‹ Œuvres completes de BergierChapitre 239 sur 255 · T. I. TH. MOU. - PLAN DE THEOL. M · texte numérisé non relu

T. I. TH. MOU. - PLAN DE THEOL. M

riens orientaux, chrétiens de S. Thomas. Les trois chapitres ont fait du bru.it dans la dispute des nestoriens, dont l'erreur fut renou velée au vtii" siècle par Elipand et Félix d'Urgel.

5° Les cerdoniens , les cérinthiens et une partie des ébionites soutenaient que Jésus- Christ était né comme les autres hommes, et que Joseph était son père.

6° L'on a connu dos éoniens qui publiaient qu'un certain Bon était le fils de Dieu, des isochristes qui disaient que les apôtres étaient égaux à Jésus-Christ.

58. L'Eglise a proscrit tontes ces erreurs et continue de professer sa foi sur l'incarnation, soit par les fêtes qu'elle célèbre, comme l'Annonciation, le temps de l'Avant et la fêle desO, la Nativité ou naissance du Sauveur, appelée Noël, abrégé A'Emmanue', sa Circoncision et la fête du S. Nom de Jésus, souvent exprimé par le mol Jchrys; l'Epiphanie nommée aussi Théophanie et Théoptie, monument de l'adoration de Jésus par les mages, la fêle des saints Innocents,\â Présentation de Jésus au lemple, et la Purification de sa sainte mère, nommée parmi nous Chandeleur, et en Orient Penthèse: soit par les prières que nous récitons, comme V Angélus ou pardon, etc.

59. Jé^us, après avoir passé son enfance dans l'obscurité, reçoit le baptême, se retire au désert et éprouve une tentation, déclare sa mission, prêche l'Evangile ou la bonne uouvelle du salut des hommes. Il se choisit pour apôtres et pour premiers disciples douze pêcheurs, Simon sumommëCéphas ou Pierre, et André son frère, Jacques le Majeur, fils de Zébédée, et Jean son frère, Philippe, Barthélemi, Thomas, Matthieu, Jacques le Mineur, fils d'Alphée , Jude ou Thaddée, Simon le Cananéen et Judas Iscariote.

60. Jésus prouve sa mission par des miracles, surtout par des guérisons ; il change l'eau en vin aux noces de Cana , guérit les aveugles, les muets, les sourds, les boiteux, les paralytiques, à Capharnaùm et ailleurs, délivre les démoniaques ou les possédés, multiplie les pains, marche sur les eaux du lac de Génézareth, calme les tempêtes, guérit une chananéenne, fait dessécher un figuier par une parole, ressuscite des morts, en particulier Lazare son ami, fait éclater sa gloire par une transfiguration. 11 connaît les pensées des cœurs, fait des prophéties sur l'avenir.

61. La morale qu'il prêche, surtout dans son sermon sur la montagne , est sainte et sublime ; il réduit toute la loi et les prophètes à deux commandements, à l'amour de Dieu, et à l'amour du prochain, même des ennemis. 11 y ajoute des conseils de perfection, ordonne l'abnégation ou le renoncement à soi-même, l'amour de la pauvreté , des humi Hâtions, des souffrances ; il instruit le peuple par des paraboles, fait accueil aux publicatnt et à tous les pécheurs, pardonne à la femme adultère, ne parle du glaive que pour annoncer à ses disciples ce qui doit leur arriver.

62. 11 confirme ses leçons par son exemple et par la pratique de toutes les vertus:

M la OEU VUES COMPLET

il observe les fêles et les cérémonies de la loi, paye les tributs, souffre les injures. Ses ennemis mêmes n'ont jamais suspecté sa conduite à l'égard do MagdeleineeA des saintes femmes qui écoutaient sa doctrine. Il ordonne d'écouter les scribes, les pharisiens, les princes des prêtres assis sur la chaire de Moïse, mais il réfute leurs fausses traditions, leur reproche leur orgueil, leur avarice, leur hypocrisie , le meurtre de Zacharie, etc. H encourt leur haine et leur jalousie , ils le traitent (Y imposteur et de séducteur, l'accusent de faire lies miracles au nom de Béelzébub; ils forment le dessein de le mettre à mort.

G3. Jésus le savait et l'avait prédit. Avant de mourir, il célèbre dans le cénacle la cène avec ses disciples, mange avec eux l'agneau pascal, leur lave les pieds, institue l'eucharistie ou la pâque chrétienne. Avec trois d'en» tre eux il se retire au jardin des Oliviers, y subit une agonie, accepte le calice de sa passion , et démontre ainsi qu'il a une chair passible; il se relève avec courage, se livre à ses ennemis , paraît devant les tribunaux de Jérusalem. Il y rend témoignage de sa divinité , est condamné à mort, flagellé et couronné d'épines, conduit au calvaire pour être cruciOé ou attaché à la croix.

6k Ainsi s'opère le mystère de la rédemption du genre humain. Jésus-Christ est la victime de propitiation pour les péchés du monde entier, le fondateur d'une nouvelle alliance; par sa mort et par son sang il fait à la justice divine une satisfaction rigoureuse, il est dans le sens le plus exact le sauveur, le rédempteur , le médiateur des hommes. A sa mort les ténèbres couvrent la Judée, la terre tremble, les rochers du Calvaire se fendent, le voile du temple se déchire, plusieurs morts ressuscitent.

65. Jésus est enseveli et embaumé par Nicodème et Joseph d'Arimalhie, et non enveloppé d'un sindon ou suaire entier, placé dans un tombeau ou sépulcre creusé dans le roc. L'Eglise croit que son âme est descendue aux enfers, mais elle condamne l'erreur des infernaux et des sépulcraux. Au moment marqué pour la résurrection , après trois jours et trois nuits, Jésus sort du tombeau, se montre vivant, se laisse toucher, multiplie les apparitions, boit et mange avec ses disciples pour les convaincre qu'il est véritablement ressuscité. La fêle de Pâques, le cierge pascal, le dimanche, ont été institués en mémoire dece miracle, attesté par Joseph hisîorien juif, et par les actes de Pilate; mais les quartodécimans ou protopaschites ont été condamnés pour n'avoir pas voulu se conformer à l'usage de l'Eglise. Jésus promet à ses apôtres le Saint-Esprit paraclet ou consolateur, et monte au ciel en leur présence le jour de son ascension.

66. Après avoir reçu le Saint-Esprit le jour de la Pentecôte , fête de laquelle sont tirés les noms pentéc&stain et pentécostales , les apôtres publient tous ces faits, ne rougissent point du scandale ni de la folie de la croix. Ils font des disciples, fondent uue

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Eglise à Jérusalem. La communauté des biens s'y établit entre les fidèles el donne lieu à la punition d'Ananie et de Sapbire. Les Apôtres ordonnent des diacres, en particulier saint Etienne, qui dispute contre les liberlini ou affranchis; sa mort lui a mérité le nom de protomartyr.

Bientôt une autre Eglise se forme à Antioche, où les fidèles prennent le nom de chrétiens, nomment leur religion christianisa me, et les croyants, néophytes ; leur nombre en se multipliant a formé la chrétienté.

67. Saint Paul converti va prêcher en Arabie, les autres Apôtres après leur dispersion forment différentes Eglises de juifs hellénistes et de gentils , détrompés da paganisme, surtout les Eglises de la Grèce. Saint Pierre et saint Paul fondent celle de Uome, et saint Marc celle d'Alexandrie. Rien ne nous oblige de croire l'histoire d'i46^are etsa conversion. Il se tient à Jérusalem un concile, ou assemblée du collège apostolique, pour condamner les ébionites ou judaisants , nommés aussi nazaréens, aslatiens, minéens passagers, sabiataires, ou sabbathiens, qui soutenaient la nécessité des observances légales. 11 n'y fut pas question des idololhytes, mais de l'abstinence du sang. On a aussi condamné daus la suite les ethnophrones ou hypsistariens, qui mêlaient les rites du paganisme à ceux du christianisme. Dans ces premiers temps les dons du Saint-Esprit étaient communs parmi le»s fidèles; le don des miracles a persévéré d;ms l'Eglise, et il y a eu plusieurs saints thaumaturges.

68. La plupart des apôtres et des parents de Jésus-Christ ont souffert le martyre pour attester la vérité des faits qu'ils publiaient, mais ils avaient donné mission à d'autres pour continuer leur ouvrage, et ils ont eu des successeurs : le zèle apostolique des missionnaires ne s'éteindra jamais dans la véritable Eglise.

69. Les Juifs ont été justement punis du déicide qu'ils avaient commis ; les excès de leurs zélateurs ou zélés pendant le siège de Jérusalem font frémir. Depuis ce temps-là ils paraissent livrés à l'esprit de vertige ; les erreurs et les visions dont les rabbins ont rempli le Talmud, leur cabale, leur gématrie, leur gilgul ou métempsycose, etc., sont des puérilités.

70. Dès sa naissance le christianisme a essuyé des persécutions sanglantes : des milliers de martyrs ont souffert pour l'Evangile; malgré les clameurs des eleésaites, leur multitude est assez attestée par les martyrologes et les nécrologes ; le martyre de la légion thébèenne n'est point une fable. L'Eglise n'a commencé à jouir do la paix qu'à la faveur des édils de Constantin converti par une vision céleste ; mais il est faux que le christianisme soit redevable de sa propagation à la protection des empereurs.

71. Ses ennemis n'ont forgé que des calomnies sur les agapes. ou repas de charité et les agapètes, et sur les baisers de paix; pour prouver les prétendues représailles dont les chrétiens ont usé envers leurs persécuteun t

1443 PART. IV. TH. DOGM. ET MOR. — SECT ils n'ont pu citer d'autre exemple d'un faux

:èle que celui d'Abdas. Dès l'origine, la sainteté et la divinité de notre religion se sont fait sentir par le changement qu'elle a opéré dans tous les climats, et sur les mœurs de tous les peuples, par la charité et la patience des chrétiens, par le soin des pauvres, des ivures , àcs orphelins , i\cs malades , des enfants abandonnés, des esclaves; par la sévérité de la discipline envers les lapses, apostats on renégats, qui furent appelés libellutiqurs, miltmtrs, tra liteurs. Ces malheureux ne lurent jamais en grand nombre, et aucun n'a noirci la religion qu'il avait abandonnée. 7:2. Les philosophes, surtout les éclectiques, se sont téunis aux persécuteurs : Ceisc,

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