‹ Œuvres completes de BergierChapitre 117 sur 255 · CINQUIÈME PARTIE (2119). le joyeux Baechus, dieu immoriel, quoique · texte numérisé non relu

CINQUIÈME PARTIE (2119). le joyeux Baechus, dieu immoriel, quoique

Hommes placés au nombre des dieux : qua- no" d'une mute mortelle; mais tous deux

trième époque de la religion grecque. jouissent à présent des honneurs de la di-

Séraélé, lille du Cadmus, eut de Jupiter vinité (2120).

paiement allusion à merces, les marchandises, et il semble d'abord n'avoir pas eu dans son origine une signification aussi étendue que chez les Grecs ; mais il faut faire attention que marc, merc signifie hauteur, élévation, dans la plupart des langues de l'Occident, comme "iipu«4- en grec. Marc est un cheval ou une monture; Mercure, selon M. de Valois, est l'ancien nom de Moulinai lie.

morts : conséquemment on a chargé Mercure du soin de conduire les âmes dans les enfers ou dans le royaume de Plulon, et de les en faire sortir.

Il y aurait à disputer longtemps pour savoir si le Mercure des Grecs est le même que Taaut ou Anubis des Egyptiens : il suffit de remarquer que leur figure et leurs symboles n'ont jamais rien eu de semblable, qu'on les a confondus sur le seul

Ep/wc? en grec signifie une pierre, selon Hésy- rapport de quelques-unes de leurs fondions, et chius. Pausanias, liv. t, ch. 17, parle de grandes cette manière d'en juger est très-sujette à l'erreur:

pierres rassemblées dans un gymnase, et nommées èpuKt. Il signifiait aussi une borne, selon Hésychiu^, et tout ce «| ii i arrête, comme herem en hébreu. On nomma donc epparec les pierres posées le long des chemins pour servir de bornes, pour marquer les dislances ou pour asseoir les voyageurs, et à cause de l'allusion d'spu«; avec Hermès, on donna souvent à ces pierres la figure de Mercure : nouveau motif pour supposer que Mercure était le dieu des chemins et des voyageurs, et de l'invoquer dans les voyages. Ges idées passèrent aisément chez les Latins, parce que l'équivoque des noms dans leur langage était à peu près la même. Marc, merc, dans les langues de l'Occident, signifient borne et frontière, connue !gj*kç chez les Grecs.

L'abbé Baniér nous fournil de nouvelles preuves de la signification primitive d'Hermès qu'il n'a pas aperçue. (L. ni, c. 0, p. 252.) « Quoique les Hér-

on l'a fait voir dans le discours préliminaire. Anquolil pense que l'Anubis à tète de chien, que l'on voit sur les monuments égyptiens, désigne un homme chargé d'embaumer les corps. (Zend-Avenla. tome III, page 58:2, note 2.) Comme une des fonctions de Mercure chez les Giecs était de conduire les morts dans les enfers, il n'en a pas fallu davantage pour faire juger aux Grecs que l'Anubis des Egyptiens était leur Mercure.

Selon l'opinion de Gébelin, la fable de Mercure désigne l'invention de l'astronomie chez les Orientaux; l'explication qu'il en a donnée est ingénieuse et très-bien soutenue. Le caducée de Mercure désigne les points d'intersection du cours de la lune et du soleil dans l'écliplique; cela paraît très-probable. Alors on doit supposer que Mercure n'a élé connu des Grecs que fort tard, et qu'en adoptant son histoire ils l'ont accommodée au sol de la Grèce

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mes, dit-il, ne dussent être que pour les statues de par de froides allusions, puisqu'ils ont fait naître Mercure puisqu'elles portent son nom, on le donnait Mercure sur le mont Cyllénius en Arcadie : ils l'ont

cependant à toutes celles qui en imitaient la forme. Ainsi quand c'cla l Apollon qu'elles représentaient, on les nommait Ihrmapullons. Si celait une tèle de Minerve, en grec Alhené, on les appelait 11ermutlièncs ; el Herméros, celles qui représentaient la lele d'Eros ou de Cupidon, ainsi des aunes. Enfin celle manière antique fut encore conservée dans les statues du dieu Tenue, qui n'étaient que des pierres informes. »

En supposant qu'Hermès signifie toujours le dieu Mercure, on ne comprend ni pourquoi on s'est avise de nommer ainsi une pierre carrée, ni pourquoi ou l'a confondue avec le dieu Ternie, ni pourquoi on a nommé une statue Mercure-Apollon. Dés que l'on sait qu'Hennés est simplement une pierre ou une borne, tout s éclaircil : ou conçoit qa'Hermapollon signifie Apollon de pierre, ou Apollon l'ail en forme de borne; Hermalhêné, Minerve ue pierre, etc. On aperçoit encore que cest une statue de Venus ainsi formée el nommée Hermaphrodite, Vénus borne, qui a donné lieu a la fable d'ilcnnaplirodile.

L'on a regardé comme un grand mystère le caducée ou balon de Merciiic; peul-èlre l'origine en esl fort simple. Ce n'était d'abord qu'une canne ou un bâton ordinaire de voyageur avec un cordon pour le tenir à la main, connue Syir peut désigner un serpent ou un bracelet; le nom el la ligure ont fait prendre dans la suite ce cordon pour deux serpents entrelaces. Ainsi l'on a pris de même pour deux serpents les franges du corset de Minerve ( Voyez, noie 2103, la fable de Minerve.)

Ou pourrait supposer encore que c'est une aune ou un bâton de marchand. Les colporteurs ou merciers des campagnes ont coutume d'attacher au bout d'un bâton les lacels, les cordons cl les petits rubans qu'ils ont à vendre; ces cordons ont été transformés en serpents poui la raison que nous venons de dire ; et, comme le serpent esl le symbole de la vie, on a dil lorl sérieusement que le caducée de Met cure a^ ait la vertu de rendre la vie aux

dépouillé de ses fonctions primitives, parce qu'ils n'avaient encore aucune connaissance de l'astronomie.

Désormais le poêle va parler d'une nouvelle espèce de divinités : ce sont les hommes mis au nombre des dieux. Nous examinerons ce que l'on doit en penser, et quelle différence il y a entre ces nouveaux dieux et les précédents. Ceci forme donc la quatrième époque de la religion grecque, et la cinquième partie de la Théogonie.

Si l'on excepte Triton, dieu marin, fils de Neptune et d'Amphitrile, les divinités qu'Hésiode a fait naître sous le règne de Jupiter sont presque toutes appelées ses enfants : Minerve ou Pallas, les Grâces, Pioserpine, les Muses, Apollon, Diane, Hébé, Mars, Lucine, Vulcain, Mercure. N us verrons de même que ceux qui passaient pour des héros mis au nombre des dieux étaient la plupart appelés fils de Jupiter : celle filiation signifie donc seulement qu'ils ont commencé à être connus et honorés sous le lègue de Jupiter, c'esl-à dire depuis que Jupiter fut regardé connue dieu souverain. Ils ont reçu de lui la naissance comme ils en ont reçu leurs emplois, v. 881 et suiv. En les examinant l'un après l'autre, nous avons reconnu qu'ils font allusion à des arts,, à des talents, à des usages qui n'ont pu élie familiers aux anciens habitants de la Grèce, qui caractérisent un peuple déjà policé. Ils sont donc fort différents des dieux Titans, des dieux anciens des Pélasges : ce sont les dieux de la Grèce devenue un peu moins barbare.

(21 11)) Quand nous parlons des héros placés au nombre des dieux, nous ne prétendons pas avouer l'existence réelle de tous ceux qui sonl regardés connue lels par les mythologues; il en esl plusieurs sur lesquels on peui former des douies très-bien, fondes. Lorsque nous voyons à loul moment dans l'histoire grecque les montagnes , les fleuves, les

rochers

(2120) Voy. celte note col. 556.

Enfin du commerce d'AIcmène avec Jupiter est né le vaillant Hercule (2121).

rochers, les marais pris pour dos hommes; les fontaines, les lacs, les cavernes transformées en nymphes, dont on l'ait gravement la généalogie, devons-nous ajouter beaucoup de foi à ce que les poêles racontent de tous ces demi-dieux dont ils ont (liante les exploits plusieurs siècles après le temps où l'on suppose (puis ont vécu? Croira-t-on qu'Homère avait copié sur des registres publics la généalogie de ses héros, et peut-on douter que la plupart ne soient des noms en l'air? Strahon, liv. xm, page 564, a remarqué l'allusion évidente du nom des liéros d'Homère avec les noms propres des lieux d'où il les fait partir. Ce judicieux écrivain, nui ne tient aucun compte des fables, a bien senti quelle en était l'origine.

L'Iliade et ['Odyssée sont les archives ou 1 on a puisé toui ce qui a été dit dans la suite. Quiconque aurait osé démentir Homère aurait été regardé avec exécration. Ce poêle était inspiré par les Muses, il savait tout par révélation ; aucune ville grecque qui ne fût intéressée à défendre la vériléde ce qu'il a dit, la vraisemblance qu'il a si bien su garder dans ses narrations lui a tenu lieu de pièces justificatives. D'autres poêles cependant ont suivi quelquefois sur le théâtre des traditions différentes quand elles pouvaient Daller les préventions de leurs conciloyens. Euripide, dans sa tragédie d'Hélène, suppose nue celle princesse n'alla point à Troye, et lut retenue en Egypte. Les tragiques ne s'accordent point sur l'Ioaloire de la postérité de Danaùs et u'Egypius; ions se contredisent. Cela n'est pas étonnant: pourquoi n'auraient-ils pas eu le même privilège qu'Homère deleiudre et de mentir chacun à son goût?

Si au mi' ou au xv« siècle un poêle nous avait ilonné la généalogie et la vie détaillée de tous les capitaines qui oui servi sous Charleiuagne, aurionsnous aujourd'hui beaucoup de respect pour ses légendes ? Nous demanderions sur quels monuments il a pu les appuyer, quelles preuves l'on en a conservées dans des siècles où il était ignoble de savoir écrire; on plutôt, aussi indulgents que les Grecs quoique moins crédules, nous nous en tiendrions à la maxime d'Horace :

. . . Picloribus alque poctis Quidlibei audendi semper fuiuvqua potesius.

(Art. l'oel.) A plus forte raison devons-nous regarder tout ce qui a précédé la guerre de Tro.e, toutes les fables lies dieux, comme île purs jeux d'iniaginaliwn.

De Ions les liéros divinises, Hercule et BacchlIS sont ceux dont I1 histoire parait la mieux constatée, et, pour peu qu'on l'examine, elle se trouve aussi douteuse que celle de Jupiter. Hérodote nous atteste qu'Hercule était un dieu ancien en Egypte et en riiénicie il. n , n. 67); qu'Amphitryon el Alcinéne ses parents étaient Egyptiens, au lieu que les Grecs soutiennent qu'ils étaient de leur pays. Diodore de Sicile, I. i, sect. 1, c. 13, soutient que les Grecs se se sont attribué faussement plusieurs liéros qui n'étaient point nés chez eux et qui avaient clé connus chez les Egyptiens longtemps avant que les Grecs en eussent entendu parler. Tels sont, selon J-ji, Hercule, Hacchus et Cadn.us. Il repèle la même chose à la lin du livre Mi. Il observe, liv. v, c. 45, que ces mêmes héros étaient revendiqués par les Cretois. Dans la Grèce même, quelques-uns sacritiaieut a Hercule dieu et rendaient les honneurs funèbres a Hercule héros. Je ne prétends pas nier qu'il y ait eu un ou plusieurs héros nommes Hercule; mais, en quelque iieu qu'ils aient vécu, je soutiens que leur histoire «-si fabuleuse et allégorique; c'est le déluil des travaux que les premiers colons de la

Vulcain, dieu fameux, mais mal bâti et boiteux des deux cotes , épousa Aglaé ,

Grèce ont été obligés d'entreprendre pour rendre ce pays habitable ; nous le verrons dans les notes sur le Bouclier d'Hercule.

Hacchus était connu ailleurs, avant que de l'être dans la Grèce; presque tous les savants conviennent que son culte venait des Phéniciens, malgré la généalogie bien circonstanciée que donne Hésiode, (in a pu sans doute donner le nom de Hacchus à un fameux buveur, à un vigneron célèbre ou à plusieurs; mais la fable forgée sur leur compte est une allégorie. C'est le récit de la manière dont il faut cultiver la vigne él faire le vin : par conséquent les fables des dieux et celles des héros ont été composées selon la même méthode.

D'où a pu venir l'incertitude des Giecs qui ne pouvaient décider si Hercule cl Hacchus étaient deux dieux ou deux héros? C'est que leurs exploits étaient, pour la plupart, des travaux humains et évidemment plus récents que ceux des dieux, puisqu'ils dataient du temps où l'agriculture était déjà connue et pratiquée dans la Grèce. Quand on disait que Jupiter avait foudroyé Tiphon, vaincu les Titans, etc., on comprenait assez que de tels exploits sont au-dessus des forces humaines : mais faire du vin, dompter des monstres, tuer des bêles féroces, sont des actions dont un homme peut être capable, surtout avec le secours des dieux. Il y avait donc lieu de douter si les personnages auxquels on les attribuait, n'étaient pas des héros ou demi-dieux, des hommes doués d'une force extraordinaire et d'un courage supérieur.

Il n'est cependant pas moins vrai que celle nouvelle espèce de divinités fournit un argument de plus contre le sentiment des mythologues historiens. Les Grecs ont fait une différence entre ces demidieux qu'ils croyaient avoir élé des hommes, et leurs grands dieux ; nous le voyons par la distinction d'Hercule dieu eld'ricrcule héros. Selon la manière de penser de nos adversaires, il n'y en a aucune: Jupiter a élé un roi de Thessalie, Hercule un héros ne dans la Héotie ; il n'y a enlie eux d'aulre différence que celle du temps où ils ont vécu. Nous verrons dans celle dernière partie du poème de nouvelles preuves de ce qui a élé dit jusqu'ici.

Quelle différence y a-t-il donc selon nous entre ces dieux divers que nous rangeons sous trois classes? Déjà nous l'avons dit : les Titans sont les diverses parties de la :ialure en général ; les dieux, enfants de Jupiter, sont, les intelligences qui présidaient aux arts el aux talents, ou à quelque nouvel usage : les demi-dieux sont différentes parties du sol île la Grèce personnifiées el confondues avec des hommes de meute nom. L'on a dû s'en appercevoir par les fables de i'eisee et de Helléiopbon : mais il esl impossible aujourd'hui de vérifier si ces hommes divinisés ont existé ou non. Reprenons le lil de la narration dTlés.o.ie.

(2120) Sémété, fille de Cudmus, eut de Jupiter le joyeux iiacclius, dieu immortel, quoique ne d'une mère mortelle ; mais tous deux jouissent à préseul des honneurs de la divinité.

Ainsi donc, selon Hésiode, une mortelle et son fils sont parvenus a la divinité; voilà justement ce que prétendent les mythologues historiens. Quelle impossibilité y a-t-il que Jupiter el tous les autres, quoique de purs hommes, y suienl parvenus ue

même

(2121) Enfin du commerce d'AIcmène avec Jupiter est né le vaillant Hercule. Comme la naissance et les exploits d'Hercule sont rapportés plus au long dans le Bouclier, v. 1 el suiv., on les examinera dans cet endroit, noie 2140, cl l'on y expliquera toute la fable d'Hercule.

la plus Jeuno dos trois Grâces (2122). épouse la belle Ariadne, fille de Minos Bacchus, nui cheveux blonds, prit pour (2123), à laquelle Jupiter a daigné accorder

même ? N'est-ce pas ici une démonstration de la vérité de leur sentiment?

Non assurément. 1° Cette démonstration prétendue ne prévaudra jamais sur la preuve de détail par laquelle nous avons montré quels étaient les différents personnages qui ont paru successivement sur la scène; encore moins peut-elle détruire les arguments positifs rassemblés dans le discours préliminaire, auxquels on n'opposera jamais rien de solide. 2" Hésiode met une différence entre ces mortels devenus dieux et ceux qui avaient été dieux de tout temps : dans le système que nous réfutons, il n'y en aurait aucune. 5° Lorsque les Grecs eurent pris les fables à la lettre, et furent persuadés que leurs dieux avaient autrefois vécu sur la terre, il n'est pas surprenant qu'ils aient conclu quecesdieux avaient eu commerce avec des mortelles, elles avaient as*, sociées aussi bien que leurs enfants aux honneurs de la divinité. Mais celle opinion est une rêverie des siècles postérieurs. C'est un effet des fables ; elle n'en peut pas être l'origine. Si Jupiter a été un lioinme, s'il a régné dans la Grèce, quelle divinité les Grecs adoraient-ils pendant sa vie ? Yoilà la question à laquelle on ne satisfera jamais. A-t-ou vu dans l'univers un seul peuple qui, après avoir connu un seul Dieu, ait abandonne son culte pour ne plus adorer que des hommes ?

Mous avons expliqué dans le discours préliminaire, chap. II, § 15, les divers sens du nom de fils et de filiation dans les poêles, et nous avons l'ait voir que l'on ne peut nen conclure de celte multitude d'enfants que l'on a mis sur le compte des dieux. Leclerc soutient le contraire. Celle opinion, dit il, n'aurait jamais pu s'établir, si on n'avait pas été persuadé que les anciens dieux de la Grèce avaient été des hommes.

On eu était persuadé sans doute au siècle des poètes, et nous avons indiqué la vraie cause de celle persuasion; elle est fort différente de celie que Leclerc imagine. 11 pense que Ton attribua des enfants aux dieux, parce qu'on croyait qu'ils avaient élé des hommes : tout au contraire, on se figurait qu'ils avaient élé des hommes, parce que les fables leur attribuaient des enfants et les passions de l'humanité. Pourquoi les leur allribuaienl-elles? sur de pures équivoques, c'est un point démontré. Que les hommes devenus dieux aient eu desenfanls pendant qu'ils vivaient, à la bonne heure; mais qu'ils

(2122) Vulcain, dieu fameux, niais mal bàli et boiteux, épousa Aglaé,la plus jeune des trois Grâces. Au lieu que les autres poètes donnent Venus pour épouse à Vulcain, Hésiode lui l'ait épouser Aglaé ; mais celle-ci dés gne la beauté aussi bien que Venus, la différence ne consiste que dans le nom. Peut-être ces mariages ridicules ne sont-ils fondés «I ne sur un proverbe dont on se servait communément pour exprimer une alliance mal assortie entre un époux tort laid et une épouse jeune et belle : c'est, disait on, en plaisantant, Vulcain qui épouse Venus ou Aglaé.

Une allusion au nom de celte dernière a pu encore donner lieu à la fable. 'AyXaïec signifie le brillant, l'éclat, la lumière; on la marie à Vulcain, dieu du feu ; c'est comme si l'on disait que le leu épouse la lumière.

^2125) Bacclius prit pour épouse Ariadne fille de Minos. Ariadne, dit Leclerc, a peut eue eu commerce avec un preire de B.icehus ; de là on a sup • posé qu'elle avait épousé Bacchus même. D'autres disent qu'Ariadne, abandonnée par Thésée dans l'île de INaxos, se fil prêtresse de Bacchus. Si Ariadne était une femme, il sérail beaucoup plus simple de dire qu'elle s'appliqua à la culture des vignes et à

en aient eu après leur mort et depuis qu'ils étaient devenus dieux, cela est-il concevable? Jamais les Grecs n'ont été assez fous pour Croire que Jupiter était monté au ciel en corps et en âme • or était il plus aisé d'imaginer que l'âme de Jupiter mort avait eu commerce avec Sémélé ou avec une autre femme, que de concevoir qu'une pure intelligence en fût capable? L'opinion de l'humanité de Jupiter ne peut donc pas être h cause des fables qui lui ont attribué des enfants.

Ainsi les mythologues historiens nous donnent pour l'origine des fables un préjugé qui en fut évidemment la suite; ils supposent que les premiers colons de la Grèce pensaient comme ceux qui vécurent mille ans après et au siècle d'Homère. Le contraire est prouvé par les historiens et par les fables mêmes; la religion éprouva chez eux les mêmes révolutions que l'état de la société, et fut toujours analogue à leurs mœurs : ce que nous avons dit jusqii ici, a dû en convaincre le lccieur.

Il est aisé de montrer que les différentes raisons de la lilialion des dieux indiquées par Leclerc, ne prouvent point sa prétention. 1° Selon lui, on appelait enfants des dieux ceux qui leur re semblaient: les rois descendaient de Jupiter en droite li"ne, parce qu'ils tenaient de lui leur pouvoir; les belles personnes étaient lillesde Vénus, ete ; cela prouve* t-il que Jupiter avait élé un homme et un roi de Thessalie? Il était le roi des dieux, c'en était assez pour fonder l'analogie.

2° De même que dans les langues orientales, ou confond souvent le nom de lils avec celui de disciple, et le nom de père avec celui de maître, on appelait, dans la Grèce les guerriers enfants de Mars, et fils d'Apollon ou d Esculape ceux qui exerçaient la médecine. On en convient. Mais parce qu'on croyait les guerriers conduits par Mars, s'ensuit-il que Mars avait été un capitaine? Parce qu'on supposait les médecins, les poètes, les musiciens inspirés par Apollon, faut-il en conclure que celui-ci avait élé un opérateur ou un chanteur?

5° Le nom de lils des dieux fut souvent un eff t de la supercherie des femmes ou delà fourberé des prêtres payens. Une femme, pour éviter l'infamie et le supplice dont on punissait le libertinage, se vantait d'avoir eu commerce avec un dieu, et non pas avec un homme. Les prêtres du paganisme

engageaient

faire du vin ; qu'ainsi elle épousa Bacchus. On peut voir dans Bochart l'estime que les anciens faisaient du vin de INaxos, qu'ils comparaient au nectar, et la quantité de vignes que l'on cultivait dans celle île. Voilà pourquoi l'on disait que Bacchus y était né (Diodore, tome H, liv. v, p. 279), et pourquoi celle île lui étail consacrée.

'Apiùhn est co i posé d'api, grand, selon [Hésychius ; il est augmentatif en composition, et âSm , abondamment ; il exprime, par conséquent grande abondance. Ce personnage imaginaire a désigne l'abondance du un qui croissait dans l'ilede INaxos. On ajoute que Jupiter a rendu Ariadne immortelle, parce ipie celle abondance a toujours élé la même et n'a point diminué.

Ariadne est appelée fille de Minos; et si Ion en croit 1 s. historiens, celui ci était un fameux roi de l'île de Crète : malheureusement il a vécu trop tôt pour que l'on ait pu conserver des monuments de sa généalogie. Mivwa, selon Hésychius, est une espèce de plant de vigne , et probablement une de celles qui porta. eut plus de fruit que les aulres ; voilà comment Minos, roi de Crèle vrai ou l'aui, Çst devenu père d'Ariadne, l'abondance.

l'immortalité et une jeunesse étemelle. reusemenl sorti des hasards auxquels il a Le raillant Hercule, iils d'AIcmenc, heu- élé expose" par sou courage, a épousé dans

engageaient les femmes h venir passer la nuit dans les temples, sous prétexte que le dieu l'exigeait ainsi, etc.; Leclerc en apporte des exemples, ei il a été suivi par l'abbé Banier, tome I, liv. v, oh. 4, pag. »"2">. liais ces fourberies, dont on peut à peine citer deux ou trois exemples, suffisent-elles pour établir une règle générale? Elles ont pu être mises en usage chez des peuples policés et voluptueux, comme étaient les Grecs des derniers siècles, et les Romains SOUS les empereurs : des nations sauvages et barbares, tels qu'étaient les anciens Grecs, ne s'en sont jamais avisées.

4° Leclerc a passé sous silence plusieurs autres espèces de filiation qui ne peuvent point s'accorder avec son système, el qui en démontrent la fausseté. Le Sommeil, par exemple, est Iils de la Nuit, les Vents sont enfants de l'Aurore, une fontaine est tille d"un fleuve, les astres sont nés de la mer, etc. Gela prouve-l-il encore que ces divers personnages ont élé des hommes?

D'ailleurs l'explication de Leclerc n'est pas applicable an cas présent. Il est incertain si Gadnius, Sémélé , Bacchusdonl il est ici question , furent jamais des personnes vivantes. Cadmus, dit-on, signifie oriental ; il vient de kedem, kadotn, en hébreu, l'orient. Mais kadom ne désigne-t-il rien autre chose? !l exprime aussi ancienneté et prééminence, par conséquent élévation au propre et au ligure, comme *£5uqç. C'est pour cela même qu'il désigne l'orient, le lieu où le soleil se lève, où il monte sur l'horizon. Cadmus peut donc signifier un chef, un roi et une montagne : Hésychius nous apprend qu'il exprimait une colline chez les Cretois; dans Slrabon el dans Pline, c'est le nom d'une montagne prés de Laodicée : la ville de Priéné dans l'ionie était appelée Cadmé. Le nom Cadmea qui fut donné à la citadelle de T nèbes , ne prouve donc point qu'elle ait été bâtie par un héros nommé Cadmus. Selon Etienne de Byzancc, la citadelle de Cartilage était appelée de même, sans doute à cause de son élévation. Cadmus, prince, chef, supérieur en autorité, est un nom appellatif ; quand on dit que Cadmus apporta dans la Grèce les lettres des Phéniciens., cela nous apprend seulement qu'elles furent apportées par le chef d'une flotte marchande, ou simplement par un homme venu de l'Orient. L'établissement d'un Cadmus, phénicien, dans la Beolie, peut très- bien élrc une fable fondée sur l'équivoque de ce nom : s'il y en eut réellement un , son histoire a été forgée sur la description dos lieux.

Nous venons, en expliquant la fable de ce héros prétendu, v. 975, que Cadmus esl la montagne sur laquelle fut bàtiela citadelle de Thèbes, que Sémélé, sa lille, est une fontaine qui sortait de celle montagne, que bmveoç, bà./.yj>ç, "lu/./uç élait un marais voisin formé par les eaux de Semélé, et qui a éle confondu avec le dieu Bacchus, à cause de l'idei lilé du nom ; que c'est ce qui a donné lieu de placer dans la Beotie la scène de la plupart des aventures de ce dieu fameux. Pausanias nous apprend que plusieurs autres peuples de la Grèce revendiquaient son berceau et le plaçaient chez eux. Ib étaient aussi bien fondes que les Béotiens.

.Mais, d.ra-l-on, ceci esl contraire au texte d'ilesiode, «pu dit que Sémété, quoique mortelle, u enfauté Baecktu imm rlel, et joutl avec lui des honneurs de la divinité. O.i en convient : Hésiode, Béotien de naissance, u'avait-garde d'attaquer la tradition de son pays, ou l'on honorait Cadmus comme fondateur de Tlièbes et comme aïeul Je Bacchus. Le dieu était, parce moyen, son compatriote; mais elle tradition n'était fondée que sur l'équivoque des noms : cela esl évident el facile à prouver.

\" Plusieurs autres auteurs lont naîire Bacchus en Egypte, en Arabie, en Assyrie ou ailleurs. On a pu, sans aucune fausseté, le faire naître partout Ou il y avait des vignobles. 2° Le culte de Bacchus était plus ancien que Cadmus cl que la fondation de Thèbes; Bochart l'a très-bien p'ouvé: mais l'on a pu dire encore que Cadmus était son aïeul dans ce, sens qu'un chef de colonie ou de flotte marchande a introduit le culte de Bacchus chez les Grecs, ou leur a enseigne la manière de cultiver la vigne et de faire le vin.

On pourrait se dispenser de réfuter le sentiment de Bochart, qui a cru que Bacchus était Nemrod ; que son nom est Bacchus, (ils de Chus ; qu'il est né de la cuisse de Jupiter dans le même sens qu'il esldit dans l'Ecriture : Egressus est de fetnore Jacob. (Exod. i.) Ceia serait fort bien si l'on commençait par prouver que Bacchus el Jupiter étaient des hommes. Euripide, dans la tragédie des Bacchantes, a bien senti que celle l'aide ne pouvait èlre prise à la lettre ; il a essayé de l'expliquer dans un sens allégorique, par l'équivoque de //*jfo;, cuisse, confondu avec pif,oç , portion d'air. Euslalhe dit qu'elle tire son origine de iMéros , montagne des Indes où Bacchus fut élevé. Hésychius fournit une explication beaucoup plus simple : il nous apprend que Mrîjoôf ne signilie pas seulement la cuisse el une montagne, mais encore un lieu planté de vignes, du bois et un tuyau de chaume. On a donc pu dire que Bacchus, le vin ouïe raisin, ne parvenait à maturité que quand il élait cultivé dans un lieu propre à cel usage, et attaché à un pieu de bois ou a un échalas avec du chaume. Voila les trois significations deMrifôf réunies.

Tontes les allusions que l'on veut faire entre la fable de Bacchus el des expressions phéniciennes, sont forcées ; celle fable s'explique beaucoup plus naturellement par la langue grecque.

1* Tous les noms et surnoms de Bacchus chez les différents peuples ont un rapport inarqué au vin et aux liqueurs ; c'est le dieu du vin, le père de toule boisson qui peut enivrer : aussi Diodore nous apprend que plusieurs l'envisageaient comme un personnage purement allégorique, t. 1, p. 457.

Selon Hérodote, Bacchus en Egypte est Osiris, et chez les Arabes Uruiall. iNous avons vu ailleurs qu'Osiris est le soleil ; on n'a pu le confondre avec Bacchus qu'eu donnant à ce nom un sens fort différent. 11 est assez probable que les Egyptiens oui souvent pris Osins pour le iNil ; Sins, selon Piine esl un des noms de ce fleuve : Osiris signilianl l'eau el liqueur en général, a pu sans doule designer Bacchus le dieu des liqueurs: il paiait par laque les Egyptiens eux-mêmes ne concevaient plus le sens des noms de leurs dieux, et qu'ils les ont souvent confondus. Nous ne devons pas eue surpris qu'Hérodote sur leur récit a;lforl mal conçu leur inylnologie.

Uruiall parait signifier dieu des liqueurs. Our, dans les langues Orientales, esl l'eau ou la pluie, et jeour, ruisseau ou rivière: de là le grec ouûew : lui, tel, dans les mêmes langues, signilie élévation, et par conséquent autorité ; c'est la racine du fcrec àxàùca, du latin lollo, etc. Uru-Iul est donc le maître des liqueurs.

AtHvuffof, chez les Grecs, a le même sens que Atwvrj , nymphe des eaux, v. 355 : l'un el l'autre sont demes deeuaivw, huinecler, arroser, abreuver. D'ailleurs selon Pausanias, 1. vin, c. 58, il y a une rivière .Vus en Arcadie, el une autre en C.beie, selon Pline, ûiwvuo-o» peut donc èlre le même que ùaouiivç, u Jove jiucns, ruisseau formé par la ot""».

l'Olympe la belle el sageHébé (2I2'+); heureux morlel qui a mérité far ses exploits d'habiter éternellement parmi les dieux sans vieillir jamais.

Aimcra-l-on mieux rapporter ce nom à la montagne de Nym en Arabie, comme font les mythologues historiens ? Mais Hésychius nous apprend Qu'il y avait des montagnes nommées de même en

Ethiopie, en Egypte , prés de Babvlone, dans la Thraee, dans la Thessalie, dans la Cilicie, dans les Indes, en Lybie, en Lydie, en Macédoine, dans l'île de Naxos, en Syrie et ailleurs. Dans laquelle placerons-nous le berceau de Bacchus?

"lax^oç est formé de «z ou «£, eau, liqueur : nous avons montré plusieurs fois le sens de ce monosyllabe.

Bàx^o? est analogue «à (3axs'w , s'enivrer , el /5«xi«;, lieu humide, Baccha, selon Vairon, L vi, ii. i>, signifiait le vin en Espagne.

Avafo» de Ao'Jw, laver; Xiivaloç de Arjvo'j, la cuve du pressoir.

B&o'^ioç l'ait allusion au vin, puisque abromius et abslemius signifient celui qui ne boit point de vin.

Bassareus et Bassarides sont évidemment Thébit ii batsar, vendanger.

àiOùpv.uL^oç est composé de dit , soigneur ou mailie , d'où sont venus ditare et diiio des Latins ; rab ou ramb, ce qui coule; 'Pnjëaff, rivière de Rillivnie ; Raab, rivière d'Hongrie, etc.

"Yv; vient de'rew, pluo ; on donnait aussi ce nom à Jup.ter, et "Arzn;, puler.

Le latin Liber palet est la traduction du précédent, et se dérive de Xitinpoe, goutte, distillation.

Tous ces noms sont donc a peu près synonymes, et nous rappellent la même idée. On ne serait point entré dans ce détail, s'ils n'étaient la plupart défigurés par les mythologues.

2° Ceux qui ont regardé Bacchus comme un personnage historique, ont été forcés d'en admettre plusieurs pour rendre raison de ses différentes aventures, Diodore en compte trois nés en différents lieux. (Tome I, 1. ni, p. 400.) Cet expédient de multiplier les personnages à son gré est fort commode ; malheureusement il sert plutôt à embrouiller la mythologie qu'à féclaircir.

Rien ue si pompeux dans les fables que les conquêtes de Racchus; il les poussa, dit-on, jusqu'aux Indes : on a raconté la même chose d'Osiris que l'on a confondu avec lui. Pour peu que l'on ait réfléchi sur l'état et sur les mœurs des peuples dans les âges voisins du déluge , on sent aisément la fausseté et le ridicule de ces grands exploits. Que de prétendus héros soient partis de 1 Egypte , de l'Arabie, de l'Assyrie ou de la Grèce, pour aller à à cinq ou six cents lieues subjuguer les nations entières, dans un temps où les premières monarchies commençaient à peine à se former, où les rois étaient à peu près aussi puissants que sont aujourd'hui les caciques des sauvages , ou les chefs des hordes de Tarlares : qu'ils ayenl traîné après eux des armées nombreuses dans des siècles où l'on ne savait pas encore ce que c'était qu'une année, où l'on se battait avec des pierres el des bàlons; cela esl du dernier merveilleux, el cligne de figurer dans des contes des fées.

Racchus sans doute a subjugué tous les peuples chez lesquels il s'esl trouvé ; on le conçoit trèsbien : il les a tous enivrés, les a renversés parterre, les a endormis profondément, souvent les a l'ail ballre el s'enlre-luer les uns les autres ; cela

(2134) Hercule u épousé dans l'Olympe la belle elsage U ébé. C'est encore ici une allégorie, Leclerc en convient ; pour faire entendre qu'Hercule a elé rajeuni dans le ciel, on a dit qu'il avait épouse lieué, la jeunesse. Nous venons dans l'explication

Porséis, fille de l'Océan, épouse du Soleil, l'a rendu père de Circé et du roi Aétès (!2125). Celui-ci, par l'avis des dieux immortels , a épousé Idya, tille du grand tleuve

n'est pas douteux. Tous les peuples barbares qui ont fait usage des liqueurs enivrantes , ont poussé la crapule à l'excès ; l'on en voit des exemples effrayants chez les sauvages, l'ivresse chez eux a les plus funestes suites : c'est alors que Racchus se change en lion et en tigre. Quand les barbares du nord se répandirent dans toute l'Europe, c'était l'envie de boire du vin qui les fit sortir de leurs forêts : l'on peut dire que c'était Racchus qui les conduisait, et jamais ce dieu ne lit de plus brillantes conquêtes. Lui en attribuer dans un autre sens, c'est rêver de propos délibéré : ces conquêtes prétendues servent néanmoins à prouver que, sous le nom de Racchus, les Grecs ne prétendaient point honorer l'inventeur do liqueurs capables d'enivrer : ce n'est point le même homme qui les a successivement imaginées.

5° Selon Diodore de Sicile (tome 11 , 1. iv, p. 8), il y avait eu un autre Racchus plus ancien que le fils de Sémélé. On prétendait qu'il était né de Jupiter et de Proserpine, et on lui donnait le nom de Sabazius. Jupiter esl souvent pris pour l'eau, Diodore le remarque au même endroit ; Proserpine est le grain ; or, avant que de faire du vin avec le raisin, les anciens usaient de bière, c'esl-à-dirc, d'une boisson faite avec le grain fermenté dans l'eau : voilà le premier Racchus ou la boisson des premiers temps. 2u6â~io; fait évidemment allusion à l'hébreu sabali, boire, s'enivrer; a-aSccÇïiv, dans Hésychius, signifie la même chose. Les divers Racchus sont donc les différentes boissons dont on a fait usage : les mythologues historiens n'avaient garde de le remarquer.

Enfin, selon le même Diodore (tome I, 1. m, p. 402), les peintres et les sculpteurs représentaient l'ancien Racchus avec des cornes; c'est encore un monument des anciennes mœurs : on sait que les cornes des animaux oui été les premiers vases ou les premières coupes donl les hommes se sont servis pour boire et pour mettre les liqueurs. Les mêmes termes qui signifient une corne dans les langues orientales, expriment aussi un vase, une bouteille : cornu olei est une expression fréquente dans les livres saints. (Voyez Athénée, liv. u, ch. 8.)

4° Les fêles et les mystères de Racchus étaient des usages innocents dans leur origine ; c'étaient les fêles des vendangea : la gaiele que celte recolle a coutume d'inspirer, les a rendues universelles ; il n'est aucun pays du inonde où l'on ne se rassemble pendant ce temps là pour se divertir. Au milieu ne la liberté qui règne ordinairement dans ces assemblées , on s'avisa, par manière de jeu, de contrefaire les occupations des vignerons et les différents effets de l'ivresse : mais la joie dégénéra bientôt en licence, et cela ne pouvait manquer n'arriver ; on mêla des indécences à la représentation, et même des infamies. Comme c'est uans les repas du soir qu'on se livre plus volontiers à la gaiele, ces mystères étaient ordinairement célébrés la nuit, 'toutes les précautions que l'on prit à l'a suite pour donner à cet assemblage bizarre un air mystérieux, ne purent eu bannir les désordres, ni ramener la fête à son ancienne simplicité. Souvent Ton fut obligé de proscrire ces odieux mystères, qui ne trouvaient plus servir qu'a nourrir le libertinage.

de la fable d'Hercule pourquoi on lui a donné celle épouse : on a vu ailleuis celle d'Hebe el de Gauymède.

(2125) Pcrséis, fille de l'Océan, épouse du Soleil, l'a rendu père ue Vircé el du roi Aéiès. Tous ces

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