DU DICTIONNAIRE DES RACINES, OU MOTS PRIMITIFS DES LANGUES
•On a pu déjà comprendre, par les exemples qui ont été donnés dans les dissertations précédantes, quelle est la méthode que l'on se proposait de suivre dans le Dictionnaire des racines. Il doit renfermer tous les mois simples et monosyllabes que l'on suppose être les vrais éléments des langues, avec leurs principaux dérivés datis les quatre dont on fait le parallèle. On en remarquera d'abord les divers sens ; on fera sentir, autant qu'il sera possible , l'analogie de leurs signiticalions , et pourquoi iJs en ont de si opposées. On observera onsuite les variétés de prononciation, les- inflexions diverses que le même monosyllabe a reçues, en suivant toujours le mécanisme dont on a tracé ci-devant les règles. On montrera que chez les Hébreux et chez nous, en Grèce et en Italie, l'esprit et la langue ont suivi constamment la même route.
On ne s'oblige cependant point de montrer les racines do tous les mots qui composent les quatre langues dont on parle, ni d'en décomposer tous les termes , mais seulement ceux de l'hébreu , qui est la plus bornée et la moins abondante. Réduire
exactement quatre langues à leurs racines, serait une opération inlinie,qui passe de beaucoup mes forces, et qui ne peut être exécutée que dans autant de dictionnaires différents. Pourvu que je puisse indiquer tous les termes primitifs et décomposer l'hébreu , il sera facile d'analyser de mémo les trois autres langues, et il serait à souhaiter que cette besogne fût déjà faite. Schrévilius a tâché de ie faire pour le grec, dans son lexique ou manuel ; mais, parce qu'il ne suivait pas une roule certaine, la plupart de ses élymologies ont besoin d'être réformées. Les grammairiens latins ont tenté la même opération pour leur langue; c'est dommage qu'ils n'aient pas eu les connaissances nécessaires pour y réussir. Par ce qui a été dit sur l'origine du français dans la dissertation septième, on conçoit que, pour en faire l'analyse , il faut attendre que nous ayons des dictionnaires exacts do tous les patois de nos provinces.
On a déjà indiqué dans la première Dissertation , § 7, les principales utilités que l'on peut tirer d'un recueil des mots primitifs : il n'est pas nécessaire de les répéter; mais on prie le lecteur de considérer
PART. 111. TllEOLOC.IE PIIILOLOG. — DKS LANGUES. —PROSPECTUS.