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tribuer a son boa heur. Ce degré d'amour plus élevé nous l'appelons amour d'humanité et de bienfaisance; et comme la faculté «Je discerner co qui contribue à notre bonheur ou 5 celui des autres, se nomme sagesse, il est aisé de sentir que cet amour d'humanité et de bienfaisance doit avoir la sagesse pour guide.
61. Refuser à autrui l'amour de justice, c'est être injuste ; lui refuser l'amour d'humanité et de bienfaisance est simplement n'être point humain. Comme on ne peut contraindre personne à pratiquer la bienfaisance, et qu'il y « des châtiments pour ceux qui commettent des crimes, il s'ensuit qu'il n'y a point d'obligation rigoureuse et parfaite pour l'amour d'humanité et de bien-
de dévouement et d'obéissance parlai te; c'est-à-dire, que nous devons l'aimer detoutes nos forces et par-dessus toutes choses.
08. Nous devons ensuite nousaimer nousmêmes, et nous plaire dans notre perfection et notre bonheur; par conséquent nous sommes obligés d'acquérir cette perfection et ce bonheur autant qu'il est en nous. Mais comme l'amour doit se régler sur les degrés d'excellence et de supériorité, il s'ensuit que nous devons aimer Dieu infiniment plus que nous-mêmes, et prendre garde que l'amour que nous avons pour nous-mêmes ne dégénère en amour-propre vicieux.
69. Puisque tous les hommes nous sont égaux par la nature, et que cette qualité
faisance, mais qu'il y en a une pour l'amour exige des devoirs qui soient égaux et réci
de justice.
62. Comme l'objet de notre amour peut être un être plus parfait que nous, ou notre égal, ou notre inférieur, il y aura trois sortes d'amour : amour de dévoilement et d'obéissance pour l'être supérieur , amour d'amitié pour l'être égal, amour de bienveillance pour l'inférieur.
63. Nous ne pouvons avoir pour aucun être un amour de dévouement et d'obéissance, sans être convaincus delà supériorité de cet être sur nous, et sans supposer que cet être veut être aimé de nous, et cet amour doit être proportionné à la dignité et aux perfections de cet être.
64. L'amour d'amitié naît de l'égalité. 11 y a égalité de nature et égalité de perfection. L'égalité de nature exige des devoirs égaux et réciproques, d'où résultent deux règles fondamentales : Ne faites pas à autrui ce que voïis ne voudriez pas qu'on vous fit. Faites à autrui ce que vous voudriez qu'on vous fît. La première de ces règles est le fondement de l'amour de justice envers nos égaux; la seconde est celui de l'amour d'humanité et
proques, il s'ensuit que nous ne devons aimer les autres hommes ni plus ni moins que nous-mêmes; par conséquent que nous devons leur faire tout ce que nous voudrions qui nous fût fait, et ne pas leur faire tout ce que nous ne voudrions pas qui nous fût fait. Ainsi aimer Dieu par-dessus tout, nous aimer nous-mêmes, sans rien ôter à l'amour qui est dû à Dieu, aimer notre prochain comme nous-mêmes; voilà les principes de nos devoirs dictés par la loi naturelle.
Chapitue IV.
Des devoirs de l'homme envers Dieu.
Cicéron voulant enrichir la littérature la tine de cette branche de la philosophie, qui a pour objet les devoirs prescrits par le droit naturel à tout le genre humain, s'est servi, pour désigner ce droit, du mot officium. Ce mot signifie en général devoir, ce que les stoïciens appelaient KaQrjxov.
70. Par devoir nous entendons une action qu'on est tenu de rendre conforme aux lois, en vertu d'une obligation , soit parfaite, t>oit
de bienfaisance. Toutefois, comme malgré
l'égalité de nature, il peut arriver qu'il y ait imparfaite. Cela posé, il estmaniieste : l°que dans l'objet aimé quelque supériorité, c'est je devoir ne peut se ^concevoir sans loi; alors le cas de l'amour de dévouement et d'obéissance, proportionné au degré de supériorité.
65. Enfin l'amour de bienveillance pour un être inférieur se portant à maintenir et à augmenter le bonheur de cet être autant qu'il est susceptible, il s'ensuit 1° que nous
2° que celui-là ne remplit pas un devoir, qui se commande à lui-même ce qu'aucune loi ne lui prescrit; 3° qu'une chose cesse d'être un devoir, lorsque la loi qui la commandait est abrogée ou n'a pas lieu; k" que si une loi n'est prescrite qu'à certaines personnes seulement, il peut arriver que de deux perne devons pas'nuire à cet être, ni lui refuser sonnes qui font la même chose, on dise de aucun des droits qui lui appartiennent ; 2° l'une qu'elle a agi contre son devoir, et de
que nous sommes tenus de lui faire du bien, mais avec prudence, l'excès en libéralité et bienfaisance devenant profusion.
6b\ Si mainlenaut nous considérons ces différentes sortes d'êtres, nous trouverons qu'il n'y en a que trois sortes : Dieu, nousmêmes, les autres hommes ; car les anges ne nous sont point connus par les lumières de la raison, et les animaux n'ont point de droits qui leur soient communs avec les hommes.
67. Nous devons donc à Dieu, comme être souverainement parfait, de qui nous dépendons, qui veut que nous l'aimions, l'amour
l'autre qu'elle n'a pas agi contre son devoir.
71. L'obligation de remplir un devoir étant ou parfaite ou imparfaite, il est nécessaire qu'il y ait pareillement des devoirs parfaits et des devoirs imparfaits. Ceux-là naissent de la loi, ceux-ci de la vertu.
72. De plus, cette loi, qui est le principe et la règle des devoirs, est ou divine, ou humaine : la loi divine se divisant elle-même en loi naturelle et en loi positive, les devoirs doivent aussi se diviser en devoirs naturels, et devoirs de chrétiens. Ceux auxquels on n'est tenu qu'en vertu d'une loi humaine s'appellent devoirs civils.
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73. Enfui la principale division des devoirs se tire de leur objet; et comme il y a dos êtres de trois classes, Dieu, nous-mêmes, les autres hommes, il y a trois différentes espèces île devoirs. Nous allons les examiner séparément.
7V. Nos devoirs envers Dieu découlent des perfections infinies de Dieu. Nous en avons conclu ci-devant que Dieu ne peut être honoré que par un amour de dévouement et dobéissance ; que nous devons l'aimer de toutes nos forces, parce qu'il est souverainement parfait, que nous tenons tout de lui et que nous sommes tenus envers lui à une obéissance parfaite et extérieure.
75. 11 suit de là que nous sommes tenus d acquérir la connaissance de Dieu et de ses perfections, et d'étendre de plus en plus celte connaissance selon notre pouvoir. Cela ne pouvant se faire que par une méditation assidue des vérités que la raison elle-même nous suggère, que par la contemplation de l'univers et des merveilles qu'il renferme, que par la plus sérieuse attention aux preuves de sagesse et de providence qui y sont
cœur, de toute notre âme, de toutes nos forces; enfui la bonté étant au nombre des perfections de Dieu, et Dieu étant bon non-seulement en lui-môme, mais encore par rapport à l'homme, nous avons un double motif de l'aimer.
80. Dieu est présent partout, sait tout; l'homme ne peut avoir devant les yeux ces attributs de la divinité, qu'il ne désire de lui plaire, et qu'il ne craignede lui déplaire. Le désir de plaire, joint à la crainte de déplaire, est la crainte filiale; ainsi nommée parce qu'elle est jointe à un grand amour.
81. Cette crainte est différente de la crainte servile, oudes esclaves qui craignent sans aimer.
82. La môme idée qu'on se fait de Dieu par les lumières de la raison, nous représente en môme temps sa sagesse, sa puissance, sa science, sa bonté sans bornes; elle doit donc nous inspirer une confiance entière en lui. Nous devons par conséquent nous reposer sur sa Providence, supporter avec fermeté tout ce que Dieu a décidé à notre égard, ne point nous décourager,
répandues, nous sommes coupables quand quand nous voyons les gens de bien dans le
nous négligeons ces devoirs
70. 11 suit de là encore, que nous sommes obligés de nous former des idées saines de Dieu, d'être convaincus et persuadés qu'il existe, qu'il est l'auteur, le Créateur et le conservateur de toutes choses, qu'il gouverne tout par sa Providence et qu'il a en particulier l'œil ouvert sur la conduite des hommes; en un mot, qu'il est un être simple, éternel, indépendant, incompréhensible, souverainement intelligent, sage, puissant; qu'il est présent à tout, qu'il prévoit tout, qu'il veut très-librement, qu'il est la vérité même, qu'il est infiniment juste et bon.
77. Celui qui nie Dieu et ses pefections est un impie; celui qui lui attribue des imperfections est un blasphémateur, deux crimes du plus haut degré. On met au nombre des impies, ceux qui admettant l'existence de Dieu, nient qu'il gouverne l'univers ; et au nombre des blasphémateurs, ceux qui, comme les païens, ont supposé qu'il y avait plusieurs dieux, et que ces dieux étaient fourbes, trompeurs, adultères, etc.
78. Quiconque aime Dieu comme il le doit, apporte nécessairement tous ses soins à ce que les autres aient pour lui le même amour : par conséquent il est de notre devoir de faire en sorte que ceux qui ignorent ses perfections en soient instruits ; que ceux qui errent à cet égard soient remis dans la bonne voie, que les impies soient ramenés à des idées plus saines et au respect pour la divinité.
79. Et comme quiconque aime un être parfait ne peut s'empêcher de se complaire en ses perfections, et de désirer de s'unir à lui ; et que ce désir, joint à un certain sentiment de douceur qui l'accompagne, s'appelle amour; il s'ensuit que Dieu doit être aimé, et qu'il doit l'être d'un amour trèsparfait, ou pour parler le langage de l'Ecriture, que nous devons l'aimer de tout notre
malheur et les méchants dans la prospérité, croire au contraire que cette disposition est avantageuse aux gens de bien.
83. C'est dans ces devoirs et autres semblables, que consiste le culte intérieur de la divinité, culte rendu par l'amour, la crainte, la confiance que nous témoignons à Dieu dans la pureté de notre cœur. Mais puisqu'il est dans la nature que nos atfections de dedans se manifestent au dehors par des actes, ce culte intérieur doit être accompagné d'un culte extérieur, qui consiste dans des actes sensibles au dehors, qui procèdent de l'amour, de la crainte, de la confiance.
84. Ce culte extérieur renferme les louanges dues à l'Etre suprême, les discours toujours respectueux, le respect pour son nom, la religion du serment, etc.
85. Enfin, celui qui aura mis sa confiance en Dieu ne cessera point de lui adresser >es prières et ses vœux, et ne goûtera point de plus douce satisfaction, que de s'entretenir avec Dieu et de Dieu, soit publiquement, soit en particulier. Telles sont les dillerenies parties du culte extérieur que nous apercevons par les lumières de la droite raison.