‹ Œuvres completes de BergierChapitre 159 sur 255 · Ù2 (Hibri), hubr^eus · texte numérisé non relu

Ù2 (Hibri), hubr^eus

Les critiques ont disputé autrefois sur l'origine de ce nom donné à Ahraham (Gen. xiv, 13), et qui est demeuré à sa postérité. Les uns ont prétendu qu'il venait du patriarche Héber dont Abraham descendait à la sixième génération. Mais on ne voit pas pourquoi l'on aurait fait allusion à Héber plutôt qu'à lout autre des ancêtres d'Abraham; les Chananéens qui le nommèrent hébreu, n'avaient peut-ôlre jamais entendu parler d'Héber qui vivait dans la Chaldée. D'aulrcs en plus grand nombre prétendent qu'il vient du verbe ~QÏ (hahar) passer, traverser ; parce que Abraham avait ti averse l'Kuphrale pour venir en Palestine ; et comme "07 (héber) signifie au delà, il fut appelé Hibri, l'homme d'au delà du fleuve. Mais l'histoire sainte nous dit que ce fut Tharé qui quitta Ur de Chaldée pour venir à Haran , où il demeura et mourut, et qu'Abraham, son fils, vint dans la terre de Chanaan. Or Haran élait en-deçà de l'Euphrale et voisin de la Palestine, il est fort incertain si Ur élait au-delà. Il n'est donc pas à présumer (pie les Chananéens aient pensé à ce tleuve pour nommer Abraham.

Toute ditliculté disparait, si l'on fait attention que le môme terme qui signifie passer et traverser signifie aussi voyager; et que le nom de voyageur se confond souvent avec celui d'étranger; c'est ainsi que le peuple appelle un étranger ou un voyageur, un passant. Or il n'est pas étonnant que les Ctianauéens aient appelé Ahraham voyageur ou étranger, parce qu'il l'était effectivement à leur égard. Ils ont encore pu lui donner le nom de passant, parce qu'il n'avait point parmi eux de demeure fixe et qu'il n'habitait que sous des tentes.

On sentira mieux la justesse de cette étymologie, si on veut faire attention que la racine de Ilabar et Hibri est la même que celle du Chaldéen N~n-)i (barbera), qui est le (3ip&çx>e des Grecs, barbirus des Lalins. Ce terme a signifié dans son origine étranger, champêtre, et par analogie, rustre, sauvage, cruel, sanguinaire. Voilà pourquoi les Grecs et les Latins l'ont toujours pris en mauvaise part.

3TT3» Cberdb.

Cherub, pluriel Chérubirn, est un des termes hébreux les pi us obscurs; ordinairement les versions ne le traduisent point, de sorte qu'il est fort incertain comment on le doit entendre dans les divers passages où il est employé.

Gen. m, 24. Il est dit que Dieu, après avoir chassé Adam du paradis terrestre, plaça à l'entrée Chérubirn, et un tourbillon de leu et de flammes pour en défendre l'accès.

Psal. xvir, 10. On lit en parlant de Dieu : Ascendit super Chérubirn et volavit, volavit super pennas ventorum.

Dans VExode, ch. xxv, xvm et xx, il est rapporté que Moïse fit faire sur le couvercle de l'arche d'alliance deux chérubins d'or qui étendaient leurs ailes pour la couvrir, et se regardaient en face.

Dans les livres des rois et des Paralipomènes il est parlé de môme de chérubins en sculpture placés en divers endroits du temple ; et dans un de ces passages il est dit pj'ils étaient faits in simililudinem homùiis slantis.

Ezech. xu, 8. Il est fait mention de chérubins à deux faces, dont l'une était une face humaine, l'autre une face de lion.

Dans le même prophète, l'animal qui est dit ch. i, 10, avoir une l'a . e de bœuf, est appelé ch. xvm, 4, faciès cherub.

Le môme, ch. xwm, 14, appelle le roi de Tyr, Cherub extensus et prolegens ; d'autres croient mieux traduire Cherub unctio tegentis : on est bien instruit après avoir lu une pareille version 1

Je m'abstiendrai de rapporter les divers sentiments des interprèles anciens et modernes, juifs et autres; je ferais un gros volume. Je me borne à examiner le terme dont il s'agit selon l'analogie de la grammaire.

Je me range d'abord à l'avis de ceux qui ont expliqué 67teru6i/n du ps. xvu par nubes: ascendit super nubes et volavit, volavit super pennas ventorum. Cherub, dans ce sens, est le même que l'hébreu my (harab) obscurcir, le grec xpyëâÇw, abscondo, etx^wSSnv, abscondite : zn ^rab, robj, racine de ces différents mots, se retrouve en français dans robe, habil, couverture; et ce lerme convient pour exprimer les nuées, de même que nw les en latin est analoguo à nubo, voiler, couvrir.

11 me parait avoir la même signification dans le passage «le la Genèse. Dieu, pour défendre l'entrée du paradis, y mit une

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