‹ Œuvres completes de BergierChapitre 179 sur 255 · KC · texte numérisé non relu

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mis en mouvement, ces corps le communiquent à d'autres par le choc, niais ils en perdent & proportion de ce qu'ils en donnent; i.s ne peuvent en donner plus qu'ils n'en ont reçu; ils ne peuvent en changer la direction.

Je sens au contraire que ma force motrice, quoique bornée, ne se perd point à proportion du mouvement quelle donne : je puis à ma volonté cesser ou continuer de remuer mon bras, en accélérer ou en ralentir le mouvement, le mouvoir en haut, en bas, en ligne droite ou circulaire. Il m'est donc impossible de confondre le mouvement spontané avec celui qui est acquis ou imprimé, ce, lui que je donne avec celui que je reçois, celui dont je suis le maître avec celui dans lequel je suis passif.

H y a du mouvement dans la matière.

D'où vient-il? Tout le monde est forcé de convenir que la matière ne peut le commencer par elle-même, passer par sa propre énergie du repos au mouvement, qu'elle est essentiellement incapable de mouvement spontané. De là il résulte déjà qu'elle n'est point une cause active, mais un être purement passif, qu'elle n'est cause efficiente de rien dans le sens propre du terme.

Peut-on dire que le mouvement lui est essentiel? Non : 1° Rien ne prouve que le repos absolu soit un état impossible; il faudrait cependant le démontrer avant d'affirmer que le mouvement est essentiel à la matière : nous concevons son repos aussi clairement que son mouvement; l'un ne peut même être conçu sans l'autre. 2° De toutes les qualités connues de la matière, nous n'en voyons aucune avec laquelle le mouvement ait une connexion nécessaire.

La matière peut être étendue, figurée, divisible, solide, impénétrable, homogène et hétérogène, mobile ou capable d'être mue sans être actuellement en mouvement : le mouvement n'est ni la cause, ni l'effet d'aucune de ces qualités. Il est absurde qu'une qualité essentielle de la matière n'ait point de liaison nécessaire avec aucun de ses autres attributs. 3° Point de mouvement sans une direction quelconque ; un mouvement en tout sens, qui ne suit ni une ligne droite, ni une ligue courbe, qui ne tend ni au centre, ni à la circonférence, ni à gauche, ni adroite, est une chimère. Si le mouvement était essentiel à la matière, la direction de ce mouvement ne lui serait pas moins essentielle. Or toute matière est indifférente à être mue dans tel sens, ou dans tel autre : donc elle n'est pas moins indifférente au mouvement qu'au repos.

De ce que toute portion île matière est nécessairement bornée, il s'ensuit qu'elle a nécessairement une ligure, une situation, une étendue quelconque; mais il ne s'ensuit pas qu'elle ait aussi un mouvement quelconque : aucune de ces qualités n'est incompatible avec le repos.

Imaginer dans la matière une substance par abstraction et sans qualité, lui attribuer ensuite un mouvement essentiel par abs-

traction et sans aucune direction, c est dire des mots qui ne signifient rien.

Quelques physiciens ont supposé dans la matière une prétendue force d'inertie ; ils n'ont pas vu qu'inertie et force sont deux Jermes contradictoires.

Admettrons-nous la communication des mouvements à l'infini sans première cause qui en ait commencé la chaîne par une première impulsion? Elle est aussi absurde que la suite des générations à l'infini. C'est une chaîne éternelle qui ne tient à rien, ne rend raison de rien, ne peut servir à expliquer les lois du mouvement, ni les phénomènes réguliers qui en résultent. On la suppose nécessaire sans nécessité, puisqu'on ne ia démontre point; infinie, et cependant terminée au moment présent; infinie, et augmentant toujours : autant de contradictions.

Il est donc démontré que tout mouvement quelconque vient, de près ou de loin, d'une cause active, d'une impulsion spontanée, en un mot, d'une volonté.

Cette persuasion est si naturelle à tous les hommes, que tous sont invinciblement déterminés à supposer un esprit dans tous les corps où ils aperçoivent du mouvement. Telle est l'origine de la multitude d'intelligences, de génies, de démons ou de dieux, dont les nations païennes ont peuplé toute la nature ; préjugé dans lequel ont donné la plupart des anciens philosophes.

Quatrième preuve.

21. Le mouvement est assujetti à des lois invariables, et il en résulte des effets réguliers; donc il vient originairement d'une cause active intelligente qui sait ce qu'elle fait.

Pour ne pas nous former des notions fausses, rentrons encore en nous-mêmes.

Je distingue clairement ce que je fais avec intelligence et avec dessein, d'avec ce que je fais par hasard, sans dessein et sans connaissance. Lorsque je connais le chemin qui conduit à un gîte, que je le prends et que j'arrive, je le fais à des'sein : mon succès n'est ni aveugle ni fortuit. Si je ne connais pas le chemin, j'arrive par hasard, sans que l'intelligence ait dirigé la marche que j'ai faite. Lorsqu'avec des dés francs j'amène rafle de six, c'est un coup de hasard. Si j'avais des dés pipés dans lesquels le centre de gravité eût été placé exprès pour amener cette combinaison, ce ne serait plus un hasard. Dans l'un et dans l'autre cas la rafle de six est un effet nécessaire: dans le premier cas, elle a résulté nécessairement de l'impulsion que j'ai donnée aux dés; dans le second elle est venue nécessairement de la situation du centre de gravité. Mais dans le premier cas, je ne connais pas l'impulsion qu'il fallait donner aux dés pour amener rafle de six; dans le second, je savais que la situation du centre de gravité amènerait ce coup.

Le hasard n'est donc point l'opposé de la nécessité, mais de l'intelligence; ce n'est point l'effet d'une cause inconnue, mais bien

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l'effet o une- cause qui ne connaît pas ce qu'elle fait. Les causes de la gravitation, de 1 élasticité, du magnétisme, de l'électricité, etc., nous sont inconnues : ces effets ne sont cependant point fortuits ; ils ne viennent point du hasard, puisqu'ils arrivent constamment et régulièrement : une cause intelligente a présidée leur existence. Dire que dans le monde rien ne se fait au hasard, parce que tout est nécessaire, c'est vouloir se jouer de ceux qui n'entendent pas les termes.

Dès que je vois des effets réguliers, des phénomènes, du dessein, de l'ordre de la liaison entre les moyens et la fin , il m'est aussi mpossible de les attribuer à une^cause aveugle, au hasard , à la matière privéede connaissance , que de confondre ce que je fais sans dessein avec ce que je fais de propos délibéré. On ne nous persuadera ja-

ventun plan différent. Ce système magnifique du soleil, des planètes et des comètes n'a pu être enfanté que par la volonté et par le pouvoir d'une intelligence toute-puissante. » (In fine princip. Mat. philos, nat.) Quelle contradiction y aurait-il que la terre tournât d'orient en occident, que son mouvement fût plus lent ou plus rapide, que lé feu cessât de nous brûler, le pain de nous nourrir, l'eau de nous désaltérer, l'air de nous rafraîchir?

Epicure disait que l'univers est l'ouvrage du hasard ou du concours fortuit des atomes de matière. Ses disciples modernes ont cru pallier cette absurdité, en disant que tout est l'effet du concours nécessaire des éléments; c'est rassembler deux inepties au lieu d'une. Il faudrait prouver d'abord que ce concours est nécessaire de nécessité absolue, qu'il y aurait contradiction s'il était

mais qu'une cause aveugle puisse faire tout troublé ou interrompu; en second lieu, que

ce que -fait une cause intelligente. N'oublions pas la distinction entre Ja nécessité absolue, dont le contraire renferme contradiction, et la nécessité de conséquence, qui vient de la volonté d'une cause puissante à

cette nécessité faussement supposée peut suppléer au défaut d'intelligence dans la matière, qu'une cause aveugle, parce qu'elle agit nécessairement, peut faire tout ce que fait une cause douée de connaissance. S'il

laquelle les êtres créés ne peuvent résister; est absurde que le concours nécessaire des

sans cette attention vingt sophismes pourraient nous jeter à l'écart.

Nous connaissons plusieurs lois du mouvement , constantes , invariables, sur lesquelles porte la certitude des expériences de physique, du procédé et des inventions delà mécanique. Un corps mû tend toujours à décrire une ligne droite, et la suit, à moins du'il ne rencontre un obstacle. S'il frappe spontanés ne peut être le principe de la vie

élément, forme jamais une montre parfaite à laquelle rien ne manque, il l'est cent fois davantage que ce concours produise un animal avec tous ses organes et ses facultés.

Cinquième preuve.

22. Il y a des êtres vivants animés, sensitifs ; la matière incapable de mouvements

un autre corps mobile, il lui communique du mouvement par le choc, et il en perd à proportion de ce qu'il lui en donne. Un corps grave qui tombe accélère le mouvement dans sa chute, selon la progression des nombres impairs, un, trois, cinq, sept, etc. ; point d'exception à ces règles.

Cela est-il nécessaire de nécessité abso-

donc les êtres vivants sont l'ouvrage immédiat du Créateur. ' La vie est un terme équivoque, il faut l'expliquer. Vivre, quand il se dit d'une plante, signifie croître et végéter par une suite de mouvements dont la cause est extérieure : à l'égard d'un animal, vivre, c'est sentir et se mouvoir; à l'égard de l'homme, c'est sen-

lue? Personne ne peut démontrer qu'il y tir, penser et vouloir. Dans les plantes nous

aurait contradiction, si un corps mû suivait une ligne courbe, si le choc ne communiquait point de mouvement , si le corps qui tombe n'accélérait point sa chute. L'affirmer sans preuve, ce n'est plus raisonner. Il ne peut donc y avoir ici qu'une nécessité de conséquence, qui résulte de la volonté de

ne voyons aucun signe de mouvement spontané; les animaux paraissent en être doués; pour nous le sentiment intérieur nous l'atteste.

La vie sensitive est-elle un résultat nécessaire de l'organisation ou d'une certaine combinaison de la matière? Aucun philoso-

celui qui a fait toutes choses, à laquelle les phe n'oserait affirmer que la vie soit essen êtres créés ne peuvent se soustraire. Quand tielle à toute molécule de matière. Une monous parcourrions tous les phénomènes lécule vivante et sentant, sans avoir des de la nature, tous les effets des causes phy- sens ou des organes, est inintelligible et siques, tout ce qui arrive dans l'univers, nous n'y découvririons jamais d'autre nécessité, nous ne serions jamais en état de montrer que le contraire renferme contradiction. Quand on dii que tout est nécessaire, ou cela ne signifie rien, ou cela veut dire que tout est comme Dieu a voulu qu'il fût. « Les six planètes principales, dit Newton, décrivent en même temps, autour du soleil, des .cercles dont il est le centre, et sur un plan à peu-près semblable. Tous ces mouvements réguliers ne viennent d'aucune cause mécanique, puisque les comètes sui-

conlradictoire; toute matière quelconque serait vivante et douée de sensibilité. Si la vie sensitive est accidentelle en toute molécule de matière prise en particulier, il est aussi impossible que la réunion et l'arrangement de plusieurs molécules produisent le sentiment, qu'il l'est que plusieurs molécules privées de mouvement engendrent le mouvement; ce serait un effet sans cause. Entre l'union, la configuration, l'artingement, le mouvement des molécules ie matière et le sentiment, il n'y a [tas plus Je connexion nécessaire qu'entre la cou-

PART. IV. TU. DOGM. ET MOU. — SECT. 1. TH. MON.— PRINCIP. DE MKTAPil. 1290

leur d'un corps et son# mouvement.

Le sentiment est, si l'on veui, un mouvement intérieur aperru, mais le mouvement et \&perception sont deux choses différentes.

Pour qu'un animal partait pût être tonné de plusieurs molécules imparfaitement virantes, il faudrait supposer que la vie du

tout augmente à proportio

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mbre de

molécules qui s'y réunissent; qu'un grand corps est plus vivant qu'un petit corps; qu'un insecte est moins animal qu'un chien ; ce qui est absurde.

L'n corps organisé est un tout qui ne peut se former successivement; chaque partie suppose l'existence des autres. C'est l'arrangement d'un nombre infini de machines faites les unes pour les autres , et dont les forces concourent à un but général ; l'une ne peutjouer sans l'autre, tout se développe, et augmente de volume; mais en tant que machine, il est déjà en petit ce qu'il sera en grand : toutes les matières qui s'y réunissent ne sauraient y ajouter seulement une libre. Il en est de même de la machine entière de l'univers; tout a dû être formé d'un seul jet.

S'il est impossible qu'une plante soit produite sans un germe qui la renferme en petit, il l'est encore plus qu'un animal soit engendré sans un germe de môme nature que lui, et déjà vivant comme lui. Ce germe n'a pu être formé que parla toute-puissance du Créateur. Dieu, en créant le germe de tout ce qui respire, a pourvu, non-seulement à la multiplication des individus, mais encore à la perpétuité et à l'immutabilité des espèces. Vainement, la curiosité humaine entreprend de leschanger en unissant des espèces différentes :ce mélange n'enfante que des monstres incapablesde se reproduire.

De prétendues expériences , des infusions de végétaux, dans lesquels, dit-on, il ne pouvait y avoir aucun germe d'animaux, où cependant l'on en a vu quelques jours après, avec le microscope , sont de pures illusions. (Voy. Nouv. recherches microsc. de Spallanzani , et Vingt -neuvième lettre à un Américain.) Des. germes d'une petitesse inconcevable et imperceptible à nos sens, échapperont toujours à toutes les précautions des observateurs.

L'hisioire de la création nous apprend que la vie est un souffle dc\la bouche du Seigneur ; qu'il a produit les êtres vivants, chacun dans leur genre et selon leur espèce; cpie la faculté qu'ils ont de se reproduire est un etfet de la bénédiction qu'il leur a donnée. Telle est la seule physique vraie, et que le bon sens puisse adopter. Toutes les spéculations, les conjectures, les expériences possibles n'y donneront jamais atteinte, et ne produiront que des erreurs.

Sixième preuve.

23. Nous avons des sensations, et nous y donnons avec raison une confiance entière. D'où vient leur certitude?

Par notre propre expérience, nous voyons uu'une sensation renferme trois choses qu'il

ne faut pas confondre : 1° Une certaine disposition dans un corps extérieur, en vertu de laquelle il fait impression sur nos sens ; 2° celte impression même ou un ébranlement reçu dans l'un de nos organes; 3° la perception ou l'acte de l'âme qui perçoit celte impression et reçoit ainsi l'idée de l'objet. Si l'une ou l'autre de ces trois pièces manque, point de sensation. Quelle relation y a-t-il entre elles? Les sceptiques démontrent très bien qu'il n'y a aucune connexion nécessaire, aucune liaison à priori, aucune relation essentielle entre telle disposition des parties de la matière, tel ébranlement dans un de nos sens, et telle idée qui en résulte. Jamais on ne prouvera qu'une idée soit l'effet nécessaire d'un mouvement.

Par les ditrérentes manières dont un objet réfléchit la lumière, nous jugeons s'il est grand ou petit, rond ou carré, droit ou couché, prochain ou éloigné. Y a-t-il une relation essentielle entre telle manière dont la lumière est réfléchie, telle image peinte au fond de l'œil, tel ébranlement dans le nerf optique et telle idée qui nous survient? L'image peinte au fond de l'œil est d'une petitesse extrême; elle nous donne l'idée d'un objet fort grand; elle peint l'objet renversé, et nous le voyons droit; elle est double, la même dans l'œil droit et dans l'œil gauche, et nous ne voyons qu'un seul objet. Où est la nécessité de ce phénomène tirée de l'essence des choses?

Le mot arbre nous donne l'idée de l'objet qu'il exprime, non par une relation intime et naturelle entre ce son et l'objet, mais en vertu de l'institution arbitraire du langage et de l'habitude que nous avons contractée de joindre ensemble le mot et l'idée. Certainement il n'y a pas plus de relation , entra l'image d'un arbre peinte sur la rétine et l'idée qu'elle nous donne qu'entre le son du mot et cette même idée. Si la seconde relation vient d'une institution arbitraire des hommes, il faut que la première soit d'une institution libre Ou Créateur. La nature prise pour la matière n'est pas capable d'une institution arbitraire. SL le langage artificiel est l'ouvrage de l'intelligence, les avis que nous recevons par nos sens sont un langage naturel par lequel Dieu parle à notre àme pour notre bien et pour notre conservation.

L'activité de nos sens n'est point illimitée, elle n'est point relative à l'étendue do nos désirs ou de notre curiosité, mais à nos besoins et à notre conservation. Qui en a calculé le degré avec tant de prévoyance, sinon l'auteur même de notre être?

Septième preuve.

24. L'homme est un être pensant. Diro que la matière pense, se sent et se connaît, qu'elle a la conscience du moi individuel et permanent, qu'elle se sent un, quoiqu'elle soiteomposée départies divisibles; c'est soutenir que nous nous sentons autres que nous ne sommes; qu'un être peut se sentir dans un autre, sentir l'unité dans la pluralité. Un tel délire est la honte de la raison humaine.

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Prendrons-nous la pensée pour un mouvement? Le mouvement est divisible; il peut être plus ou moins fort, plus ou moins vide, ôtre accéléré ou ralenti, il peut se communiquer, et alors il se divise entre le

L'origine des lois, des sciences et des arts, que M. Cognet a très-bien développée, nous montre (toutes les peuplades au berceau, dans un état sauvage, d'où elles ont passé, plus tôt ou plus tard, à l'état de civilisation.

corps qui le donne et celui qui le reçoit ; il et plusieurs n'y sont pas encore parvenues peut ôtre produit par deux forces distinctes Vainement, pour expliquer ce phénomène, qui y concourent également ou inégalement, on imagine des révolutions générales qui La pensée est un acte indivisible, instantané, ont changé toute la face de notre globe, des qui n'est susceptible ni de durée ni de quan- inondations, des embrasements, la chute tité ; elle ne se communique point; il est d'une comète, le déplacement de la mer, etc., impossible que deux êtres] y concourent, brillante vision que rien ne prouve et que qu'ils y participent plus ou moins, que la l'on forge pour la commodité d'un système, pensée de l'un soit la pensée de l'autre,"que Nous ne connaissons qu'une seule de ces réla conscience de la même pensée résidedans volutions générales, savoir : le déluge uni

deux êtres distincts. L'être pensant est donc un esprit, un être simple et indivisible et non un corps.

Ou cet esprit existe nécessairement de toute éternité, ou il a reçu l'existence d'un esprit tout-puissant doué du pouvoir créateur. L'esprit n'a point pour mère la matière; il n'a point reçu d'elle la faculté de penser qu'elle ne possède pas. Or, notre es-

versel. Cet événement ne fut point naturel : mais les preuves en sont répandues sur la face de la terre. La même histoire qui en confirme la réalité nous apprend aussi la création et la manière dont une seule famille fut sauvée du naufrage général.

Ici nous n'examinons pas si le monde est plus ancien que cette histoire ne le suppose : aucune des observations faites par les

prit sent très-bien qu'il n'est ni éternel, ni physiciens ne peut le démontrer. Cent mille

illimité, ni indépendant, ni la plénitude de ans plus ou moins ne font pas l'éternité. Dès

l'être; que ses facultés sont très-bornées : qu'il est constant que le monde a commencé,

il ne possède que celles qu'il a plu à Dieu il a eu un créateur.

de lui donner. Newton a très-bien remarqué quelle sys-

Une substance ne peut commencer d'être tème du monde n'admet point un arrange-

que par création. Puisqu'elle est une et in- ment successif: le mouvement d'un globe

divisible, elle n'a pu faire partie d'une autre suppose le mouvement des autres; tout y est

substance; elle n'a pu en sortir par émanation : un individu no peut être détaché d'un autre individu. La création des esprits est donc démontrée aussi bien que celle de la matière.

lié et dans une dépendance mutuelle. Un globe ne pourrait s'arrêter sans que tout le reste fût détraqué. 11 a fallu la toute-puissance du Créateur pour donner en même temps l'existence et le jeu à toute la machine.

Le mouvement circulaire des comètes et des planètes autour du soleil ne peut s'exnous nommons le monde n'est point éternel; pliquer que par la double force imprimée à il a commencé. Il ne peut être l'ouvrage de ces grands corps, l'une d'impulsion ou de la matière aveugle, inerte et purement pas- projection, l'autre de gravitation. Qui a sivc; il a donc été formé par une cause in- donné à la matière cette double force dont telligente douée d'un pouvoir que rien n'a l'une tend à éloigner les corps du centre,

Huitième preuve.

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