TROMPETTE
Je joins ici l'explication de ces deux noms pour rendre la matière un peu moins sérieuse. =]h (lop) en hébreu est un tambour ; nsn (topeth), l'action de battre du tambour; je ne prononeo point toph ni tophel, comme les rabbins, parce que celte prononciation déligurc l'imago. On a peint par ces mots le bruit que faisait cet instrument dans son origine, lorsqu'on se contentait de frapper simplement dessus. Le mémo monosyllabe exprimo encore dans les patois l'action de battre : tip, top, c'est battre avec violence; donner une tape, c'est donner un coup; de là est venu le grec TÛrc™, frapper. Tû/x7r«vov, adopté par les Latins, a pint h la racine T-J77, la syllabe Trav, qui signifie la mémo chose. Comme l'art de battre du tambour s'est perfectionné, et qu'avec deux baguettes on esl parvenu à y faire des roulements continus, notre substantif tambour a aussi perfectionné l'image; tam exprime le fiappement vAbcur le roulement.
Il faut sans (foule rapporter à la môme source les mots tarare pan pon , qui servent de refrain à plusieurs chansons fort gaies; c'est la peinture du bruit des instruments militaires : tarare est le mémo qiu
taralantara dans Ennius, pour exprimer le son de la trompelte, et pon , pon le bruit du tambour ou des tymbales.
Hatsotserah, trompette, dans le prophète Osée, c. v,8, me paraît devoir être prononcé haltolterah, pour faire toujours la même image. J'ai montré ailleurs que u et 1", t al ts, se mettent souvent l'un pour l'autre. (Voyez ci-devant col. 115i.)
Quand le peuple méprise ce qu'on lui dit, il répond : Tarare pon pon, pour marquer qu'il regarde le discours qu'on lui tient comme un son inarticulé d'instruments qui n'expriment rien. C'est l'équivalent de celle aulre réponse : Chansons que tout cela; ou de celle-ci : Dis toujours fanfares.
Nom des lettres de l'alphabet.
Une curiosité qui me paraît bien naturelle, est de rechercher l'origine des noms que les Hébreux ou plutôt les Chaldéens ont donnés aux lettres de l'alphabet, et qui ont passé chez les autres nations. li en est plusieurs dont les grammairiens n'ont encore donné aucune étyrnologie; d'autres qu'ils ont mal expliquées; telle lettre, disent-ils , est ainsi nommée à cause du son qu'elle fait: Sic dicta est a sono, comme si le son se peignait sur le papier.
Je suis convaincu que les noms des lettres ont été tirés, non de leur son, mais
de leur ligure, et que la plupart sont encore reconnaissables en français. Je vais en donner un simple catalogue, en attendant que je prouve toutes ces étyinologies dans mon dictionnaire, et je marquerai d'une étoile les noms qui subsistent encore dans notre langue.
N Aleph, une agraffe.
2 Beili, une boîte, un coffre, quelque
chose <ie creux ou de profond.
H Ghimel, lettre bossue, comme camelus,
charnel en vieux français, animal bossu.
7 Daleth, une hache, dotabra, unedoloire*.
n Hé, une haie', deux pieux attachés par
une traverse.
1 Vau, prononce/, ouaou, une houe*, un
boyau.
T Zabi, Dzam, un pieu ou une massue, n lletli, une hutte', une chaumière.
13 Teth, un le ton*.
• lod, un clou, un crochet.
2 Caph, lettre courbe ou cave*.
S Lamed, une broche.
a Mem, mamma', une mamelle.
2 Nun, un lénon, un crochet double.
D Samedi, une ceinture.
y Haïti, un Daim* en patois, un hameçon.
2 Pé ou plié, un visage.
X Tsadé, une fieur, une plante.
p Coph ou cop, un couperet', un instrument propre à couper, n Hesckou ress, une erossa .
jy Schin, un trident.
H Tlïau, une potence, crvx, paiibulum.