‹ Œuvres completes de BergierChapitre 123 sur 255 · DIVISION ET PREUVES · texte numérisé non relu

DIVISION ET PREUVES

Le témoignage formel des historiens, les besoins actuels des Gaulois, la conduite et l'aveu des Bourguignons mêmes, les ménagements que les empereurs ont eus pour eux, sont les titres dont je prétends rn'appuyer. La réunion de ces preuves me paraît devoir produire la conviction.

Je conviens d'abord que les premiers Bourguignons qui se joignirent aux Vandales et aux Suèves, en 407, ne vinrent dans les Gaules que pour piller ; aussi suivirentils la fortune des autres barbares : ils parcoururent les provinces depuis le Rhin jusqu'aux Pyrénées, franchirent ces montagnes bientôt après, et s'établirent en Espagne, où ils demeurèrent confondus dans la nation des Suèves. Mais il me semble qu'on doit regarder d'un on'l différent ceux qui furent appelés en 410 par Constantin et Jovinus en qualité de troupes auxiliaires, et qui, après la mort de ces deux prétendants à l'empire, songèrent à se fixer dans lesGaules. C'est à ces derniers que les Gaulois offrirent des établissements, pour qu'ils servissent de garnison sur ieurs frontières. On leur relâcha les deux tiers des terres, le tiers des esclaves et la moitié des forêts. Et cet arrangement qui convenait aux intérêts actuels des deux peuples fut exécuté sans violence et sans contestation.

1. Témoiynage des historiens. — Frôdégaire qui était Bourguignon lui-même, et qui uevait par conséquent être instruit des affaires de sa nation , ne laisse point de doute sur la manière dont elle s'établit. Il nous assure positivement que les Gaulois accablés de tributs sous la domination des empereurs invitèrent les Bourguignons a les tirer de cet esclavage.

Défions-nous cependant d'un auteur intéressé à déguiser le vrai, et qui cherche peut-être à pallier les usurpations de ses ancêtres. Mais si les lois de la nation présentent la preuve et l'apologie" du récit de Frédégaire, pourrons-nous encore rejeter son téiuoiguage ?

« 11 a déjà été régln autrefois, dit le roi

sibles à qui l'on a offert libéralement des Gondebaud (2287), que si quelqu un tie

(2285) V. dans Dubos ce que l'Electeur de Brandeoourg, Frédéric Guillaume, eu racontait à Tollius.

(228b) Waudall, Windilt peut signifier, en ancien Teuton, voyageurs, étrangers, venus d'ailleurs. Voyez k Glossaire germanique ue Vacille!' au mot Wenden,

et TElymoIogicon de Skinner au mot Wand. Ge nom convenait parfaitement aux Bourguignons transplantés de la Souabe sur les bords de la Visiule. (2287; Lex tiurgund. lit. 79, § t.

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