à leurs statues. Que l'on ait métamorphosé en homme ou en animal, un génie que l'on ne voyait pas, cela n'est pas surprenant; mais que l'on eût peint des hommes sous la ligure de bêtes, au lieu de les représenter dans leur état naturel, ce serait une bizarrerie inconcevable. 3° Jamais ces mythologues ne seront d'accord avec eux-mêmes. L'abbé Banier observe après Hérodote (1747), que les Egyptiens ne connaissaient point de héros ou de demi-dieux ; nouvelle preuve qu'ils n'ont pensé que fort tard à déitier des hommes et à confondre leurs rots avec les dieux, comme ils faisaient du temps de Diodore de Sicile (1748). Ce n'est donc pas eux [qui ont porté ce culte dans la Grèce. 4° Quand même on aurait quelques auteurs anciens à nous opposer, nous serons toujours en droit de nous en tenir au sentiment de Pythagore, de Platon, de Plularque qui avaient voyagé en Egypte, et qui ont sans doute examiné la religion de ce pays, avec des yeux philosophes. Ils ont jugé qu'lsis, Osiris, Typhon et les autres dieux égyptiens étaient plutôt des démons que des hommes ; que leurs fables étaient à peu près les mêmes que celles des géants et des Titans de la Grèce, et ils ont suivi en cela les opinions des vieux et anciens théologiens (1749). L'explication des fables par l'histoire est donc contraire à la plus saine antiquité. Nous le verrons plus en détail dans les chapitres suivants.