SUR LE MÉLANGE ET LA DÉRIVATION DES LANGUES
§ I. — Opinion des savants.
Après ce que plusieurs savants ont écrit pour montrer la ressemblance du grec avec les langues orientales, et les efforts qu'ils ont faits pour retrouver les racines de l'hébreu dans les langues de l'Occident, il n'est pas aisé de traiter avec succès la môme matière. Copier mes maîtres serait un travail fort inutile; les contredire est un parti dangereux, et c'est malheureusement celui où je me trouve réduit. Dès que j'ai embrassé un système différent du leur, il m'a fallu nécessairement suivre une autre route qu'eux, pour comparer les langues, et il est difficile qu'en parlant de deux points si éloignés, nous puissions nous rencontrer souvent. Je suis d'accord avec eux sur le principe, que le fond du langage de tous les peuples est le même, mais je ne suis pas de leur avis sur l'origine de cette ressemblance, ni sur la plupart des exemples qu'ils en ont apportés. Je suis persuadé que faute d'avoir cherché les racines monosyllabes, suivi l'analogie des idées et la mécanique de la prononciation, ils ont trèssuuvenl mis en parallèle des termes qui D'oui aucun rapport, et nous ont donné de fausses élymologies.
Selon eux, les peuples qui sont sortis de l'Orient pour al 1er habiter les diverses contrées de l'Europe et de l'Afrique, étant issus d'une môme famille, ont porté avec eux dans leurs migrations leur premier langage qui était l'hébreu ; cette langue doit par conséquent se retrouver partout. D'ailleurs les Phéniciens et les Carthaginois ayant couru les mers pour leur commerce, et fait des établissements ou des conquêtes dans les trois parties de l'ancien Monde, ont fait adopter leur langage, qui était un dialecte de l'hébreu, aux nations qui leur étaient alliées ou soumises.
Le premier de ces deux faits a besoin d'être éclairci, le second d'être réfuté ; je vais lâcher de faire l'un et l'autre.
1° 11 est certain par l'Ecriture sainte qu'avant la confusion arrivée à Babel, tous les hommes parlaient le même langage, mais il n'est pas assuré que celle langue fût l'hébreu; je crois même cette supposition trèsfausse. La langue primitive n'était vraisemblablement composée que de monosyllabes, puisque ces mots simples sont encore aujourd'hui Je fond de toutes les langues. Dieu ayant déterminé les organes des ouvriers de Babel à. les prononcer différeui-
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ment, ils ne s'entendirent plus, et furent J'ai déjà observé que l'hébreu s'est moins
obligés de se séparer. Chaque famille cm- allongé que la plupart dus autres langues.
porta dans la contrée où elle se retira ces monosyllabes avec l'inllexion particulière qu'elle venait d'y donner, et à laquelle on ajouta bientôt de nouvelles variétés. La famille d'Héber changea peut-ôtre un peu
qu'il a par conséquent plus de ressemblance qu'elles avec le langage primitif; mais il n'est pas vrai pour cela de dire que les premiers hommes parlaient l'hébreu, ni que les peuples en se dispersant ont era-
moins que les autres le premier langage, porté l'hébreu avec eux
f>arce qu'elle s'éloigna peu d'abord; mais 2° il y a encore moins de fondement d'as-
es patriarches, sesdescendants, voyagèrent, surer que les Phéniciens ont fait des éta-
et, sans un miracle, il est impossible qu'ils blissements ou des conquêtes sur les côtes
n'aient pas emprunté quelque chose du de l'Europe et de l'Afrique, qu'ils ont porté
dans ces diverses contrées leur langage, leurs mœurs, leur religion. Excepté Cartilage, nous connaissons peu de colonies phéniciennes (2302) ; ces négociants n'ont guère fréquenté que les lieux où l'on trouvait des métaux, principal objet du commerce de toutes les nations, et ils ne traînaient avec eux ni grammairiens ni missionnaires. Les langues de l'Occident ont du rapport avec le phénicien et l'hébreu, parce qu'elles sont formées des mômes racines, du langage primitif confondu à Babel. Les mœurs des Occidentaux approchent de celles des ïyriens et des Hébreux, parce que les hommes se ressemblent partout.
On a montré que les nationsde l'Amérique avaient les mêmes usages que les patriarches : sont-ce encore des Phéniciens qui les fusion, elle n'existait encore que dans ses leur ont communiqués? L'idolâtrie phéniracines, comme toute autre langue ; et lors- tienne, égyptienne, indienne, grecque, roque la postérité de Japhet s'éloigna pour maine, japonaise, américaine, se ressemble peupler l'Occident, celle famille ne parlait en beaucoup de choses, parce qu'elle est pas plus l'hébreu que l'indien. l'ouvrage de l'imagination et des passions
Je sais que des auteurs respectables ont des hommes, qui sont partout uniformes, supposé que Dieu avait fait un miracle pour Prétendre sur ce fondement seul que des
dialecte des peuples divers chez lesquels ils séjournaient. Lorsque Abraham quitta la Chaldée par l'ordre de Dieu, pour venir dans la Palestine, il parlait sans dorçte la môme langue que les Chaldéens, parmMe&s quels sa famille habitait depuis la dispersion; mais en demeurant parmi les Ghananéens, il adopta leur langage, puisque Jacob son petit-fils étant retourné dans la Mésopotamie ne parlait plus comme Laban son beau-père; l'Ecriture le remarque expressément. C'est donc par des changements insensibles que l'hébreu est devenu une langue particulière comme toutes les autres; c'est après différentes révolutions qu'elle a pris l'étal de consistance où elle était sous Moïse et sous les écrivains postérieurs. Par conséquent au temps de la con-
perpétuer parmi les descendants de Sem la même langue qu'Adam et Noé avaient parlée; ils n'ont pas fait attention qu'il faudrait supposer ce même prodige en faveur des Chananéens, peuple maudit de Dieu, mais qui parlait certainement comme les Hébreux. Quel eût été d'ailleurs le but de ce prodige, puisqu'il ne devait pas durer? Le langage des Juifs changea pendant leur captivité à Babylone, et reçut encore do nouvelles altérations après leur retour et avant l'arrivée du Messie.
Il n'y a donc pas d'exactitude dans la manière de parler des savants qui ont prétendu que l'hébreu s'était répandu par tout "Univers, dans le temps de la dispersion du
marchands de Tyr et de Carthage ont altéré les langues, changé les mœurs, régenté les nations , subjugué l'univers , c'est méconnaître l'empire de l'habitude et de l'éducation, c'est bâtir un système en l'air.
Supposons pour un moment ces établissements [(retendus des Phéniciens sur nos côtes, comment nos ancêtres ont-ils été assez complaisants pour oublier leur langage et leurs usages en faveur d'une poignée d'étrangers? Lorsqu'une compagnie île marchands va négocier dans un pays éloigné, c'est elle qui se trouve obligée d'apprendre la langue du peuple avec lequel elle veut établir un commerce réglé; il est
genre humain ; ils auraient pudire la même naturel sans doute qu'un petit nombre de chose du chinois. C'est le langage primitif particuliers s'accommode aux. usages d'une qui s'est répandu, et il a servi de matériaux nation entière, et non pas
pour l'hébreu comme toutes les autres langues; telle est la vraie raison de leur ressemblance. Si les nations occidentales avaient su l'hébreu, elles l'auraient conservé, et nous trouverions dans leur langue un très-grand nombre de mots composés comme en hébreu ; nous n'y trouvons cependant que les racines ; les éléments sont les mêmes, mais l'arrangement est différent.
que celle-ci se pue au gré de quelques nouveau-venus.
Je ne pense pas que le commerce des Phéniciens ait été plus considérable, ni leurs exploits plus brillants que ceux de la compagnie des Indes. Or quelle est la nation indienne à laquelle nos négociants seuls soient venus à bout de communiquer notre langue, notre créance, nos lois, en un mot les mœurs françaises?
(2502) L'univers en est plein, si l'on en croit Bocharl : mais quelques noms approchant du phé-
nicien ne suffisent pas pour prouver l'existence d'une colonie.
PART. III. THEOLOGIE PII1LOLOG. — DES LANGUES. — DtSSERT. VU.
Affinité des langues orientales entre elles et avec le grec.
Il faut donc chercher une raison plus véritable de l'affinité des langues; nous ne pouvons la trouver que dans la descendance des peuples et dans la généalogie que Moïse en a faite. La comparaison des langues devient ainsi le commentaire le plus lumineux du dixième chapitre de la Genèse et la preuve toujours subsistante de la vérité de l'histoire sainte.
Selon cette histoire, la famille de Cham se maintint en partie dans la Chaldée, après la dispersion ; le reste s'étendit au midi, dans la Syrie ou Phénicie, dans l'Arabie, dans la Palestine, dans l'Egypte et l'Ethiopie. Aussi les langues chaldéenne, phénicienne, arabe, hébraïque, égyptienne, éthiopienne ont toujours été regardées comme autant de dialectes émanés de la même source et qui ont conservé entre eux plus ou moins d'aflinité, à mesure que les peuples qui les parlaient se trouvaient plus ou moins éloignés de la patrie commune.
Les descendants de Japhelh, en quittant les plaines de Sennaar pour tirer à l'Occident, peuplèrent d'abord les provinces de l'Asie mineure : Javan ou 'iwv, l'un d'entre eux se tixa dans l'ionie et sur les bords de l'Hellesponl. Aussi le dialecte ionique était l'espèce de grec qui approchait le plus de l'hébreu ou plutôt du phénicien et du chaldéen, parce que les provinces de l'Asie mineure continent à la Syrie et à la Chaldée. Voilà pourquoi plusieurs conjonctions ou particules dans le syriaque, et plusieurs mots composés dans le chaldéen paraissent purement grecs. Il n'est pas nécessaire d'en conclure, comme ont fait quelques grammairiens, que ces termes sont empruntés du grec, il faudrait plutôt supposer le contraire. Les Chaldéens, d'abord sédentaires et placés dans les plaines fertiles qu'arrosent le Tigre et l'Euphrate, furent plus tôt policés que les Grecs. Ceux-ci étaient encore errants et nomades, lorsqu'il y avait déjà des villes bâties et un puissant empire formé près des tleuves dont je viens de parler. La postérité de Javan, ayant franchi Je détroit de l'Hellesponl et le Bosphore de Thrace, se répandit dans cette province et dans la Macédoine, tourna ensuite au midi vers la Thessalie et le Péloponèse ; elle forma dans la suite des siècles une nation nombreuse, puissante ei polie; mais elle demeura toujours unied'indinationset d'intérêts avec les colonies qui étaient ■ restées dans l'Asie mineure et dont elle n'était séparée que par un espace de mer peu étendu. Ou les appela du nom commun 'eXX»v; le commerce entretint une allinilé constante dans leur langage mutuel ; le grec d'Asie et celui d'Europe n'eurenl jamais que de légères différences ; ce sont divers dialectes d'une même langue. Voilà donc la source du rapport qui a dû se trouver entre le grec et l'hébreu; ils ont été firmes des mômes racines, des monosyllabes qui compo-
OEtVKES COMIMÈTES DK BS&GIER. I.
Baient le langage de la famillo de Noé, ot les peuples qui parlaient l'une étaient voisins des pays où l'autre subsistait dans un de ses dialectes.
§ 111. — Origine du latin ; son affinité avec le grec, par conséquent avec l hébreu.
Il n'est pas aussi aisé de découvrir l'origine de la langue latine, parce que les savants ne sont pas d'accord sur cette matière. Au travers des conjectures des anciens et des dissensions des modernes, on ne peut approcher du vrai qu'en suivant toujours le même fil des migrations du genre humain et en appelant la géographie au secours de l'histoire. Les familles ioniennes ou grecques qui s'avancèrent le plus vers le nord trouvèrent bientôt le Danube et la Save qui s'opposaient à leurs progrès, tandis que la mer Adriatique les resserrait du côté du midi. Elles furent donc obligées de diriger leur marche entre ces deux barrières, le long de Tlllyrie, et sans doute qu'il fallut plusieurs siècles pour peupler la vaste contrée qui s'étend depuis le Pont-Euxin jusqu'aux Alpes. Les colonies, arrivées à ces montagnes et au pays que nous nommons maintenant le Frioul, se séparèrent vraisemblablement en trois bandes; l'une passa les Alpes Juliennes et alla peupler la Germanie; la seconde s'étendit le long du Pô, pour pénétrer bientôt dans les Gaules; la troisième le traversa et s'établit entre le golfe Adriatique et l'Apennin, dans le pays qui fut appelé par les Romains la Gaule endeçà du Pô ; elle alla ensuite dans l'Ombrie, d'où elle s'étendit peu à peu vers le Tibre. Ainsi se vérifiaient le nom de Japhet, qui signifie étendu, et la prophétie de Noé, su:i père.
Dans l'intervalle qui s'était écoulé pendant cette longue migration, les familles restées dans la Grèce avaient eu le temps de multiplier, de se civiliser, de commencer à cultiver les arts, de faire quelques essais de navigation. Ce ne fut pas une entreprise bien ditficile de passer de l'Epire dans la Calabre; il n'y a que sept à huit lieues de mer. Quelques troupes de Grecs qui se nommèrent Pélusges, c'est-à-dire dispersés, tentèrent ce passage et pénétrèrent en Italie. Tandis que les premiers colons arrivaient au nord , ceux-ci s'avançaient du midi ; s'étant rencontrés dans le Lalium, qui est le centre de l'Italie, ils se joignirent et ne formèrent bientôt qu'u.ie môme nation qui prit le nom de peuple latin.
Ceux qui étaienlarrivés p.\r terre se nommaient Aborigènes, c'est-à-dire peuples qui ne connaissaient plus leur première origine, parce qu'étant venus de proche en proche, à mesure que les générations se succédaient, les enfants ne connaissaient que le lieu où ils étaient nés ; ils ignoraient profondément quelle avait été l'ancienne demeure de leurs pères ; et ce nom les distinguait fort bien des Pélasges, ou coureurs arrivés par mer.
„ Il y eut sans doute des hostilités entre
les deux peuples avant leur réunion ; la tradition s on était conservée chez les historiens latins ; et l'on peut rapporter à cette ancienne inimitié le nom de Graïus ou (irœcus, que les Aborigènes donnèrent aux nouveau-venus. Il est analogue h l'hébreu y-i, pi (raâ, raq) méchant, mauvais; on retrouve ces deux noms dans les patois où croie signitie mauvais, et craquer c'est mentir. On sait ce que c'était que fuies
nom odieux tout ce qui ne venait pas de la Grèce. Comme ils avaient reçu toute leur érudition de cette nation policée avant eux, leurs grammairiens ont tourné toute leur attention vers le grec, pour trouver les ét.ymologies de leur langue, et lorsqu'ils no rencontrent pas un mot grec pour expliquer le terme latin, ils sont désorientés. Ils ne savaient pas que le langage qu'ils nommaient barbare avait servi de fonds pour le
grœca chez les Latins. Leur adjectif pravus grec aussi bien que pour le latin ; et sans
l'histoire sainte, l'origine et l'affinité de» langues seraient encore un mystère pour nous.
§ IV. — Origine du français; s'il est emprunté du latin.
A mesure que nous avançons dans l'histoire des langues, le chaos devrait se débrouiller; au contraire, il devient plus obscur. L'origine du français est l'article qui nous intéresse davantage; et c'est malheureusement celui sur lequel on trouve des préjugés plus forts à combattre et des autorités plus respectables à contredire. Nos écrivains ont fidèlement copié les préventions des Latins sur la naissance du langage; ceux-ci rapportaient tout au grec, ceux-là veulent tout ramener au latin ; c'est-à-dire que si les Romains n'étaient pas venus apprendre à parler aux Gaulois, on ne sait plus quel jargon nous aurions aujourd'hui.
Commençons par restituer aux Latins ce qu'ils nous ont donné, nous revendiquerons ensuite ce qui nousappartient; et nous ferons ainsi justice à tout le monde.
Entre les obligations que nous avons aux Latins, je mets au premier rang la religion; c'est à l'Eglise romaine que nous en sommes redevables, ce sont des prédicateurs latins qui l'ont établie ; le grand nombre des termes qui ont rapport à la religion dans notre langue sont empruntés du latin. Nous avons appris d'eux les sciences, les beaux-arts et Jes expressions qui leur sont propres, comme ils les avaient puisés euxmêmes chez les Grecs.
Pour les arts mécaniques, nos pères les ont connus sans eux, le langage pro, re aux artisans n'a rien tie commun avec Je latin. Les Romains no nous ont enseigné ni l'art mil ta.rc, ni la navigation ; aussi nos termes de guerre et de marine sont fort différents de ceux dont ils se seivaient. Ils ne nous ont pas communiqué les termes simties de la même source primitive et formées pies, les liaisons du discours, les mots qui
et le verbe runco, sarcler, ôter les mauvai ses herbes, paraissent formés des mêmes racines. On nommait en latin pica grœca l'oiseau que nous appelons pie-grièche, pie méchanley importune ; mais comme c'est un nom injurieux, il ne se trouve point dans les auteuis grecs.
Je mo suis écaFlô du sentiment des savants qui prétendent que les Gaules lurent peuplées avant l'Italie, parce que je ne vois pas comment ou peut le concilier avec la géographie. Ils s'appuient du témoignage des anciens historiens latins, qui disent que les Ombriens ont élé le premier peuple d'Italie, et un rejeton des Gaulois. Maison 66 souviendra que les Romains appelaient Gaule tout le pays arrosé par le Pô, et Gaulois les peuples qui habitaient à la droite et à la gauche de ce lleuve ; c'est de là efieeti veinent qu'étaient venues les premières colonies pour habiter l'Ombrie ; et c'est en «o sens seulement que l'on peut dire que les Ombriens, nommés ensuite Aborigènes, étaient descendus des Gau ois.
La langue latine lut donc formée dans son origine du jargon grossier des Aborigènes, tel que les peuples encore nomades jnt coutume de l'avoir, et du langage un peu plus doux des Félasges, tel qu ils l'al'avaient apporté de la Grèce. Comme ces deux langages étaient originairement le môme, les deux peuples, sortis l'un et l'autre de la famille de Javan, ne durent pas avoir beaucoup de peine à s'entendre. Le grec n'avait pas encore élé cultivé ni alongé comme il le fut depuis. De nouvelles colonies grecques ayant continué de passer eh Italie et ayant peuplé la Sicile, il y eut un commerce continuel entre les Grecs et les Latins. Toute la partie méridionale de l'Italie fut appelée la Grande- Grèce ; les Romains apprirent des premiers les arts, les siences et les termes qui leur sont propres ; ainsi la langue latine reçut de la grecque la meilleure partie de ses richesses. Mais l'une et l'autre étaient sol-
des mêmes racines. Les ornements qu'elles ont successivement reçus n ont pu leur faire perdre entièrement leur ressemblance originaire; nous voyons, en les comparant, qu elles portent encore toutes les marques u une extraction commune.
Quelques historiens latins ont démêlé, du moins confusément, l'origine de leur langue, lorsqu'ils ont dit qu'elle était composte en partie de termes grecs, en partie de mots barbares, lis appelèrent de ce
expriment les choses de premier besoin, ou Ils usages communs de la vie; la plupart de ces termes sont plus courts en français qu'eu latin, et les Gaulois s'en servaient avant de «.onnaîlre l'Italie et ses habitants. C est cependuit ce qui l'ait le fonds principal de toutes les langues.
La syntaxe de la nôtre n'a aucun rapport avec la construction latine ; et cet article seul suffit pour nous rendre suspecte la généalog e que l'on donne commune-
PART. III. THEOLOGIE HIILOLOG