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ADVERIJES, LES CONJONCTIONS, ETC

§ 1. — Des noms.

L'ordre grammatical semblait devoir m'engager à parler des noms avant de parler des verbes ; mais comme je dois\ faire ici beaucoup d'usage des réflexions Tque j'ai hasardées sur le verbe substantif, je n'ai pu me dispenser de les faire précéder, pour me rendre intelligible. Je ne sais si je pourrai y réussir, autant que je voudrais, dans la matière que je traite. Pour découvrir le sens propre d'un nom ou d'une particule, il faut quelquefois une précision et une logique, c laquelle le commun des lecteurs est peu accoutumé. L'habitude de notre langue maternelle nous fait sentir la force des termes mieux que toutes les définitions; mais quand il s'agit des langues mortes, on ne trouve pas toujours des équivalents pour en exprimer l'énergie. D'ailleurs, quand l'idée attachéeà un mot est une idée simple, comment la développer? Les phrases ne servent qu'à l'obscurcir, et souvent l'explication est moins claire que l'énigme. Je m suis donc que trop bien fondé à demander ici de l'indulgence, et je l'attends de l'équité des lecteurs.

Mais, s'il y a de la difficulté à faire l'analyse des termes d'une langue que l'on veut apprendre, l'avantage que l'on peut en tirer mérite que l'on essaye de surmonter cet obstacle. En faisant travailler le jugement de concert avec la mémoire, celle-ci se trouve bien soulagée; les rapports des objets sont autant de points fixes où elle s'accroche. Une grammaire qui ne contient que des règles en petit nombre est nécessaire pour les enfants; celle qui rendrait raison de tout serait la grammaire des philosophes et des hommes raisonnables.

J'ai remarqué, en finissant la troisième dissertation, que les terminaisons des substantifs sont trop uniformes, pour être un eflet du hasard; il est donc à propos d'e;i rechercher l'origine. Cette discussion fera sentir de plus en plus la nécessite de recourir, dans toutes les langues, aux racines monosyllabes. Sans vouloir épuiser cette matière qui nous mènerait loin, j'en dirai assez pour montrer la route à ceux qui voudront pénétrer plus avant.

Rien de plus commun que les noms terminés en on dans nos quatre langues; ne serait-ce pas la racine]**, ÏYJ (on,hon)qui est le verbe ou participe substantif, wv en grec, ens en latin? Celle particule, ajoutée au monosyllabe significatif, exprime /'exis-

tence absolue, un être subsistant, et c'est justement ce que nous entendons par nom substantif. Ainsi pï~i (raison, rasson) bienfait, grâce, est «nmposé de la racine yi(rats, rassj grâce , et p (on) ce qui est : c'est comme si l'on disait ce qui est grâce; et l'article n (ha, he) que l'on ajoute au nom caractérisé, est une nouvelle enseigne pour le reconnaître et pour le distinguer de toute autre partie du discours. La môme terminaison fait le même effet dans les autres langues, non-seulement dans les substantifs, mais encore dans les participes. Si on l'ajoute à la racine du verbe en grec, elle produit le participe ; par conséquent d'un verbe elle fait une espèce de nom : mri),

tOtttov, tw^cj, Tvifav, Tvitû, TV7rwv. Llle dénote

encoreles participes en latin, amo, amans, audio, audiens ; en français, aimant, écoutant, etc. ; les voyelles sont changées, l'énergie est la même.

Mais si telle est ia force de cette termi-

naison, pourquoi n en uinons-nous pas autant des autres, «/>, np, vp, eç, nt, tt, of, en grec; as, es, us, um, en latin, et des syllabes qui leur correspondent en fiançais ? Toutes ces syllabes ont une ressemblance égale avec les inflexions que j'ai données du verbe substantif, et leur destination ne doit pas être dilférente.

Cette formation des noms me fait soupçonner que la terminaison i"P (iah), dans les noms propres hébreux, pourrait bien signifier tout autre chose que ce que l'on croit communément. C'est, dit-on, le nom de Dieu, ajouté par piété à un nom d'houime. Ainsi nmy (hazariah) signifie secours de Di'eu,n';jn (hauaniah) grâce ou don de Lieu. Celui-ci n'est point différent de ©*•- Sortos-,ou 0eo5oTOf, Deodatus, Dieudonné. Cela paraît d'abord probable, puisque l'Ecriture nous fournit d'autres exemples du nom de Dieu ajouté à un nom d'homme. Mais suivant cette règle, Abia ou Abias signifiera donc le père de Dieu ; Adonias, le seigneur de Dieu; Melchias , le roi de Dieu, et ces mots seront autant de blasphèmes. Quand, par une construction différente, on supposera qu'ils signifient, l'un, Dieu le père, l'autre, Dieu le seigneur, le troisième, Dieu le roi , ils n'en seront pas plus convenables à des hommes.

Ne serait-il pas plus naturel decroire que H' (iah) étant le verbe substantif, et signi liant celui qui est, quand on le donne a Dieu, il le signifie de même quand on le donne aux hommes ; qu'ainsi dans les noms précédents, il exprime celui qui est secours,

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