PART. III. THEOLOGIE PHILOLOG. — DUS LANGUES. - DISSERT VIII
mi
moisson. Pans les villages on fait dans chaque famille un pelil régal le dernier jour de la récolle, et en finissant chaque espèce de travail. Ce festin est plus ou moins gai et somptueux à proportion que l'année est plus ou moins abondante. Dans quelques provinces on appelle cet usage prendre le chai, dans d'autres tuer le chien, et il serait difficile de trouver l'origine de ces laçons de parler. Une preuve que ceci se rapporte aux fêtes grecques de Gérés, c'est qu'on les célébrait quatre fois l'année, relativement aux quatre espèces de travaux que l'on venait de tinir; la 1" au mois d'août, après la récolte du blé ; la 2* au mois de septembre, après avoir battu les semences; la 3° au mois d'octobre, après avoir labouré et semé; la k' au mois de décembre, quand on avait achevé de battre les grains. Les laboureurs suivent encore fidèlement le même calendrier, sans avoir oui parler de Dio ni de ses aventures.
I! n'y a qu'à jeter les yeux sur l'espèce de triomphe d'un jeune laboureur qui amène dans sa grange la dernière voilure de sa moisson. Le char est décoré d'un bouquet de fleurs champêtres ; souvent on en fait encore un chaperon aux bœufs et une aigrette aux chevaux; bien entendu que le conducteur n'oublie pas d'en mettre une cocarde sur son chapeau. La troupe de moissonneurs, garçons et filles, forme le cortège, emportant sur leurs épaules les faux, les râteaux, les fourches, instruments de leur travail. On rentre ainsi gaiement et quelquefois enchantant et en dansant souvent de nuit, quand on a fini tard. Voilà le premier germe de la pompeuse procession d'Athènes à Eleusis.
k° Le Clerc ne veut point que la figure que l'on portait dans les mystères de Cérès, et que l'on nommait "îax^o, fût Bacchus; mais la fête n'eût pas été complète sans lui. Jamais on ne s'est avisé de boire de l'eau dans les repas de réjouissance, partout où l'on a pu avoir du vin. Il n'est pas plus étonnant de voir promener la figure de Bacchus dans les fêtes deCérès que de voir porter le van de Cérès dans les Bacchanales, Alystica vannus lacchi; c'est parce que les travaux de ces deux divinités sont mêlés ensemble et occupent les mêmes personnes.
5° Ce que dit le Clerc sur l'enlèvement prétendu de Proserpine est fort ingénieux, mais il me parait qu'on peu» l'expliquer plus simplement. Pluton ou Plutus, dieu de l'argent et des richesses, est un nom formé de uS (lut, (dut), couvert, caché, nou-seulement parce que l'or et l'argent sont caciiés dans les entrailles de la terre, mais encore parce qu'on les cache soigneusement ; c'est l'élymologie du mol trésor. Les anciens ont supposé qu'un génie ou dieu particulier y présidait, comme le peuple croit encore aujourd'hui que les trésors enfouis sont ganlés par des esprits. Le nom de Pluton lui aussi donné à Aidouée, roi des Molosses en Lpire, qui s'appliquait a fouiller les mi-
nes. On dit qu'il enleva Proserpine, c'est-àdire, qu'il enlevait des trésors cachés. Le nom PercphnUa composé de per augmentatif, et reph. couvert , caché; celui de Utp7vfôvïi formé de même de per et saphan, srpheon, caché ou trésor; celui de Proserpine, qui n'a fait que changer la prononciation du précédent, font aisément découvrir l'équivoque.
G" Proserpine était tille de Cérès, c'est-àdire que les trésors et l'art de fouiller les mines sont venus à la suite de l'agriculture, et que c'est eu labourant que l'on a découvert les premiers métaux. Cérès a cherché sa fille par toute la terre, parce qu'on porte du blé partout pour avoir de l'argent; mais elle ne la trouva que dans les enfers, parce qu'il faut fouiller très-bas pour trouver des mines abondantes.
Il faut nécessairement recourir à cette explication allégorique, parce que l'histoire prise à la lettre, comme l'entend le Clerc, ne s'accorde point avec les mœurs des siècles où elle serait arrivée. 1° L'on suppose Pluton occupé à fouiller les mines dans un temps où l'agriculture n'était p s encore connue dans la Grèce : or, je ne crois pas (pie nulle part la métallurgie ait précédé le labourage. 2° L'on suppose de même la navigation en usage et le commerce établi entre la Grèce et la Sicile, tandis que les Grecs ne savaient pas encore faire du pain. 3U Comme je l'ai déjà remarqué, selon l'ordre des migrations des peuples, la Grèce a dû être habitée et cultivée longtemps avant la Sicile. 4° L'on imagine un roi assez fou dans ces siècles barbares pour aller enlever une fille d'outre-mer, et une mère assez bonne pour courir après : cela sent les siècles de chevalerie. C'est un conte forgé par les Grecs, devenus galants et aventuriers, sur l'équivoque des termes que je viens d'expliquer. Ils ne commencèrent à imaginer leurs dieux libertins et querelleurs que quand ils le furent devenus eux-mêmes; ils leur attribuèrent leurs mœurs, tout comme nos divers romans nous retracent lo génie des siècles où ils onl été composés. 5° Toute cette allégorie répond exactement à l'explication que les savants ont donnée des mystères d'Eleusis; ils ne renfermaient, dit-on, que des leçons sur les travaux et les besoins de la viej et sur la conduite des mœurs. L'histoire de Cérès était sans doute de môme trempe que ses mystères ; elle doit donc être expliquée de même.
Apollon, Pan, et les Lupercales. — Pour peu que l'on fasse attention aux mœurs des habitants de la campagne, on comprend que toute l'histoire d'Apollon n'est qu'un commentaire sur les usages de la vie pastorale. Un berger du roi Admète, dans la Thessalie, s'amusait à jouer du chalumeau ou de la flûte, comme font tous les bergers. Il apprit comme eux à connaître quelques herbes pour panserson bétail malade ; bientôt il osa traiter les hommes, et réussit à guérir des plaies ou des maladies. C'est par la même méthode que se forment la plupart
dos médecins dans les campagnes ; telle est l'université où ils prennent leurs grades. Dans des temps d'ignorance, il n'en fallut pas davantage pour êtro regardé comme un habile musicien, comme un médecin d'importance, et même comme un peu sorcier.
C'est encore l'opinion que le peuple se forme de tous les bergers ; il leur suppose ordinairement des secrets magiques pour guérir le bétail, ou pour l'empoisonner. Quand on a vu la confiance aveugle et l'admiration du peuple pour les charlatans qui l'amusent, pour ceux qui s'érigent en médecins, ou pour un mauvais joueur de vielle, on sent combien il fui aisé autrefois de se faire une grande réputation par ces divers talents.
Les Hébreuv, selon le génie de leur langue, auraient appelé le personnage dont nous parlons, le père des musiciens et des poètes ; ipse fuit pater canentium citharn et organo, comme ils le le dirent de Jubal. (Gen. iii.J Les Grecs, plus pompeux dans leurs expressions, le nommèrent le dieu de la musique, de la médecine et de la divination. On appelle le berger merveilleux atto^X'jv, de Sa (pol, phol), souffle, parole, chanson ; $o%oç, de 3n, as (noub, phoub), souffle, esprit, l'homme inspiré, le chantre, le flûteur. Et comme ^oïSoj, tiré de in, as (hob, phob), féu, lumière, signifie aussi le soleil. Apollon fut dans la suite confondu avec le soieii.On le nomma encore nû9<uv, de ÏS (put, phulj, ttûÔc-iv souffler ou parler, nûôwv signifie aussi un serpent; on bfltit sur celle équivoque l'histoire des jeux Pythiens, en mémoire du serpent Python qu'Apollon avait tué. Enfin niQw, le souffle, exprime encore par analogie odeur, puanteur, pourriture; là-dessus Ovide raconte fort sérieusement que le serpent Python était né de la pourriture de la terre échauffée par le soleil après le déluge, comme les rats et les grenouilles naissent en Egypte du limon que le Nil a laissé. Cette opinion, fondée sur une ignorance grossière des opérations de la nature, subsisle encore parmi le peuple; il croit de la meilleure foi du monde que ces animaux et la plupart des insectes naissent de l'humidité de la terre.
Les jeux Pythiens, dans leur origine, ne sont autre chose que les danses et les gambades de jeunes bergers qui folâtrent. La lutte en était un des principaux exercices; et c'est encore un amusement commun aux bergers. Les jours de fêle, dans les villages, la jeunesse s'assemble et s'exerce à ditférentes espèces ue jeux; ceux qui ne peuvent plus y prendre part à cause de leur âge, s'amusent encore à les regarder; c'est le spectacle des campagnes. Voilà le berceau de tous ces jeux si fameux dans la Grèce, qui devinrent dans la suite une école militaire, et un des principaux objets de l'attention du gouvernement.
Apollon fut encore nommé natôv, de WS (paha, phaha), siffler ou souffler, et par contraction n«v. C'est toujours à cause d'e son talent déjouer du chalumeau; voilà pour-
quoi on nommait nxiùv toule espèce de chanson ou de musique. Nouveau sujet pour les Grecs de forger un dieu Pan, protecteur des bergers, amoureux d'une nymphe Syrinx, c'est-à-dire qui aimait son chalumeau; fort resppcté en Arcadie, pays des pâturages, et en l'honneur duquel on célébrait les Lupercales.
Tite-Live nous apprend que cette espèce de fête avait été apportée en Italie par Evandre, arcadien; mais il ne paraît pas qu'il en ait connu la source. C'était, dit-il, pour honorer Pan le Louvier, ou le tueur de loups : Lycœum Pana vénérantes; et les acteurs de cette fête étaient nommés luperci, nom formé de lupus, et arceo, chasseurs ou preneurs de loups. Sans aller chercher cet usage en Arcadie, il n'est pas élonnant qu'en Italie comme ailleurs les bergers aient fait une fête, toutes les fois qu'ils tuaient un loup. Chez tous les peuples qui nourrissent des troupeaux, la mort d'un de ces animaux est toujours un événement considérable et l'occasion d'une fête. Celui qui l'a tué a grand sorn d'en empailler la peau, de la porter en triomphe dans les environs, et tous ceux qui sont intéressés à la destruction de l'ennemi commun ne manquent pas de payer un tribut au vainqueur. Les enfants, toujours curieux et coureurs, sont fort exacts à lui faire cortège, en jetant des cris et faisant des huées; le porteur de loup, pour se débarrasser de cette suite importune, les épouvante, fait semblant de les frapper avec la peau qu'il porte : voilà l'origine de toutes les folies que l'on faisait à Rome dans les Lupercales.
Celle fête était une des plus anciennes institutions des Romains, antérieure à celle de Racchus et de Céiès; il en devait être de même chez les Grecs. Tous les peuples ont commencé par être nomades et 'pasteurs avant que d'être sédentaires; il est donc nalurel que les usages de la vie pastorale soient plus anciens partout que ceux de l'agriculture.
Il faut remarquer que les Latins nommèrent le dieu Pan Faunus, par un simple changement de prononciation; ils lui associèrent les satyres, nom tiré du grec «rar^o»-, poilhérissé, qui fut d'abord don.né aux boucs. Ensuite les voyageurs qu; virent pour la première fois dés singes dans les forêts do l'Afrique ou des Indes les prirent bonnement pour ces Faunes et ces Sylvains dont ils avaient ouï parler toute leur vie sans les connaître. Les Latins appelèrent encore Pan Jncubus (le cauchemar), persuadés, comme le peuple l'est aujourd'hui, que cette incommodité nocturne est produite par un lutin ou esprit follet. Telle est l'origine du nom inuus , qu'ils lui donnèrent de nou, nu, serrement, gène, oppression, qui est la racine do notre verbe nouer.
Vulcain. — Les Hébreux nommèrent celui des tils de Lamech qui fut le premier forgeron pp-Sain (Tubalcaïn), nom formé de in (•thu) démonstratif, Sa (bal), souffler; ])p (cain) le feu. C'est évidemment le même
PART. III. THEOLOGIE PUILOLOG
]>KS LANGUES. — niSSERT. VIII.
PiiO
nom Que Vulcanusthn les Latins, on snpprimanl la première syllabe, qui lient lieu d'article. Le mot Volcan . dont nous nous servons pour e\primer les feux qui sortent des montagnes, esl emprunté du lalin, paire qu'il n'y avait point de volcans dans les Gaules : le premier dont on y entendit parler esl le mont Etna. Les Grecs avaient appelé l'inventeur de la métallurgie 'A faiirrs;, de ^x (aph, epli), souffler, «for, forât, le feu.
Il n'est pas nécessaire de supposer que lo fils de Lamech est le personnage révéré des tirées et des Latins, sous les noms de'llyaiaToîet Yulranus , souffleur de feu; il se peut très-bien faire qu'ils n'en aient jamais entendu parler; mais les uns et les autres ont célébré sous le même litre celui qui avait inventé l'art de travailler les métaux, et une preuve qu'ils n'ont pas emprunté ce culte les unsdes autres, c'est que les noms sont différents.
Il est très-probable que le mont Etna, dans les différentes éruptions de son volcan, a vomi des métaux fondus, et que c'est ce qui a donné aux habitants de la Sicile la première idée de la métallurgie. Ainsi le premier forgeron ayant commencé à travailler auprès de cette montagne, il a été naturel de dire dans la suite que le mont Etna était la forge ou l'atelier de Vulcain; et quand on eut accordé les honneurs divins à cet ouvrier célèbre, on lui b<liit un temple magnifique sur le penchant de la montagne.
Les forgerons qui aidaient Vulcain furent nommés IîiIhkk, et ce nom me paraît être le même que l'hébreu refrû (kelappah, klapah), un marteau, dont on trouve le pluriel, ps. lxx.iv, 6. Il si^ni(iedoncwa//ea/orc5,des mai leleurs, des forgerons, et il a la même racine que lo verbe zoiàwTw, frapper. Cette élj mologie doit paraître pius naturelle que celle qu'a donnée Bocliart, qui a été suivi par Leclerc : KvxIutziî, est formé, selon eux, de aifj yn (chek-loub) sinus Lilybœus ; ils disent que l'on a voulu désigner par là les habitants du cap de Lilybée, aujourd'hui cap Coco, qui lurent les premiers colons de la Sicile, et les premiers ouvriers en fer. .Mais c'est sans aucun fondement qu'on les place dans ce coin de l'île fort éloigné du mont Etna; il est beaucoup plus probable que la première colonie est venue d'iialie eu Sicile par le déiroil de .Messine, qui esl l'extrémité opposée au cap de Lilybée.
Hésiode racouie que les Gyclopes étaient enfants du Ciel et de la Terre, c'est-à-dire ijue les siècles postérieurs ne connaissaient plus leur origine ; ou ils furent nommés cillants de la lerre, parce qu'ils demeuraient dans la terre qu'ils creusaient pour en tirer les mines de fer. Ils ajoutent qu'ils étaient nommés k.vx>oj7hs, de xûx).oç, rond ou cercle, vA îty, œil, parce qu'ils n'avaient qu'un œil rond au milieu du front. Voilà coTume les Gi ces étaient instruits des éléments de leur langue, et comme ils ont bâti des fables sur les plus grossières équivoques. Vulcain, dii-on, é-lail boileux.On l'a imaginé en con-
fondant cyclops, forgeron, avec Cloppust boiteux, éclopnê. Quoique fort laid el mal bAli il épousa Vénus. Ce mariage si mal assorti n'a d'antre fondement qu'une nouvelle confusion du nom Kvnpiç , Vénus, avec x'Jtrpo?, le cuivre, l'airain. Il signifie (pie Vulcain travaillait le cuivre; et ce fait est conforme à l'histoire, qui nous apprend que l'airain a été connu el mis en œuvre avant le fer.
Dans la suite Vulcain découvrit le commerce que Vénus avait avec Mars, el le rendit public , après les avoir enchaînés l'un el l'autre. On a voulu dire que Vulcain avail découvert le secret d'unir étroitement xur/jô»-, le cuivre, avecàpk, le fer ; qu'il apprit aux hommes le seciet de les souder, et de rendre celle soudure inallér ble. On sait bien que les chimistes appellent encore aujourd'hui le fer Mars, et le cuivre Venus; parce que leurs noms sont les mêmes eu grec.
§ IV. — Usage de la même méthode pour expliquer le texte hébreu de l'Ecriture.
Le principal objet que je me suis proposé, en recherchant les racines primitives de l'hébreu, a élé de découvrir le sens de plusieurs termes ou expressions de l'Ecriture sainte qui ne paraissent point encore suffisamment éclaircis. Il m'a paru qu'on pourrait y réussir en comparant l'hébreu aux autres langues. Les racines étant partout les mêmes, elles doivent avoir chez les Hébreux à peu près le même sens que chez les autres peuples. Je vais lâcher de le montrer par quelques exemples.
VC1 Vin (tliohu vebohu), inane et vacluu. [Gen. i, 2.)
Moyse commence l'histoire de la création, en disant que Dieu créa le ciel el la terre, et que la terre était alors thohu vebohu; ces mots ont été traduits par la Vulgale, par Aquila, et par Théodolion, inanis et vacua, par le paraphraste Chaldéen vacua etvaslu, par les Septante invisibilis et inornata.
Sans faire aucune attention aux rêveries des rabbins et de leurs copistes, je me borne à prouver que la traduction de la Vulgale est littérale et fidèle.
Thohu et bohu sont exactement les mêmes que les noms fiançais tuyau el boyau, qui expriment lous deux quelque chose <ie creux ou de vide. Leur prononciation S". ressemble, encore plus dans les patois où l'on prono'ice tué el boue. Le synonyme de boyau esi tripe, et celui-ci n'est antre que rpOîïïj, en grec, un trou, un creux. Tous ces termes ne sonl pas fort nobles dans notre langue; c'est peut-être notre faute.
Pour comprendre que c'esi véritablement l'idée que Moyse a vou'u nous donner, il sullit de considérer qu'il dit au même versei que la lerre était environnée des eaux, qu'elle ne présentait par conséquent dans toute sa surface qu'un abîme semblable à l'Océan. Abîme se dit eh hébreu ainn (théhum), formé de thé, démonstratif eu aug-
ms
mentalif, et hom, môme racine que imus en latin , bas et profond; c'est toujours le même sens que inane et vacuum.
Ou sait que x«°f' dont 'es Grecs se sont servis pour exprimer le premier état du monde, est dérivé de xK'w' ^tre ouvert ou vide, ce qui revient encore au même. Par conséquent Ovide l'a mal rendu par rudis indigeslaque moles : inane et moles sont des idées contraires; il s'est ainsi rapproché du sens des Septanle, invisibilis et inornata.
Iiohu en hébreu est encore analogue à noire substantif baye, ouverture, lieu où la mer rentre dans les terres; on l'appelle autrement sinus , sein ,'lieu creux. Bayes signifie aussi des ouvertures dans la charpente d'un vaisseau; c'est la racine de l'adjectif béant, gueule béante, gouffre béant, ouvert et profond. Ma preuve, c'est que bohu s'écrit et se prononce nTU (bahaïa) , en chaldéen et en syriaque. Nous pouvons y reconnaître noire verbe bâiller, prononcé à la parisienne bayer, c'est sans doute l'origine du nom Baiœ, sinus Baianus, golfe célèbre en Italie.
Pour le mol thohu, il ressemble encore beaucoup au français étui , au grec «îOuîa, plongeon; à -njîWio?, vide, inutile; je n ai encore pu le découvrir en latin.